Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Qui Sommes-Nous ?

  • : Le site de Attac Villeneuve d'Ascq
  • Le site de Attac Villeneuve d'Ascq
  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
  • Contact

Attac ...c'est aussi

retrouvez nous sur        Facebook

 

pour plus d'informations    contactez nous 

 

ou allez visiter le site      ATTAC France

Recherche

A noter sur vos agendas

 

Pour voir toutes les dates et informations détaillées,

Suivez le lien : 

 

L'agenda complet d'ATTAC VA 
 

 

radio ATTAC

retrouvez les émissions radio d'ATTAC Lille et d'ailleurs

Angle d'ATTAC sur Radio Campus 106,6 mhz

La loi Travail XXL de Macron-Pénicaud ! :Ses conséquences pour les salarié.e.s ; Ses liens avec les ALE samedi 16 septembre 12h à 13h

Les origines de l'écologie ! 19 aout 2107

Sociologie de Lille ! avec Fabien Desage maitre de conférences Lille 2 CERAPS 17 juin 2017

La prospérité sans croissance ! avec Jean Gadrey 20 mai 2017

Questions sur l'Europe 2ème volet  29 avril  2017

Questions sur l'Europe ! 15 avril 2017

Faut il attendre la croissance ? avec F Jany-Catrice professeur à Lille 1,18 mars 2017

 

 

 

 

 

15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 09:28
CONTRE L’EXPLORATION DES GAZ DE COUCHE

LETTRE COMMUNE DES COLLECTIFS

NORD/PAS-DE-CALAIS, LORRAINE-ALSACE, JURA ET GARDANNE

CONTRE L’EXPLORATION POUR LES GAZ DE COUCHE

Alors que l’entreprise EGL prend différentes initiatives pour explorer le sous-sol français, à la recherche de gaz de couche, partout les citoyens se mobilisent. L’opacité qui entoure ces activités technologiques, la pollution des nappes phréatiques et de l’air potentiellement attachée à cette industrie et les émissions dans l’atmosphère de méthane -puissant gaz à effet de serre- sont autant de facteurs d’alerte pour les opposants à ces projets.

Situation en Lorraine

EGL est titulaire de 3 permis : Bleue Lorraine, Bleue Lorraine Nord et Bleue Lorraine Sud. Seul le premier a donné lieu à autorisation de forages, sur quatre sites ; les forages ont déjà démarré à Tritteling (depuis mars 2013) et à Pontpierre, deux autres sont prévus à Loupershouse et Freybouse. Un quatrième permis (dit des Trois-Evêchés) est en demande par la même société.

Sur le forage de Tritteling, la foreuse est restée en place 350 jours au lieu des 35 à 45 jours prévus, une première panne qui a duré 3 semaines (oct/nov 2013), a généré le passage de centaines de citernes par le village, (convoyage "d'eaux industrielles"), la seconde

(9 sept 2014, durée d’une semaine) a donné lieu à "infos communales" de 3 lignes. Aucune information sur les pannes du 17 octobre (1 semaine) et du 1er décembre (quelques jours).

Situation dans le Jura

EGL a basé sa demande sur les recherches faites dans les années 1950. Des forages ont alors été effectués, permettant de trouver des couches imperméables de ...1m d'épaisseur ! Du reste, à l'époque et avec les moyens existants, il y a systématiquement eu de l’eau dans le gaz ! Depuis 2007, EGL est titulaire du permis dit de "Lons-le-Saunier" pour de la recherche de gaz en couche de charbon. La compagnie a demandé une prolongation pour 5 ans sur la moitié de la surface initiale.

Nous sommes donc toujours dans l'attente d’une décision définitive...

Situation à Gardanne

Le premier PERH est clos mais une demande de renouvellement a été faite, actuellement en cours d'instruction. Aucun travail sur le terrain n'a été entrepris au cours de la période du premier permis de recherche. Donc aucun forage en cours.

Les habitants de GARDANNE et du PAYS D’AIX sont très inquiets car l’ex bassin minier est devenu le terrain de jeu et d’expérimentation des multinationales :(incinérateur biomasse, gaz de charbon… et boues rouges) Ils sont inquiets pour leur environnement et leur santé.

Situation dans le Nord /Pas-de-Calais

La société Gazonor détient deux permis de recherche. Cette société exploite déjà le gaz de mine sur sa concession historique. Gazonor affiche ses objectifs : étendre la concession aux deux permis pour exploiter le gaz de couche, gaz qui alimenterait de petites unités de production d'électricité réparties sur tout ce territoire.

La société EGL réalisera les deux forages d'exploration déjà autorisés à Avion et Divion. La société EGL a pourtant largement montré en Lorraine son incapacité à obtenir des résultats et son opacité en termes de gestion des incidents et accidents, sur le forage de Tritteling.

Aussi, nous refusons de voir EGL venir jouer à l'apprenti-sorcier dans notre région où la géologie lui est moins favorable qu'en Lorraine (couches de charbon beaucoup plus fines, terrains très plissés...) et où l'exploitation du charbon a déjà laissé des cicatrices indélébiles.

Nous ne comprenons pas le soutien de nombreux élus locaux à cette exploitation polluante et nous affirmons notre opposition aux conclusions de la mission régionale qui -après un simulacre de concertation- préconise la relance de l'activité gazière, notamment sous prétexte de créations importantes d'emplois.

L'extraction du gaz de couche ne sera, même en cas de succès, que de courte durée ; il est du devoir de tous les citoyens et de leur gouvernement de développer des solutions à long terme, évitant la catastrophe du changement climatique qui nous concerne déjà tous, et, de ne pas céder aux lobbies pétroliers pour qui ne comptent que les profits immédiats.

En novembre 2014, le dernier rapport du GIEC (groupe d'experts indépendants sur le climat) était plus alarmant encore que le précédent, avec des prévisions de dépassement des 2°C de réchauffement de la planète en 25 ans si nous continuons dans cette voie d'ébriété énergétique. Les phénomènes extrêmes et violents sont déjà perceptibles : inondations dans le sud de la France, montées des eaux, ouragans violents qui se succèdent sur la planète. Les scientifiques s'accordent sur le fait qu'il faudrait laisser sous terre deux tiers des hydrocarbures déjà connus ; l'heure n'est donc plus à forer pour en découvrir d'autres.

Les collectifs réaffirment donc leur opposition à ces forages de recherches sur le gaz de couche.

Ni ici ni ailleurs, ni aujourd'hui ni demain.

Signataires :

Collectif Houille-ouille-ouille 59/62,

Collectif gazhouille 62,

Collectif "stop gaz de schiste 39"

Collectif stop gaz d'hydrocarbures de Lorraine et d'Alsace,

Collectifs Hautes Cévennes et Auzonnet, Céze et Ganière,

CVGG (collectif vigilance gaz de GARDANNE PAYS D’AIX)

Contacts : Christine Poilly : poilly.christine@gmx.fr 06 21 68 30 87

Pierre Rose : prose62490@gmail.com 06 14 55 09 12

Richard Przybylski : gazhouille62@orange.fr 06 71 81 14 11

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Energie
commenter cet article
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 11:12
Intervention du collectif Houille-ouille-ouille 59/62 à la commission régionale

Cet article reprend l'intervention de Christine Poilly et Pierre Rose du collectif Houille-ouille-ouille 59/62 auprès de la commission développement économique de la Région Nord-Pas-de-Calais lors de leur audition par cette commission dans le cadre de la mission d'enquête régionale « Gaz de houille », le 13 décembre 2013

[Pour une bonne compréhension du texte, à la fin de l'article figurent les définitions de mots-clés comme les différents types de gaz et de quelques termes plus techniques.]

Démocratie

Dès la signature des premiers permis délivrés pour la recherche d'hydrocarbures non conventionnels par M Borloo, tout s'est passé dans le plus grand secret, sans que les citoyens n'en soient informés. Et les permis de recherche accordés à Gazonor pour la recherche de gaz de couche (permis du sud midi et du Valenciennois) n'ont pas échappés à ce silence. Les travaux de forages sont soumis à enquête publique depuis le 1er juin 2012 mais Gazonor a déposé son dossier de demande d'autorisation de 4 forages pour la recherche de gaz de couche le 25 mai 2012 !!! Complicités ou simple coïncidence ?

Encore une fois les habitants du Nord /Pas-de-Calais n'ont pas été informés et encore moins consultés pour la réalisation de ces deux forages accordés.

Et voilà maintenant que l'enquête publique sur le prolongement de la concession historique de Gazonor nous révèle les objectifs de cette entreprise : exploiter le gaz de couche pour faire de petites unités de production d'électricité !

