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  • : Le site de Attac Villeneuve d'Ascq
  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 15:35

Transparence dans l'utilisation de l'épargne populaire en matière énergétique

 

Dans le cadre de la campagne #PasAvecNotreArgent dénonçant les investissements toxiques des acteurs financiers dans les énergies fossiles, nous avons mené depuis mi octobre, en association avec 350.org, des actions pour que l’argent collecté sur les 24 millions de livrets de développement durable et solidaire (LDDS) ne serve plus à détruire le climat.

Cette campagne LDDS a reçu un écho favorable auprès de député·e·s qui ont rédigé une proposition de loi en faveur de la transparence sur l’utilisation de l’épargne populaire en matière énergétique.

Il s’agit d’une victoire symbolique pour la campagne, car nos propositions arrivent à l’Assemblée. Mais nous voulons maintenant obtenir une victoire concrète et faire en sorte que cette proposition de loi soit adoptée !

Cette loi sera mise au vote à l’Assemblée Nationale le jeudi 7 mars.

Le Parlement examinera une proposition de loi en faveur de la transparence dans l’utilisation de l’épargne populaire en matière énergétique, présentée par Elsa Faucillon et soutenue par de nombreux parlementaires. Cette proposition de loi traduit dans les faits une dynamique déjà à l’œuvre, et nous vous demandons de la voter.

Près de 10 000 personnes ont d'ores et déjà interpellé la commission des finances en amont de son examen le 20 février. Celle-ci a toutefois exprimé un avis défavorable, notamment à travers la voix de Bénédicte Peyrol pour LREM, qui s'est justifiée en disant qu'il était urgent d'attendre, et qu'il fallait veiller à "préserver les intérêts des particuliers dans cette transition (énergétique et sociale)"

Pourtant, la transparence sur l'utilisation de cet argent représente un enjeu démocratique majeur, et ne représente qu'un point d'étape. Soutenue par de nombreux acteurs de la société civile, cette proposition de loi demande que les sommes versées par les épargnants sur les livrets dont les dépôts sont centralisés dans le fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts et Consignations ne puissent être utilisés pour le financement des combustibles fossiles. Il devrait en être de même pour le reste de l'épargne géré par les banques, et nous vous demandons de soutenir les améliorations de la proposition de loi allant en ce sens.

Les conclusions du dernier rapport du GIEC sont sans appel, nous devons impérativement fermer des champs de charbon, de pétrole ou de gaz déjà en exploitation : continuer à financer l’expansion de l’industrie fossile ne préserve que les intérêts de celle-ci.

L’Assemblée Nationale qui avait adopté, le 25 novembre 2015, une résolution pour une société bas carbone, dans laquelle elle «encourage les investisseurs institutionnels, les entreprises, notamment celles dont l’État est actionnaire, et les collectivités territoriales à cesser d’investir dans les énergies fossiles» a pris suffisamment de retard.

Le désinvestissement des combustibles fossiles s’impose aussi comme une réponse économique nécessaire, car il permettra de dégager les ressources qui sont indispensables à la transition. Chaque euro de l’épargne populaire devrait être investi en faveur de la mobilité durable, de la rénovation énergétique des bâtiments des logements, dans l’économie sociale et solidaire, ou le déploiement des énergies renouvelables gérées démocratiquement. Pourtant, seule une partie infime de l’argent des 24 millions de Livret Développement Durable et Solidaire est réellement affectée au financement de la transition. Le ministre Bruno Le Maire a lui-même reconnu publiquement qu’il y a « tromperie » à ce sujet et a appelé à deux reprises à y mettre un terme.

Cette proposition de loi ne s'attaque qu'à une partie des investissements publics en faveur des fossiles, vous devez vous assurer qu'elle soit soutenue et renforcée. Le jour du vote, un large rassemblement aura lieu devant l'Assemblée Nationale pour vous rappeler le choix auquel vous faites face : soutenir les citoyens et citoyennes que vous représentez, ou les intérêts de l'industrie fossile qui nous empêche de construire un futur possible.

Face à l'urgence climatique, chaque renoncement politique se traduit de facto par des souffrances indicibles de millions de personnes dans le monde entier, à commencer par les plus pauvres et les plus faibles.

Interpellez dès aujourd’hui l’ensemble des député·e·s en leur demandant de voter en faveur de cette loi.

 

 

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15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 10:43

Chère essence…,

Jean-Marie Harribey, blog alternatives économiques

J’ai longtemps hésité à m’adresser à toi pour te faire part de mon embarras, de mon inquiétude, et aussi, je te l’avoue, de mon malaise devant l’agitation et la colère qui sourdent dans la société à ton sujet. Si je m’y résous aujourd’hui, c’est parce que la lettre que j’avais écrite à ton père, le pétrole[1], il y a juste dix ans, et dont je te joins une copie, est restée lettre morte. Il est vrai que je l’avais lancée à la mer dans un baril vide à la dérive, espérant qu’elle finirait bien par échouer aux pieds de quelque gouvernant plus éclairé que la moyenne, par exemple par cette fée nucléaire, ta concurrente mais, nous dit-on, ô combien salutaire.  

Las ! Il ne se passa rien. Depuis ce moment, dix nouvelles COP se sont succédé, avec, parmi elles, un tapage aussi tonitruant que sans lendemain lors de la vingt-et-unième. Sans doute, tu concentres en toi nombre de problèmes et tu révèles les contradictions qui fracassent nos sociétés minées par le productivisme d’un capitalisme dont l’unique boussole est le profit pour l’accumulation infinie du capital.

Le fait que tu sois aussi inflammable et explosive explique grandement que, périodiquement, bonnets rouges et gilets jaunes descendent dans la rue parce qu’ils sont pris à la gorge par l’envolée de ton prix à la pompe. Mais la défense de leurs couleurs se fait, pour le coup, au prix d’un embrouillamini social et politique magistral. De bonnets rouges en gilets jaunes, enfle une colère noire. Je t’écris pour conjurer le risque qu’elle ne vire au brun.

Je voudrais te dire que tu es injustement accusée de flamber. Tu es d’abord victime du parcours chaotique de ton père, ce pétrole aux mains souvent de monarchies corrompues et toujours de multinationales sans foi ni loi, qui spéculent, un jour sur sa raréfaction, un autre sur son abondance parce qu’elles vont le forer jusque dans les cailloux et les sables de schiste.

Tu es également victime de la myopie qui handicape nos concitoyens à qui on ne dit jamais que ton prix est aujourd’hui légèrement inférieur à celui de 2012, quand le baril de ton père valait 1,50 dollar, avant d’être divisé trois ans après par presque 4. Et si on te compare au pouvoir d’achat d’un SMIC, on s’aperçoit que, il y a 45 ans, c’est-à-dire lors de la première crise dite du pétrole en 1973, une heure de SMIC pouvait acheter 3 litres de toi, et, en 2018, elle en achète 6, bien que le prix du pétrole ait de nouveau doublé depuis un an. On devrait aussi méditer sur un élément positif et un élément négatif : un litre de toi permet de faire plus de kilomètres qu’autrefois grâce à des moteurs plus économes, mais un litre qui est gaspillé dans des embouteillages inextricables dans toutes les agglomérations et sur toutes les rocades, ces rubans colorés où tout le spectre de l’arc en ciel se mélange autour du rouge, du jaune et même de l’orange, ces couleurs si chaudes et saillantes…

Enfin, et c’est certainement le plus important, la politique du gouvernement, qui va de dégradation des services publics en destruction des droits sociaux, est aussi cynique qu’absurde et cela pour au moins trois raisons. La première est que sa politique fiscale est outrageusement injuste : il a diminué les impôts progressifs des riches et des entreprises, il a supprimé l’impôt sur la fortune, il a transformé le CICE (totalement inefficace pour l’emploi mais très efficace pour rétablir les marges des entreprises, 20 milliards par an, ce n’est pas rien) en un allègement des cotisations sociales des entreprises, en « même temps » qu’il augmentait la CSG et qu’il organisait l’appauvrissement des collectivités territoriales pourvoyeuses de services publics en prévoyant de supprimer la taxe d’habitation.

La deuxième facette de l’injustice et de l’absurdité de la politique gouvernementale concerne l’absence totale d’actions en faveur d’une transition énergétique et écologique pour commencer une transformation des systèmes de transport et pour se diriger vers des énergies renouvelables. Les investissements publics diminuent d’année en année, pendant que le système ferroviaire se déteriore, et les investissements privés ne sont décidés qu’en fonction de normes financières. Il s’ensuit que, sans accompagnement ni social, ni en termes de nouvelles infrastructures, les personnes les plus pauvres se trouvent à gérer un budget contraint par la remontée depuis trois ans du cours du pétrole.

