Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Qui Sommes-Nous ?

  • : Le site de Attac Villeneuve d'Ascq
  • Le site de Attac Villeneuve d'Ascq
  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
  • Contact

Attac ...c'est aussi

retrouvez nous sur        Facebook

 

pour plus d'informations    contactez nous 

 

ou allez visiter le site      ATTAC France

Recherche

A noter sur vos agendas

 

Pour voir toutes les dates et informations détaillées,

Suivez le lien : 

 

L'agenda complet d'ATTAC VA 
 

 

radio ATTAC

retrouvez les émissions radio d'ATTAC Lille et d'ailleurs

Angle d'ATTAC sur Radio Campus 106,6 mhz

Sociologie de Lille ! avec Fabien Desage maitre de conférences Lille 2 CERAPS samedi 17 juin 12h à 13 h

La prospérité sans croissance ! avec Jean Gadrey 20 mai 2017

Questions sur l'Europe 2ème volet  29 avril  2017

Questions sur l'Europe ! 15 avril 2017

Faut il attendre la croissance ? avec F Jany-Catrice professeur à Lille 1,18 mars 2017

 

 

 

 

14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 08:48
Sans domicile fisc : le livre choc sur les paradis fiscaux 

Plongée au cœur de la finance et des paradis fiscaux.

Plongée en eaux troubles. Dans « Sans domicile fisc », les frères Bocquet, Eric et Alain, sénateur et député communistes du Nord, dressent un réquisitoire précis et implacable des affres de la mondialisation financière. A lire d’urgence, tant le poids de l’opinion publique est indispensable pour accélérer le changement .

A l’heure du procès Cahuzac, ils décryptent les mécanismes qui permettent aux plus riches et aux multinationales d’échapper à l’impôt. Un scandale qui se chiffre à coup de centaines de milliards d’euros par an ! Rien que pour la France, le manque à gagner est estimé entre 60 et 80 milliards d’euros chaque année. A l’échelle de l’Europe, on passe à une estimation « d’environ 1.000 milliards d’euro par an ». Les chiffres donnent le tournis.

« C’est la crise ! Quelle crise ? Elle n’est pas pour tout le monde. Jamais pour ces « sans domicile fisc » que leur addiction à l’évitement de l’impôt classe en véritables parasites de nos sociétés, en délinquants » écrivent les deux frères. Forts de leur travail de parlementaires – deux commissions d’enquête du Sénat (voir nos articles) et une mission d’information à l’Assemblée – ils ont pu toucher de près cette réalité complexe. Pour leur ouvrage, ils se sont appuyés sur de nombreux entretiens (Nicolas Hulot, Eva Joly, Alain Bauer, ONG, lanceurs d’alerte, journalistes, etc).

Le rappel des scandales successifs, HSBC, UBS, Luxleaks, le cas Mc Donald’s et bien sûr les « Panama papers », donnent froid dans le dos. Le rôle des Etats est tout aussi troublant : les parlementaires pointent l’hypocrisie, voire le double jeu qui règne en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis ou même en France.

Le pantouflage des fonctionnaires vers le secteur privé et l’embauche de conseiller issus du monde bancaire et de la finance – Emmanuel Macron en est l’exemple – illustre cette proximité, voire cette connivence entre politiques et banquiers (voir les propos d'Eric Bocquet dans la vidéo). Dès lors, comment changer le système de l’intérieur si le système est vérolé ? C’est le constat que font Eric et Alain Bocquet. Cette situation pose de nombreuses questions sur le plan démocratique.

La crise de 2008 a cependant poussé les Etats du G20, confrontés à la chute des rentrées fiscales, a amorcé un changement salutaire, sous l’égide de l’OCDE. L’échange automatique de données fiscales entre Etats, qui se généralise petit à petit, y compris avec certains paradis fiscaux, est encourageant. Il sera appliqué en 2017. Trop mou, trop lent, selon les frères Bocquet : « Aujourd’hui, on tire avec un pistolet à eau sur une cible qui nécessite… le recours à plusieurs escadres lourdement équipées ».

Pour eux, rien n’est inéluctable. « Fraudeurs, optimisateurs, blanchisseurs, évadés ou exilés nous volent. (…) Il est temps de passer de la parole aux actes. Ramenons les « sans domicile fisc » sur la voie de la justice » lance les Bocquet.

