Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Qui Sommes-Nous ?

  • : Le site de Attac Villeneuve d'Ascq
  • Le site de Attac Villeneuve d'Ascq
  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
  • Contact

Attac ...c'est aussi

retrouvez nous sur        Facebook

 

pour plus d'informations    contactez nous 

 

ou allez visiter le site      ATTAC France

Recherche

A noter sur vos agendas

 

Pour voir toutes les dates et informations détaillées,

Suivez le lien : 

 

L'agenda complet d'ATTAC VA 
 

 

radio ATTAC

retrouvez les émissions radio d'ATTAC Lille et d'ailleurs

Angle d'ATTAC sur Radio Campus 106,6 mhz

Sociologie de Lille ! avec Fabien Desage maitre de conférences Lille 2 CERAPS samedi 17 juin 12h à 13 h

La prospérité sans croissance ! avec Jean Gadrey 20 mai 2017

Questions sur l'Europe 2ème volet  29 avril  2017

Questions sur l'Europe ! 15 avril 2017

Faut il attendre la croissance ? avec F Jany-Catrice professeur à Lille 1,18 mars 2017

 

 

 

 

23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 08:29
Les 8 bobards de la loi Travail

Petit guide contre les bobards de la loi Travail

Les 8 bobards de la loi Travail

« Il est temps d’agir et il faut agir de façon extrêmement musclée », a déclaré Pierre Gattaz le 15 décembre dernier lors d’une conférence de presse. Sur le chômage il faut agir « aussi sérieusement qu’on a traité les attentats terroristes, c’est-à-dire avec un état d’urgence économique pour la croissance et pour l’emploi ». Un mois et demi plus tard était publié le projet de loi Travail qui reprend l’essentiel des exigences du Medef. Et pas seulement : François Hollande « se sait sous surveillance de Bruxelles et de Berlin quant aux réformes – « on coche une case », plaisante-t-il parfois » (Les Échos, 17 mars 2016).

Car la France peine à faire décoller sa croissance. Les éditorialistes nous serinent chaque jour : le chômage des jeunes bat des records, alors qu’ailleurs en Europe règne le plein emploi, obtenu au moyen de réformes salvatrices.

Le gouvernement doit donc supprimer les rigidités du marché du travail, qui sont la faute d’un Code du travail trop protecteur. Mais comment faire accepter des réformes musclées, nécessairement impopulaires, à un peuple ignorant des évolutions du monde ?

En lui racontant des bobards.

Qui veut noyer la démocratie la submerge de bobards. Ce petit guide se veut donc un outil contre le mépris, au service de la lutte contre la loi Travail et de cette insurrection démocratique dont nous avons tant besoin.

Bobard n° 1 : loi Travail version 2.0, une avancée sociale ?

Les mesures les plus nocives toujours bien là. Des avancées en attrape-gogos

Bobard n°2 : ce sont les patrons qui créent les emplois, il faut les rassurer

Mais de quoi dépend la création d’emplois ? Faut-il rassurer les patrons ? Alors qui crée des emplois ? Que peut faire alors la collectivité ?

Bobard n° 3 : la réforme facilitera l’accès des jeunes au CDI

Un CDI jetable. Des règles simples contre la précarisation

Bobard n° 4 : le compte personnel d’activité est une grande avancée sociale

Une bonne idée qui se perd en chemin. Des incertitudes troublantes. Pour des droits du 21e siècle

Bobard n° 5 : Les autres ont réformé et leur chômage a baissé !

Des « exemples » qui ne donnent pas envie. Que faire alors ?

Bobard n° 6 : des droits sociaux et une santé toujours protégé·e·s ?

Comment faire travailler plus et payer moins ? Des travailleurs plus pressurés et moins soignés. Une solution : réduire le temps de travail

Bobard n° 7 : référendum d’entreprise : démocratie renforcée !

Un pistolet sur la tempe. La démocratie a bon dos

Bobard n° 8 : pour faire face à la mondialisation, la France doit se réformer, même si c’est impopulaire

Pourquoi c’est faux. Même eux le disent

Conclusion : nous valons mieux que ça !

Vous pouvez télécharger ce petit guide au format PDF

ATTAC-France le 22 Mars 2016

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
commenter cet article
15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 09:02
« le réveil des betteraves » à Amiens ce samedi 12 Mars

Vers une convergence des luttes pour un changement de cap à gauche

« Le Réveil des Betteraves » organisé par Fakir a rassemblé samedi 12 mars à Amiens une multitude de mouvements, tous cimentés par un même rejet du libéralisme.

Plus de 1000 personnes (1500 à 2000) se sont rassemblées pour la mobilisation appelée « le réveil des betteraves » à l’appel d’associations et de syndicats. Cette convergence des luttes sociales, écologistes et anti-sécuritaires avait un message commun : la nécessité d’un changement de cap du pouvoir actuel.

Le mouvement a été lancé par l’Amiénois François Ruffin, fondateur du journal satirique Fakir et réalisateur du film « Merci patron » sur Bernard Arnault, le patron de LVMH. A l’occasion de ce rassemblement, Fakir a recelé une chaise, emmenée par les #FaucheursDeChaises en soutien à la campagne menée contre l’évasion fiscale des banques, qui coûte entre 60 et 80 milliards d’euros par an à l’État français.

Le rassemblement a vu se côtoyer opposants à l’aéroport Notre-Dame des Landes, Novissen (opposants à la ferme des Mille Vaches), AIVES (porcherie d'Heuringhem) ,Houille-ouille-ouille, militants communistes de « Colère et espoir », ex-Goodyear condamnés en habits de bagnards, des Conti, des Pentair, la sapag licenciés ou menacés de licenciements, des membres du POI, des syndicalistes de toutes obédiences, Collectif Stop-Tafta,Alternatiba, ATTAC, Objecteurs de Croissance, militants de nombreuses associations régionales qui luttent contre divers projets néfastes pour l'environnement,...