La troisième raison de l’injustice et de l’absurdité de la situation tient à l’aveuglement d’un certain raisonnement économique qui voit dans le prix l’unique moyen de modifier les comportements. Tu me pardonneras, chère essence, de te communiquer un raisonnement compliqué que l’on enseigne à des étudiants en économie qui viennent plus souvent à l’Université en voiture qu’en vélo : imagine-toi un élastique dont la souplesse (la capacité de s’étirer) est plus ou moins grande, tu sais, un de ces élastiques qu’on fabrique en utilisant certaines propriétés de ton père. Bon, si tu vois, c’est gagné : en faisant varier ton prix à la hausse, on espère que la demande qui se portera sur toi diminuera. Cela se vérifiera-t-il ? Oui, si l’élasticité de la demande par rapport au prix est forte, non dans le cas contraire. Or, je te disais à l’instant que la dépense de transport était contrainte à cause du manque d’infrastructures de transport de substitution, l’élasticité de la demande par rapport à ton prix est donc assez faible. Agir par le seul levier du prix sera inefficace.

Aussi, les trois raisons de l’injustice et de l’absurdité ambiantes se conjuguent pour faire éclater au grand jour les contradictions sociales, économiques et écologiques réunies. La colère sociale explose parce que trop, c’est trop. La hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), indispensable sur le long terme, intervient dans le contexte de la politique fiscale à rebours. L’affaire n’est pas anodine car les taxes environnementales représentent en France 63 milliards d’euros en 2018, dont 47 milliards provenant des taxations sur les consommations énergétiques, parmi lesquelles 24 milliards de TICPE. La loi de finances pour 2019 a prévu 5,1 milliards de taxes environnementales supplémentaires, dont près de 4 milliards de TICPE.

Je t’assure, ma chère essence, de ma compassion. Je souhaiterais tant que la société te conserve, avec attention et précaution. Avec attention parce que tu es précieuse, ton usage est si commode, tu démarres au quart de tour, tu es tellement efficace, ton rendement surpasse celui de bon nombre de tes concurrents. Avec précaution parce que lorsque tu te consumes, tu pars en émission de carbone et ça c’est très mal pour nous, pour nos descendants et pour la planète. Je t’entends réagir et me dire que cela est bien connu de nous et que la responsabilité des inconvénients nous incombe donc. Tu as parfaitement raison, mais, vois-tu, devant cette responsabilité qui nous effraie, tu sers de bouc émissaire.

Tu es tellement au centre des préoccupations du moment que, d’un côté, tu es saisie par les forces réactionnaires pour délégitimer un peu plus l’impôt, et, de l’autre tu mets dans un imbroglio politique et stratégique ceux qui, à gauche, prétendent défendre les intérêts des pauvres et des exploités. Tu as peut-entendu comme moi tel responsable politique progressiste déclarer qu’« il ne fallait pas se pincer le nez devant la colère populaire ». Il vaut mieux en effet ouvrir les yeux que de se pincer le nez. Il ne t’a pas échappé non plus qu’une association amie a publié un communiqué disant que la taxe sur les carburants servait à « boucher les trous du budget de l’État ». Bien sûr, il n’en est rien, car c’est confondre le comblement du déficit public – qui se fait, par définition, hors impôt (sinon, il n’y aurait pas de déficit) – avec une mauvaise affectation du produit de l’impôt, puisque seuls 7,2 milliards seront destinés à financer la transition écologique en 2019.

Chère essence, la question de ton prix nous met en face de la contradiction insurmontée jusqu’ici entre la soutenabilité sociale et la soutenabilité écologique. Contradiction qui n’est pas intrinsèque au social ni à l’écologie, ni à leur rencontre, mais qui est engendrée par la logique d’accumulation du capital : d’un côté, celle-ci pressure toujours davantage le travail et donc les couches populaires ; de l’autre elle (é)puise sans retenue la nature.

En attendant la remise en cause de cette logique, la colère populaire gronde. Elle est compréhensible. Est-elle légitime ? Si elle est l’occasion d’aller à la racine des choses, oui. Si les forces conservatrices et réactionnaires prennent le dessus et agrègent ceux qui n’ont strictement rien à faire ni des pauvres ni de l’écologie, un pas de plus sera fait pour délégitimer l’impôt, la régulation par l’État et, au-delà, un coup de canif de plus sera donné au contrat social qui lie les citoyens de notre pays, ceux d’ailleurs et ceux de demain.

Parmi toutes tes qualités, chère essence, il en est une dont on ne parle pas beaucoup : tu as un pouvoir de dissolution de certaines matières. Par ton intermédiaire, ceux qui ont intérêt à la désagrégation de la démocratie en profitent pour gloser sur la dissolution du clivage gauche/droite et, par delà, de l’opposition travail/capital. Les réseaux dits sociaux sont bien commodes : chacun dans son coin peut être à l’origine d’une initiative qui n’est souvent qu’un feu de paille mais qui embrase tout, surtout si tu te trouves en jeu, et le mariage de la carpe et du lapin est célébré. Pendant ce temps, les collectifs disparaissent, les syndicats se terrent et les médias découvrent la lune : les pauvres s’appauvrissent. 

Chère essence, je ne te souhaite qu’une chose : que ton prix augmente beaucoup. Dans ce monde vénal, les gens ne respectent que ce qui « a un prix ». Or, je te le disais plus haut, comme tu es précieuse, autant ne pas te gaspiller, t’économiser pour les urgences. Le 17 novembre prochain, combien de bannières dorées et de parkas amarillos se revendiqueront de toi à vil prix ! Je te promets de crier dans le désert que, à force de t’user, on risque d’abuser les citoyens en leur faisant croire que baisser ton prix les sauvera de la catastrophe. Il est essentiel d’accompagner ton prix d’un changement de la façon de (nous) conduire.

Jean-Marie Harribey 15 novembre 2018

 

Cher pétrole…,

Cher pétrole, je me décide à t’écrire parce que le monde s’inquiète pour toi, ou pour lui-même. Tu sais combien nous te chérissons, et notre amour grandit avec ton prix. Plus tu es cher, plus tu nous es cher. Tes brusques accès de fièvre et tes envolées vers les sommets sont autant de piqûres de rappel : notre fidélité est à toute épreuve et l’addiction est telle que nous avons placé en toi l’essence de notre bien-être matériel. Cent cinquante ans de bonheur et de passion charnelle, puisque tout ce que nous mangeons, transportons et chauffons contient ton précieux liquide.

Et bonne pâte avec ça. On fore et tu te laisses approcher ; on pompe et tu jaillis ; on te canalise et tu irrigues la terre entière. A contrario, tu manies le paradoxe : tu as mis des centaines de millions d’années à te fossiliser et tu te consumes en un rien de temps, aussi vite que ton cousin le gaz. Tu aurais pu nous prévenir car jamais nous n’aurions supposé un tel décalage. Les experts ès combustibles fossiles nous assuraient que plus on épuisait un gisement, plus on avait intérêt à exploiter le suivant, ce qui aurait valu un « prix Nobel » d’économie aux soldats de La Palice. Il y avait bien eu les avertissements du géologue américain King Hubbert qui, dans les années 1950, avait prédit la diminution de la production pétrolière américaine. Mais personne ne l’avait cru et, aujourd’hui, nous approchons du pic de la production mondiale : celle-ci ne pourra ensuite que décliner.

Cher pétrole, nous sommes plongés dans l’embarras. On a libéré les marchés financiers et les spéculateurs ont compris le bénéfice qu’ils pouvaient tirer de la certitude de ta disparition prochaine : en achetant aujourd’hui les barils de demain, ils font leur miel de ta coulée. Mais tu es bien protégé : toutes les armées du globe sont à tes pieds pour garantir ton bon écoulement, au cas où un dictateur, car ce ne pourrait être qu’un dictateur, voudrait te nationaliser, un projet absurde pour toi qui appartiens au monde entier.

On a construit des autoroutes partout et l’idée de faire rouler des camions dessus est venue spontanément : en effet, pourquoi laisser fondre au soleil le goudron, c’est-à-dire un peu de toi-même, sans user en même temps la gomme des pneus, dans lesquels il doit bien y avoir aussi quelques-unes de tes molécules ? Les camionneurs, les pêcheurs et les agriculteurs sont pendus au-dessus d’un brasero alimenté par toi, avec une corde tressée par les actionnaires des « majors », ces multinationales dont le métier est d’inciter à te consommer le plus vite possible. Les Etats ont longtemps fermé les yeux car les taxes sur les carburants rentraient dans les caisses que l’on vidait par ailleurs au nom du « moins d’impôt progressif ». Et ils se sont jusqu’ici abstenus de mettre en œuvre des énergies renouvelables. Taxer l’utilisation du pétrole, c’est plus facile que de taxer celle du soleil.

