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Qui Sommes-Nous ?

  • : Le site de Attac Villeneuve d'Ascq
  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
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Pourquoi y a-t-il si peu de Gilets Jaunes à Roubaix ! mobiliser les quartiers populaires !  20 avril 2019
Gilets jaunes, les raisons de la colère samedi 16 mars 2019

Économie, Social, Environnement, Anthropologie, .....       Et fin du Capitalisme!  invité Paul Jorion 16 février 2019

Deux mobilisations contre le réchauffement climatique et pour l'amélioration de la qualité de la vie en villePARC et la friche Saint-Sauveur et Le collectif transports publics gratuits en métropole lilloise. 19 janvier 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 15:57
Ouverture de négociations commerciales avec les Etats-Unis : Un mauvais coup pour la démocratie, le climat et la justice sociale. Les multinationales se frottent les mains

Ce lundi 15 avril, le Conseil des ministres européen de l’agriculture et de la pêche a approuvé l’ouverture des négociations commerciales entre l’UE et les États-Unis ainsi que le contenu des mandats de négociation. La France a voté “NON”, mais le processus et le résultat de ces négociations engageront l’ensemble des États-membres de l’UE, sans qu’Emmanuel Macron ne se soit réellement donné les moyens d’empêcher qu’elles aient lieu. Le Collectif Stop TAFTA appelle à se mobiliser pour transformer en profondeur les politiques commerciales européennes et mettre fin à tous ces accords commerciaux qui mettent à mal la démocratie, le climat et la justice sociale.

Sous la menace régulière de Donald Trump, les États-membres de l’UE ont donc accepté à une très large majorité d’ouvrir des négociations commerciales avec les États-Unis, alors que le Parlement européen avait récemment refusé d’en faire autant. Présentés comme pouvant éviter une “guerre commerciale” transatlantique, les mandats qui viennent d’être confiés à la Commission européenne seraient techniques et sans enjeu. Ils ne le sont pas : la baisse des droits de douane sur les biens industriels ne sera pas sans effet sur les productions et les emplois concernés. Certains produits issus de la pêche, secteur sensible, sont également concernés.

D’autre part, l’harmonisation de normes et de réglementations avec les États-Unis de Donald Trump, objet du second mandat adopté, pourrait conduire à ce que les normes édictées par l’industrie elle-même prennent le pas sur les recommandations des scientifiques ou des ONG. La Commission européenne a d’ailleurs privilégié les intérêts des industriels au cours de la préparation de ces négociations puisque 90% des réunions qu’elle a tenues l’ont été avec leurs représentants. Aucune ligne rouge n’a été explicitement définie, pas plus sur les produits chimiques que sur la sécurité sanitaire des aliments ou les OGM. Il eût été difficile d’imaginer des mandats de négociation aussi faibles en termes d’exigences et garanties.

Si la Commission communique sur les gains économiques espérés, elle est incapable d’indiquer les implications en terme d’emplois ou d’émissions de gaz à effet de serre : elle n’a procédé à aucune étude d’impact préalable, pourtant obligatoire en cas de négociations commerciales. L’étude d’impact que la Commission compte mener pendant les négociations ne saurait s’y substituer. Des études indépendantes avaient pourtant montré que le TAFTA initialement envisagé aurait pu détruire des centaines de milliers d’emplois en Europe, dont plusieurs dizaines de milliers en France.

Par ailleurs, comment croire les États-membres et la Commission européenne quand ils affirment que l’agriculture est exclue du champ de la négociation alors que Robert Lighthizer, négociateur en chef américain, affirme qu’il ne saurait y avoir d’accord qui ne traite d’agriculture, rappelant qu’il souhaite « garantir un accès complet au marché pour les produits agricoles américains dans l’UE en réduisant ou en supprimant les droits de douane » et « éliminer (…) les obstacles non tarifaires discriminatoires à l’égard des produits agricoles américains ». Comment être certain que la Commission ne pliera pas sur l’agriculture pour éviter que Donald Trump ne mette à exécution sa menace d’augmenter les droits de douane sur les produits européens ?

Si la France a voté Non et la Belgique s’est abstenue, Emmanuel Macron n’a pas su constituer de minorité de blocage et proposer une stratégie alternative face à Donald Trump. Alors que la Commission actuelle espère conclure ces négociations avant l’intronisation de la future Commission, soit au 31 octobre, que compte faire Emmanuel Macron pour protéger nos concitoyens des conséquences que pourraient avoir de telles négociations sur l’emploi, le climat et, potentiellement sur l’agriculture et les autres secteurs ?