Cela a commencé sur le parvis de la cathédrale avec la compagnie Jolie Môme et sa méthode pour motiver et mettre dans le coup les spectateurs ; cela a continué avec Coquillettes, l’Arrache fanfare et la mascotte de la betterave pour donner une allure festive et joyeuse à ce rassemblement.

"Contre un gouvernement de gauche aux services des riches",

"On ne supporte plus les mensonges du gouvernement, son changement de cap et son illégitimité"

"Il n'est plus question de laisser faire le gouvernement, on sort de longues années d'échec d'une certaine gauche. On n'accompagnera plus jamais la gauche qui nous a menti et on va repartir avec d'autres forces, des forces qui s'unissent autrement. On occupera la rue de plus en plus".

« S’il faut en passer par là pour faire naître un grand mouvement social, pourquoi pas ? Ce qui est sûr, c’est qu’il faut que les choses bougent ».

« On est nombreux, et on le sera de plus en plus quand les gens comprendront que chaque page de la loi El Khomri est une saloperie, et pas seulement sur la question des indemnités de licenciements… »

« A la veille de Noël, on (les Pentair) a appris que 133 des nôtres allaient être licenciés dans une entreprise qui a fait 6,4 M€ de bénéfices. Le modèle c’est ça : toujours plus pour les actionnaires, toujours moins pour les salariés ! »

citations reprises du Courrier Picard

A la tribune, les associations se sont succédé pour une rapide prise de paroles. Puis des interventions un peu plus longues de Frédéric Lordon, une déléguée CGT, un condamné de Good Year et Christine Poilly du collectif Houille-ouille-ouille et ATTAC.

Ce fut festif, très intéressant : une rencontre d'associations qui se battent au niveau social et environnemental et qui sont intervenues à la tribune ; c'est une première !!! C'est sans doute porteur d'avenir. En tout cas, c'est une piste. Il y a beaucoup à apprendre de ce genre de rassemblement et d'animation.

« le réveil des betteraves » à Amiens ce samedi 12 Mars
« le réveil des betteraves » à Amiens ce samedi 12 Mars
« le réveil des betteraves » à Amiens ce samedi 12 Mars
Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
commenter cet article
9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 15:03
Procès Cahuzac : des centaines de citoyen⋅e⋅s remettent 196 chaises à la justice
Ce lundi 8 février à 10 h 30, 200 citoyen·e·s ont remis à la justice les 196 chaises réquisitionnées

dans les banques impliquées dans l’évasion fiscale, à proximité du Palais de justice de Paris où s’ouvre le procès de Jérôme Cahuzac. Les Faucheurs de Chaises rappellent qu’il ne s’agit pas seulement de juger un homme, mais de faire le procès de l’évasion fiscale.

Les 196 chaises, recherchées par la police, ont été réquisitionnées ces derniers mois dans 39 agences de banques impliquées dans l’évasion fiscale, au cours d’actions non-violentes de désobéissance civile menées par les « Faucheurs de chaises ». Ceux-ci, accompagnés par plusieurs personnalités dont l’ancien ministre des Finances Christian Sautter, les remettent aujourd’hui à la Justice, pour lui signifier : « juger un homme ne suffit pas, c’est le procès de l’évasion fiscale qu’il faut faire ».

Ce matin à 10h30, 200 citoyen·e·s se sont rassemblés place du Châtelet à l’appel des « Faucheurs de chaises ». Ils ont ensuite défilé à pied en portant 196 chaises en direction du Palais de Justice où s’ouvre le procès de Jérôme Cahuzac. Les chaises ont été déposées devant les forces de l’ordre qui bloquaient l’accès du Palais de Justice. Parmi les personnalités présentes, Christian Sautter, ancien secrétaire d’État au Budget et ancien ministre des Finances, Patrick Viveret, philosophe et ancien conseiller référendaire à la Cour des Comptes, ou encore Claude Alphandery, économiste et ancien résistant.

Ces chaises ont été réquisitionnées suite à l’appel des faucheurs de chaises lancé le 29 septembre dernier par des dizaines de personnalités, intellectuels, artistes, représentants politiques et syndicaux. Elles étaient réapparues publiquement une première fois dans le cadre du « Sommet citoyen pour le financement de la transition écologique et sociale » qui s’est tenu le 6 décembre pendant la COP 21 en la présence de 2 000 citoyen·e·s dont de nombreuses personnalités telles que Vandana Shiva, Bill McKibben, John Christensen, Yeb Saño, Marcos Arruda…

La COP 21 passée, la police a multiplié les convocations et gardes à vue de faucheurs de chaises (Paris, Strasbourg, Bordeaux, Lyon, Tarbes, Nîmes, Perpignan, Uzès...) et des menaces de procès planent sur des militants à Bayonne et à Marseille.

« Toutes les actions des Faucheurs de chaises ont été menées de manière non-violente et à visage découvert, afin d’attirer l’attention sur la situation d’impunité dont bénéficient les principaux responsables de l’évasion fiscale. Ce ne sont pas les Faucheurs de chaises qu’il faut inquiéter, mais les dirigeants des banques qui ont le plus de filiales dans les paradis fiscaux, comme la BNP, la Société Générale ou le Crédit Agricole » déclare Jon Palais, porte-parole du mouvement Action Non-Violente COP 21.

« Nous sommes aujourd’hui dans un contexte d’austérité et de chômage de masse, de crise écologique et climatique. Plus que jamais, nous avons besoin de mobiliser des fonds pour mettre en œuvre la transition écologique et sociale. Or, avec l’évasion fiscale et l’évitement fiscal, ce sont des sommes colossales qui sont confisquées aux budgets publics : jusqu’à 1 000 milliards d’euros par an au niveau de l’Union européenne selon la Commission européenne, tandis que 20 000 milliards de dollars seraient abrités dans les paradis fiscaux. » dénonce Malika Peyraut, des Amis de la Terre.