Rien à voir avec l'objet initial de cette concession qui était d'exploiter le gaz de mine, exploitation dont nous reconnaissons la nécessité et que nous ne contestons pas puisque qu'il s'agit de simples captages sans forages et que cela permet de maintenir en dépression les vides miniers.

D'ailleurs, les sites choisis ne sont pas sur les permis de recherche, mais sur la concession, ce qui a permis à Gazonor d'y faire allusion lors de l'enquête publique, sans fournir d'étude d'impact puisque ce n'est pas l'objet de la concession ! Ni les citoyens, ni les élus censés protéger leurs territoires ne peuvent accepter cette manœuvre.

Le choix du site de Divion nous laisse perplexe puisqu'il se situe à quelques centaines de mètres de la faille de Ruitz, ce qui, d'avis de géologue, serait un facteur aggravant pour les séismes. De plus, à Divion, le sous-sol recèle deux nappes phréatiques dont l'une est potable et l'autre pas : créer des ponts hydriques à cet endroit nous apparaît comme irresponsable.

Cette enquête publique ne devrait pas contenir de références à l'exploitation des gaz de couche, à moins qu'il ne s'agisse encore une fois de faire passer la pilule de l'exploitation de gaz de couche, sans aucune étude d'impact relative à cette exploitation, sans autre forme de consultation. Ce que nous dénonçons vivement. Cette pratique est contraire à la convention d'Aarhus et rend donc illégitimes les décisions opaques, prises pour en venir à l'exploitation des gaz de couche !

Que cache ce manque de transparence ?

Nous avons rencontré l’ex patron d'EGL, Monsieur Briens ; il nous a décrit la technique qui serait utilisée pour ces forages d'exploration : un forage vertical jusqu'à environ 1400 à 1600 m, suivi de forages horizontaux, dans la couche de charbon, branches pouvant atteindre plusieurs kilomètres, ce qui pose déjà de nombreuses interrogations sur les dégâts environnementaux, qui seraient irréversibles [voir argumentaire en fin d’article] !

Le charbon est une roche qui contient de nombreux pores et micro fissures ce qui donne une énorme surface interne, sur laquelle sont adsorbées, fixées les molécules de méthane. Le charbon ne libère le gaz que si la pression diminue, ce qui est le cas lors du forage, et le débit du gaz est alors proportionnel à la surface de contact entre le charbon et la branche horizontale du forage. Le débit de gaz de couche ainsi créé peut effectivement suffire à estimer la ressource, ce qui est l'objet de l'exploration.

Alors que Gazonor affirme qu'il ne sera pas fait usage de la technique controversée de la fracturation hydraulique pour exploiter le gaz de couche, nous affirmons après confirmation par des géologues de la région que cela est simplement impossible !

Les vides miniers, qui résultent de plus de 200 ans d'exploitation du charbon représentent environ un milliard de m3 de vide : 2 milliards de m3 de matières extraites du sol (charbons commercialisés + terres stériles qui formaient en 1970, environ 340 terrils). Les éboulements dans les galeries et remblais de celles-ci au début de l'exploitation, diminuent ces volumes de moitié mais il reste donc environ un milliard de m3 de vides miniers. Le charbon encore en place, environ 70 % de la quantité initiale, désorbe du méthane (le grisou).

Ce gaz de mine est exploité depuis un peu plus de trente ans et déjà l'un des deux captages, le captage de Divion, est fermé jusqu'en 2017 pour laisser ré-augmenter la pression parce qu'elle ne permet déjà plus une exploitation rentable. C'est écrit dans le dossier d'enquête publique.

Il est donc tout à fait illusoire de penser qu'un simple forage, eût-il des branches horizontales, créera une surface de contact avec le charbon qui donnera un débit suffisant pour permettre une exploitation rentable.

Partout ailleurs où le gaz de couche est exploité, la fracturation hydraulique s'impose pour que son exploitation soit rentable ; toutes les publications que nous avons lues, rapport de l'INERIS compris, reconnaissent qu'ailleurs, sauf quelques cas exceptionnels, la fracturation hydraulique est nécessaire pour exploiter le gaz de couche.

De plus, le premier permis déposé par Gazonor contenait les termes " l'objectif est de cibler des couches de charbon propices à la fracturation hydraulique" : même si la copie a été revue suite à la loi de juillet 2011, c'est bien une technique qui a été envisagée par Gazonor.

La fracturation hydraulique est interdite en France

La loi Jacob de juillet 2011, interdit la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation. Elle ne l'interdit pas pour l'expérimentation et les lobbies pétroliers, certains ministres, le MEDEF... font maintenant le forcing pour que soit appliquée toute la loi, c'est à dire pour que soit nommée la commission qui sera chargée d'examiner les demandes de forages relatifs à l'expérimentation.

Or EGL nous a décrit pour le Nord/Pas-de-Calais une technique de forage à sec (voir l'audition de M Briens à l'assemblée nationale), qui n'a été utilisée nulle part ailleurs ; dans l'enquête publique Gazonor affiche comme objectif d'améliorer la technique (personne parmi nous n'a trouvé sur le site de la préfecture l'arrêté autorisant les travaux !)

EGL aurait-elle demandé un puits d'expérimentation ? C'est fort probable. Le rapport Bataille / Lenoir est un plaidoyer pour l'exploitation des gaz de couche dans le bassin minier, et la refonte du code minier début 2014 donnera l'occasion au parlement de se pencher à nouveau sur cette question !

De plus, si les accords transatlantiques venaient à être signés, cette interdiction de la fracturation hydraulique en France ne tiendrait pas et cette technique pourrait être utilisée sans plus de formalités sur le territoire de la concession !

EGL a montré en Lorraine qu'elle n'avait pas la maîtrise technique qu'elle prétend avoir puisque sur 4 forages, 3 sont des échecs (n'ont pas abouti !) et le forage effectué à Tritteling connaît de graves problèmes techniques. EGL s'est révélée incapable de faire face à ces problèmes techniques et on a fait appel aux agriculteurs pour gérer les eaux d'exhaures !

Nos territoires sont des biens communs qu'il faut préserver pour les générations à venir et nous n'avons pas le droit de les sacrifier en les confiant à des entreprises qui déjà ailleurs montrent leur incompétence.

Pourquoi tous ces dégâts environnementaux?

Les ressources sont estimées entre 5 et 9 années de consommation française (et on sait que les ressources sont le plus souvent surestimées), ce qui ne change absolument pas la donne de l'indépendance énergétique, ni celle de la facture énergétique de la France, à moyen terme comme on voudrait nous le faire croire.

Le marché du gaz, en France n'est pas le même que celui des États-Unis : le prix du gaz est indexé sur celui du pétrole et ne pourra donc pas baisser fortement en France, ce que confirme d'ailleurs M de Marjorie du groupe Total. De plus, aux États-Unis, ce prix du gaz très bas ne tient qu'à coup de subventions et de défiscalisations pour les entreprises gazières et les difficultés financières ont d'ores et déjà conduit certaines entreprises à renoncer à ces activités et ont contraint d'autres entreprises à rentrer dans une folle course aux puits. En effet, les rendements des puits de gaz non conventionnels (gaz de couche y compris) diminuent très vite : au bout d'un an, le rendement d'un puits a déjà diminué de 30 % en moyenne et les entreprises font d'autres forages pour rembourser les emprunts liés au forage précédant. C'est une des raisons pour lesquelles on a déjà foré plus de 600 000 puits aux États-Unis. Voulons-nous reproduire ce schéma dans le Nord / Pas-de-Calais ?

Sans hésiter, nous affirmons que NON.

Certes, cela leur a permis de créer des emplois. Mais nous ne pouvons pas transposer ce modèle dans notre région : la densité de population ne nous permettrait pas de toutes façons de créer un nombre de puits important. De l'aveu même du président d’EGL, on arrive à 1,4 emploi par puits !!!

Gazonor parle de doubler ses effectifs, mais ils sont 15 au départ, cela ne va pas bien loin au regard des dégâts environnementaux potentiellement créés !

Il y a d'autres façons de créer de l'emploi dans la région qui sont moins destructrices de l'environnement et moins coûteuses pour l'état : combien coûtera la gestion de l'après gaz de couche, lorsque Gazonor, jugeant l'exploitation moins rentable fera du chantage à la subvention comme elle le fait déjà pour gérer l'après gaz de mine ?