Communiqué du 17 avril 2019, organisations signataires :

  • > Aitec,
  • > Amis de la terre,
  • > Attac France,
  • > Collectif Stop-TAFTA,
  • > Confédération paysanne,
  • > Foodwatch,
  • > Fondation Copernic,
  • > Greenpeace,
  • > Snesup-FSU,
  • > Union syndicale Solidaires

 

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1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 07:54
 

Samedi 23 mars, Geneviève Legay, 73 ans, porte-parole d’Attac 06, a été grièvement blessée par une charge policière, lors de l’acte 19 des gilets jaunes à Nice. Lundi 25 mars, le procureur de la République de Nice a affirmé que Geneviève Legay «  n’a pas été touchée par des policiers  », une affirmation reprise par le ministre de l’Intérieur et le Président Emmanuel Macron. Tout au long de la semaine, cette version des faits a été remise en cause par plusieurs médias sur la base de témoignages concordants et de l’analyse des différentes images de la scène. Vendredi 29 mars, le procureur de la République a finalement admis que c’est bien un policier qui a provoqué la chute de Geneviève Legay en tentant de renvoyer la responsabilité à cette seule «  initiative personnelle condamnable  ».

 
 

Nous, signataires de cet appel :

  • > dénonçons les contre-vérités et les contre-feux qui visent à dédouaner l’État, les autorités locales et les forces de l’ordre de leurs responsabilités dans les très graves blessures de Geneviève Legay ;
  • > souhaitons obtenir toute la vérité sur les circonstances de cette violente agression.
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Comme de nombreuses organisations du mouvement social et citoyen, ainsi que plusieurs institutions internationales dont l’ONU, nous nous inquiétons des violences policières qui se multiplient depuis plusieurs mois en France à l’égard des manifestant·e·s. Des milliers ont été blessé·e·s, des dizaines ont perdu un œil ou une main, du fait des consignes et des armes mises à disposition des forces de l’ordre par les pouvoirs publics.

Ces violences ne sont pas nouvelles et sévissent dans les quartiers populaires depuis de trop nombreuses années. Leur diffusion dans la gestion des manifestations est un prolongement d’une conception répressive du maintien de l’ordre. Elles prennent une ampleur considérable, accompagnée de décisions au plus haut niveau de l’État qui restreignent toujours plus le droit de manifester.

C’est contre cette situation que Geneviève Legay souhaitait manifester, pacifiquement et avec sagesse, munie d’un drapeau arc-en-ciel «  Paix  ». Cela lui a valu plusieurs fractures du crâne, des hématomes sous-duraux et cinq côtes cassées.

Nous demandons aujourd’hui :

  • > la démission du procureur de la République de Nice , qui a menti en affirmant que Geneviève «  n’a pas été touchée par des policiers  » et qu’«  il n’y a eu aucun contact direct entre un policier et cette dame  » ;
  • > la démission du préfet des Alpes Maritimes , qui a donné l’ordre et a déclaré que Geneviève «  a été poussée dans le dos, non pas directement par un membre des forces de l’ordre mais par des personnes reculant dans un mouvement de foule  » ;
  • > la démission du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner , qui a donné les consignes et s’est félicité que les «  consignes de fermeté ont été respectées  » ;
  • > le dépaysement sans délais de cette affaire , car elle ne peut être instruite sereinement à Nice dans ce contexte ;
  • > et que soit garanties les conditions de l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion.

 

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 17:30

 

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 12:06

Les rapports publiés par Attac et Oxfam ces derniers jours sont sans appel : les multinationales, leurs dirigeants et leurs actionnaires profitent de toutes les opportunités qui leurs sont offertes pour accroître leurs pouvoirs et leurs avoirs au détriment du reste de l’humanité. Il est urgent de mettre un terme à leur impunité en faisant primer les droits humains et de la nature avant les profits.

Avec 150 organisations de 16 pays européens nous lançons une pétition demandant aux dirigeants européens de mettre fin au système de justice d’exception dont bénéficient les multinationales et d’introduire des régulations contraignantes pour qu’elles respectent les droits humains et l’environnement.

 

 

Pourquoi ?

Les multinationales qui violent les droits humains à travers le monde bénéficient d’une impunité totale. Les activités minières provoquent des catastrophes environnementales, les entreprises agroalimentaires ruinent des millions de vies en s’accaparant des terres, celles qui font de l’armement profitent de la guerre et de la mort à l’échelle mondiale. A l’inverse des multinationales, les peuples ont peu de chance d’obtenir justice et réparation. C’est pourquoi les tribunaux d’arbitrage privés doivent être remplacés par un système juridique qui place les droits humains et ceux de la nature avant celui des profits.

Aux Nations Unies, un traité contraignant sur les entreprises et les droits humains est en cours de négociation. Pourtant, l’Union européenne et les États membres sont plus prompts à soutenir l’arbitrage que ce traité international : nos gouvernements nient l’accès à la justice aux plus vulnérables et mettent en place un système qui défend les intérêts des multinationales !

L’urgence est là. Dans deux jours, le Forum économique mondial de Davos sera terminé et nous voulons envoyer un signal clair : nous demandons la fin des tribunaux d’arbitrage et nous ne voulons pas de la multiplication des traités d’investissements comme celui qui sera signé très bientôt entre l’Union européenne et Singapour.