En l’absence d’alternatives proches, toutes les solutions d’urgence sont mauvaises. Laisser monter ton prix, c’est étrangler les petits producteurs, les salariés payés une misère et qui doivent rouler pour aller travailler ; en revanche, c’est une aubaine pour Shell, Exxon-Mobil, BP, Chevron-Texaco, Total, etc. Baisser ton prix, c’est encourager le gaspillage et abandonner tout espoir de limiter les émissions de gaz à effet de serre. D’autant que le doublement, en l’espace d’un an, du prix du baril exprimé en dollars courants est trompeur. Exprimé en euros, il n’augmente que des deux tiers. Et exprimé en dollars constants, il est aujourd’hui au même niveau que dans les années 1860. Certes, entre temps, il avait durablement été divisé par dix. Rapporté au SMIC, le prix du litre d’essence a diminué d’un tiers depuis 1973, mais doublé depuis son point le plus bas en 1998, ce qui déstructure le budget des pauvres. Enfin, sur le long terme, nous ne te payons pas davantage qu’à l’époque où l’on a commencé à s’enivrer de toi. A cause de ton épuisement progressif, il faut s’attendre à devoir te payer réellement beaucoup plus cher, bien que des apprentis sorciers parient sur la fonte des glaces polaires et du permafrost pour amorcer une nouvelle ruée.

Les pays qui s’imaginent vivre sur un pactole ne savent pas qu’aucune économie rentière n’est durable. Le Président Chavez s’en apercevra un jour, espérons avant qu’il ne soit trop tard. Quant à ton remplacement par des agrocarburants, il n’y a plus que le Président Lula pour y voir l’avenir des sans terre.

Cher pétrole, nous nous étions abandonnés à toi et tu es sur le point de nous quitter. Désemparé, je renonce à t’envoyer cette lettre par la poste qui est devenue une banque proposant des placements sur des valeurs sûres, toi peut-être encore pendant un temps. Je préfère la jeter à la mer. Je trouverai certainement un baril vide pour la glisser dedans. Et puis, hop, à la mer, cette mer qui déjà te recueille si bien quand un pétrolier fait naufrage.

Jean-Marie Harribey, 12 juin 2008

https://blogs.alternatives-economiques.fr/harribey/2018/11/15/chere-essence

 

 

 

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 10:40

L’épargne du LDDS ne doit plus servir à financer les dérèglements climatiques.

Deux jours après la publication du rapport du GIEC, début octobre, Attac France et 350.org lancent une seconde phase de la campagne #PasAvecNotreArgent avec notamment une pétition et un outil d’interpellation. Son objectif : faire en sorte que les 106 milliards d’euros collectés sur les 23,9 millions de livrets de développement durable et solidaire (LDDS) ne servent plus à financer des projets de soutien aux énergies fossiles et aux industries toxiques.

La campagne cible la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui centralise 60% des fonds du LDDS, afin qu’elle désinvestisse des énergies fossiles. C’est aussi une manière de cibler le gouvernement, qui contrôle à 100 % la CDC. Des actions seront également menées contre les grandes banques qui commercialisent le LDDS et qui gardent 40 % de la collecte du livret, car il est aujourd’hui impossible de s’assurer qu’elles ne se servent pas de cet argent pour financer des industries toxiques.

Pour Clémence Dubois, chargée de campagne de l’ONG 350.org : « Notre premier objectif est d’obtenir du livret de développement durable et solidaire (LDDS) qu’il serve uniquement à financer des projets réellement durables et solidaires. Pour ce faire nous demandons à ce que les 200 entreprises responsables de 90% des émissions de gaz à effet de serre, cause majeure des dérèglements climatiques, soient exclues, par une réglementation stricte et contraignante, des portefeuilles financés par l’épargne du LDDS ».  Pas avec mon argent ! Mon livret de développement durable et solidaire ne doit plus financer les énergies fossiles  sera notre mot d’ordre. »

Pour Raphaël Pradeau porte-parole d’Attac France : « Après la publication du rapport alarmant du GIEC ce 8 octobre, l’heure n’est plus aux petits pas ou aux plans de communication. Il est urgent de sortir des sommes colossales des énergies fossiles pour les réorienter vers le financement de la transition écologique et sociale. Cette campagne vise à obtenir de la CDC et des grandes banques qu’elles ne fassent plus n’importe quoi avec notre argent. »

Depuis début octobre, la campagne a pris un bon départ, avec notamment :

Attac et 350.org vont proposer des modèles de courrier à adresser aux banques et à la CDC pour exiger des garanties sur ce qu’elles font avec l’argent du LDDS. Ce courrier comportera un ultimatum : si nous n’avons pas de réponse satisfaisante avant le début de la COP 24, nous mènerons des actions de désobéissance civile.

Rendez vous pour des actions entre le 3 et le 14 décembre, et dans ce cadre

le samedi 8 décembre : Faisons sonner l’alarme climatique

Samedi 8 décembre, pendant la COP 24, aura lieu dans de nombreuses villes de France et du monde des marches pour le climat, avec pour mot d’ordre « #Climatealarm Sonnons l’alarme climatique  ». Attac a décidé de s’associer pleinement à cette initiative, dont le succès permettra de poursuivre la dynamique citoyenne entamée lors des marches pour le climat des 8 septembre et 13 octobre dernier.

ATTAC France
 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 09:28
CONTRE L’EXPLORATION DES GAZ DE COUCHE

LETTRE COMMUNE DES COLLECTIFS

NORD/PAS-DE-CALAIS, LORRAINE-ALSACE, JURA ET GARDANNE

CONTRE L’EXPLORATION POUR LES GAZ DE COUCHE

Alors que l’entreprise EGL prend différentes initiatives pour explorer le sous-sol français, à la recherche de gaz de couche, partout les citoyens se mobilisent. L’opacité qui entoure ces activités technologiques, la pollution des nappes phréatiques et de l’air potentiellement attachée à cette industrie et les émissions dans l’atmosphère de méthane -puissant gaz à effet de serre- sont autant de facteurs d’alerte pour les opposants à ces projets.

Situation en Lorraine

EGL est titulaire de 3 permis : Bleue Lorraine, Bleue Lorraine Nord et Bleue Lorraine Sud. Seul le premier a donné lieu à autorisation de forages, sur quatre sites ; les forages ont déjà démarré à Tritteling (depuis mars 2013) et à Pontpierre, deux autres sont prévus à Loupershouse et Freybouse. Un quatrième permis (dit des Trois-Evêchés) est en demande par la même société.

Sur le forage de Tritteling, la foreuse est restée en place 350 jours au lieu des 35 à 45 jours prévus, une première panne qui a duré 3 semaines (oct/nov 2013), a généré le passage de centaines de citernes par le village, (convoyage "d'eaux industrielles"), la seconde

(9 sept 2014, durée d’une semaine) a donné lieu à "infos communales" de 3 lignes. Aucune information sur les pannes du 17 octobre (1 semaine) et du 1er décembre (quelques jours).

Situation dans le Jura

EGL a basé sa demande sur les recherches faites dans les années 1950. Des forages ont alors été effectués, permettant de trouver des couches imperméables de ...1m d'épaisseur ! Du reste, à l'époque et avec les moyens existants, il y a systématiquement eu de l’eau dans le gaz ! Depuis 2007, EGL est titulaire du permis dit de "Lons-le-Saunier" pour de la recherche de gaz en couche de charbon. La compagnie a demandé une prolongation pour 5 ans sur la moitié de la surface initiale.

Nous sommes donc toujours dans l'attente d’une décision définitive...

Situation à Gardanne

Le premier PERH est clos mais une demande de renouvellement a été faite, actuellement en cours d'instruction. Aucun travail sur le terrain n'a été entrepris au cours de la période du premier permis de recherche. Donc aucun forage en cours.

Les habitants de GARDANNE et du PAYS D’AIX sont très inquiets car l’ex bassin minier est devenu le terrain de jeu et d’expérimentation des multinationales :(incinérateur biomasse, gaz de charbon… et boues rouges) Ils sont inquiets pour leur environnement et leur santé.

Situation dans le Nord /Pas-de-Calais

La société Gazonor détient deux permis de recherche. Cette société exploite déjà le gaz de mine sur sa concession historique. Gazonor affiche ses objectifs : étendre la concession aux deux permis pour exploiter le gaz de couche, gaz qui alimenterait de petites unités de production d'électricité réparties sur tout ce territoire.

La société EGL réalisera les deux forages d'exploration déjà autorisés à Avion et Divion. La société EGL a pourtant largement montré en Lorraine son incapacité à obtenir des résultats et son opacité en termes de gestion des incidents et accidents, sur le forage de Tritteling.

Aussi, nous refusons de voir EGL venir jouer à l'apprenti-sorcier dans notre région où la géologie lui est moins favorable qu'en Lorraine (couches de charbon beaucoup plus fines, terrains très plissés...) et où l'exploitation du charbon a déjà laissé des cicatrices indélébiles.

Nous ne comprenons pas le soutien de nombreux élus locaux à cette exploitation polluante et nous affirmons notre opposition aux conclusions de la mission régionale qui -après un simulacre de concertation- préconise la relance de l'activité gazière, notamment sous prétexte de créations importantes d'emplois.