« Alors que les pouvoirs publics prétendent renforcer la lutte contre l’évasion fiscale, plus de 3 100 emplois ont été supprimés dans les services du contrôle fiscal de la DGFiP depuis 2010. Il faut au contraire renforcer les services fiscaux par la création immédiate de 10 000 emplois ; instaurer l’obligation de transparence sur les activités réelles des filiales des banques et l’identité des détenteurs de compte, y compris via des sociétés écrans. Il faut aussi renforcer les sanctions contre les responsables de l’évasion fiscale : les amendes ne suffisent pas, il faut des sanctions pénales » , indique Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac.

lundi 8 février 2016, par Action non-violente COP21, Attac France, Les Amis de la Terre

Procès Cahuzac : des centaines de citoyen⋅e⋅s remettent 196 chaises à la justice
Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
commenter cet article
28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 20:27
Deux faucheurs de chaises marseillais devant le tribunal

Etat d'urgence : nous ne céderons pas !

Ce n’était pas une représentation de la pièce d’Eugène Ionesco qui s’est jouée à Marseille le vendredi 15 janvier dernier ; pas plus qu’une nouvelle affaire de footballeur ou de politicien corrompu, mais simplement deux adhérents d’Attac qui se sont vus mettre en garde à vue après avoir été interpellés et perquisitionnés au petit matin à leur domicile par plusieurs policiers en uniforme. Leur seul crime est d’avoir participé au grand mouvement pacifique de désobéissance des faucheurs de chaises dans une agence marseillaise de la BNP. Il suffit de rapprocher les dizaines de milliards soustraits au fisc chaque année via les filiales de la BNP dans les paradis fiscaux à celui du montant du préjudice qu’il leur est reproché (1 500 €) pour comprendre l’iniquité de ces mesures.

Alors même que le projet de déchéance de nationalité et le prolongement de l’état d’urgence sont en passe d’être mis en œuvre, que nos libertés publiques et syndicales sont bafouées chaque jour davantage au point que la ministre de la justice Christiane Taubira démissionne d’un gouvernement dans lequel elle ne se reconnaît plus, nous serons partout dans les rues le 30 janvier pour manifester et crier : « Nous ne céderons pas ».

Les associations et organisations syndicales regroupées autour de l’appel « Nous ne céderons pas ! » et ayant lancé la pétition « Pour nous, c’est définitivement non ! », contre la réforme constitutionnelle (à signer surhttp://www.nousnecederonspas.org), appellent à manifester le samedi 30 janvier 2016 partout en France et à Paris, à 14 h 30, place de la République.

Elles expriment leur exigence de la levée de l’état d’urgence et leur refus de la réforme constitutionnelle, en particulier concernant la déchéance de nationalité.

Attac appelle ses adhérent·e·s et sympathisant·e·s à entrer dans l’action pour peser sur le débat et le vote de l’Assemblée nationale qui se tiendra la première semaine de février. Les comités locaux d’Attac peuvent se rapprocher des autres signataires de l’appel « Nous ne céderons pas », pour organiser des actions afin de faire pression sur leurs élus locaux (avec par exemple l’outil http://www.powerfoule.org/stop-decheance) et de préparer les manifestations unitaires du 30 janvier.

Éducation populaire, alternatives et expériences de transition, TAFTA/CETA, actions de désobéissance, autant de thèmes et bien d’autres, qui seront débattus démocratiquement par les militants d’Attac France, dans le cadre des assises nationales de l’association à Lille les samedi 30 et dimanche 31 janvier.

Contre l’état policier et discriminatoire : manifestations unitaires partout en France le 30 janvier

ATTAC France le 28 janvier

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
commenter cet article
28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 08:44
De l’Etat de droit à l’Etat de sécurité 

par Giorgio Agamben publié dans LE MONDE du 23.12.2015

On ne comprend pas l’enjeu véritable de la prolongation de l’état d’urgence [jusqu’à la fin février] en France, si on ne le situe pas dans le contexte d’une transformation radicale du modèle étatique qui nous est familier. Il faut avant tout démentir le propos des femmes et hommes politiques irresponsables, selon lesquels l’état d’urgence serait un bouclier pour la démocratie.

Les historiens savent parfaitement que c’est le contraire qui est vrai. L’état d’urgence est justement le dispositif par lequel les pouvoirs totalitaires se sont installés en Europe. Ainsi, dans les années qui ont précédé la prise du pouvoir par Hitler, les gouvernements sociaux-démocrates de Weimar avaient eu si souvent recours à l’état d’urgence (état d’exception, comme on le nomme en allemand), qu’on a pu dire que l’Allemagne avait déjà cessé, avant 1933, d’être une démocratie parlementaire.

Or le premier acte d’Hitler, après sa nomination, a été de proclamer un état d’urgence, qui n’a jamais été révoqué. Lorsqu’on s’étonne des crimes qui ont pu être commis impunément en Allemagne par les nazis, on oublie que ces actes étaient parfaitement légaux, car le pays était soumis à l’état d’exception et que les libertés individuelles étaient suspendues.

On ne voit pas pourquoi un pareil scénario ne pourrait pas se répéter en France : on imagine sans difficulté un gouvernement d’extrême droite se servir à ses fins d’un état d’urgence auquel les gouvernements socialistes ont désormais habitué les citoyens. Dans un pays qui vit dans un état d’urgence prolongé, et dans lequel les opérations de police se substituent progressivement au pouvoir judiciaire, il faut s’attendre à une dégradation rapide et irréversible des institutions publiques.

Entretenir la peur

Cela est d’autant plus vrai que l’état d’urgence s’inscrit, aujourd’hui, dans le processus qui est en train de faire évoluer les démocraties occidentales vers quelque chose qu’il faut, d’ores et déjà, appeler Etat de sécurité (« Security State », comme disent les politologues américains). Le mot « sécurité » est tellement entré dans le discours politique que l’on peut dire, sans crainte de se tromper, que les « raisons de sécurité » ont pris la place de ce qu’on appelait, autrefois, la « raison d’Etat ». Une analyse de cette nouvelle forme de gouvernement fait, cependant, défaut. Comme l’Etat de sécurité ne relève ni de l’Etat de droit ni de ce que Michel Foucault appelait les « sociétés de discipline », il convient de poser ici quelques jalons en vue d’une possible définition.