Ensemble, mettons fin à l’impunité des multinationales.

 

Signez l'initiative européenne

Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales

Aux Présidents de la Commission européenne et du Conseil de l’UE, aux représentants des Etats membres et aux parlementaires européens.

"Les accords de commerce et d’investissement confèrent aujourd’hui aux entreprises multinationales des droits exorbitants et leur donnent accès à un système de justice parallèle pour les protéger.

Nous demandons à l’Union européenne et à ses Etats membres de mettre fin à ces privilèges en révoquant les clauses d’arbitrage entre investisseurs et États des accords de commerce et d’investissement en vigueur, et en s’abstenant de conclure des accords de ce type à l’avenir.

"Nous demandons également à l’Union européenne et à ses Etats Membres de soutenir les négociations en cours aux Nations Unies en vue de l’adoption d’un traité contraignant relatif aux entreprises multinationales et aux droits humains, mettant fin à leur impunité.

L’Union européenne et ses Etats Membres doivent inscrire dans leurs législations des obligations contraignant les entreprises transnationales à respecter les droits humains et l’environnement dans leurs activités et opérations dans le monde entier.

Les victimes de dommages et de violations dont les droits humains sont bafoués par des entreprises doivent avoir accès à la justice."

 

Je signe la pétition

 

 

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 17:53

 

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 17:09

Les 40 plus belles victoires sociales, écologiques, démocratiques et culturelles de 2018

sites : Bonnes Nouvelles Bonnes-Nouvelles.be

et : Il faut tuer TINA , pour rompre avec le fatalisme et changer le monde

Des inégalités toujours plus grandes et plus scandaleuses ; des guerres et des conflits sanglants qui se poursuivent; des attentats monstrueux qui se perpétuent ; une absence toujours totale de volonté politique pour entamer la transition écologique ; des multinationales qui continuent de violer les droits humains en toute impunité et de licencier massivement alors qu'elles font de juteux profits ; des politiques antisociales, autoritaires et xénophobes qui continuent de se propager un peu partout ; des centaines de millions de personnes qui continuent de mourir de faim alors qu'on pourrait sans problème nourrir correctement 12 milliards d'individus ; les violences envers les femmes qui continuent, encore et encore... L'année 2018 fût à de nombreux niveaux, noire, négative, déprimante, révoltante, indigne de notre humanité.


Si nier cette triste réalité est absurde, affirmer qu'il est impossible de la changer l'est tout autant. Non seulement les alternatives à la mondialisation capitaliste existent, mais de nombreuses luttes porteuses d'espoirs, locales et globales, ont fleuri un peu partout sur la planète en 2018. Et certaines de ces luttes ont abouti à des victoires. Des victoires importantes pour les droits des femmes ont été obtenues. Des luttes sociales ont réussi à faire plier des multinationales. Des mobilisations ont fait reculer des projets néfastes pour l'humanité. Des hommes et des femmes ont développé des initiatives locales renforçant la solidarité et la coopération. Des décisions de justice ont confirmé la primauté des droits humains sur le profit ou les autres droits. Des gouvernements ou des autorités publiques ont pris leur courage à deux mains et mis en oeuvre des politiques progressistes en faveur de la justice sociale...

Bien sûr, ces petites et grandes victoires restent partielles et insuffisantes. Prises individuellement, certaines peuvent même paraître dérisoires. Mais elles sont un point d'appui. Elles prouvent que des victoires sont possibles et, mises ensemble, elles montrent à quel point la volonté de changement est puissant et omniprésent.


Grâce à un travail collectif, nous avons recensé, publié et diffusé plus de 150 victoires en 2018. Nous vous proposons ci-dessous un petit Best of des 40 plus belles victoires. Nous espérons qu'elles vous aideront à lutter contre le fatalisme ambiant et constitueront des moteurs et des sources d'inspiration pour vos actions individuelles et collectives.
 

Les luttes sociales, ça peut payer, même contre des multinationales

  1. Victoire des travailleuses de Lidl après une grève (Lire)

  2. Notre-Dame-des-Landes : le projet d'aéroport est abandonné (Lire)

  3. Grève victorieuse des éboueurs de Véolia propreté à Clermont (Lire)

  4. Le syndicat débutant qui a gagné le bras de fer avec le géant des cafés : le cas de Starbucks au Chili (Lire)

  5. Victoire pour les mineurs chiliens d'Escondida (Lire)

  6. Allemagne : grâce aux mobilisations, la justice stoppe l'agrandissement d'une vaste mine de charbon (Lire)

  7. Affaire des emprunts toxiques : la Ville Sassenage gagne en appel contre la banque Dexia (Lire)

  8. Marseille : victoire des salariés contre MacDonalds (Lire)

Des initiatives locales qui renforcent la solidarité et la justice

  1. Italie : « SfruttaZero », une sauce tomate contre l'exploitation des travailleurs migrants et des précaires en Italie (Lire)