L'extraction du gaz de couche ne sera, même en cas de succès, que de courte durée ; il est du devoir de tous les citoyens et de leur gouvernement de développer des solutions à long terme, évitant la catastrophe du changement climatique qui nous concerne déjà tous, et, de ne pas céder aux lobbies pétroliers pour qui ne comptent que les profits immédiats.

En novembre 2014, le dernier rapport du GIEC (groupe d'experts indépendants sur le climat) était plus alarmant encore que le précédent, avec des prévisions de dépassement des 2°C de réchauffement de la planète en 25 ans si nous continuons dans cette voie d'ébriété énergétique. Les phénomènes extrêmes et violents sont déjà perceptibles : inondations dans le sud de la France, montées des eaux, ouragans violents qui se succèdent sur la planète. Les scientifiques s'accordent sur le fait qu'il faudrait laisser sous terre deux tiers des hydrocarbures déjà connus ; l'heure n'est donc plus à forer pour en découvrir d'autres.

Les collectifs réaffirment donc leur opposition à ces forages de recherches sur le gaz de couche.

Ni ici ni ailleurs, ni aujourd'hui ni demain.

Signataires :

Collectif Houille-ouille-ouille 59/62,

Collectif gazhouille 62,

Collectif "stop gaz de schiste 39"

Collectif stop gaz d'hydrocarbures de Lorraine et d'Alsace,

Collectifs Hautes Cévennes et Auzonnet, Céze et Ganière,

CVGG (collectif vigilance gaz de GARDANNE PAYS D’AIX)

Contacts : Christine Poilly : poilly.christine@gmx.fr 06 21 68 30 87

Pierre Rose : prose62490@gmail.com 06 14 55 09 12

Richard Przybylski : gazhouille62@orange.fr 06 71 81 14 11

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 11:12
Intervention du collectif Houille-ouille-ouille 59/62 à la commission régionale

Cet article reprend l'intervention de Christine Poilly et Pierre Rose du collectif Houille-ouille-ouille 59/62 auprès de la commission développement économique de la Région Nord-Pas-de-Calais lors de leur audition par cette commission dans le cadre de la mission d'enquête régionale « Gaz de houille », le 13 décembre 2013

[Pour une bonne compréhension du texte, à la fin de l'article figurent les définitions de mots-clés comme les différents types de gaz et de quelques termes plus techniques.]

Démocratie

Dès la signature des premiers permis délivrés pour la recherche d'hydrocarbures non conventionnels par M Borloo, tout s'est passé dans le plus grand secret, sans que les citoyens n'en soient informés. Et les permis de recherche accordés à Gazonor pour la recherche de gaz de couche (permis du sud midi et du Valenciennois) n'ont pas échappés à ce silence. Les travaux de forages sont soumis à enquête publique depuis le 1er juin 2012 mais Gazonor a déposé son dossier de demande d'autorisation de 4 forages pour la recherche de gaz de couche le 25 mai 2012 !!! Complicités ou simple coïncidence ?

Encore une fois les habitants du Nord /Pas-de-Calais n'ont pas été informés et encore moins consultés pour la réalisation de ces deux forages accordés.

Et voilà maintenant que l'enquête publique sur le prolongement de la concession historique de Gazonor nous révèle les objectifs de cette entreprise : exploiter le gaz de couche pour faire de petites unités de production d'électricité !

Rien à voir avec l'objet initial de cette concession qui était d'exploiter le gaz de mine, exploitation dont nous reconnaissons la nécessité et que nous ne contestons pas puisque qu'il s'agit de simples captages sans forages et que cela permet de maintenir en dépression les vides miniers.

D'ailleurs, les sites choisis ne sont pas sur les permis de recherche, mais sur la concession, ce qui a permis à Gazonor d'y faire allusion lors de l'enquête publique, sans fournir d'étude d'impact puisque ce n'est pas l'objet de la concession ! Ni les citoyens, ni les élus censés protéger leurs territoires ne peuvent accepter cette manœuvre.

Le choix du site de Divion nous laisse perplexe puisqu'il se situe à quelques centaines de mètres de la faille de Ruitz, ce qui, d'avis de géologue, serait un facteur aggravant pour les séismes. De plus, à Divion, le sous-sol recèle deux nappes phréatiques dont l'une est potable et l'autre pas : créer des ponts hydriques à cet endroit nous apparaît comme irresponsable.

Cette enquête publique ne devrait pas contenir de références à l'exploitation des gaz de couche, à moins qu'il ne s'agisse encore une fois de faire passer la pilule de l'exploitation de gaz de couche, sans aucune étude d'impact relative à cette exploitation, sans autre forme de consultation. Ce que nous dénonçons vivement. Cette pratique est contraire à la convention d'Aarhus et rend donc illégitimes les décisions opaques, prises pour en venir à l'exploitation des gaz de couche !

Que cache ce manque de transparence ?

Nous avons rencontré l’ex patron d'EGL, Monsieur Briens ; il nous a décrit la technique qui serait utilisée pour ces forages d'exploration : un forage vertical jusqu'à environ 1400 à 1600 m, suivi de forages horizontaux, dans la couche de charbon, branches pouvant atteindre plusieurs kilomètres, ce qui pose déjà de nombreuses interrogations sur les dégâts environnementaux, qui seraient irréversibles [voir argumentaire en fin d’article] !

Le charbon est une roche qui contient de nombreux pores et micro fissures ce qui donne une énorme surface interne, sur laquelle sont adsorbées, fixées les molécules de méthane. Le charbon ne libère le gaz que si la pression diminue, ce qui est le cas lors du forage, et le débit du gaz est alors proportionnel à la surface de contact entre le charbon et la branche horizontale du forage. Le débit de gaz de couche ainsi créé peut effectivement suffire à estimer la ressource, ce qui est l'objet de l'exploration.

Alors que Gazonor affirme qu'il ne sera pas fait usage de la technique controversée de la fracturation hydraulique pour exploiter le gaz de couche, nous affirmons après confirmation par des géologues de la région que cela est simplement impossible !

Les vides miniers, qui résultent de plus de 200 ans d'exploitation du charbon représentent environ un milliard de m3 de vide : 2 milliards de m3 de matières extraites du sol (charbons commercialisés + terres stériles qui formaient en 1970, environ 340 terrils). Les éboulements dans les galeries et remblais de celles-ci au début de l'exploitation, diminuent ces volumes de moitié mais il reste donc environ un milliard de m3 de vides miniers. Le charbon encore en place, environ 70 % de la quantité initiale, désorbe du méthane (le grisou).

Ce gaz de mine est exploité depuis un peu plus de trente ans et déjà l'un des deux captages, le captage de Divion, est fermé jusqu'en 2017 pour laisser ré-augmenter la pression parce qu'elle ne permet déjà plus une exploitation rentable. C'est écrit dans le dossier d'enquête publique.

Il est donc tout à fait illusoire de penser qu'un simple forage, eût-il des branches horizontales, créera une surface de contact avec le charbon qui donnera un débit suffisant pour permettre une exploitation rentable.

Partout ailleurs où le gaz de couche est exploité, la fracturation hydraulique s'impose pour que son exploitation soit rentable ; toutes les publications que nous avons lues, rapport de l'INERIS compris, reconnaissent qu'ailleurs, sauf quelques cas exceptionnels, la fracturation hydraulique est nécessaire pour exploiter le gaz de couche.

De plus, le premier permis déposé par Gazonor contenait les termes " l'objectif est de cibler des couches de charbon propices à la fracturation hydraulique" : même si la copie a été revue suite à la loi de juillet 2011, c'est bien une technique qui a été envisagée par Gazonor.

La fracturation hydraulique est interdite en France

La loi Jacob de juillet 2011, interdit la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation. Elle ne l'interdit pas pour l'expérimentation et les lobbies pétroliers, certains ministres, le MEDEF... font maintenant le forcing pour que soit appliquée toute la loi, c'est à dire pour que soit nommée la commission qui sera chargée d'examiner les demandes de forages relatifs à l'expérimentation.

Or EGL nous a décrit pour le Nord/Pas-de-Calais une technique de forage à sec (voir l'audition de M Briens à l'assemblée nationale), qui n'a été utilisée nulle part ailleurs ; dans l'enquête publique Gazonor affiche comme objectif d'améliorer la technique (personne parmi nous n'a trouvé sur le site de la préfecture l'arrêté autorisant les travaux !)

EGL aurait-elle demandé un puits d'expérimentation ? C'est fort probable. Le rapport Bataille / Lenoir est un plaidoyer pour l'exploitation des gaz de couche dans le bassin minier, et la refonte du code minier début 2014 donnera l'occasion au parlement de se pencher à nouveau sur cette question !