Ne vaudrait-il pas mieux subventionner l'installation et le maintien des petits agriculteurs ou l'isolation des bâtiments pour économiser de l'énergie ?

La subvention à l'électricité issue du gaz de mine

Dans les objectifs de Gazonor, on peut lire dans l'enquête publique :

"la négociation d’un tarif de rachat de la production d’électricité à partir de l’énergie de récupération qu’est le gaz de mine, le déploiement de nouveaux sites de production de gaz de mine".

Mais pourquoi faire de petites centrales de production d'électricité maintenant, alors que le rendement des gaz de mine diminue ? Cette électricité aurait pu être revendue à des industries locales.

Le choix qui est fait de produire de l'électricité est un choix opportuniste qui sert à récolter des subventions et qui va à l'encontre des objectifs fixés par la France et en particulier par la région (avec son master plan) de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 !

Et cela, malgré les cris d'alarmes d'intensité croissante sur le changement climatique jetés par l'AIE ou par le GIEC .

Pascal Canfin a annoncé cette subvention le 18 juin dernier et dès le lendemain, on pouvait trouver sur le site d’EDF un document dans lequel on parle des formidables réserves de gaz de houille en Lorraine et de la société EGL. Sauf qu'EGL fait des forages en Lorraine (et fera les forages dans le Nord / Pas-de-Calais) pour la recherche de gaz de couche, et pas de gaz de mine.

Cet énoncé de la subvention tient du tour de passe-passe : on aurait dû annoncer la subvention à l'électricité issue des gaz de mine et des gaz de couche !

Cette subvention sera payée par les consommateurs d'électricité dont tout le monde s'accorde à reconnaître qu'ils ont de plus en plus de mal à payer leurs factures, au titre de la CSPE, qui devait être une contribution aux énergies renouvelables.

Pour conclure provisoirement : il est temps d'engager une vraie transition énergétique, basée sur la sobriété et l'efficacité énergétique, de refuser cette fuite en avant vers les nouvelles énergies qui nous emmènent vers toujours plus de dégâts environnementaux que nous laissons aux générations suivantes à gérer !

Dégâts environnementaux liés à l'exploitation des gaz de couche

En préalable à cette partie, il sera nécessaire clarifier certains termes :

- Il est question, à certains moments de fracturation hydraulique ; à d’autres de stimulation ; il a même été trouvé l’expression « massage » ! Tout cela pour ne plus utiliser le terme « fracturation hydraulique » qui est banni par la loi Jacob !

- A certains moments, il est question d’exploitation –cela a été entendu lors d’une audience de la mission d’enquête régionale- ; à d’autres d’expérimentation.

Nos remarques sur les dégâts environnementaux sont ici relatives à l'exploitation des gaz de couche et ne sont aucunement liées à l'exploitation des gaz de mine.

Les gaz de couche sont déjà exploités dans de nombreux pays (Australie, Canada, Chine, États-Unis...) et les témoignages concernant les dégâts environnementaux très spécifiques à cette exploitation commencent à affluer.

Nous nous attacherons ici à ne considérer que l'exploitation des gaz de couche dans le bassin minier du Nord / Pas-de-Calais, aidés en cela par la note publiée conjointement par l'INERIS et le BRGM en octobre 2013 : "Synthèse sur les gaz de houille : exploitation, risques et impacts environnementaux", par les discussions avec certains géologues de la région et par quelques articles de revues scientifiques.

1. Les impacts sur l'eau

  • La dépression qui permettra au gaz d'être libérée est créée par pompage d'eau : les eaux d'exhaure. Pour faire le forage EGL utilise environ 500 m3 d'eau, additionnée de polymères (des polyacrylamides ) par puits. Que deviendra cette eau ?

    Si elle est récupérée comment sera-t-elle retraitée? Rien dans l'enquête ne permet de répondre à cette interrogation.

    Si elle n'est pas récupérée, elle pourra aussi migrer dans les fissures naturelles de la roche et polluer les couches géologiques voire les nappes phréatiques.

  • En Lorraine, EGL parlait de plusieurs solutions possibles pour cette eau, après utilisation : la rejeter dans des cours d'eau, la vendre pour des usages industriels ou pour des usages agricoles. Or les shales de ce bassin sont chargés de métaux lourds et d'éléments radioactifs (cf. l'entretien entre M Briens et les scientifiques présents lors de son audition à l'assemblée nationale, en avril 2013). L'eau en contact avec ces charbons pourra se charger en métaux lourds et éléments radioactifs ; si elle est rejetée dans les champs ou dans les cours d'eau, cela engendrera d'abord une pollution des eaux de surface et une pollution des nappes phréatiques à long terme.

    Il faut savoir qu’en ce moment, en Lorraine à Tritteling, des agriculteurs transportent de l’eau récupérées du puits d’expérimentation pour l’amener sur des terres agricoles ; sans analyse de la nature de cette eau !!!

  • A Divion, deux nappes sont superposées : la nappe de la craie blanche et la nappe du calcaire carbonifère. Il apparaît sur le schéma "une protection des nappes" sur environ 450 mètres mais on n'a pas d'information sur cette protection.

    La nappe de la craie blanche est utilisée pour l'alimentation en eau des populations avec de nombreux points de captage et la nappe du calcaire n'est pas potable car elle a un chimisme peu intéressant. Or les forages profonds et les puits de mine sont des points de rencontre potentiels de ces deux nappes.

  • De plus, même tubés correctement, les puits fuient à long terme ; tous les puits fuient à long terme aux États-Unis où 10 % des gaz extraits sont des gaz de couche.

    Dans un article de la revue sciences et avenir n°801 : "Gaz de schiste : quels forages pour demain ?", on peut lire que la taille des molécules de méthane est 5000 fois plus petite que celle des passages micrométriques entre le ciment et le tubage ou la roche ; d'où les fuites de gaz inévitables.

    Les molécules de méthane pourraient donc à long terme traverser le cuvelage qui sert à protéger la nappe et la contaminer.

  • Une fois que le méthane aura été libéré dans la veine de charbon par désorption, il pourra aussi emprunter le réseau naturel de fissures et de fractures naturelles de la roche (les branches horizontales peuvent mesurer jusqu'à un kilomètre de long) puis migrer vers la surface ; lors de cette lente migration, il peut rencontrer les nappes phréatiques.

    Les nappes phréatiques pourraient donc être contaminées par le méthane à long terme.

2. Les impacts sur l'air

Depuis la fin de l'exploitation du charbon, on extrait le gaz de mine pour éviter qu'il ne se retrouve dans l'atmosphère si la pression du réservoir augmente. Mais on va maintenant libérer du méthane des couches plus profondes de charbon. Comme on l'a dit plus haut, sur une branche de un kilomètre, il est fort à parier que le gaz rencontrera des fissures et à long terme, il remontera pour se retrouver dans l'atmosphère. Lorsque l'exploitation ne sera plus rentable, la société Gazonor continuera-t-elle indéfiniment à maintenir le chantier en dépression pour éviter que le méthane ne se retrouve dans l'atmosphère ?

Ou bien l’État sera-t-il contraint de prendre en charge l'après gaz de houille, une fois que Gazonor aura décidé de se retirer, lorsque la production de gaz deviendra moins rentable : la durée de vie d'un puits de gaz de couche varie entre 5 ans et 9 ans ! (à noter que d’autres personnes pensent que la durée de vie d’un puits varie entre 15 et 20 ans !)

Notons que le méthane est un gaz à effet de serre très puissant et au vu des annonces faites dans le dernier rapport du GIEC, il serait inconscient de laisser s'échapper ce gaz dans l'atmosphère.

3. Les séismes

Extraire une grande quantité de fluide (gaz et eau) perturbe l'état des contraintes préexistantes dans le massif, ce qui peut conduire au déclenchement de séismes, de faible amplitude, mais répétés. Or, à quelques centaines de mètres de l'emplacement choisi pour le puits de Divion, il y a la faille de Ruitz qui, selon les géologues, est un facteur aggravant pour l'apparition des séismes.

De plus, cette partie de la concession est déjà sujette à des affaissements et des éboulements de terrains ; lorsque nous sommes allés sur le terrain pour voir l'emplacement du puits de forage, il avait plu et un trou d'environ un mètre s'était formé dans la chaussée sur la commune de Divion.