  2. Quand la résistance se fait créatrice : Vio.Me, de l'entreprise occupée vers la coopérative autogérée (Lire)

  3. En Inde, il redonne vie aux lacs asséchés (Lire)

Le courage politique, ça existe

  1. Espagne : le gouvernement taxe les banques pour financer les retraites (Lire)

  2. Au Canada, des médecins pourront prescrire des visites gratuites au musée (Lire)

  3. Au Mexique, le nouveau président divise son salaire par deux et vend son avion (Lire)

  4. L'Irlande rejoint le mouvement mondial de boycott d'Israël, BDS (Lire)

  5. Belgique. La résistance s'organise dans les Communes contre la privatisation de Belfius (Lire)

La Nature a des droits.

  1. Climat : nouvelle victoire pour les citoyens néerlandais (Lire)

  2. La Suède se dote d'une loi climatique extrêmement ambitieuse (Lire)

Investir dans les transports en commun et dans la transition, c'est possible

  1. En Estonie, on ne paiera plus pour prendre le bus (Lire)

  2. Dunkerque : la gratuité totale des bus (Lire)

  3. Le Luxembourg va devenir le premier pays au monde à rendre tous les transports publics gratuits (Lire)

  4. Allemagne : moins de voitures grâce à de petites lignes de train rouvertes (VIDEO) (Lire)

Féminisme et mouvement LGBTQ

  1. Grève générale sans précédent pour les femmes en Espagne (Lire)

  2. L'Irlande rompt catégoriquement avec des siècles de prohibition de l'avortement (Lire)

  3. Islande: L'égalité de salaire entre les femmes et les hommes est maintenant obligatoire (Lire)

  4. En Inde, la Cour suprême décide de dépénaliser l'homosexualité (Lire)

  5. Le prix Nobel de la paix 2018 décerné à Denis Mukwege et Nadia Murad (Lire)

Migrations : construire des ponts, pas des murs

  1. Migrants : le Conseil constitutionnel abolit le «délit de solidarité» (Lire)

  2. La Cour de cassation annule la condamnation de Cédric Herrou (Lire)

  3. Les quatre citoyens qui avaient hébergé des migrants sont acquittés (Lire)

  4. Le maire de Montreuil réquisitionne des bureaux vides pour y loger des travailleurs immigrés (Lire)

  5. Dans le Morvan, un village résistant accueille des demandeurs d'asile (Lire)

  6. Mobilisation monstre contre le racisme dans les rues de Berlin (Lire)

Le droit comme instrument de lutte

  1. Bolloré perd définitivement son premier procès en diffamation intenté à Bastamag (Lire)

  2. Affaire Luxleaks: la condamnation du lanceur d'alerte Antoine Deltour est annulée (Lire)

  3. Antoine Deltour définitivement reconnu comme lanceur d'alerte par la justice (Lire)

  4. La Cour constitutionnelle belge rend son verdict : Victoire totale contre le fonds vautour NML Capital (Lire)

  5. Dieselgate : condamnation de Michel Aubier pour "faux témoignage " : un jugement historique (Lire)

  6. Glyphosate : Monsanto condamné à payer 290 millions de dollars à un jardinier malade d'un cancer (Lire)

  7. Victoire historique pour les droits des paysannes au Conseil des Droits humains de l'ONU (La Belgique et la France s'abstiennent ...) (Lire)


 

 

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17 décembre 2018 1 17 /12 /décembre /2018 10:48

18 décembre 2018

journée internationale des migrants

Nous, collectifs de Sans-Papiers et MigranEs, Syndicats, Associations et Marche des Solidarités appelons à des manifestations et rassemblements dans tout le pays le 18 décembre à l'occasion de la Journée Internationale des MigrantEs.

Nous marcherons toutes et tous ensemble, contre la montée des nationalismes, des racismes et des fascismes qui s'étendent sur l'Europe et le monde.

Nous marcherons aux flambeaux en mémoire des dizaines de milliers de femmes, hommes et enfants mortEs sur les routes de la migration victimes des frontières et des politiques anti-migratoires des gouvernements des pays les plus riches de la planète et de leurs complices.

Nous marcherons pour en finir avec ces mortEs, pour la liberté de circulation et la fermeture des centres de rétention.

Nous marcherons pour la ratification par la France de la « convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille » adoptée par l'ONU le 18 décembre 1990 et qui vise à garantir l'égalité de traitement ente travailleurs français et immigrés.

C'est la précarisation générale, la remise en cause des acquis sociaux par les politiques d'austérité menées par nos gouvernants qui nourrissent les sentiments de mal-être et de repli sur soi dans la population. C'est en luttant ensemble que nous pourrons nous battre efficacement pour une société meilleure et égalitaire.