De plus, si les accords transatlantiques venaient à être signés, cette interdiction de la fracturation hydraulique en France ne tiendrait pas et cette technique pourrait être utilisée sans plus de formalités sur le territoire de la concession !

EGL a montré en Lorraine qu'elle n'avait pas la maîtrise technique qu'elle prétend avoir puisque sur 4 forages, 3 sont des échecs (n'ont pas abouti !) et le forage effectué à Tritteling connaît de graves problèmes techniques. EGL s'est révélée incapable de faire face à ces problèmes techniques et on a fait appel aux agriculteurs pour gérer les eaux d'exhaures !

Nos territoires sont des biens communs qu'il faut préserver pour les générations à venir et nous n'avons pas le droit de les sacrifier en les confiant à des entreprises qui déjà ailleurs montrent leur incompétence.

Pourquoi tous ces dégâts environnementaux?

Les ressources sont estimées entre 5 et 9 années de consommation française (et on sait que les ressources sont le plus souvent surestimées), ce qui ne change absolument pas la donne de l'indépendance énergétique, ni celle de la facture énergétique de la France, à moyen terme comme on voudrait nous le faire croire.

Le marché du gaz, en France n'est pas le même que celui des États-Unis : le prix du gaz est indexé sur celui du pétrole et ne pourra donc pas baisser fortement en France, ce que confirme d'ailleurs M de Marjorie du groupe Total. De plus, aux États-Unis, ce prix du gaz très bas ne tient qu'à coup de subventions et de défiscalisations pour les entreprises gazières et les difficultés financières ont d'ores et déjà conduit certaines entreprises à renoncer à ces activités et ont contraint d'autres entreprises à rentrer dans une folle course aux puits. En effet, les rendements des puits de gaz non conventionnels (gaz de couche y compris) diminuent très vite : au bout d'un an, le rendement d'un puits a déjà diminué de 30 % en moyenne et les entreprises font d'autres forages pour rembourser les emprunts liés au forage précédant. C'est une des raisons pour lesquelles on a déjà foré plus de 600 000 puits aux États-Unis. Voulons-nous reproduire ce schéma dans le Nord / Pas-de-Calais ?

Sans hésiter, nous affirmons que NON.

Certes, cela leur a permis de créer des emplois. Mais nous ne pouvons pas transposer ce modèle dans notre région : la densité de population ne nous permettrait pas de toutes façons de créer un nombre de puits important. De l'aveu même du président d’EGL, on arrive à 1,4 emploi par puits !!!

Gazonor parle de doubler ses effectifs, mais ils sont 15 au départ, cela ne va pas bien loin au regard des dégâts environnementaux potentiellement créés !

Il y a d'autres façons de créer de l'emploi dans la région qui sont moins destructrices de l'environnement et moins coûteuses pour l'état : combien coûtera la gestion de l'après gaz de couche, lorsque Gazonor, jugeant l'exploitation moins rentable fera du chantage à la subvention comme elle le fait déjà pour gérer l'après gaz de mine ?

Ne vaudrait-il pas mieux subventionner l'installation et le maintien des petits agriculteurs ou l'isolation des bâtiments pour économiser de l'énergie ?

La subvention à l'électricité issue du gaz de mine

Dans les objectifs de Gazonor, on peut lire dans l'enquête publique :

"la négociation d’un tarif de rachat de la production d’électricité à partir de l’énergie de récupération qu’est le gaz de mine, le déploiement de nouveaux sites de production de gaz de mine".

Mais pourquoi faire de petites centrales de production d'électricité maintenant, alors que le rendement des gaz de mine diminue ? Cette électricité aurait pu être revendue à des industries locales.

Le choix qui est fait de produire de l'électricité est un choix opportuniste qui sert à récolter des subventions et qui va à l'encontre des objectifs fixés par la France et en particulier par la région (avec son master plan) de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 !

Et cela, malgré les cris d'alarmes d'intensité croissante sur le changement climatique jetés par l'AIE ou par le GIEC .

Pascal Canfin a annoncé cette subvention le 18 juin dernier et dès le lendemain, on pouvait trouver sur le site d’EDF un document dans lequel on parle des formidables réserves de gaz de houille en Lorraine et de la société EGL. Sauf qu'EGL fait des forages en Lorraine (et fera les forages dans le Nord / Pas-de-Calais) pour la recherche de gaz de couche, et pas de gaz de mine.

Cet énoncé de la subvention tient du tour de passe-passe : on aurait dû annoncer la subvention à l'électricité issue des gaz de mine et des gaz de couche !

Cette subvention sera payée par les consommateurs d'électricité dont tout le monde s'accorde à reconnaître qu'ils ont de plus en plus de mal à payer leurs factures, au titre de la CSPE, qui devait être une contribution aux énergies renouvelables.

Pour conclure provisoirement : il est temps d'engager une vraie transition énergétique, basée sur la sobriété et l'efficacité énergétique, de refuser cette fuite en avant vers les nouvelles énergies qui nous emmènent vers toujours plus de dégâts environnementaux que nous laissons aux générations suivantes à gérer !

Dégâts environnementaux liés à l'exploitation des gaz de couche

En préalable à cette partie, il sera nécessaire clarifier certains termes :

- Il est question, à certains moments de fracturation hydraulique ; à d’autres de stimulation ; il a même été trouvé l’expression « massage » ! Tout cela pour ne plus utiliser le terme « fracturation hydraulique » qui est banni par la loi Jacob !

- A certains moments, il est question d’exploitation –cela a été entendu lors d’une audience de la mission d’enquête régionale- ; à d’autres d’expérimentation.

Nos remarques sur les dégâts environnementaux sont ici relatives à l'exploitation des gaz de couche et ne sont aucunement liées à l'exploitation des gaz de mine.

Les gaz de couche sont déjà exploités dans de nombreux pays (Australie, Canada, Chine, États-Unis...) et les témoignages concernant les dégâts environnementaux très spécifiques à cette exploitation commencent à affluer.

Nous nous attacherons ici à ne considérer que l'exploitation des gaz de couche dans le bassin minier du Nord / Pas-de-Calais, aidés en cela par la note publiée conjointement par l'INERIS et le BRGM en octobre 2013 : "Synthèse sur les gaz de houille : exploitation, risques et impacts environnementaux", par les discussions avec certains géologues de la région et par quelques articles de revues scientifiques.

1. Les impacts sur l'eau

  • La dépression qui permettra au gaz d'être libérée est créée par pompage d'eau : les eaux d'exhaure. Pour faire le forage EGL utilise environ 500 m3 d'eau, additionnée de polymères (des polyacrylamides ) par puits. Que deviendra cette eau ?

    Si elle est récupérée comment sera-t-elle retraitée? Rien dans l'enquête ne permet de répondre à cette interrogation.

    Si elle n'est pas récupérée, elle pourra aussi migrer dans les fissures naturelles de la roche et polluer les couches géologiques voire les nappes phréatiques.

  • En Lorraine, EGL parlait de plusieurs solutions possibles pour cette eau, après utilisation : la rejeter dans des cours d'eau, la vendre pour des usages industriels ou pour des usages agricoles. Or les shales de ce bassin sont chargés de métaux lourds et d'éléments radioactifs (cf. l'entretien entre M Briens et les scientifiques présents lors de son audition à l'assemblée nationale, en avril 2013). L'eau en contact avec ces charbons pourra se charger en métaux lourds et éléments radioactifs ; si elle est rejetée dans les champs ou dans les cours d'eau, cela engendrera d'abord une pollution des eaux de surface et une pollution des nappes phréatiques à long terme.

    Il faut savoir qu’en ce moment, en Lorraine à Tritteling, des agriculteurs transportent de l’eau récupérées du puits d’expérimentation pour l’amener sur des terres agricoles ; sans analyse de la nature de cette eau !!!

  • A Divion, deux nappes sont superposées : la nappe de la craie blanche et la nappe du calcaire carbonifère. Il apparaît sur le schéma "une protection des nappes" sur environ 450 mètres mais on n'a pas d'information sur cette protection.

    La nappe de la craie blanche est utilisée pour l'alimentation en eau des populations avec de nombreux points de captage et la nappe du calcaire n'est pas potable car elle a un chimisme peu intéressant. Or les forages profonds et les puits de mine sont des points de rencontre potentiels de ces deux nappes.

  • De plus, même tubés correctement, les puits fuient à long terme ; tous les puits fuient à long terme aux États-Unis où 10 % des gaz extraits sont des gaz de couche.

    Dans un article de la revue sciences et avenir n°801 : "Gaz de schiste : quels forages pour demain ?", on peut lire que la taille des molécules de méthane est 5000 fois plus petite que celle des passages micrométriques entre le ciment et le tubage ou la roche ; d'où les fuites de gaz inévitables.

    Les molécules de méthane pourraient donc à long terme traverser le cuvelage qui sert à protéger la nappe et la contaminer.