Ils font leurs propositions et en appellent à l’opinion publique. A l’image de la COP sur le climat, ils proposent une COP fiscale sous l’égide des Nations-Unis, la création d’un « observatoire parlementaire de lutte contre la fraude et l’optimisation fiscales » qui disposerait d’un pouvoir de convocation et de contrôle, la suppression du verrou de Bercy ou carrément la mise sous embargo des paradis fiscaux. Pour Eric et Alain Bocquet, face à « des Etats sous tutelle » de la finance, le sujet de la lutte contre les paradis fiscaux devrait être au cœur de la présidentielle.

Edition du Cherche Midi

des extraits du livre ici ou encore

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Livres-Revues
commenter cet article
6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 07:24
La Troisième Guerre mondiale est sociale

c'est le titre du livre de Bernard Thibault

cet article est tiré du blog

Bernard Thibault et Dominique Méda invités à l'émission Agora du 1er mai sur France Inter

Bernard Thibault, c’est celui qui dit très justement que le travail n’est pas un marché. Il a été secrétaire général de la CGT de 1999 à 2013, à Genève, il est membre depuis 2014 du conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT). Bernard Thibault publie « La Troisième Guerre mondiale est sociale » aux Éditions de l’Atelier. Il explique pourquoi, selon lui, la loi El Khomri envoie un mauvais signe aux pays moins avancés.

Après l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne, la France s’apprête à réformer sa législation sur le travail avec la loi El Khomri. Dans une économie capitaliste mondialisée, Bernard Thibault considère que le corps social est très demandeur d’une harmonisation sociale ! À condition qu’elle vise le haut…

C’est en Europe que les droits sociaux sont les plus élaborés, grâce à de riches histoires sociales, de puissants combats syndicaux. Mais les réformes actuellement menées en France, Italie, Espagne, Allemagne tirent les droits sociaux vers le bas. Or la France, comme d’autres pays européens, sans être un modèle, est une référence. Elle a signé 128 conventions de l’OIT, un nombre qui fait d’elle le deuxième État du monde en la matière. Dès que les pays les plus avancés s’engagent dans un mouvement de renoncement, ils envoient un mauvais signe à ceux qui luttent pour plus de droits sociaux. Ce qui compte, c’est le mouvement.

Selon le patronat français, ces conventions internationales sont autant de contraintes pour les entreprises, qui ont peur d’embaucher. D’où le fort taux de chômage… Bernard Thibault réfute totalement le lien de cause à effet entre le niveau de protection du droit du travail, sa qualité et le niveau de chômage.

C’est en Afrique et en Asie, là où les législations sociales sont les plus faibles, que le travail informel est le plus important. Dans le monde, un travailleur sur deux n’a pas de contrat de travail, c’est-à-dire ni horaires, ni règles sur son salaire ! Cette proportion de travailleurs informels progresse. On peut toujours présenter les Européens comme une minorité, des privilégiés qui devraient renoncer, mais que veut-on pour l’avenir ? Une économie dérégulée ? Ou un mouvement, incarné par l’OIT, qui considère que le travail n’est pas un marché et que la paix est assurée par la promotion des droits sociaux ? L’approche patronale est fausse : en réalité, il faut remettre de la régulation là où elle n’existe pas.

Dans son livre, Bernard Thibault dit que les nouvelles dispositions sur les licenciements économiques pourraient être contraires à la convention 158 de l’OIT, ratifiée par la France. Car c’est cette convention 158 que Pierre Gattaz voulait que la France dénonce ! Pourtant, vu de France, elle est minimaliste : elle se contente d’imposer un motif au licenciement. Le gouvernement français ne peut pas la dénoncer, aucun pays ne retire sa signature. Il a donc choisi une approche plus pragmatique : redéfinir ce que seraient des conditions juridiquement acceptables pour que le licenciement ne soit plus attaquable. Le juge pourra toujours examiner le bien-fondé d’un licenciement, regarder si l’entreprise est dans une situation qui justifie des licenciements économiques. N’oublions pas qu’il existe des structures juridiques et fiscales dont la seule vocation est de protéger les propriétaires d’entreprises… Attendons de voir la version finale du texte pour savoir s’il est conforme à la convention 158. Il peut encore changer, puisque le Parlement va intervenir et que des mobilisations en demandent le retrait.