Manifestation à Dunkerque à 18h : https://www.facebook.com/ATTACFlandre/

 

Où en est on du délit de solidarité avec les migrants ?

Une bonne nouvelle :

Le militant pro-migrants Cédric Herrou a vu sa condamnation pour avoir «facilité la circulation et le séjour» de migrants, ainsi que pour les avoir aidés à franchir la frontière franco-italienne, annulée par la Cour de cassation.

La Cour de cassation a annulé ce 12 décembre la condamnation de Cédric Herrou et d'un autre militant, tous deux ayant été condamnés en appel pour avoir porté assistance à des migrants, une première depuis la consécration du principe de fraternité dans la loi française.

Selon l'article de la loi asile-immigration du 10 septembre 2018 – modifié par le Conseil constitutionnel qui a décidé de sortir du champ des poursuites possibles toute aide humanitaire au «séjour» comme à la «circulation» des migrants - l'aide à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger ne peut pas entraîner de poursuites pénales lorsqu'elle «n'a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et a consisté à fournir des conseils ou accompagnements juridiques, linguistiques ou sociaux, ou toute autre aide apportée dans un but exclusivement humanitaire.»

C'est sur cette nouvelle loi que s'est appuyée la Cour de cassation pour annuler les condamnations des deux hommes. Et, alors que l'avocat général avait préconisé une cassation partielle, excluant l'aide à l'entrée irrégulière qui reste illégale et qui concernait le seul Cédric Herrou, la Cour de cassation a choisi de tout remettre à plat.

Et une mauvaise :

Les 7 de Briançon lourdement condamné·e·s par le tribunal de Gap 

Le 13 décembre 2018, le tribunal correctionnel de Gap a déclaré les 7 de Briançon coupables d'aide à l'entrée sur le territoire d'une personne en situation irrégulière. Si la circonstance aggravante de bande organisée a été abandonnée, la lourdeur des peines prononcées (conformes aux réquisitions du parquet) marque un tournant dangereux dans la répression des personnes solidaires.

Benoit, Théo, Bastien, Lisa et Eleonora ont été condamnés à 6 mois d'emprisonnement avec sursis simple. Juan a été condamné à 12 mois d'emprisonnement dont 8 avec sursis simple et 4 fermes et Mathieu à 12 mois d'emprisonnement dont 4 fermes et 8 avec sursis avec mise à l'épreuve.

Nos organisations sont scandalisées et indignées par ce jugement qui criminalise encore une fois et de manière inédite des militant·e·s agissant en faveur des droits des personnes migrantes.

Le droit fondamental constitutionnel de manifester a donc été nié au profit d'une pénalisation toujours plus forte des personnes solidaires. Aussi, ce jugement va-t-il à l'encontre de l'obligation légale qu'a chacun·e de porter secours à une personne en danger. C'est un signal alarmant pour les défenseurs des droits humains en France qui font l'objet de pressions de plus en plus fortes de la part des forces de l'ordre et des autorités judiciaires.

Nos organisations se dressent aux côtés de Bastien, Benoît, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo et continueront de les soutenir et de dénoncer la situation de péril imminent des personnes migrantes dans les Alpes.

Lors de l'audience du 8 novembre 2018, les avocat·e·s et les prévenu·e·s ont pu dénoncer les violations quotidiennes des droits des personnes migrantes commises par les forces de l'ordre à la frontière franco-italienne, les agissements illégaux restés impunis à ce jour du groupuscule Génération Identitaire et les tentatives d'entraves au droit fondamental de manifester à la fois des prévenu·e·s mais aussi des personnes exilées.

Le Ministère public avait demandé au tribunal de condamner respectivement à 6 mois d'emprisonnement avec sursis simple pour Bastien, Benoît, Eleonora, Lisa et Théo ; 12 mois dont 4 mois d'emprisonnement ferme et 8 avec sursis simple pour Juan ; et 12 mois dont 4 mois d'emprisonnement ferme et 8 avec sursis avec mise à l'épreuve pour Mathieu.

L'État leur reproche d'avoir à cette occasion « facilité l'entrée de personnes illégales sur le territoire français », et de l'avoir fait « en bande organisée ».

 Au-delà de la condamnation des 7 solidaires, le tribunal est resté sourd aux témoignages et preuves apportées par la défense, faisant le jeu ainsi des pratiques illégales de l'administration, les violations des droits et la traque des personnes migrantes. Alors que des personnes exilées, auxquelles nous essayons de venir en aide, meurent sur les routes dangereuses de la frontière franco-italienne, le tribunal correctionnel de Gap a fait le choix de condamner la solidarité.

Ce jugement est rendu alors que la Cour de cassation a annulé hier des décisions condamnant des militants pour « délit de solidarité ». L'occasion de rappeler que d'autres militants solidaires des personnes migrantes de Briançon sont convoqués devant la justice en janvier et en mars 2019.