Le sous-sol de notre région ressemble déjà un gruyère. Le grand réservoir d'influence de la concession « Poissonnière » tout près de Divion subit régulièrement des affaissements dont la société Gazonor s'inquiète, dans l'enquête publique, au motif qu'ils pourraient compartimenter le réservoir. Le fait de soumettre à des séismes ces terrains augmenterait les risques. D'autant que, dans le dossier d'enquête publique relative au prolongement de la concession "Poissonnière" et de la concession "Désirée" accordée à la société GAZONOR, on peut lire, dans l'étude d'impact :

« Risque géotechnique (mouvement de terrain…) : Le constat réalisé sur chacun des trois secteurs de la Concession (Ouest, Centre et Est) est sensiblement le même :

Le risque mouvement de terrain est référencé sur la majorité des communes du secteur, cependant aucun plan de prévention (dans le but de lutter contre ce risque) n’a encore été adopté ».

Les cuvelages qui protègent les nappes phréatiques sont en ciment et aucun ciment ne résiste aux vibrations provoquées par les séismes de petite amplitude, ce qui contribue aux fuites de méthane.

Risques accidentels

  • Relargage accidentel de méthane ou fuite accidentelle de méthane ;

  • Accident sur un compresseur ;

  • Il y a une trentaine de sites Seveso de haut seuil, dans la région.

L’extraction du méthane en contradiction avec les perspectives régionales

Le Master-plan, qui se met en place dans la région, a pour objectif de relever le défi de l’efficacité énergétique. C’est un préalable « à la mise en place du processus de Troisième révolution industrielle ». « En affichant l’ambition de réduire de 60% sa consommation d’énergie globale à l’horizon 2050, le Nord-Pas de Calais aura divisé par 4 ses émissions de gaz à effet de serre, et acquis un avantage compétitif incomparable en matière d’efficacité énergétique »

Le méthane est un gaz à effet de serre. C'est le troisième plus important gaz à effet de serre à contribuer au réchauffement de la planète après la vapeur d'eau (H2O) et le dioxyde de carbone (CO2). Il représente 15% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

Le méthane provoque donc, par l’intermédiaire de l’effet de serre, des modifications sur l’environnement telles que la fonte des glaciers, ou l’élévation du niveau de la mer. Ils influent également sur les écosystèmes en particulier en modifiant la biodiversité.

Une solution impérative pour arriver aux objectifs proposés par le master plan est de ne pas extraire le méthane du gaz de couche ; le méthane qui est beaucoup plus générateur de gaz à effet de serre que le charbon.

La maîtrise des émissions de méthane permettrait de réduire la pollution de l'air et le réchauffement global, d'après une étude menée par des chercheurs de plusieurs institutions américaines (Université Harvard, Agence de Protection Environnementale et Laboratoire National Argonne). Le méthane est en effet directement lié à la production d'ozone dans la troposphère (partie la plus basse de l'atmosphère, s'étendant de la surface terrestre à environ 12 kilomètres d'altitude). Or, d'une part l'ozone est le principal constituant du smog, pollution de l'air de surface, et, d'autre part le méthane et l'ozone sont des gaz à effet de serre.

« Une solution pour abaisser simultanément la pollution à l'ozone et le réchauffement dû aux gaz à effet de serre consiste en la réduction des émissions de méthane », écrivent Arlene M. Fiore et ses collègues, dans un article publié dans la revue Geophysical Research Letters. « Les sources de méthane sont notamment les fuites de gaz naturels de pipelines, les troupeaux de bétail, la production de riz, les termites et les océans. D'après une étude menée en 1995, 60 % des émissions de méthane dans l'atmosphère étaient le résultat de l'activité humaine. » Extrait d’un article qui date de 2002. On peut rajouter à cet article la pollution due à l’extraction du méthane provenant des gaz de schiste ou de couche.

Il y aurait donc contradiction à vouloir appliquer le Master-plan et expérimenter puis exploiter le gaz de couche.

Conclusion

Au préalable, nous ne rejetons pas du tout la constitution d’un pôle scientifique proposé par un intervenant. Il y a trop d’ombre dans le domaine traité. Et surtout, on n’utilise pas assez ce qui a déjà été publié, suite à différentes expériences d’exploitation de gaz de couche dans des pays autres que le nôtre. Il serait bon de ne pas considérer que l’on est en terrain vierge, que l’on ne part de rien.

Par ailleurs, il ne faut sûrement pas penser que, si l’on exploite, il y aura création de 300 à 400 emplois directs -600 en indirects-.

Le Sud de la France est concerné par le problème des gaz de schiste. Les habitants de ces régions se mobilisent pour empêcher une nuisance du même genre. Ils ont pour eux de défendre les différents sites touristiques.

La Lorraine et le Nord/Pas-de-Calais n’ont pas la même histoire. Ce sont deux régions qui ont été victimes -on le constate maintenant- de l’industrialisation. C’est d’ailleurs ce que disent à l’envi certains industriels : « Ils ont déjà connu les joies des activités extractives ; ils peuvent encore supporter celles concernant la récupération du méthane ». On n’a pas le droit d’entendre ce genre de discours.

Les cyniques diront: "un peu plus, un peu moins..." ou " la vie est moins misérable quand on ignore les maux qui en sont le lot commun"

On a déjà à supporter les conséquences des guerres, le pompage de l'eau dans les mines fermées sans décontamination, la suppression des zones humides pour les terrils.

On n’a pas le droit de polluer encore une région dévastée où la durée de vie est une des plus faibles de France, région "championne du monde" du cancer du sein, région où le diabète explose, où la qualité de l'air est très souvent mauvaise, les réserves en eau en danger....

On est en droit de montrer que notre région ne se laissera pas piller sans réagir. C’est le sens de notre combat. C’est d’ailleurs inscrit dans la citation de notre collectif : ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui, ni demain. Citation qui devrait être celle de cette mission d’enquête régionale, celle de notre région.

Pour information, nous avons apporté notre contribution à propos de l’enquête publique relative au prolongement de la concession "Poissonnière" et de la concession "Désirée" accordée à la société GAZONOR. 20 autres associations régionales ont co-signé le document ; 30 autres hors région également.

On est en capacité, dans notre région, de chercher des solutions locales pour résoudre le vaste problème de la transition énergétique. Il faut, pour cela, ne pas chercher dans son coin et faire preuve d’imagination, collectivement.

quelques définitions :

Gaz de houille : terme générique pour désigner les gaz issus du charbon (méthane) dont les gaz de mine et les gaz de couche

Gaz de mine : il s’échappe passivement des puits des mines de charbon abandonnées ou en activité. On l’exploite, par drainage, sans faire de forage, pour des raisons de sécurité (éviter un coup de grisou par accumulation de gaz) mais aussi désormais pour valoriser le gaz même si c’est peu rentable.

Gaz de couche : il est contenu dans des couches de charbon beaucoup plus profondes (1000 à 4000 m), sur des zones qui n’ont pas été exploitées pour le charbon.

Adsorption, adsorber : à ne pas confondre avec l’absorption, est un phénomène de surface par lequel des molécules de gaz se fixent sur une surface solide

Désorption, désorber : est le phénomène inverse de l’adsorption, les liaisons ioniques entre molécules se brisent et les molécules précédemment adsorbées se détachent du substrat.

Exhaure : Évacuation des eaux d'infiltration hors d'une mine ou d'une carrière, par canalisation et pompage.

Polyacrylamides : ils sont utilisés dans le traitement des eaux, des minerais. Ils s'appliquent aux opérations de séparation solide/liquide (décantation, flottation, filtration, déshydratation des boues). Le fluide comme l'eau, soumis à l'action d'un agitateur magnétique remonte au centre du récipient au lieu de se plaquer sur les côtés.

Shales : accumulations de gaz réparties sur de larges volumes rocheux s’étendant à une échelle régionale

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq C.P. et P.R. - dans energie
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 09:28
 
Jeudi 6 juin 2013, l'Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) à partir des travaux de Christian Bataille (député PS du Nord) et du sénateur UMP Jean-Claude Lenoir, présentait un rapport d'étape sur les « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste ».  . Les deux élus mettent en avant la nécessité pour la France de réduire la dépendance énergétique et relancer la compétitivité du pays.
 