  • Une fois que le méthane aura été libéré dans la veine de charbon par désorption, il pourra aussi emprunter le réseau naturel de fissures et de fractures naturelles de la roche (les branches horizontales peuvent mesurer jusqu'à un kilomètre de long) puis migrer vers la surface ; lors de cette lente migration, il peut rencontrer les nappes phréatiques.

    Les nappes phréatiques pourraient donc être contaminées par le méthane à long terme.

2. Les impacts sur l'air

Depuis la fin de l'exploitation du charbon, on extrait le gaz de mine pour éviter qu'il ne se retrouve dans l'atmosphère si la pression du réservoir augmente. Mais on va maintenant libérer du méthane des couches plus profondes de charbon. Comme on l'a dit plus haut, sur une branche de un kilomètre, il est fort à parier que le gaz rencontrera des fissures et à long terme, il remontera pour se retrouver dans l'atmosphère. Lorsque l'exploitation ne sera plus rentable, la société Gazonor continuera-t-elle indéfiniment à maintenir le chantier en dépression pour éviter que le méthane ne se retrouve dans l'atmosphère ?

Ou bien l’État sera-t-il contraint de prendre en charge l'après gaz de houille, une fois que Gazonor aura décidé de se retirer, lorsque la production de gaz deviendra moins rentable : la durée de vie d'un puits de gaz de couche varie entre 5 ans et 9 ans ! (à noter que d’autres personnes pensent que la durée de vie d’un puits varie entre 15 et 20 ans !)

Notons que le méthane est un gaz à effet de serre très puissant et au vu des annonces faites dans le dernier rapport du GIEC, il serait inconscient de laisser s'échapper ce gaz dans l'atmosphère.

3. Les séismes

Extraire une grande quantité de fluide (gaz et eau) perturbe l'état des contraintes préexistantes dans le massif, ce qui peut conduire au déclenchement de séismes, de faible amplitude, mais répétés. Or, à quelques centaines de mètres de l'emplacement choisi pour le puits de Divion, il y a la faille de Ruitz qui, selon les géologues, est un facteur aggravant pour l'apparition des séismes.

De plus, cette partie de la concession est déjà sujette à des affaissements et des éboulements de terrains ; lorsque nous sommes allés sur le terrain pour voir l'emplacement du puits de forage, il avait plu et un trou d'environ un mètre s'était formé dans la chaussée sur la commune de Divion.

Le sous-sol de notre région ressemble déjà un gruyère. Le grand réservoir d'influence de la concession « Poissonnière » tout près de Divion subit régulièrement des affaissements dont la société Gazonor s'inquiète, dans l'enquête publique, au motif qu'ils pourraient compartimenter le réservoir. Le fait de soumettre à des séismes ces terrains augmenterait les risques. D'autant que, dans le dossier d'enquête publique relative au prolongement de la concession "Poissonnière" et de la concession "Désirée" accordée à la société GAZONOR, on peut lire, dans l'étude d'impact :

« Risque géotechnique (mouvement de terrain…) : Le constat réalisé sur chacun des trois secteurs de la Concession (Ouest, Centre et Est) est sensiblement le même :

Le risque mouvement de terrain est référencé sur la majorité des communes du secteur, cependant aucun plan de prévention (dans le but de lutter contre ce risque) n’a encore été adopté ».

Les cuvelages qui protègent les nappes phréatiques sont en ciment et aucun ciment ne résiste aux vibrations provoquées par les séismes de petite amplitude, ce qui contribue aux fuites de méthane.

Risques accidentels

  • Relargage accidentel de méthane ou fuite accidentelle de méthane ;

  • Accident sur un compresseur ;

  • Il y a une trentaine de sites Seveso de haut seuil, dans la région.

L’extraction du méthane en contradiction avec les perspectives régionales

Le Master-plan, qui se met en place dans la région, a pour objectif de relever le défi de l’efficacité énergétique. C’est un préalable « à la mise en place du processus de Troisième révolution industrielle ». « En affichant l’ambition de réduire de 60% sa consommation d’énergie globale à l’horizon 2050, le Nord-Pas de Calais aura divisé par 4 ses émissions de gaz à effet de serre, et acquis un avantage compétitif incomparable en matière d’efficacité énergétique »

Le méthane est un gaz à effet de serre. C'est le troisième plus important gaz à effet de serre à contribuer au réchauffement de la planète après la vapeur d'eau (H2O) et le dioxyde de carbone (CO2). Il représente 15% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

Le méthane provoque donc, par l’intermédiaire de l’effet de serre, des modifications sur l’environnement telles que la fonte des glaciers, ou l’élévation du niveau de la mer. Ils influent également sur les écosystèmes en particulier en modifiant la biodiversité.

Une solution impérative pour arriver aux objectifs proposés par le master plan est de ne pas extraire le méthane du gaz de couche ; le méthane qui est beaucoup plus générateur de gaz à effet de serre que le charbon.

La maîtrise des émissions de méthane permettrait de réduire la pollution de l'air et le réchauffement global, d'après une étude menée par des chercheurs de plusieurs institutions américaines (Université Harvard, Agence de Protection Environnementale et Laboratoire National Argonne). Le méthane est en effet directement lié à la production d'ozone dans la troposphère (partie la plus basse de l'atmosphère, s'étendant de la surface terrestre à environ 12 kilomètres d'altitude). Or, d'une part l'ozone est le principal constituant du smog, pollution de l'air de surface, et, d'autre part le méthane et l'ozone sont des gaz à effet de serre.

« Une solution pour abaisser simultanément la pollution à l'ozone et le réchauffement dû aux gaz à effet de serre consiste en la réduction des émissions de méthane », écrivent Arlene M. Fiore et ses collègues, dans un article publié dans la revue Geophysical Research Letters. « Les sources de méthane sont notamment les fuites de gaz naturels de pipelines, les troupeaux de bétail, la production de riz, les termites et les océans. D'après une étude menée en 1995, 60 % des émissions de méthane dans l'atmosphère étaient le résultat de l'activité humaine. » Extrait d’un article qui date de 2002. On peut rajouter à cet article la pollution due à l’extraction du méthane provenant des gaz de schiste ou de couche.

Il y aurait donc contradiction à vouloir appliquer le Master-plan et expérimenter puis exploiter le gaz de couche.

Conclusion

Au préalable, nous ne rejetons pas du tout la constitution d’un pôle scientifique proposé par un intervenant. Il y a trop d’ombre dans le domaine traité. Et surtout, on n’utilise pas assez ce qui a déjà été publié, suite à différentes expériences d’exploitation de gaz de couche dans des pays autres que le nôtre. Il serait bon de ne pas considérer que l’on est en terrain vierge, que l’on ne part de rien.

Par ailleurs, il ne faut sûrement pas penser que, si l’on exploite, il y aura création de 300 à 400 emplois directs -600 en indirects-.

Le Sud de la France est concerné par le problème des gaz de schiste. Les habitants de ces régions se mobilisent pour empêcher une nuisance du même genre. Ils ont pour eux de défendre les différents sites touristiques.

La Lorraine et le Nord/Pas-de-Calais n’ont pas la même histoire. Ce sont deux régions qui ont été victimes -on le constate maintenant- de l’industrialisation. C’est d’ailleurs ce que disent à l’envi certains industriels : « Ils ont déjà connu les joies des activités extractives ; ils peuvent encore supporter celles concernant la récupération du méthane ». On n’a pas le droit d’entendre ce genre de discours.

Les cyniques diront: "un peu plus, un peu moins..." ou " la vie est moins misérable quand on ignore les maux qui en sont le lot commun"

On a déjà à supporter les conséquences des guerres, le pompage de l'eau dans les mines fermées sans décontamination, la suppression des zones humides pour les terrils.

On n’a pas le droit de polluer encore une région dévastée où la durée de vie est une des plus faibles de France, région "championne du monde" du cancer du sein, région où le diabète explose, où la qualité de l'air est très souvent mauvaise, les réserves en eau en danger....

On est en droit de montrer que notre région ne se laissera pas piller sans réagir. C’est le sens de notre combat. C’est d’ailleurs inscrit dans la citation de notre collectif : ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui, ni demain. Citation qui devrait être celle de cette mission d’enquête régionale, celle de notre région.

Pour information, nous avons apporté notre contribution à propos de l’enquête publique relative au prolongement de la concession "Poissonnière" et de la concession "Désirée" accordée à la société GAZONOR. 20 autres associations régionales ont co-signé le document ; 30 autres hors région également.

On est en capacité, dans notre région, de chercher des solutions locales pour résoudre le vaste problème de la transition énergétique. Il faut, pour cela, ne pas chercher dans son coin et faire preuve d’imagination, collectivement.

quelques définitions :

Gaz de houille : terme générique pour désigner les gaz issus du charbon (méthane) dont les gaz de mine et les gaz de couche

Gaz de mine : il s’échappe passivement des puits des mines de charbon abandonnées ou en activité. On l’exploite, par drainage, sans faire de forage, pour des raisons de sécurité (éviter un coup de grisou par accumulation de gaz) mais aussi désormais pour valoriser le gaz même si c’est peu rentable.