Par ailleurs, les associations alertent sur la militarisation de la frontière qui contraint les personnes migrantes à se mettre en danger en montagne dans le froid et la neige. La présence policière permanente entrave le déroulement des maraudes visant à secourir les exilé·e·s.

Soutenues par près de 50 000 personnes qui ont signé la pétition, nos organisations demandent l'abandon de toutes les poursuites pour délit de solidarité contre les personnes, dans les Alpes et ailleurs, qui agissent dans un esprit de fraternité.

Communiqué Comité de soutien aux 3+4, Gisti, Anafé et La Cimade

 


 

 

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 10:15

Les “gilets jaunes” sont aussi le produit d’une succession d’échecs du mouvement social.

La colère sociale a trouvé avec le mouvement des « gilets jaunes » une expression inédite. Le caractère néopoujadiste et antifiscaliste qui semblait dominer il y a encore quelques semaines et les tentatives d’instrumentalisation de l’extrême droite et de la droite extrême ont été relativisés par la dynamique propre du mouvement, qui s’est considérablement élargi, et la conscience que les taxes sur l’essence étaient « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».

Quelques dérapages homophobes ou racistes, certes marginaux mais néanmoins détestables, et des incidents quelquefois graves n’en ternissent pas le sens. Ce mouvement d’auto-organisation populaire fera date et c’est une bonne nouvelle.

Le mouvement des « gilets jaunes » est d’abord le symptôme d’une crise généralisée, celle de la représentation politique et sociale des classes populaires. Le mouvement ouvrier organisé a longtemps été la force qui cristallisait les mécontentements sociaux et leur donnait un sens, un imaginaire d’émancipation. La puissance du néolibéralisme a progressivement affaibli son influence dans la société en ne lui laissant qu’une fonction d’accompagnement des régressions sociales.

Situation mouvante

Plus récemment, le développement des réseaux sociaux a appuyé cette transformation profonde en permettant une coordination informelle sans passer par les organisations. L’arrogance du gouvernement Macron a fait le reste avec le cynisme des dominants qui n’en finit pas de valoriser « les premiers de cordée », contre « ceux qui fument des clopes et roulent au diesel ».

Les « gilets jaunes » sont aussi le produit d’une succession d’échecs du mouvement social. Ces échecs se sont accentués depuis la bataille de 2010 sur les retraites jusqu’à celle sur les lois Travail ou la SNCF, et ont des raisons stratégiques toutes liées à l’incapacité de se refonder sur les plans politique, organisationnel, idéologique, après la guerre froide, la mondialisation financière et le refus de tout compromis social par les classes dirigeantes. Nous sommes tous comptables, militants et responsables de la gauche politique, syndicale et associative, de ces échecs.

Dans cette situation mouvante, la réponse de la gauche d’émancipation doit être la politisation populaire. C’est sur ce terreau qu’il nous faut travailler à la refondation d’une force ancrée sur des valeurs qui continuent à être les nôtres : égalité, justice fiscale, sociale et environnementale, libertés démocratiques, lutte contre les discriminations. Le mouvement des « gilets Jaunes » se caractérise par une défiance généralisée vis-à-vis du système politique, en particulier vis-à-vis des partis et des syndicats.

Ancrer une gauche émancipatrice dans les classes populaires

On ne combattra pas cette défiance, ni l’instrumentalisation par l’extrême droite, ni le risque d’antifiscalisme, en pratiquant la politique de la chaise vide ou en culpabilisant les manifestants. Il s’agit bien au contraire de se donner les moyens de peser en son sein et de gagner la bataille culturelle et politique de l’intérieur de ce mouvement contre l’extrême droite et les forces patronales qui veulent l’assujettir.

Deux questions sont posées par ce mouvement : celui de la misère sociale grandissante notamment dans les quartiers populaires des métropoles et les déserts ruraux ou ultrapériphériques ; celui de la montée d’une crise écologique et climatique qui menace les conditions d’existence même d’une grande partie de l’humanité et en premier lieu des plus pauvres.

Il faut répondre à ces deux questions par la conjonction entre un projet, des pratiques sociales et une perspective politique liant indissolublement la question sociale et la question écologique, la redistribution des richesses et la lutte contre le réchauffement climatique. L’ancrage d’une gauche émancipatrice dans les classes populaires est la condition première pour favoriser une coalition majoritaire pour la justice sociale et environnementale.

Tribune parue dans Le Monde : Fondation Copernic et ATTAC

Annick Coupé, Patrick Farbiaz, Pierre Khalfa, Aurélie Trouvé, membres d’Attac et de la Fondation Copernic.