Outre le fait de remettre sur le tapis le débat sur la fracturation hydraulique en France, le rapport met en avant le potentiel de l’exploitation du gaz de houille lié au charbon (le « grisou ») dans le bassin minier du Nord Pas De Calais. Le gaz de mine est exploité depuis 1975 dans les Houillères mais c’est le gaz de couche qui semble représenter un nouvel eldorado pour nos deux élus. On peut notamment lire dans ce rapport que « dans le Nord Pas-de-Calais, Gazonor dispose de deux concessions (« DSchiste attacésirée » et « Poissonnière ») et deux permis exclusifs de recherches (« Valenciennois » et « Sud Midi »). Les travaux relatifs au gaz de couche y sont réalisés en partenariat avec EGL. » p. 24. Selon leur analyse les ressources sont très importantes dans notre région : « Les ressources des deux bassins (Lorraine et Nord Pas-de-Calais) pourraient correspondre à dix années de consommation de gaz en France, c’est-à-dire significativement plus que ce qu’a produit à ce jour le bassin de Lacq » p. 26. On peut remarquer aussi que « Dans le Nord Pas-de-Calais, quatre demandes de forage d’exploration ont été déposés, dont deux devraient aboutir prochainement, sur les sites d’Avion (Flawell) et de Divion (Transvaal), où les travaux pourraient être réalisés en 2014. Deux autres forages sont envisagés à Bouvigny-Boyeffles (Les Quinze) et à Crespin. Il s’agit de procéder à des forages verticaux destinés à la seule exploration des couches de charbon, entre 1 500 et 1 600 mètres de profondeur, pour connaître leur teneur en gaz et leur degré de perméabilité. » p. 28
 
Selon ce même rapport il faut « Poursuivre l’exploration puis engager, dès que possible, l’exploitation du gaz de houille (gaz de couche) : dans la mesure où elle ne nécessite pas l’emploi de la fracturation hydraulique, la recherche de ce gaz en Lorraine et dans le Nord Pas-de-Calais ne doit pas être retardée par le débat sur les hydrocarbures de roches mères. » p. 69. On voit bien que ce rapport est la porte ouverte vers une exploitation de plus en plus effrénée de nos sous-sols du Nord Pas-De-Calais et des hommes et femmes qui vivent sur ces territoires.
 
Les critiques sont pourtant nombreuses sur ce rapport, Attac France a cosigné avec d’autres associations un article « Gaz de schiste: La fracturation hydraulique...un vrai champ de Bataille ! » (link). L’article met en avant l’absence de débat démocratique autour d’un rapport qui réduit la problématique de l'extraction des gaz de schiste et des gaz de couche a une simple question technique. Pourtant les études scientifiques le prouvent, l’exploitation de nos ressources fossiles accroit les émissions de gaz à effet de serre et donc la crise climatique.
 
L’article de nos camarades d’Attac France dénonce aussi la volonté émise par les parlementaires de « financer la transition énergétique par les retombées financières éventuelles de l'exploitation des gaz et huiles de schiste ». Enfin comme toujours le lobbying des industries pétrolières et gazières « cherchent, par tous les moyens à contourner la loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique en France. La proposition des parlementaires de « réformer le code minier pour faire bénéficier les collectivités locales et les propriétaires d'une part des retombées financière liées à ces hydrocarbures. » apparaît comme une tentative très claire de convaincre citoyens et élus locaux de l’attrait financier de ces exploitations, en ne prenant nullement en considération les impacts sur l’eau, l’air, la terre, le paysage etc. et la santé des populations »
 
Dans le NPDC, nous devons encore rester plus vigilants face aux « expérimentations » sur le gaz de couche, la transition énergétique doit d’abord aller « vers la sobriété et les énergies renouvelables mais en aucun cas vers de nouvelles énergies fossiles, quelle qu'elles soient ». Surtout il devient plus que nécessaire d’organiser la transition vers une gestion démocratique de notre environnement qui ne doit en aucun cas rester entre les mains de quelques intérêts particuliers.
        
Repost 0
Published by attaclillemetropole - dans Energie
commenter cet article
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 07:50

C'est avec beaucoup de prudence que les Amis de la Terre accueillent le plan méthanisation que les ministres Batho et Le Foll ont annoncé le 29 mars 2013. Si les intentions peuvent paraître louables, nos craintes ne demeurent pas moins que la problématique agricole ne soit vue que par le petit bout de la lorgnette.

 

En effet, il ne s’agit plus de considérer uniquement l’agriculture, mais d’appréhender le complexe agro-industriel dans son ensemble, de la semence à l’assiette du citoyen. Les émissions de gaz à effet de serre dues aux transports de millions de tonnes de denrées alimentaires sur des milliers de km dans des circuits de distribution toujours plus complexes, la transformation toujours plus sophistiquée des produits agricoles, les coûts énergétiques des engrais, des pesticides, du machinisme agricole, ainsi que les énormes quantité de nourriture rejetées par ce système, font du complexe agro-industriel le premier secteur d’activité en terme d’émissions mondiales de gaz à effet de serre. Amis de la TerreL’agriculture n’est qu’un maillon – souvent captif – de cette longue chaîne.

Martine Laplante, présidente des Amis de la Terre donne un exemple : « Quel est le bilan CO2 réel d’un méthane produit à partir de lisiers de porcs nourris avec du soja cultivé à l’autre bout de la planète après destruction de forêts primaires ? Ne faudrait-il pas commencer par revoir complètement nos méthodes d’élevages, notre surconsommation de viande souvent de mauvaise qualité et produire les protéines en France ? Avant de vouloir produire de l’énergie, ne faudrait-il pas s’attaquer au complexe agro-industriel et revoir de fond en comble l’agriculture pour diminuer ces immenses gaspillages énergétiques ? »

Dans un de leurs rapports, les Amis de la Terre montrent que la France mobilise 33 millions d’ha de terres agricoles hors des frontières de l’Union européenne ! (1) Pour Christian Berdot, référent Agrocarburant : « Il est nécessaire et urgent, avant toute chose, de mettre en place une politique qui fasse que la France se contente des terres à sa disposition. La méthanisation n’a de sens que si elle est pensée, de façon intégrée, à l’échelle d’un territoire et en équilibre avec d’autres usages des sols agricoles : pour les Amis de la Terre, la priorité est d’engager une transition vers une agriculture vraiment soutenable et non pas d’essayer de verdir les dérives du système agro-industriel ».

L’exemple allemand, avec l’extension des cultures de maïs en lien avec les projets de méthanisation (2), nous montre les dérives d’une politique – tout comme la politique éthanol de maïs en France – qui ne voit que la production d’énergie, aux dépens de l’environnement, des zones naturelles, des réserves d’eau.

Christian Berdot conclut : « Avant de vouloir produire de l’énergie, il s’agit avant tout de mettre en place une agriculture et un secteur agro-alimentaire qui « refroidissent » la planète en économisant l’énergie. La souveraineté alimentaire de la France et la relocalisation des activités agricoles doivent être deux priorités nationales. Ce n’est que dans ce cadre que la production d’énergie par l’agriculture peut être envisagée. »

Contact presse : Caroline Prak – 06 86 41 53 43 – 01 48 51 18 96

NOTES : (1) Rapport des amis de la Terre Europe : Europe land’s imports dependency , tableau page 5 http://foeeurope.org/sites/default/... (2) Voir article du Spiegel : « Maïs, méthanisation et électricité : l’Allemagne, l’exemple à ne pas suivre » http://www.amisdelaterre.org/Mais-m...

http://www.amisdelaterre.org/Plan-methanisation-ne-met-on-pas.html 

Repost 0
Published by Les Amis de la Terre - dans Energie
commenter cet article
11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 11:31

Un "accident majeur", du type de ceux de Tchernobyl en 1986 (Ukraine) ou de Fukushima (Japon) en 2011, sur un réacteur standard de 900 mégawatts – l'essentiel du parc hexagonal – coûter ait au pays la somme astronomique de 430 milliards d'euros. Plus de 20 % de son produit intérieur brut (PIB).

 

carte-centrales-nucleaires-en-France-ASN.jpgSous-estimer le coût d'un accident conduit à sous-estimer la valeur de la prévention." Alors qu'est engagé le débat national sur la transition énergétique, c'est le message qu'a voulu faire passer l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) en présentant, les 6 et 7 février à Cadarache (Bouches-du-Rhône), une étude choc sur l'impact économique d'un accident nucléaire en France.

Un "accident majeur", du type de ceux de Tchernobyl en 1986 (Ukraine) ou de Fukushima (Japon) en 2011, sur un réacteur standard de 900 mégawatts – l'essentiel du parc hexagonal – coûter ait au pays la somme astronomique de 430 milliards d'euros. Plus de 20 % de son produit intérieur brut (PIB).

Jamais ce calcul n'avait été effectué. L'économiste Patrick Momal – qui a travaillé six ans à la Banque mondiale – a pris comme scénario une fusion du coeur du réacteur provoquant des "rejets massifs" de particules radioactives dans l'environnement. Il en a évalué le préjudice à l'aune des leçons tirées de cataclysmes naturels (tsunami de 2004 en Indonésie, ouragan Katrina de 2005) ou de crises sanitaires (vache folle, fièvre aphteuse, SRAS).