Dans le modèle du Britannique Thomas Hobbes, qui a si profondément influencé notre philosophie politique, le contrat qui transfère les pouvoirs au souverain présuppose la peur réciproque et la guerre de tous contre tous : l’Etat est ce qui vient justement mettre fin à la peur. Dans l’Etat de sécurité, ce schéma se renverse : l’Etat se fonde durablement sur la peur et doit, à tout prix, l’entretenir, car il tire d’elle sa fonction essentielle et sa légitimité.

Foucault avait déjà montré que, lorsque le mot « sécurité » apparaît pour la première fois en France dans le discours politique avec les gouvernements physiocrates avant la Révolution, il ne s’agissait pas de prévenir les catastrophes et les famines, mais de les laisser advenir pour pouvoir ensuite les gouverner et les orienter dans une direction qu’on estimait profitable.

Aucun sens juridique

De même, la sécurité dont il est question aujourd’hui ne vise pas à prévenir les actes de terrorisme (ce qui est d’ailleurs extrêmement difficile, sinon impossible, puisque les mesures de sécurité ne sont efficaces qu’après coup, et que le terrorisme est, par définition, une série des premiers coups), mais à établir une nouvelle relation avec les hommes, qui est celle d’un contrôle généralisé et sans limites – d’où l’insistance particulière sur les dispositifs qui permettent le contrôle total des données informatiques et communicationnelles des citoyens, y compris le prélèvement intégral du contenu des ordinateurs.

Le risque, le premier que nous relevons, est la dérive vers la création d’une relation systémique entre terrorisme et Etat de sécurité : si l’Etat a besoin de la peur pour se légitimer, il faut alors, à la limite, produire la terreur ou, au moins, ne pas empêcher qu’elle se produise. On voit ainsi les pays poursuivre une politique étrangère qui alimente le terrorisme qu’on doit combattre à l’intérieur et entretenir des relations cordiales et même vendre des armes à des Etats dont on sait qu’ils financent les organisations terroristes.

Un deuxième point, qu’il est important de saisir, est le changement du statut politique des citoyens et du peuple, qui était censé être le titulaire de la souveraineté. Dans l’Etat de sécurité, on voit se produire une tendance irrépressible vers ce qu’il faut bien appeler une dépolitisation progressive des citoyens, dont la participation à la vie politique se réduit aux sondages électoraux. Cette tendance est d’autant plus inquiétante qu’elle avait été théorisée par les juristes nazis, qui définissent le peuple comme un élément essentiellement impolitique, dont l’Etat doit assurer la protection et la croissance.

Or, selon ces juristes, il y a une seule façon de rendre politique cet élément impolitique : par l’égalité de souche et de race, qui va le distinguer de l’étranger et de l’ennemi. Il ne s’agit pas ici de confondre l’Etat nazi et l’Etat de sécurité contemporain : ce qu’il faut comprendre, c’est que, si on dépolitise les citoyens, ils ne peuvent sortir de leur passivité que si on les mobilise par la peur contre un ennemi étranger qui ne leur soit pas seulement extérieur (c’étaient les juifs en Allemagne, ce sont les musulmans en France aujourd’hui).

Incertitude et terreur

C’est dans ce cadre qu’il faut considérer le sinistre projet de déchéance de la nationalité pour les citoyens binationaux, qui rappelle la loi fasciste de 1926 sur la dénationalisation des « citoyens indignes de la citoyenneté italienne » et les lois nazies sur la dénationalisation des juifs.

Un troisième point, dont il ne faut pas sous-évaluer l’importance, est la transformation radicale des critères qui établissent la vérité et la certitude dans la sphère publique. Ce qui frappe avant tout un observateur attentif dans les comptes rendus des crimes terroristes, c’est le renoncement intégral à l’établissement de la certitude judiciaire.

Alors qu’il est entendu dans un Etat de droit qu’un crime ne peut être certifié que par une enquête judiciaire, sous le paradigme sécuritaire, on doit se contenter de ce qu’en disent la police et les médias qui en dépendent – c’est-à-dire deux instances qui ont toujours été considérées comme peu fiables. D’où le vague incroyable et les contradictions patentes dans les reconstructions hâtives des événements, qui éludent sciemment toute possibilité de vérification et de falsification et qui ressemblent davantage à des commérages qu’à des enquêtes. Cela signifie que l’Etat de sécurité a intérêt à ce que les citoyens – dont il doit assurer la protection – restent dans l’incertitude sur ce qui les menace, car l’incertitude et la terreur vont de pair.

C’est la même incertitude que l’on retrouve dans le texte de la loi du 20 novembre sur l’état d’urgence, qui se réfère à « toute personne à l’égard de laquelle il existe de sérieuses raisons de penser que son comportement constitue une menace pour l’ordre public et la sécurité ». Il est tout à fait évident que la formule « sérieuses raisons de penser » n’a aucun sens juridique et, en tant qu’elle renvoie à l’arbitraire de celui qui « pense », peut s’appliquer à tout moment à n’importe qui. Or, dans l’Etat de sécurité, ces formules indéterminées, qui ont toujours été considérées par les juristes comme contraires au principe de la certitude du droit, deviennent la norme.

Dépolitisation des citoyens

La même imprécision et les mêmes équivoques reviennent dans les déclarations des femmes et hommes politiques, selon lesquelles la France serait en guerre contre le terrorisme. Une guerre contre le terrorisme est une contradiction dans les termes, car l’état de guerre se définit précisément par la possibilité d’identifier de façon certaine l’ennemi qu’on doit combattre. Dans la perspective sécuritaire, l’ennemi doit – au contraire – rester dans le vague, pour que n’importe qui – à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur – puisse être identifié en tant que tel.