Sur le fond, il faudrait reconnaître que la gestion des entreprises ne peut pas être du domaine exclusif des gestionnaires. Elle concerne aussi les salariés, qui sont les premiers à être attachés à leur entreprise. Si on les écoutait un peu plus, on éviterait des mauvaises gestions et des pertes d’emplois. C’est justement ce que fait la loi El Khomri, en donnant plus de pouvoirs aux accords d’entreprise. Une bonne idée ? Renforcer la négociation en entreprise se heurte, en France, à la réalité : le taux de syndicalisation est faible, 75 % des entreprises de plus de dix salariés n’ont pas de présence syndicale. Et quand elles ont des élus, ils n’ont pas d’étiquette syndicale. Sans syndicat, le dialogue ne se fait pas entre deux parties égales. La France se caractérise aussi par un taux très élevé de couverture par les conventions collectives, de l’ordre de 98 % des salariés. Cela vient de la hiérarchie des normes, avec des accords de branche qui s’imposent aux accords d’entreprise.

Privilégier l’entreprise au détriment de la branche est dangereux.

Cela aura des effets pervers : les clauses sociales deviendront une variable de compétitivité au sein d’une même branche. De plus, la décentralisation de la négociation peut être néfaste sur les droits sociaux. En Allemagne, pour contrer les lois Hartz sur la décentralisation de la négociation, des milliers de salariés allemands ont été exclus des branches, donc des négociations sur les salaires. L’Allemagne a dû instaurer un salaire minimum.

Ses solutions pour faire baisser le chômage en France : la semaine de 32 heures, comme le propose la CGT, car avoir des réflexions sur le temps de travail n’est pas stupide, même dans les pays où les droits sociaux sont avancés. Mais une approche européenne serait sans doute meilleure. Par ailleurs, la France est un des pays dans lequel les entreprises ont versé le plus de dividendes à leurs actionnaires. Pourquoi les actionnaires français touchent-ils beaucoup plus que les actionnaires allemands ? Ce qui explique l’avance des entreprises allemandes, c’est le niveau de leur réinvestissement dans l’appareil productif.

Les perspectives d’emploi des prochaines années sont négatives à l’échelle mondiale, a prévenu l’OIT, qui préconise de mettre en place davantage de protections, car une nouvelle secousse se prépare. Depuis quelques années, on a donné plus de pouvoir au G20 en laissant une petite coalition de pays puissants prendre le pas sur une approche universelle, multinationale, portée par des institutions comme l’ONU. Il faut rendre à l’OIT sa mission originelle. C’est pourquoi Bernard Thibault prône, dans son livre, un retour à la déclaration de Philadelphie, adoptée par l’OIT en 1944, qui affirme la primauté des aspects humains et sociaux sur les considérations économiques et financières. Il y a un fossé entre ce principe et la réalité économique internationale. Une vision d’un monde en « guerre sociale », il y a quelques jours Bernard Thibault a participé à un débat « passionné et passionnant » sur le Qatar. On le sent à la lecture de son livre : l’ancien leader de la CGT trouve une forme d’aboutissement d’une vie de syndicalisme dans ses nouvelles fonctions, bénévoles et pour trois ans, à l’OIT, à Genève.

« La Troisième Guerre mondiale est sociale » est avant tout un ouvrage truffé d’informations, parfois très récentes, sur l’état social du monde et le rôle d’une institution qui fêtera ses cent ans en 2019. Mais c’est évidemment un livre militant, qui dénonce une "guerre sociale", mondiale, conséquence de la guerre économique.

Le coupable ? « Le marché tout-puissant, qui impose sa loi. »

On y découvre une organisation lourde, que Bernard Thibault aimerait voir retrouver une influence. On y apprend la lutte du collège patronal pour faire disparaître le droit de grève d’une des conventions de l’OIT. « Tous les employeurs de la planète ne se retrouvent pas dans cette approche rétrograde », écrit Bernard Thibault, étonnamment équilibré. Ce qui ne l’empêche pas de pointer l’aspect rétrograde, antisocial et réactionnaire du Medef. …

« La Troisième Guerre mondiale est sociale », Bernard Thibault, Éditions de l’Atelier, 15 euros.


Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Livres-Revues
commenter cet article
21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 10:16

Les possibles n° 8 automne 2015, revue en ligne du Conseil Scientifique d'ATTAC

En cette fin d'année, la lecture de ce numéro de la revue Les Possibles nourrira la réflexion.

Sur un plan politique, l’année a été traversée par un fait majeur en Grèce, même si sa conclusion (provisoire ?) a piétiné tous les espoirs que les Grecs avaient pu nourrir et beaucoup de peuples avec eux. Un gouvernement arrive au pouvoir légalement sur la base d’un programme résolument de gauche, visant à mettre fin à une austérité organisée par ceux qui avaient plongé le pays, l’Europe tout entière et le monde dans une crise terrible. Six mois après, il capitule sans conditions devant la classe dominante européenne qui s’acharnait à le réduire à merci.