La perte du réacteur lui-même ne représente que 2 % de la facture. Près de 40 % sont imputables aux conséquences radiologiques : territoires contaminés sur 1 500 km2, évacuation de 100 000 personnes. Aux conséquences sanitaires s'ajoutent les pertes sèches pour l'agriculture. Dans une même proportion interviennent les "coûts d'image" : chute du tourisme mondial dont la France est la première destination, boycottage des produits alimentaires, même exempts de tout becquerel.

 RECOURIR, À MARCHE FORCÉE, À D'AUTRES ÉNERGIES

Entre enfin en jeu, pour 21 %, un "effet parc" : le choc dans l'opinion serait tel que l'hypothèse "la plus probable" est une réduction de dix ans de la durée d'exploitation de toutes les centrales, ce qui obligerait à recourir, à marche forcée, à d'autres énergies : le gaz d'abord, puis les renouvelables. Au-delà des frontières, "l'Europe occidentale serait affectée par une catastrophe d'une telle ampleur".

En comparaison, un "accident grave" – fusion du coeur avec des rejets radioactifs en partie contrôlés – coûterait "seulement" 120 milliards d'euros, le sol n'étant contaminé qu'aux abords immédiats du site et l'évacuation touchant 3 500 personnes. Il s'agit là, pour M. Momal, d'une "crise économique nationale" mais qui resterait "gérable". Les dommages sont d'un tout autre ordre de grandeur que ceux du naufrage de l'Erika en 1999, ou de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en 2001, évalués à 2 milliards d'euros.

Ces chiffres ne sont qu'une moyenne. Ils pourraient être deux fois inférieurs – ou deux fois supérieurs – en fonction des conditions météorologiques, des vents poussant plus ou moins loin les panaches radioactifs, ou de la densité de population. Un accident grave à la centrale de Dampierre (Loiret) ne forcerait à évacuer que 34 000 personnes, alors qu'à celle du Bugey (Ain), il ferait 163 000 "réfugiés radiologiques". Un chiffrage précis doit être fait cette année pour chacune des 19 centrales françaises.

Pour tempérer ce tableau apocalyptique, l'IRSN met en avant "les probabilités très faibles de tels événements". Faibles mais pas nulles : 1 sur 10 000 par an pour un accident grave, 1 sur 100 000 par an pour un accident majeur. "Le risque zéro n'existe pas, même si l'objectif est d'y parvenir", martèle le patron de l'Institut, Jacques Repussard.

"L'ÉCONOMIE EST UN ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE LA SÛRETÉ"

Le but de cette étude, dit-il, n'est pas de brandir "un épouvantail", mais de faire comprendre que "l'économie est un élément fondamental de la sûreté". Et que l'importance de la prévention doit être évaluée en conséquence. Ainsi des mesures de renforcement des réacteurs que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a imposées à EDF, à la suite de Fukushima, et qui sont estimées à quelque 10 milliards d'euros. Un investissement considérable dans l'absolu, mais minime au regard des risques potentiels évités. De même, l'IRSN juge "prioritaire la préparation à la gestion de tels événements et de leurs conséquences post-accidentelles".

La recherche a bien sûr un rôle à jouer. La France est le seul pays à avoir mené, dans le réacteur expérimental Phébus de Cadarache, des essais réels reproduisant une fusion du coeur, pour étudier les risques de relâchement de substances radioactives dans l'environnement. Ce qui a donné à l'IRSN une expertise mondiale sur l'accident de Fukushima, où les coeurs de trois réacteurs ont fondu en totalité ou en partie. Au cours de ces essais, elle a constaté que "la fusion est intervenue à des températures de 400 à 600 oC plus faibles qu'attendu, ce qui a conduit à des dégradations plus précoces et plus importantes que ne le prédisaient les logiciels".

Autre enseignement : le comportement de l'iode est "plus complexe qu'attendu". Une observation cruciale, puisque l'iode 131 est le radioélément le plus pénalisant dans les premiers jours d'un accident. Or, les réacteurs actuels ne sont équipés d'aucun filtre pour l'iode gazeux, et les recherches en cours doivent aider à y remédier.

Reste que la prise en compte du facteur économique dans le débat sur l'avenir de l'atome doit encore progresser, y compris au sein de l'IRSN qui, sur 1 700 agents, ne compte que... deux économistes.

Pierre Le Hir - Cadarache (Bouches-du-Rhône)

 

Article paru dans le quotidien Le Monde du 8 février 2013.

Repost 0
Published by Le Monde - dans Energie
commenter cet article
3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 09:17

Oil ManLes premières tables-rondes organisées par le ministère de l'écologie autour de la "transition énergétique" devraient débuter en janvier. Au programme : nucléaire, développement des énergies renouvelables, climat.

Le bilan risque a priori d'être aussi maigre que dans ce résumé cynique et néanmoins anticipé : le gouvernement dira que c'est sûr de chez sûr, on va fermer la vieille centrale de Fessenheim, et voilà tout, que le renouvelable et l'isolation des bâtiments c'est très important mais pas bien rentable, et l'Etat n'a pas le sou pour des subventions, et que pour ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre, et bien cocorico, nous sommes l'une des seules nations vaguement dans les clous (bon, c'est surtout à cause de la crise et des délocalisations, mais ça sert à rien de le dire trop fort, notamment parce qu'à peu près tout le monde s'en moque, ou c'est tout comme).

 

Lire la suite ici http://petrole.blog.lemonde.fr/2012/12/19/le-debat-national-sur-la-transition-energetique-est-lance-debattons-2/#xtor=RSS-32280322

Repost 0
Published by Oil Man (Blog) - dans Energie
commenter cet article
18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 21:10

Gd-Place--terrasses.jpg

Les citoyens métropolitains, qu'on ne consulte jamais sur les économies d'énergie, étaient ravis de voir s'installer les terrasses chauffées dans le centre historique de la ville de Lille avec pour conséquence évidente non seulement des coûts d'installation importants payés par les contribuables mais plus graves encore un gaspillage énergétique dont on se passerait volontiers et des émissions supplémentaires de CO2 (bonjour la cohérence avec le plan climat-énergie) .http://www.nordeclair.fr/Locales/Lille/2011/11/22/pas-ecolos-les-futures-terrasses-de-lill.shtml

 

La métropole fait encore mieux maintenant si on se réfère à la Voix du Nord qui dénonce une nouvelle étape supplémentaire dans le gaspillage énergétique : La cure de luminothérapie de la pelouse (de serre) du Grand Stade

vingt heure par jour pour passer l'hiver.

Extrait de la Voix du Nord : "Au Grand Stade, quelque 500 LED d'environ 400 watts, montées sur des rampes mobiles, sont allumées chaque jour pendant vingt heures. Cela équivaut à la consommation moyenne de 145 foyers. Mais c'est Eiffage qui paye la facture à EDF. En outre, de chaque côté du terrain, de gros ventilateurs sont utilisés pour garantir une bonne aération de la pelouse. (...)" (4000 Kwh par jour !!!)

Luminothérapie Grand Stade

Alors ? Stop ou Encore ? 

Nous on préférerait une politique du Care pour les habitants plutôt que pour la pelouse du Grand Stade ! M.E.

Repost 0
Published by M.E. - dans Energie
commenter cet article
1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 09:44

Communiqué de presse 29 novembre 2012. Conférence de Doha sur le climat

A quand une véritable politique de sobriété et d'efficacité énergétique ?

 

AttacFrançois Hollande avait annoncé lors de la Conférence environnementale vouloir être exemplaire en matière de lutte contre le réchauffement climatique et a proposé que la France accueille la Conférence de l'ONU sur le climat de 2015. La Conférence de Doha (Qatar, 26 nov-7 déc) vient de s'ouvrir, mais les actes sont très éloignés des discours.

Alors que l'Agence internationale de l'énergie a déclaré dans son dernier rapport qu'il ne fallait pas consommer plus d'un tiers des réserves prouvées d'énergies fossiles d'ici à 2050 pour avoir une chance sur deux de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement global à la fin du siècle, le gouvernement français semble loin d’avoir pris la mesure des transformations nécessaires. Malgré de nombreuses déclarations, François Hollande et son gouvernement laissent la porte ouverte à la possibilité d'exploration et d’exploitation des gaz et pétroles de schiste, ils s'entêtent à construire un nouvel aéroport international inutile et nocif, ils privilégient les projets de lignes à grande vitesse au détriment des lignes classiques, ils entendent poursuivre le développement de la filière nucléaire avec la construction de l’EPR, autant de verrous pour entamer une véritable transition énergétique.