Maintien d’un état de peur généralisé, dépolitisation des citoyens, renoncement à toute certitude du droit : voilà trois caractères de l’Etat de sécurité, qui ont de quoi troubler les esprits. Car cela signifie, d’une part, que l’Etat de sécurité dans lequel nous sommes en train de glisser fait le contraire de ce qu’il promet, puisque – si sécurité veut dire absence de souci (sine cura) – il entretient, en revanche, la peur et la terreur. L’Etat de sécurité est, d’autre part, un Etat policier, car, par l’éclipse du pouvoir judiciaire, il généralise la marge discrétionnaire de la police qui, dans un état d’urgence devenu normal, agit de plus en plus en souverain.

Par la dépolitisation progressive du citoyen, devenu en quelque sorte un terroriste en puissance, l’Etat de sécurité sort enfin du domaine connu de la politique, pour se diriger vers une zone incertaine, où le public et le privé se confondent, et dont on a du mal à définir les frontières.

Giorgio Agamben est un philosophe italien, spécialiste de la pensée de Walter Benjamin, de Heidegger, de Carl Schmitt et d’Aby Warburg.

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
commenter cet article
25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 11:54
COP21 : l’interdiction des manifestations est un abus de pouvoir

Naomi Klein, journaliste canadienne, auteure, cinéaste et militante altermondialiste considère l'interdiction de manifester pendant la conférence Climat comme un révélateur des injustices politiques actuelles. « Encore une fois, un pays occidental riche place la sécurité des élites devant les intérêts de ceux qui se battent pour leur survie. Encore une fois, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre ne compte pas. »

Qui protège-t-on, quand on cherche à assurer la sécurité par tous les moyens nécessaires ? Et qui est sacrifié, alors que l’on pourrait faire beaucoup mieux ? Ces questions sont au coeur de la crise climatique. Les réponses sont la raison pour laquelle les sommets du Climat finissent si souvent dans l’acrimonie.

La décision du gouvernement français d’interdire les manifestations, marches et autres « activités en extérieur » pendant le sommet du Climat est perturbante à plusieurs niveaux. Ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’elle reflète l’injustice fondamentale de la crise climatique elle-même, et cette question centrale : qui sont les personnes dont la sécurité est considérée importante dans notre monde asymétrique ?

La première chose à comprendre, c’est que les personnes exposées aux pires effets du dérèglement climatique ne peuvent quasiment pas se faire entendre dans le débat public occidental, quand on se demande s’il faut agir sérieusement pour empêcher un réchauffement catastrophique. Les gigantesques sommets du climat comme celui que Paris s’apprête à accueillir sont de rares exceptions. Pendant deux petites semaines, les voix de ceux qui sont touchés, en premier et le plus fort, ont un peu de place pour se faire entendre là où des décisions majeures sont prises. C’est pour cette raison que des habitants des îles du Pacifique, des chasseurs Inuits et des personnes de couleur pauvres vivant à la Nouvelle Orléans parcourent des milliers de kilomètres pour y participer. Participer à ce sommet est une précieuse occasion pour parler du dérèglement climatique du point de vue de la morale, et de mettre des visages humains sur la catastrophe en train de se produire.

Le deuxième point important c’est que même lors de ces rares moments, les voix de ceux qui se trouvent en « première ligne » n’ont pas assez de place dans les réunions officielles, où dominent les gouvernements et les ONG les plus riches. Les voix des gens ordinaires s’expriment surtout dans les rassemblements de base qui se tiennent parallèlement au sommet, ainsi que dans les manifestations et les moments de protestation qui attirent de cette manière l’attention médiatique. Or le gouvernement français a décidé de confisquer le plus puissant de ces porte-voix, en affirmant qu’assurer la sécurité des manifestations mettrait en péril sa capacité à garantir la sécurité de la zone du sommet officiel où les dirigeants politiques vont se rencontrer.

Certains disent que cela se justifie dans la situation de riposte contre la terreur. Mais un sommet du climat des Nations-Unies n’est pas comme une réunion du G8 ou de l’Organisation Mondiale du Commerce, où les puissants se rencontrent et ceux qui n’ont pas de pouvoir tentent de gâcher leur fête. Les événements concomitants de la « société civile » ne sont pas un ajout ou une distraction de l’événement principal. Elles font intégralement partie du processus. C’est pourquoi le gouvernement français n’aurait jamais dû être autorisé à décider quelle partie du sommet il annule, et quelle partie il continue d’accueillir.

Après les épouvantables attaques du 13 novembre, il aurait plutôt dû décider s’il avait la volonté et la capacité d’accueillir tout le sommet, avec la pleine participation de la société civile, y compris dans les rues. S’il ne le pouvait pas, il aurait dû y renoncer et demander à un autre pays de le remplacer. Pourtant, le gouvernement de François Hollande a pris une série de décisions qui reflètent une échelle de valeurs et de priorités très particulières quant à qui et quoi obtient la pleine protection de sa sécurité par l’Etat. Oui aux dirigeants du monde, aux matchs de foot et aux marchés de Noël. Non aux manifestations pour le climat et aux rassemblements qui reprochent aux négociations, compte-tenu du niveau des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, de mettre en danger la vie et les conditions de vie de millions, si ce n’est de milliards de personnes.

Et qui sait où cela finira ? Doit-on s’attendre à ce que l’ONU révoque arbitrairement les accréditions de la moitié des participants de la société civile ? Ceux qui semblent le plus susceptible de causer de l’agitation à l’intérieur du sommet bunkerisé ? Je n’en serais pas du tout étonnée.

Il est important de réfléchir à ce que l’annulation des manifestations et protestations signifie en réalité et au plan symbolique. Le dérèglement climatique est une crise morale car à chaque fois que les gouvernements des pays riches échouent à agir comme il le faudrait, ils envoient le message que nous, au Nord, plaçons notre confort immédiat et notre sécurité économique devant la souffrance et la survie de certains des habitants les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète.