Secoués par le coup d’État financier perpétré contre la Grèce et par le revirement brutal de Syriza, qui a accepté au final une austérité pire que celle dénoncée auparavant, nous avons choisi d’ouvrir un chantier de réflexions autour des questions stratégiques qui se posent aux mouvements sociaux et politiques qui n’entendent pas renoncer pour autant à contester et à remettre en cause le pouvoir de la finance, du capital et des institutions les représentant. En sachant désormais (mais pourquoi diable l’avions-nous oublié ?) que la violence de la classe adverse n’a pas de limites.

La quasi-totalité de ce numéro des Possibles (dans son dossier mais aussi dans sa partie « débats ») est donc consacrée aux questions soulevées par ces événements et aux moyens pour retrouver, non seulement des marges de manœuvre politiques, mais aussi des raisons d’espérer.

Jean-Marie Harribey, Jean Tosti

Les titres du dossier de la revue :

Sortir la Grèce de l’impasse : pour un modèle de développement des activités productives Gabriel Colletis

Crises monétaires et budgétaires argentine (2001-2) et grecque (2011-5) : jusqu’où l’histoire peut-elle et devrait-elle bégayer ? Jonathan Marie

Vers l’institution de monnaies fiscales nationales dans la zone euro ? Bruno Théret

Après la Grèce : quelles leçons pour la gauche européenne ? Thomas Coutrot, Pierre Khalfa

Discussion de la « monnaie complémentaire » dite « fiscale » Jean-Marie Harribey

Hégémonie – dominance – leadership ? La « question allemande » entre mythes et réalité Peter Wahl

Tirer des leçons de l’été grec Felipe Van Keirsbilck

Grèce et Union européenne : le « coup d’État financier » du 13 juillet 2015. le capitalisme néolibéral et l’annulation des dettes souveraines Claude Calame

La crise grecque, un tournant pour l’Europe… et pour nous Janette Habel

Après l’échec de Syriza, rejetons tous les « TINA » et pesons là où se prennent les décisions stratégiques Catherine Samary

La bataille de Grèce, un épisode d’une guerre mondiale prolongée Gustave Massiah

Europe et réfugiés : l’élargissement Etienne Balibar

bonne lecture

La revue est téléchargeable en format PDF

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Livres-Revues
commenter cet article
25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 07:54
le climat est notre affaire

Les bouleversements climatiques, désormais ressentis partout et par chacun, ont un sens politique et éthique considérable : la perpétuation de la vie sur la Terre ne va plus de soi. Nos sociétés ont cru pouvoir s’affranchir des limites naturelles, et le capitalisme ne sait prospérer qu’en soumettant la nature et les humains aux exigences du profit et de la croissance.

Alors que les négociations internationales s’enlisent, le climat est devenu l’affaire des lobbies techno-industriels et financiers.

Il est temps de désigner les responsables et de s’attaquer à leur pouvoir : multinationales des énergies fossiles et des industries minières, gouvernements adorateurs du libre-échange et de la concurrence, fanatiques de la croissance et d’un consumérisme reposant sur des inégalités insupportables, savants fous de la géo-ingénierie et de la bio-ingénierie, liquidateurs des biens communs fondés sur un usage sobre des ressources.

Ce livre propose surtout une cartographie des acteurs et des chemins vers les ruptures nécessaires à une transition démocratique.

L’urgence appelle un sursaut de conscience, l’abandon sans regret d’un monde étriqué et mortifère, un engagement dans des actions de résistance et de désobéissance radicale et non violente, l’extension des pratiques alternatives. Tel est le sens du mouvement pour la justice climatique, qui doit devenir notre affaire à tous.

Nouveau livre d'ATTAC, Août 2015, ed Les Liens qui Libèrent 8€ 50

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Livres-Revues
commenter cet article
11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 07:36

Les Possibles, éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac

le numéro 7 de l'été 2015 est paru

Face au désastre, que peut-on faire ?

par Jean Tosti, Jean-Marie Harribey

L’Union européenne est un désastre total. En son sein, l’Union économique et monétaire est un désastre au carré. La 21e Conférence des parties (COP 21) de l’ONU qui aura lieu à Paris en décembre prochain pour trouver un accord sur le climat s’annonce comme un désastre programmé. Depuis huit ans, la crise ouverte aux États-Unis et qui s’est répandue partout a engendré une somme de désastres sociaux qu’on croyait ne plus jamais revoir. Tout cela parce que les classes dominantes, d’un bout du monde à l’autre, ont fait le choix de renforcer leur modèle financier plutôt que de le corriger, ne serait-ce que modérément. Ainsi, la crise écologique et le réchauffement climatique sont vus comme des occasions de donner une envergure encore plus grande à la privatisation et à la marchandisation des biens naturels, en les transformant en nouveaux actifs financiers. Et, comme si cela ne pouvait aller sans un corollaire, dans le même temps, les peuples se voient présenter la facture de cette crise capitaliste. Comment interpréter autrement la violence de la pression exercée contre le peuple grec depuis qu’il a osé élire un gouvernement promettant de rompre avec l’austérité et d’engager un programme de réformes structurelles positives et non pas négatives ?