Gaz de couche : il est contenu dans des couches de charbon beaucoup plus profondes (1000 à 4000 m), sur des zones qui n’ont pas été exploitées pour le charbon.

Adsorption, adsorber : à ne pas confondre avec l’absorption, est un phénomène de surface par lequel des molécules de gaz se fixent sur une surface solide

Désorption, désorber : est le phénomène inverse de l’adsorption, les liaisons ioniques entre molécules se brisent et les molécules précédemment adsorbées se détachent du substrat.

Exhaure : Évacuation des eaux d'infiltration hors d'une mine ou d'une carrière, par canalisation et pompage.

Polyacrylamides : ils sont utilisés dans le traitement des eaux, des minerais. Ils s'appliquent aux opérations de séparation solide/liquide (décantation, flottation, filtration, déshydratation des boues). Le fluide comme l'eau, soumis à l'action d'un agitateur magnétique remonte au centre du récipient au lieu de se plaquer sur les côtés.

Shales : accumulations de gaz réparties sur de larges volumes rocheux s’étendant à une échelle régionale

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 09:28
 
Jeudi 6 juin 2013, l'Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) à partir des travaux de Christian Bataille (député PS du Nord) et du sénateur UMP Jean-Claude Lenoir, présentait un rapport d'étape sur les « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste ».  . Les deux élus mettent en avant la nécessité pour la France de réduire la dépendance énergétique et relancer la compétitivité du pays.
 
Outre le fait de remettre sur le tapis le débat sur la fracturation hydraulique en France, le rapport met en avant le potentiel de l’exploitation du gaz de houille lié au charbon (le « grisou ») dans le bassin minier du Nord Pas De Calais. Le gaz de mine est exploité depuis 1975 dans les Houillères mais c’est le gaz de couche qui semble représenter un nouvel eldorado pour nos deux élus. On peut notamment lire dans ce rapport que « dans le Nord Pas-de-Calais, Gazonor dispose de deux concessions (« DSchiste attacésirée » et « Poissonnière ») et deux permis exclusifs de recherches (« Valenciennois » et « Sud Midi »). Les travaux relatifs au gaz de couche y sont réalisés en partenariat avec EGL. » p. 24. Selon leur analyse les ressources sont très importantes dans notre région : « Les ressources des deux bassins (Lorraine et Nord Pas-de-Calais) pourraient correspondre à dix années de consommation de gaz en France, c’est-à-dire significativement plus que ce qu’a produit à ce jour le bassin de Lacq » p. 26. On peut remarquer aussi que « Dans le Nord Pas-de-Calais, quatre demandes de forage d’exploration ont été déposés, dont deux devraient aboutir prochainement, sur les sites d’Avion (Flawell) et de Divion (Transvaal), où les travaux pourraient être réalisés en 2014. Deux autres forages sont envisagés à Bouvigny-Boyeffles (Les Quinze) et à Crespin. Il s’agit de procéder à des forages verticaux destinés à la seule exploration des couches de charbon, entre 1 500 et 1 600 mètres de profondeur, pour connaître leur teneur en gaz et leur degré de perméabilité. » p. 28
 
Selon ce même rapport il faut « Poursuivre l’exploration puis engager, dès que possible, l’exploitation du gaz de houille (gaz de couche) : dans la mesure où elle ne nécessite pas l’emploi de la fracturation hydraulique, la recherche de ce gaz en Lorraine et dans le Nord Pas-de-Calais ne doit pas être retardée par le débat sur les hydrocarbures de roches mères. » p. 69. On voit bien que ce rapport est la porte ouverte vers une exploitation de plus en plus effrénée de nos sous-sols du Nord Pas-De-Calais et des hommes et femmes qui vivent sur ces territoires.
 
Les critiques sont pourtant nombreuses sur ce rapport, Attac France a cosigné avec d’autres associations un article « Gaz de schiste: La fracturation hydraulique...un vrai champ de Bataille ! » (link). L’article met en avant l’absence de débat démocratique autour d’un rapport qui réduit la problématique de l'extraction des gaz de schiste et des gaz de couche a une simple question technique. Pourtant les études scientifiques le prouvent, l’exploitation de nos ressources fossiles accroit les émissions de gaz à effet de serre et donc la crise climatique.
 
L’article de nos camarades d’Attac France dénonce aussi la volonté émise par les parlementaires de « financer la transition énergétique par les retombées financières éventuelles de l'exploitation des gaz et huiles de schiste ». Enfin comme toujours le lobbying des industries pétrolières et gazières « cherchent, par tous les moyens à contourner la loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique en France. La proposition des parlementaires de « réformer le code minier pour faire bénéficier les collectivités locales et les propriétaires d'une part des retombées financière liées à ces hydrocarbures. » apparaît comme une tentative très claire de convaincre citoyens et élus locaux de l’attrait financier de ces exploitations, en ne prenant nullement en considération les impacts sur l’eau, l’air, la terre, le paysage etc. et la santé des populations »
 
Dans le NPDC, nous devons encore rester plus vigilants face aux « expérimentations » sur le gaz de couche, la transition énergétique doit d’abord aller « vers la sobriété et les énergies renouvelables mais en aucun cas vers de nouvelles énergies fossiles, quelle qu'elles soient ». Surtout il devient plus que nécessaire d’organiser la transition vers une gestion démocratique de notre environnement qui ne doit en aucun cas rester entre les mains de quelques intérêts particuliers.
        
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 07:50

C'est avec beaucoup de prudence que les Amis de la Terre accueillent le plan méthanisation que les ministres Batho et Le Foll ont annoncé le 29 mars 2013. Si les intentions peuvent paraître louables, nos craintes ne demeurent pas moins que la problématique agricole ne soit vue que par le petit bout de la lorgnette.

 

En effet, il ne s’agit plus de considérer uniquement l’agriculture, mais d’appréhender le complexe agro-industriel dans son ensemble, de la semence à l’assiette du citoyen. Les émissions de gaz à effet de serre dues aux transports de millions de tonnes de denrées alimentaires sur des milliers de km dans des circuits de distribution toujours plus complexes, la transformation toujours plus sophistiquée des produits agricoles, les coûts énergétiques des engrais, des pesticides, du machinisme agricole, ainsi que les énormes quantité de nourriture rejetées par ce système, font du complexe agro-industriel le premier secteur d’activité en terme d’émissions mondiales de gaz à effet de serre. Amis de la TerreL’agriculture n’est qu’un maillon – souvent captif – de cette longue chaîne.

Martine Laplante, présidente des Amis de la Terre donne un exemple : « Quel est le bilan CO2 réel d’un méthane produit à partir de lisiers de porcs nourris avec du soja cultivé à l’autre bout de la planète après destruction de forêts primaires ? Ne faudrait-il pas commencer par revoir complètement nos méthodes d’élevages, notre surconsommation de viande souvent de mauvaise qualité et produire les protéines en France ? Avant de vouloir produire de l’énergie, ne faudrait-il pas s’attaquer au complexe agro-industriel et revoir de fond en comble l’agriculture pour diminuer ces immenses gaspillages énergétiques ? »

Dans un de leurs rapports, les Amis de la Terre montrent que la France mobilise 33 millions d’ha de terres agricoles hors des frontières de l’Union européenne ! (1) Pour Christian Berdot, référent Agrocarburant : « Il est nécessaire et urgent, avant toute chose, de mettre en place une politique qui fasse que la France se contente des terres à sa disposition. La méthanisation n’a de sens que si elle est pensée, de façon intégrée, à l’échelle d’un territoire et en équilibre avec d’autres usages des sols agricoles : pour les Amis de la Terre, la priorité est d’engager une transition vers une agriculture vraiment soutenable et non pas d’essayer de verdir les dérives du système agro-industriel ».

L’exemple allemand, avec l’extension des cultures de maïs en lien avec les projets de méthanisation (2), nous montre les dérives d’une politique – tout comme la politique éthanol de maïs en France – qui ne voit que la production d’énergie, aux dépens de l’environnement, des zones naturelles, des réserves d’eau.