La décision d’interdire les espaces les plus importants où les voix des personnes affectées par le climat auraient pu s’exprimer, est l’expression dramatique de cet abus de pouvoir profondément non éthique. Encore une fois, un pays occidental riche place la sécurité des élites devant les intérêts de ceux qui se battent pour leur survie. Encore une fois, le message est : notre sécurité n’est pas négociable, la vôtre ne compte pas.

Un dernier point : j’écris ces lignes depuis Stockholm, où je participe à une série d’événements publics sur le climat. Quand je suis arrivée, la presse s’excitait autour d’un tweet envoyé par la ministre de l’environnement, Asa Romson. Peu après la nouvelle des attentats de Paris, elle a tweeté sa colère et sa tristesse face à ces morts. Puis, qu’elle pensait que c’était une mauvaise nouvelle pour le sommet du climat, une pensée qui a traversé l’esprit de tous ceux que je connais, et qui ont un rapport avec le sommet du climat. Pourtant, elle a été jetée au pilori à cause de son insensibilité supposée : comment pouvait-elle penser au dérèglement climatique alors que venait de se produire un tel carnage ?

Cette réaction est révélatrice de l’idée que le changement climatique est une question mineure, une cause sans véritables victimes, un événement futile. En particulier quand les problèmes sérieux de la guerre et du terrorisme sont au centre de l’attention. Cela m’a fait penser à ce que l’auteure Rebecca Solnit a écrit récemment : « le dérèglement climatique est une violence ».

C’est une violence. Une partie de cette violence est infiniment lente : la montée du niveau des mers qui efface peu à peu des nations, les sécheresses qui tuent des milliers de personnes. Cette violence est aussi terriblement rapide : les tempêtes qui portent les noms de Katrina et Haiyan emportent des milliers de vies en un seul instant ravageur. Quand les gouvernements et les grandes entreprises échouent en conscience à agir pour empêcher la catastrophe du réchauffement, c’est un acte de violence. C’est une violence si grande, si mondiale, et infligée à tant de périodes temporelles à la fois (cultures anciennes, vies présentes, futur potentiel) qu’il n’existe pas encore de mot capable de décrire toute cette monstruosité. Faire preuve de violence pour réduire au silence ceux qui sont le plus vulnérables à la violence climatique est une violence de plus.

Pour expliquer pourquoi les matchs de foot se tiendraient comme prévu, le ministre français des Sports a déclaré : « la vie doit continuer ». Oui, c’est vrai. C’est la raison pour laquelle j’ai rejoint le mouvement pour la justice climatique. Parce que quand les gouvernements et les grandes entreprises échouent à prendre en compte toutes les vies sur Terre, ils doivent être contestés.

Traduction de Jade Lindgaard

Blogs Médiapart , le 23 Novembre 2015

A lire également sur le blog de Jean Gadrey

Le prétexte de la sécurité pour interdire la COP 21 à la société civile : le cas lillois


Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
commenter cet article
20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 08:52
État d’urgence, marches interdites, escalade militaire : la démocratie menacée
État d’urgence, marches interdites, escalade militaire : la démocratie menacée

jeudi 19 novembre 2015, par Attac France

Ni le deuil suite aux effroyables attentats, que nous partageons toutes et tous, ni les menaces réelles qui pèsent encore, ne peuvent justifier l’interdiction de toutes les manifestations. L’interdiction de la marche pour le climat du 29 novembre et des manifestations du 12 décembre à la fin de la COP 21, renforce le sentiment de dépossession et la confusion entre sécurité et ordre sécuritaire. Ces manifestations, préparées de très longue date, sont le moment d’une parole et d’une expérience citoyenne internationales pour faire advenir des sociétés justes et soutenables, moment historique pour l’avenir de la planète et de l’humanité.

L’état d’urgence est prolongé de trois mois, sans aucune perspective de sortie. Or, la pire des politiques est bien de mettre la démocratie en veilleuse et de basculer dans un régime d’exception permanent. La sécurité est indissociable des libertés publiques, c’est une société consciente, active et mobilisée qui assurera la pérennité de la vie démocratique et de la vie tout court.

Les attentats du 13 novembre justifient évidemment une forte réaction policière et un renforcement des mesures de sécurité tant que les auteurs n’ont pas tous été arrêtés. Cela ne justifie en rien une dérive sécuritaire qui prive les sociétés des moyens de se défendre face à ce qui les menace. Ces attaques ont été aveugles et elles créent aujourd’hui un sentiment d’insécurité fort dans la population. Raison de plus pour occuper pacifiquement l’espace public, comme cela s’est réalisé spontanément pendant les derniers jours, sur les terrasses, sur les places publiques.

Concernant la COP 21, nous connaissons les conséquences dramatiques, y compris en termes de sécurité, d’un réchauffement climatique non contenu. Aucune armée ou escadron de police ne pourra résoudre cette question là. Seule une société inventive, éprise de justice et de démocratie, pourra faire face à ces enjeux. Les mobilisations pour le climat sont aussi notre réponse aux terroristes : vous rêvez de tuer et de mourir, nous voulons la justice sociale et préserver la vie sur cette Terre que nous avons en partage.

Attac appelle les organisations de la société civile à prendre des initiatives communes en défense des libertés démocratiques, à commencer par la liberté de rassemblement et de manifestation. Lors de la COP 21 nous trouverons ensemble les moyens de signifier au monde entier les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité entre les hommes et avec la nature.

Nous appelons à renforcer toutes les initiatives décentralisées prévues pour les 28 et 29 novembre, à participer au Sommet citoyen pour le climat les 5 et 6 décembre à Montreuil, à s’inscrire dans les activités de la Zone action climat (ZAC) au « 104 » et enfin à préparer et discuter collectivement des manifestations du 12 décembre à Paris.