La France et l'Union européenne ne peuvent être considérés comme de bons élèves en matière climatique alors que leurs résultats et leurs engagements sont plus qu'insuffisants. Les négociations internationales sur les dérèglements climatiques et les multiples politiques mises en œuvre depuis près de vingt ans n'ont pas enrayé l'augmentation des émissions des gaz à effets de serre et le réchauffement climatique global. Au contraire, de nouveaux records sont battus quasiment chaque année. On ne compte plus les rapports annonçant des perspectives de réchauffement climatique au delà des 2°C. Les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient et s'intensifient. Mais nos gouvernements laissent inchangées des politiques climatiques fondées sur des mécanismes de marché qui ont fait preuve de leur inefficacité.

Là où les pays de l'Union européenne devraient réduire leurs émissions de 30 à 40 % en 2020 par rapport à 1990, selon les préconisations du GIEC, la réduction des émissions européennes corrigées des émissions liées aux produits importés est d’à peine 4%. Loin d'avoir incité les industriels à réduire leurs émissions et d'avoir permis la substitution d'énergies renouvelables aux énergies fossiles, le marché carbone européen est un échec patent. Surabondants, les droits d'émission délivrés gratuitement par les pays se négocient actuellement à seulement quelques euros. Leur vente constitue bien souvent un effet d'aubaine pour un grand nombre d'industriels fortement dotés et un effet d’opportunité pour la finance carbone. Par ailleurs, les mécanismes de flexibilité et de compensation carbone permettent à ces mêmes industriels d'éviter de réduire leurs propres émissions en finançant des projets hautement contestables dans les pays du Sud.

La conférence de Doha se situe dans la droite ligne de la séquence Copenhague-Durban qui a siphonné toute possibilité d'engagement contraignant en termes de réductions d'émissions, qui a considérablement affaibli le protocole de Kyoto sans fournir les financements additionnels attendus tout en discréditant le processus de négociations onusien. La précédente conférence, à Durban (Afrique du Sud), avait abouti en effet à un accord sans engagement, condamnant la planète à une augmentation de la température globale de plus de 4°C. Les responsabilités sont désormais diluées à travers la négociation d'un nouveau mandat pour 2015 qui ne serait applicable qu’en 2020.

Dans un contexte de crises où les enjeux climatiques et plus largement écologiques sont relégués au second plan malgré l'urgence à agir, le gouvernement français doit clairement afficher ses choix : accompagner cette inertie des Etats et renoncer à ses engagements, ou faire siennes les alertes des scientifiques et les exigences et propositions portées par les mouvements sociaux. Dans ce cas, il s'agit d'abandonner immédiatement les grands projets inutiles, de financer une politique de sobriété et d'efficacité énergétique à la hauteur des enjeux, d'accroître les ambitions de réductions d'émissions de l'UE, d'abandonner les dispositifs liés à la finance carbone pour introduire une taxation internationale sur l'énergie et un moratoire général sur toute nouvelle exploration d'énergies fossiles. Nous attendons de la France et de l’Union européenne une politique exemplaire, seule capable de leur donner une légitimité pour accélérer les négociations internationales afin d'aboutir au plus vite à un accord international contraignant, juste et à la hauteur des enjeux.

 

Agir pour l'environnement – Aitec – Attac France – Bizi ! - Confédération paysanne - Les Amis de la Terre - Solidaires

 

A lire en ligne : Climat : l'inertie des Etats doit cesser. Pour une transition écologique radicale, juste et démocratique (note publiée par Attac France, nov. 2012)

http://www.france.attac.org/articles/climat-linertie-des-etats-doit-cesser-rapport-dattac-france

 

Repost 0
Published by Attac France - dans Energie
commenter cet article
30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 07:00

Physicien nucléaire, professeur à Polytechnique pendant 35 ans, Jean-Louis Basdevant a formé toute une génération d’ingénieurs du nucléaire. Juste après l’accident de Fukushima, il a publié un ouvrage intitulé Maîtriser le nucléaire. Que sait-on et que peut-on faire après Fukushima. Un an après, la réédition de ce livre est désormais sous-titrée Sortir du nucléaire après Fukushima ! Jean-Louis Basdevant témoigne ici de l’évolution de son point de vue.

1. Pouvez-vous nous expliquer votre démarche et votre cheminement personnel ?

Jean-Louis-Basdevant.pngJLB. Le lendemain du déclenchement du désastre de Fukushima, un ami éditeur m’a demandé d’écrire un livre sur cet accident. Les informations étaient alors peu nombreuses, elles sont venues avec le temps, mais pour moi c’était un événement grave qui allait marquer l’histoire de l’électronucléaire civil. Il survenait après ceux de Three-Mile Island (TMI) en 1979, et de Tchernobyl en 1986. En me mettant au travail, j’ai recueilli chaque jour les informations sur les événements de Fukushima, tout en me remémorant les détails de tous les incidents ou accidents antérieurs. Dans ce travail abondant, j’ai rapidement compris que l’essentiel du cataclysme tenait de la fusion du cœur des réacteurs. C’est à l’été 2011 qu’après avoir analysé la structure et l’état du parc nucléaire français, je suis devenu convaincu que nos réacteurs actuels, comme pratiquement tous les réacteurs au monde, sont sujets au même type d’accident, et qu’ils sont dangereux. Plusieurs rapports, officiels ou provenant de sources qualifiés, ont confirmé ces idées. La suite de l’évolution du site de Fukushima laisse présager que l’accident est loin d’être terminé. Il faudra plusieurs années avant d’en faire un bilan complet.

Il n’est pas nécessaire d’essayer de dégager la responsabilité individuelle de tel ou tel dans ce terrible désastre. Le 6 juillet 2012, Kiyoshi Kurokawa, Professeur à l’Université de Tokyo, Président de la Commission parlementaire sur l’accident de Fukushima, a rendu des conclusions étonnantes de sévérité à l’égard de tous les acteurs de l’événement, notamment la structure de la culture japonaise. Qualifiant Fukushima de désastre Made in Japan, il dit que ses racines profondes proviennent d’usages et de comportement profondément ancrés dans la culture japonaise. Ses causes fondamentales sont notre conditionnement à l’obéissance, notre réticence à remettre en question l’autorité, notre attachement à ``nous conformer au programme fixé’’, notre mentalité de groupe et notre insularité. Si d’autres Japonais avaient été aux mêmes commandes que ceux qui, maintenant, portent la responsabilité de cet accident, le résultat aurait bien pu être le même. Nous devons au monde une explication de pourquoi cela pouvait se produire au Japon.

Depuis juillet 2011, je me pose la question : quel sera le désastre nucléaire Made in France ? Ou plutôt, pourquoi nous devons nous préoccuper d’une telle éventualité ?

2. Selon vous, quels sont les problèmes qui concernent les centrales nucléaires françaises ?

JLB. Le principal problème des centrales nucléaires françaises est que, parce qu’elles sont essentiellement du même type que les centrales japonaises et que les centrales américaines, y compris celle de Three Miles Island, elles présentent le même risque de fusion du coeur et de ses conséquences contre lesquelles on est sans défense à l’heure actuelle.
La fusion du coeur et ses conséquences catastrophiques est, j’insiste, un problème qui se pose pour pratiquement toutes les centrales électronucléaire au monde. Ce type d’accident menace donc la totalité actuelle du parc français, notamment les réacteurs de Fessenheim. Or un seul accident de ce genre serait une tragédie pour notre pays. Les recommandations faites par l’Agence de Sûreté Nucléaire (ASN) à la suite de Fukushima sont de nature à améliorer la sûreté de ces réacteurs, sans toutefois éliminer le risque. Mais j’ai le regret de ne pas voir, à l’heure actuelle, le moindre signe de mise en conformité des réacteurs par EDF, ni de mise en place « à partir de 2012, d’une ``force d’action rapide nucléaire’’ nationale […] qui devrait être totalement opérationnelle fin 2014 ».

Il existe, dans ce que l’on appelle la génération 4 des réacteurs nucléaires, des réacteurs plus « sûrs » qui, par construction, ne peuvent pas subir ce type d’accident. Les centrales « sûres » seront peut-être la bonne solution au XXIIe siècle… mais ce ne sera plus notre affaire.