 

 

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5 décembre 2018 3 05 /12 /décembre /2018 15:24

Pas de justice climatique sans justice sociale - Pas de justice sociale sans transition écologique

La COP24 s’est ouverte en Pologne ce 3 décembre 2018. Alors que 2018 est la 4e année la plus chaude jamais enregistrée, les représentant·e·s des États réunis en Pologne pour le sommet international sur le climat nous préparent une hausse du climat de plus de 3,5 ° avant la fin du siècle

Le gouvernement vient de réduire son ambition en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, prévoyant d’augmenter les émissions de CO2 de 6% de plus que les objectifs annoncés sur les cinq prochaines années.

Où est donc l’ambition climatique, pourtant assénée régulièrement ces dernières semaines pour justifier une fiscalité carbone inefficace et injuste ? Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de basculer les hausses de la taxe carbone sur les sites industriels les plus polluants du pays et qui en sont aujourd’hui largement exonérés ?
Le réchauffement climatique, c’est ici et maintenant !

Après les marches de septembre et octobre, sonnons l’alarme climatique le 8 décembre 

Nos colères sont multiples : 

Le gouvernement ne prend pas la mesure de l’urgence sociale et écologique

Depuis plusieurs semaines, un profond sentiment d’injustice s’exprime dans tout le pays à travers le mouvement des « gilets jaunes ». Là où un changement de cap était attendu, l’exécutif ne propose que des suspensions temporaires de mesures impopulaires qui ne résoudront ni la situation des plus fragiles ni n’agiront efficacement face à l’urgence climatique. Là où des décisions fortes et courageuses étaient nécessaires pour réduire les inégalités, améliorer la situation des plus pauvres et plus précaires tout en donnant plus d’ambition à une politique écologique qui en manque cruellement, l’exécutif se limite à reporter toutes les décisions importantes après les élections européennes, comme s’il était possible d’enjamber la situation présente et ignorer la réalité du quotidien de nos concitoyens.

Le refus de donner un coup de pouce au SMIC ou d’augmenter les minima sociaux est une gifle assénée à toutes celles et tous ceux qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois. La majorité En Marche a fait de même envers les retraités ce lundi en votant sans sourciller le projet de loi de financement de la sécurité sociale et donc en écartant toute possibilité d’indexer à nouveau les pensions de retraite sur l’inflation. L’exécutif n’a clairement pas pris la mesure de la colère sociale qui s’exprime dans le pays.
La politique d’Emmanuel Macron ne répond ni à la colère des gilets jaunes ni à l’appel urgent des citoyens pour une politique climatique à la hauteur de l’urgence !
Injuste sur le plan social, sa politique ne s’en prend pas aux premiers responsables des changements climatiques : les banques qui financent les industries fossiles, les multinationales qui poursuivent l’exploitation des terres et des ressources, l’agrobusiness qui détruit les sols, les compagnies de transport qui mettent toujours plus de marchandises sur les routes…

Les gilets jaunes expriment, avant tout, les difficultés de vivre et pointent l’hypocrisie gouvernementale : en 2019, sur les 37 milliards de recettes des taxes sur les carburants seuls 7 milliards d’euros seront affectés à la transition écologique. Cette politique économique et fiscale est profondément inégalitaire et injuste.

A court terme une mesure permettrait de répondre aux enjeux climatiques et sociaux, Attac propose

  • un basculement de la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes, jusqu’ici largement exonérées de toute fiscalité carbone contraignante,
  • un moratoire sur toute nouvelle augmentation de la fiscalité carbone en direction des ménages, artisans et petites entreprises.
 

Attac appelle aux mobilisations du 8 décembre pour :

• faire basculer les financements qui contribuent au réchauffement climatique dans le financement de la transition (sobriété énergétique et production d’énergie renouvelable) ;
• augmenter les mécanismes d’aide pour les ménages modestes et rénover les logements pour supprimer toutes les passoires thermiques ;
• soutenir le développement d’une agriculture locale et biologique ;
• renforcer les services publics et les commerces de proximité ;
• favoriser la création massive d’emplois liés à la transition
• développer les réseaux de transports en commun sur tout le territoire
• encourager le transport ferroviaire et les mobilités non polluantes
• en finir avec les accords de libre-échange qui ne sont pas climato-compatibles

Financer ce changement de cap, c’est possible !

• en mettant en place des taxes dissuasives sur les premiers responsables du changement climatique : les multinationales pétrolières, gazières et les banques qui les financent ;
• en stoppant le financement des fausses solutions ( nucléaire ou géo-ingénierie) ;
• en taxant fortement les transports aériens et maritimes ;
• en stoppant le développement de nouvelles zones commerciales et de grands projets inutiles et imposés ;
• en réduisant le pouvoir de la finance via une taxe sur toutes les transactions financières ;
• en rétablissant l’ISF et en récupérant l’argent détourné par les évadés fiscaux.


 

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 09:30
Allocution d’Emmanuel Macron : Aucune « décision structurante et historique » pour la transition écologique et sociale !