Pour signer l’appel pour le maintien des mobilisations citoyennes

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
commenter cet article
19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 08:28
Après les massacres de Paris : épouvante, révolte, action pour le climat

Après les massacres de Paris : épouvante, révolte, action

Communiqué d' ATTAC France 14 novembre

Au lendemain des massacres de Paris, les adhérent·e·s et sympathisant·e·s d’Attac, à l’unisson de la société française, ressentent épouvante et révolte devant la haine aveugle et meurtrière. Attac exprime toute sa solidarité avec les victimes et leurs proches. Les personnes assassinées vendredi soir ne faisaient qu’exercer leur droit à la convivialité, à la civilité, à l’art, à une vie libre, toutes choses que ces tueurs veulent éradiquer au nom d’une vision fanatisée de la religion.

Malgré l’émotion et la tristesse, nous refusons de céder à la terreur, nous refusons la société de la peur, de la stigmatisation et de la recherche de boucs émissaires. Nous affirmons notre détermination à continuer à circuler, à travailler, à nous divertir, à nous réunir et à lutter librement.

« La France est en guerre », nous dit-on. Mais ce n’est pas notre guerre : après les désastres américains en Irak et en Afghanistan, les actuelles interventions françaises en Irak, en Libye, en Syrie, au Mali, au Tchad, au Niger, en Centrafrique, contribuent à déstabiliser ces régions et à déclencher les départs de migrants qui se heurtent à la forteresse Europe et dont les corps s’échouent sur nos plages. Inégalités et prédations déchirent les sociétés, les dressent les unes contre les autres.

Al Qaida ou Daesh tirent toute leur force inhumaine de ces injustices. Cette guerre ne mène à aucune paix car il n’y a pas de paix sans justice. Pour en finir avec cette guerre, nos sociétés devront se désintoxiquer de l’ivresse de la puissance, des armes, du pétrole, des métaux rares, de l’uranium...

Au-delà du terreau social et économique qui nourrit tous les désespoirs et tous les actes insensés, reste la « banalité du mal », c’est-à-dire le fait que l’humanité n’est jamais à l’abri du retour ou de l’instauration de la barbarie quand certains décident de s’affranchir du respect de l’être humain en tant qu’être humain.

Pour ce qui est à notre portée, plus que jamais, il nous faut lutter contre l’impérialisme fût-il « humanitaire », contre le productivisme destructeur, pour des sociétés sobres, libres et égales.

Nous refusons par avance toute restriction au droit de manifester et de lutter contre ce monde pourrissant, pour les alternatives que portent ensemble les peuples du Sud et du Nord. Du 29 novembre au 12 décembre, à l’occasion de la COP 21 et par nos mobilisations citoyennes, nous montrerons qu’un autre monde est possible, urgent et nécessaire.

LA SOCIÉTÉ CIVILE UNIE, SOLIDAIRE ET TOUJOURS MOBILISÉE POUR LE CLIMAT

Communiqué de presse de la coalition climat 21

Paris, le 16 novembre 2015

La Coalition climat 21 et l’ensemble des organisations qui la compose expriment toute leur solidarité auprès des victimes des attentats du 12 novembre à Beyrouth et celles du 13 novembre à Paris, ainsi qu'à leurs familles et leurs proches.

Le monde que nous avons toujours défendu n’est pas celui-là. Le monde que nous défendons est celui de la paix, de la justice, de la lutte contre les inégalités et contre les dérèglements climatiques.

Le combat que nous menons pour la justice climatique ne s’arrête pas pour autant. Nous avons le devoir de rester debout et de continuer de nous battre pour une planète juste et vivable pour toutes et tous. Nous continuerons de nous mobiliser pour construire un monde à l’abri des guerres et des atrocités et des ravages de la crise climatique. Nous continuerons de porter les solutions et les alternatives pour lutter contre les dérèglements climatiques.

Tout en tenant compte des circonstances exceptionnelles, nous sommes convaincus que la COP 21 ne peut pas se dérouler sans la participation ni sans les mobilisations de la société civile en France. Ainsi, nous mettrons en œuvre tous nos efforts pour que se tienne l’ensemble des mobilisations que nous organisons. En concertation avec les autorités, nous continuerons à chercher à ce que la sécurité de toutes et de tous soit garantie.

Nous rappelons que cette mobilisation sera mondiale : des centaines de milliers de personnes se mobiliseront durant les deux semaines de négociations de la COP21 et des représentants des pays du Sud comme des pays du Nord seront présents à Paris. L’ensemble du monde est concerné et nous ne ferons pas l’impasse sur ces enjeux.

Ce jour, 19 novembre, nous apprenons que les manifestations de Paris sont annulées et nous ne savons pas encore si la marche pour le climat du dimanche 29 sera autorisée ou non à Lille. A suivre....

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
commenter cet article
26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 17:56
les 1000 vaches toujours
La confédération paysanne et Novissen toujours sur le front des 1000 vaches ; Michel Ramery ne lâche rien !

Lettre ouverte de la confédération paysanne à Stéphane Le Foll, le 23 Octobre 2015

Monsieur le Ministre,

Nous vous avons écrit le 5 octobre à propos de l'évolution du dossier 1000 vaches. Nous exprimions alors notre inquiétude quant à la tenue de vos engagements. En effet, malgré le lancement de procédures, rien ne semble bouger et il y a toujours 250 à 300 vaches de trop sur l'élevage sans qu'aucune amende n'ait été payée, ni que vos services n'aient engagés les poursuites pénales annoncées. Vous n'êtes pas sans ignorer que des paysans sont aujourd'hui pénalisés suite à des visites rapides sur les fermes pour une application française de la PAC* déconnectée des réalités. Voilà au moins qui confirme que Michel Ramery n'est pas paysan, et que ceux qui ont les moyens peuvent se permettre d'outrepasser la loi.

Nous vous réécrivons aujourd'hui parce que, en plus de n'avoir pas reçu de réponse à notre précédent courrier, le dossier a encore évolué en faveur du businessman des 1000 vaches puisque l'enquête publique doit officiellement démarrer le 2 novembre pour s'achever pendant la conférence internationale sur le climat.