Christian Berdot conclut : « Avant de vouloir produire de l’énergie, il s’agit avant tout de mettre en place une agriculture et un secteur agro-alimentaire qui « refroidissent » la planète en économisant l’énergie. La souveraineté alimentaire de la France et la relocalisation des activités agricoles doivent être deux priorités nationales. Ce n’est que dans ce cadre que la production d’énergie par l’agriculture peut être envisagée. »

Contact presse : Caroline Prak – 06 86 41 53 43 – 01 48 51 18 96

NOTES : (1) Rapport des amis de la Terre Europe : Europe land’s imports dependency , tableau page 5 http://foeeurope.org/sites/default/... (2) Voir article du Spiegel : « Maïs, méthanisation et électricité : l’Allemagne, l’exemple à ne pas suivre » http://www.amisdelaterre.org/Mais-m...

http://www.amisdelaterre.org/Plan-methanisation-ne-met-on-pas.html 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 11:31

Un "accident majeur", du type de ceux de Tchernobyl en 1986 (Ukraine) ou de Fukushima (Japon) en 2011, sur un réacteur standard de 900 mégawatts – l'essentiel du parc hexagonal – coûter ait au pays la somme astronomique de 430 milliards d'euros. Plus de 20 % de son produit intérieur brut (PIB).

 

carte-centrales-nucleaires-en-France-ASN.jpgSous-estimer le coût d'un accident conduit à sous-estimer la valeur de la prévention." Alors qu'est engagé le débat national sur la transition énergétique, c'est le message qu'a voulu faire passer l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) en présentant, les 6 et 7 février à Cadarache (Bouches-du-Rhône), une étude choc sur l'impact économique d'un accident nucléaire en France.

Un "accident majeur", du type de ceux de Tchernobyl en 1986 (Ukraine) ou de Fukushima (Japon) en 2011, sur un réacteur standard de 900 mégawatts – l'essentiel du parc hexagonal – coûter ait au pays la somme astronomique de 430 milliards d'euros. Plus de 20 % de son produit intérieur brut (PIB).

Jamais ce calcul n'avait été effectué. L'économiste Patrick Momal – qui a travaillé six ans à la Banque mondiale – a pris comme scénario une fusion du coeur du réacteur provoquant des "rejets massifs" de particules radioactives dans l'environnement. Il en a évalué le préjudice à l'aune des leçons tirées de cataclysmes naturels (tsunami de 2004 en Indonésie, ouragan Katrina de 2005) ou de crises sanitaires (vache folle, fièvre aphteuse, SRAS).

La perte du réacteur lui-même ne représente que 2 % de la facture. Près de 40 % sont imputables aux conséquences radiologiques : territoires contaminés sur 1 500 km2, évacuation de 100 000 personnes. Aux conséquences sanitaires s'ajoutent les pertes sèches pour l'agriculture. Dans une même proportion interviennent les "coûts d'image" : chute du tourisme mondial dont la France est la première destination, boycottage des produits alimentaires, même exempts de tout becquerel.

 RECOURIR, À MARCHE FORCÉE, À D'AUTRES ÉNERGIES

Entre enfin en jeu, pour 21 %, un "effet parc" : le choc dans l'opinion serait tel que l'hypothèse "la plus probable" est une réduction de dix ans de la durée d'exploitation de toutes les centrales, ce qui obligerait à recourir, à marche forcée, à d'autres énergies : le gaz d'abord, puis les renouvelables. Au-delà des frontières, "l'Europe occidentale serait affectée par une catastrophe d'une telle ampleur".

En comparaison, un "accident grave" – fusion du coeur avec des rejets radioactifs en partie contrôlés – coûterait "seulement" 120 milliards d'euros, le sol n'étant contaminé qu'aux abords immédiats du site et l'évacuation touchant 3 500 personnes. Il s'agit là, pour M. Momal, d'une "crise économique nationale" mais qui resterait "gérable". Les dommages sont d'un tout autre ordre de grandeur que ceux du naufrage de l'Erika en 1999, ou de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en 2001, évalués à 2 milliards d'euros.

Ces chiffres ne sont qu'une moyenne. Ils pourraient être deux fois inférieurs – ou deux fois supérieurs – en fonction des conditions météorologiques, des vents poussant plus ou moins loin les panaches radioactifs, ou de la densité de population. Un accident grave à la centrale de Dampierre (Loiret) ne forcerait à évacuer que 34 000 personnes, alors qu'à celle du Bugey (Ain), il ferait 163 000 "réfugiés radiologiques". Un chiffrage précis doit être fait cette année pour chacune des 19 centrales françaises.

Pour tempérer ce tableau apocalyptique, l'IRSN met en avant "les probabilités très faibles de tels événements". Faibles mais pas nulles : 1 sur 10 000 par an pour un accident grave, 1 sur 100 000 par an pour un accident majeur. "Le risque zéro n'existe pas, même si l'objectif est d'y parvenir", martèle le patron de l'Institut, Jacques Repussard.

"L'ÉCONOMIE EST UN ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE LA SÛRETÉ"

Le but de cette étude, dit-il, n'est pas de brandir "un épouvantail", mais de faire comprendre que "l'économie est un élément fondamental de la sûreté". Et que l'importance de la prévention doit être évaluée en conséquence. Ainsi des mesures de renforcement des réacteurs que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a imposées à EDF, à la suite de Fukushima, et qui sont estimées à quelque 10 milliards d'euros. Un investissement considérable dans l'absolu, mais minime au regard des risques potentiels évités. De même, l'IRSN juge "prioritaire la préparation à la gestion de tels événements et de leurs conséquences post-accidentelles".

La recherche a bien sûr un rôle à jouer. La France est le seul pays à avoir mené, dans le réacteur expérimental Phébus de Cadarache, des essais réels reproduisant une fusion du coeur, pour étudier les risques de relâchement de substances radioactives dans l'environnement. Ce qui a donné à l'IRSN une expertise mondiale sur l'accident de Fukushima, où les coeurs de trois réacteurs ont fondu en totalité ou en partie. Au cours de ces essais, elle a constaté que "la fusion est intervenue à des températures de 400 à 600 oC plus faibles qu'attendu, ce qui a conduit à des dégradations plus précoces et plus importantes que ne le prédisaient les logiciels".

Autre enseignement : le comportement de l'iode est "plus complexe qu'attendu". Une observation cruciale, puisque l'iode 131 est le radioélément le plus pénalisant dans les premiers jours d'un accident. Or, les réacteurs actuels ne sont équipés d'aucun filtre pour l'iode gazeux, et les recherches en cours doivent aider à y remédier.

Reste que la prise en compte du facteur économique dans le débat sur l'avenir de l'atome doit encore progresser, y compris au sein de l'IRSN qui, sur 1 700 agents, ne compte que... deux économistes.

Pierre Le Hir - Cadarache (Bouches-du-Rhône)

 

Article paru dans le quotidien Le Monde du 8 février 2013.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 09:17

Oil ManLes premières tables-rondes organisées par le ministère de l'écologie autour de la "transition énergétique" devraient débuter en janvier. Au programme : nucléaire, développement des énergies renouvelables, climat.

Le bilan risque a priori d'être aussi maigre que dans ce résumé cynique et néanmoins anticipé : le gouvernement dira que c'est sûr de chez sûr, on va fermer la vieille centrale de Fessenheim, et voilà tout, que le renouvelable et l'isolation des bâtiments c'est très important mais pas bien rentable, et l'Etat n'a pas le sou pour des subventions, et que pour ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, et bien cocorico, nous sommes l'une des seules nations vaguement dans les clous (bon, c'est surtout à cause de la crise et des délocalisations, mais ça sert à rien de le dire trop fort, notamment parce qu'à peu près tout le monde s'en moque, ou c'est tout comme).

 

Lire la suite ici http://petrole.blog.lemonde.fr/2012/12/19/le-debat-national-sur-la-transition-energetique-est-lance-debattons-2/#xtor=RSS-32280322

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 21:10

Gd-Place--terrasses.jpg

Les citoyens métropolitains, qu'on ne consulte jamais sur les économies d'énergie, étaient ravis de voir s'installer les terrasses chauffées dans le centre historique de la ville de Lille avec pour conséquence évidente non seulement des coûts d'installation importants payés par les contribuables mais plus graves encore un gaspillage énergétique dont on se passerait volontiers et des émissions supplémentaires de CO2 (bonjour la cohérence avec le plan climat-énergie) .http://www.nordeclair.fr/Locales/Lille/2011/11/22/pas-ecolos-les-futures-terrasses-de-lill.shtml

 

La métropole fait encore mieux maintenant si on se réfère à la Voix du Nord qui dénonce une nouvelle étape supplémentaire dans le gaspillage énergétique : La cure de luminothérapie de la pelouse (de serre) du Grand Stade

vingt heure par jour pour passer l'hiver.

Extrait de la Voix du Nord : "Au Grand Stade, quelque 500 LED d'environ 400 watts, montées sur des rampes mobiles, sont allumées chaque jour pendant vingt heures. Cela équivaut à la consommation moyenne de 145 foyers. Mais c'est Eiffage qui paye la facture à EDF. En outre, de chaque côté du terrain, de gros ventilateurs sont utilisés pour garantir une bonne aération de la pelouse. (...)" (4000 Kwh par jour !!!)

Luminothérapie Grand Stade

Alors ? Stop ou Encore ? 

Nous on préférerait une politique du Care pour les habitants plutôt que pour la pelouse du Grand Stade ! M.E.

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