Les « décisions structurantes et historiques » qu’Emmanuel Macron avaient annoncées ont fait long feu. Emmanuel Macron confirme sa politique économique et fiscale profondément inégalitaire et injuste, tout en refusant de changer de braquet en matière de transition énergétique. Ce qui devrait être fait aujourd’hui est repoussé à plus tard, sans que rien ne soit proposé pour répondre de façon structurelle au caractère injuste et inefficace d’une fiscalité carbone dont les entreprises les plus polluantes sont largement exonérées, comme le montre la note  

Le 16 octobre dernier, lors d’une allocution télévisée, Emmanuel Macron avait affirmé vouloir prendre rapidement des « décisions structurantes et historiques » en matière de transition énergétique et de lutte contre les dérèglements climatiques. Aucune des annonces rendues publiques par Emmanuel Macron et François de Rugy ce 27 novembre lors de la présentation des grandes lignes de la Programmation pluriannuelle de l’énergie ne peut malheureusement être qualifiée ainsi, l’exécutif préférant annoncer un changement dans la « méthode de travail » plutôt que prendre les décisions courageuses et visionnaires dont nous avons urgemment besoin.

Alors que les scientifiques ne cessent de répéter qu’il faut changer de cap aussi rapidement que possible, Emmanuel Macron a tenu à affirmer qu’il n’allait pas modifier le sien. Pour la nième fois, le Président de la République a annoncé la fermeture des trois dernières centrales à charbon du pays, qui ne représentent pourtant que 2,3 % de la capacité de production électrique installée (3000 MW) et à peine 1,4 % de l’énergie produite : les fermer ne pose aucun problème technique, l’enjeu est limité et la réduction des émissions attendue est assez faible.

« Nous devons sortir des énergies fossiles » claironne Emmanuel Macron, oubliant de rappeler que son gouvernement a autorisé la multinationale Total à forer au large de la Guyane pour trouver de nouveaux gisements de pétrole, qu’il a mis en œuvre le CETA qui n’est pas climato-compatible et qui favorise l’importation d’hydrocarbures, qu’il vient de confirmer la construction de sept nouvelles autoroutes dont le très contesté contournement ouest de Strasbourg et qu’il refuse de taxer le kérosène et le fioul lourd. On ne peut que regretter qu’aucune annonce relève l’ambition de la France en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, ce que l’installation d’un haut conseil pour le climat – qui va contribuer à gaspiller le temps disponible – ne saurait masquer.

En matière de transition énergétique et de réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique du pays, Emmanuel Macron se contente, pour l’essentiel, de repousser à plus tard ce qui devrait être fait maintenant : hormis Fessenheim, il n’aura pas à gérer la fermeture de centrales nucléaires pourtant vieillissantes dans le cadre de ce quinquennat et, comme chacun sait, ce qui est remis au quinquennat suivant est donc rendu très hypothétique. Il en découle de grandes incertitudes sur la capacité de l’État à tenir ses engagements en matière de déploiement des énergies renouvelables qui nécessite une forte réduction de la place du nucléaire dans le mix électrique.

Il est par ailleurs étonnant d’entendre Emmanuel Macron affirmer vouloir donner plus d’ambition à l’isolation des bâtiments existants quand sa propre loi de finance 2019 prévoit de priver l’Agence nationale de l’habitat de 130 millions d’euros de budget. Là où l’Anah devait recevoir 550 millions d’euros issus de la mise aux enchères des quotas de carbone, le gouvernement propose de réduire ce montant à 420 millions d’euros et de récupérer le restant pour financer le budget général et, donc, financer une politique fiscale favorable aux riches et au capital.

Enfin, Emmanuel Macron était attendu sur le dossier de la fiscalité carbone et de l’injustice sociale qui découle de l’application de la taxe carbone sur les carburants. Plutôt qu’apporter des réponses structurelles et des alternatives au tout-voiture et à l’étalement urbain, comme le rapprochement des services publics, la relocalisation des activités et le développement massif des transports en commun et mobilités douces, le Président de la République s’est contenté de proposer, sans la détailler, une mesure, une « taxe flottante » qui a fait la preuve de son inefficacité dans un passé récent.

Rien qui ne permette de répondre à la colère populaire exprimée par le « mouvement des gilets jaunes » et aux critiques suscitées par l’application d’une taxe carbone injuste sur le plan social, inefficace pour réduire les consommations à court-terme et épargnant le mode de vie extrêmement polluant des plus riches. Dans une note publiée ce jour, Attac France propose ainsi un basculement de la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes, jusqu’ici largement exonérées de toute fiscalité carbone efficace et contraignante, et, a minima un moratoire sur toute nouvelle augmentation de la fiscalité carbone en direction des ménages, artisans et petites entreprises. Le temps que soit mise en œuvre une politique fiscale redistributive permettant de réduire les inégalités, réduire l’empreinte écologique des plus riches et des entreprises les plus polluantes et développer les alternatives au tout-voiture et à l’étalement urbain.

ATTAC France le 27 novembre 2018

 

 

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