Les services de l'Etat sont donc en train de traiter un dossier où s'accumulent les défaillances :

  • 250 à 300 vaches de trop ;

  • La capacité du méthaniseur qui aurait dû être réduite comme convenu en septembre 2014 indépendamment de la demande d'extension et se retrouve en fait dans le dossier déposé en Préfecture ;

  • Des problèmes sanitaires graves connus depuis le printemps ;

  • Des conditions salariales inquiétantes mises en lumière par le témoignage d'un ex-employé

En septembre 2014, la préfecture avait déjà légalisé l'illégal, alors que les conditions de sécurité n'étaient pas réunies, pour permettre l'arrivée sous escorte policière des premières vaches. Ce schéma est donc en train de se reproduire : Michel Ramery est dans l'illégalité, et l'administration fait en sorte de le régulariser, sans gêner ses affaires.

Monsieur le ministre, nous espérons que vous ne souhaitez pas confirmer la mainmise du pouvoir économique sur le pouvoir politique. Votre mission est de donner un avenir aux paysans, d'agir pour l'alimentation de nos concitoyens, de servir les territoires sans discrimination et de protéger l'environnement. Michel Ramery affirme par communiqué bénéficier « d'une autorisation tacite », lui donner un nouveau passe-droit serait un message catastrophique pour la société, particulièrement en période électorale.

Nous vous demandons donc avec insistance, et cette fois publiquement, d'agir pour que le droit soit le même pour tous. La justice a reconnu que nous avons agi « comme lanceurs d'alerte en présence d'un phénomène qui ne peut qu'interroger au regard de ses conséquences sur le plan environnemental, social ou encore sociétal ». Il est temps maintenant que vous vous saisissiez du dossier pour mettre fin à ce scandale qui met en danger l'agriculture, la société et la démocratie.

Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions d'agréer, Monsieur le ministre, l'assurance de nos salutations respectueuses.

Laurent Pinatel

Communiqué de presse de Novissen le 16 octobre 2015

Novissen, association citoyenne en lutte depuis 4 ans contre l’installation de l’usine à vaches de Drucat, dite « des 1000 vaches » apprend avec stupéfaction que Madame Nicole Klein, Préfète de la Région Picardie, a décidé, contre toute attente, le lancement d’une enquête publique pour l’autorisation d’une extension de troupeau à 880 vaches le 2 novembre prochain.

Cette annonce est d’autant plus surprenante que lors d’une rencontre à la Préfecture d’Amiens le 10 juin dernier Madame Klein avait affirmé, en présence du premier magistrat de notre commune, qu’il n’y aurait pas d’instruction du dossier en extension déposé par Michel Ramery tant que ce dernier ne se serait pas mis en conformité avec la loi, c’est à dire revenu aux 500 vaches autorisées. Pourquoi ce grave reniement de la parole de l’Etat ?

Novissen s’étonne de cet empressement à déclencher une enquête publique pour une extension de troupeau alors que le promoteur Michel Ramery est déjà en infraction pour dépassement illégal avec des amendes non payées à ce jour qui dépassent les 40000€.

Jusqu’à quand ? Quel est le sens de tout cela ?

Si Novissen n’est pas contre le principe d’une enquête publique, il apparaît néanmoins que le moment est particulièrement mal choisi en pleine crise agricole et en pleine préparation de la Conférence internationale pour le climat.

S’il s’agit pour l’Etat de régulariser à marche forcée une véritable délinquance économique qui dure impunément depuis plusieurs mois sur notre territoire, Novissen saura le dénoncer avec force et s’y opposera avec détermination.

Pour suivre l'enquête publique

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
commenter cet article
16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 08:34
Toutes et tous  « FaucheursDeChaises »

Suite à l'appel public lancé le 30 septembre dernier par plus d'une centaine de personnalités,

les actions de réquisition citoyenne de chaises se multiplient aux quatre coins de la France...

L' objectif est de réquisitionner 196 chaises d’ici à la COP21 afin de dénoncer le rôle des banques dans l’industrie de l’évasion fiscale.

Pourquoi 196 ? Parce que 196 pays du monde doivent signer un accord international de réduction des gaz à effet de serre à la COP 21 en décembre à Paris.

L’argent pour sauver le climat existe : il est dans les paradis fiscaux !

Alors que le dérèglement climatique est déjà une tragédie pour des millions de personnes et qu’il menace les conditions mêmes d’une vie civilisée sur Terre, les 196 pays membres des Nations-unies sont incapables de trouver 100 milliards d’euros par an pour alimenter le Fonds vert pour le climat.

Pourtant l’argent ne manque pas : il est dans les paradis fiscaux, qui abritent pas moins de 20 000 milliards de dollars selon Tax Justice Network. Rien qu’au niveau de l’Union européenne, l’évasion fiscale coûte 1 000 milliards € par an aux budgets publics. Elle est organisée en grande partie par les banques, comme l’a montré le scandale HSBC. Les banques françaises ne sont pas en reste : la première d’entre elles, BNP Paribas, détient 171 filiales dans les paradis fiscaux, dont 7 aux Îles Caïmans !

Alors que notre maison brûle, allons-nous les laisser continuer à détourner ces sommes colossales pendant que nos gouvernements regardent ailleurs ? Il y a là un véritable état de nécessité : nous devons agir par tous les moyens non-violents à notre disposition pour que les banques stoppent leurs activités d’évasion fiscale et que les paradis fiscaux soient mis ainsi hors d’état de nuire. Nous devons pousser les États à trouver d’urgence 100 milliards d’euros pour le climat, et bien au-delà.

Rien qu’en France, 60 milliards d’euros échappent chaque année au budget de l’état du fait de la fraude et l’évasion fiscale. Ces sommes colossales manquent pour financer la transition écologique et sociale.

Les chaises réquisitionnées serviront de support à une grande action symbolique en pleine COP 21, afin d’inciter les citoyens du monde à entrer dans l’action.

Pour suivre les réquisitions citoyennes

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
commenter cet article

La médiathèque d'Attac

Une rubrique sur les lectures, films, musiques qui ont marqués les militants d'Attac Villeneuve d'Ascq

Thèmes