3. Pourquoi estimez-vous que Fessenheim doit être absolument fermée ?

JLB. Ce serait l’exemple de ce que doit être une décision politique sage. Il s’agit de l’installation nucléaire la plus ancienne du parc français. De ce fait, elle détient le record de minceur de radier : un mètre, comparé à trois à Fukushima et deux dans les centrales françaises plus récentes. Son ancienneté fait craindre une fragilité et tous ces éléments concordent à y favoriser le risque d’un accident avec fusion du coeur. À l’issue de sa troisième visite décennale, le 4 juillet 2011, l’ASN a donné un avis technique favorable à la prolongation du réacteur 1 pour dix ans, avec les conditions expresses de 1) renforcer le radier du réacteur avant le 30 juin 2013, afin d’augmenter sa résistance au corium en cas d’accident grave avec percement de la cuve, et 2) installer avant le 31 décembre 2012 des dispositions techniques de secours permettant d’évacuerdurablement la puissance résiduelle en cas de perte de la source froide. À ce jour, aucune proposition acceptable n’a été faite par EDF.

La centrale de Fessenheim est située sur une faille en zone sismique (l’implantation la plus dangereuse de France à cet égard). Elle s’alimente en eau froide dans le grand canal d’Alsace, qui la surplombe de 9 mètres, toute perturbation grave de ce canal (chute d’avion) risquerait de noyer la centrale. Elle est, tout comme une autre, exposée au risque d’un « accident normal des systèmes complexes ». Dans un système complexe, un accident grave peut provenir de la conjonction inattendue et imprévisible de défaillances élémentaires, anodines en elles-mêmes.

Un accident nucléaire à Fessenheim aurait des conséquences plus que dramatiques. Elle est située à l’aplomb de la plus grande nappe phréatique de France, d’une capacité de 35 milliards de mètres cubes sur sa partie alsacienne, qui se prolonge en Allemagne. Et, pour corser le tout, elle est également à l’aplomb de la vallée du Rhin qui, entre Bâle et Rotterdam, est la région la plus peuplée, active, industrielle de l’Europe. Cela signifie qu’en cas d’accident avec fusion partielle du coeur, une fois la dalle percée, le Rhin serait contaminé, jusqu’à Rotterdam. Un accident nucléaire grave y serait une catastrophe dramatique pour toute l’Europe, un coup de poignard qui anéantirait la vie dans cette région pendant plus de 300 ans.
Arrêter Fessenheim est, pour moi, une application du principe de précaution, tant évoqué, qui relève d’un devoir moral vis-à-vis des habitants de l’Europe.

4. Votre remise en cause du nucléaire est-elle exceptionnelle dans votre milieu ?

JLB. Je m’exprime librement et ne fais qu’apporter ma contribution personnelle à une oeuvre qui comporte de très nombreux acteurs. Je ne suis certainement pas le seul dans mon milieu professionnel à remettre en cause le nucléaire civil. Je communique avec de nombreux collègues, de spécialités diverses, tous de grande compétence.
J’ai fait plusieurs conférences, dans le grand public comme dans les milieux scientifiques. J’ai toujours été écouté très courtoisement. Bien entendu, j’ai rencontré beaucoup de gens qui n’étaient pas de mon avis, et c’est parfaitement normal. Certains amis très proches sont en désaccord avec moi mais nos échanges sont toujours, pour moi, très stimulants. Un argument évident, qui n’a rien à voir avec la physique nucléaire ou la technique, est celui de l’avenir énergétique, fût-il de notre pays, de l’Europe ou du monde, compte tenu de ce que nous savons de l’état de l’économie, et la question de la transition énergétique tant prônée. On se trouve, comme souvent dans la vie, devant de difficiles problèmes de choix. Ces choix sont de nature politique et je ne puis en parler qu’en amateur et apporter des informations.

PNG - 70.7 ko

Jean-Louis Basdevant, Maîtriser le nucléaire.Sortir du nucléaire après Fukushima, Paris, Eyrolles, 234 p., édition de mars 2012.

Repost 0
Published by RSN - dans Energie
commenter cet article
22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 09:04

Suite à la publication en 8 parties(1) du rapport de la Commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, nous avions évoqué la possibilité d’en faire un document unique, rassemblant toutes les traductions. C’est désormais chose faite ! Un merci immense aux traducteurs bénévoles qui, de manière coopérative et constructive, ont permis la réalisation de ce travail de longue haleine. Sans eux, cette publication n’aurait pas été possible.

Cette édition française se place dans l’esprit qui a prévalu à la rédaction du rapport original, à savoir la diffusion des résultats d’une enquête indépendante des lobbys industriels ou des pressions politiques, avec une grande exigence de transparence et une volonté de diffusion internationale.

 

La traduction complète du résumé du rapport est disponible en format pdf ici.

 

D’un poids modéré (4 Mo), une fois que vous l’aurez téléchargé, vous pourrez également le transmettre par mail à vos connaissances francophones. N’hésitez pas à le partager !

Ce rapport d’enquête, commandé par la Diète Nationale du Japon, révèle entre autres que :

- la catastrophe nucléaire de Fukushima est d’origine humaine, alors que TEPCO et toutes les autorités l’attribuaient au tsunami,

- la résistance des réacteurs au séisme était inadéquate,

- il n’existait pas de réponse adaptée aux tsunamis,

- les contre-mesures aux accidents graves étaient non conformes aux standards internationaux,

- l’alimentation électrique externe était très vulnérable,

- les bureaucraties complices ont rendu la catastrophe inévitable,

- l’évacuation des résidents s’est faite dans une extrême confusion,

- la catastrophe aurait pu être encore plus grave.

 

Il faut bien évidemment lire ce document avec l’idée de ce qui pourrait se passer si une telle catastrophe survenait en France. Et sa lecture provoque de saines questions :

 

- pourquoi le gouvernement français a-t-il martelé que la catastrophe nucléaire de Fukushima était due au tsunami ?

- pourquoi les centrales nucléaires françaises sont-elles souvent construites sur des failles et que des minimisations de risques sismiques sont avérées sur certaines d’entre elles ?

 - pourquoi l’évacuation des habitants est-elle prévue sur un rayon de 5 km autour d’une centrale accidentée alors qu’à Fukushima l’évacuation a été jusqu’à 30 km ?

- comment concrètement les pastilles d’iode seraient-elles distribuées à toute la population dans un rayon de 30 km autour d’une centrale si un accident arrivait ?

- pourquoi dit-on à la population française depuis plus de 30 ans que le nucléaire est sûr alors qu’aucune centrale nucléaire française ne possède de récupérateur de corium ?

- pourquoi les stress-tests effectués sur les centrales nucléaires françaises ont-ils été pointés du doigt par la commission européenne?

- pourquoi le gouvernement français accepte-t-il encore le risque d’un accident grave  et de la disparition d’une région entière de France en cas de contamination qui nécessiterait l’évacuation définitive de ses habitants ?

La lecture du rapport de la NAIIC vous donnera également des éléments de réponse à vos propres interrogations.

  ____________________

(1) Les 8 publications

Rapport de la commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima : la vérité dévoilée (23/07/2012)

Fukushima : la réponse d'urgence à l' « accident » nucléaire (05/08/2012)

L'étendue des dommages de la catastrophe de Fukushima selon le rapport de la commission d’enquête (07/08/2012

Les problèmes organisationnels dans la prévention de la catastrophe de Fukushima(12/08/2012)

Enquête sur les travailleurs de la centrale nucléaire de Fukushima (23/09/2012)

Catastrophe de Fukushima : enquête sur les personnes évacuées (24/08/2012)

Rapports des réunions de la Commission indépendante sur Fukushima (1) (28/09/2012)

Rapports des réunions de la Commission indépendante sur Fukushima (2) (30/09/2012)

 

Article issu de http://fukushima.over-blog.fr qui est un blog recommandé par Attac consacré entièrement à la catastrophe nucléaire de Fukushima et à ses répercussions au Japon et dans le monde.

 

La suite ressemble étrangement à Tchernobyl avec moins de victimes à court terme ... mais un projet de sarcophage :

fukushimareactor3cover-1.JPG 

 

TEPCo a présenté son projet de couverture pour le réacteur n°3 : 1500 tonnes de métal ! Le but est de limiter les rejets gazeux et le lessivage par la pluie. Il devrait permettre l'installation d'une structure pour retirer les combustibles usés de la piscine. L'intérieur sera ventilé pour que la contamination ambiante n'augmente pas trop, et l'air extrait, filtré. (source ACRO et Ex-SKF)

 

Repost 0
Published by Fukushima Over-Blog - dans Energie
commenter cet article