Dossier : La connaissance

Connaissance et rapport capital/travail dans la crise du capitalisme

Aux fondements du capitalisme managérial : Connaissance et rapports de classe

À qui appartient la connaissance ?

Les technologies numériques, levier de la mise en marché des connaissances

Luttes pour l’accès libre au savoir et à la recherche

La crise des Lettres en régime néolibéral. Quelles remédiations ?

Naissance, vie, gloire et mort des connaissances médicales

Lutter contre la marchandisation de l’éducation par la FICEMEA

Anthropologie culturelle et sociale : Savoirs critiques et regards politiques en miroir

Jean Tirole et les fondements de la morale

Débats

Termes de référence de la Commission pour la vérité sur la dette grecque

Facture ouverte de la Grèce avec Berlin

Dette illégitime : Un concept dangereux, non pour les populations, mais pour le néolibéralisme !

La dette illégitime : des enjeux politiques

Le commencement de la fin de l’hégémonie transatlantique

Mexique, les racines de l’actualité ou la violence et ses liens avec les politiques ultralibérales conduites en Amérique du Nord

De la question salariale à la question territoriale et de la contestation légale à l’action extralégale. Assistons-nous à un déplacement de la conflictualité sociale ?

Une nouvelle sociologie pour les nouveaux mouvements sociaux

La mutation social-libérale de la social-démocratie

Pour une critique raisonnée du progrès humain

Revue des revues

Comment les institutions traitent-elles la connaissance ?

bonne lecture en ce mois d'Août 2015 !

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Livres-Revues
commenter cet article
19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 08:27
Le business est dans le pré

Aurélie Trouvé publie aux éditions Fayard un livre pour mieux appréhender la mondialisation libérale appliquée à l'agriculture, afin de lui résister, la combattre et imposer d'autres politiques agricoles.

L'auteure nous révèle la face agricole pour « en faire connaître la brutalité ». Sa rencontre avec Francis, producteur de lait bio dans l'Aveyron, va à contresens des logiques productivistes et de leurs dérives magouilleuses. Le paysan exprime son désir de « partage du travail et son plaisir de traire. »Ils parleront de « l'implication des pesticides dans plusieurs pathologies » et du bonheur « d'avoir du temps pour sa famille, ses amis, son engagement militant ». Introduction à ce qui est encore possible, avant la plongée dans ce qui est indicible et que l'auteur va éclairer de sa lucidité. L'usine des mille vaches dans la Somme, dont le ministre champion de l'agro-écologie a autorisé la construction, est le modèle du futur avec la hargne de son propriétaire, Michel Ramery : « Je vais aller jusqu'au bout ». Il obtiendra la condamnation de Laurent Pinatel, notre porte- parole en lutte pour « choisir l'humain » en agriculture.

Petit détour par les parfums mortels des pesticides, tels les néonicotinoïdes, tueurs en série d'abeilles, qui représentent« 40% du marché mondial des insecticides. » Sans oublier le petit cimetière si tranquille : « L'agro- industrie détruit la nature, mais également les hommes et les femmes de la terre… Tous les deux jours, un agriculteur se suicide. » Et les merveilleux petits villages désertés car « vingt mille emplois disparaissent chaque année dans les fermes de France ».

Mais, malgré toutes les multinationales - qui de Nestlé à Fonterra jusqu'à Sofiprotéol et Monsanto, s'acharnent à sa disparition -, « l'agriculture familiale reste encore la forme la plus présente dans le monde ». Une petite visite à la Pac s'impose, avec le souci d'aider ceux qui en ont le moins besoin car « un tiers des aides profite à 2% d'agriculteurs !» Le libre marché doit emporter toutes les digues protégeant les paysans ; ainsi « seront supprimés les quotas laitiers ».

L‘auteure nous dresse le portrait de la Fnsea, ce faux frère des agriculteurs qui poussera les paysans vers leur perte en les livrant « pieds et poings liés aux industries de la transformation ». Le livre fourmille des mille sujets qui, des agro-carburants que Jean Ziegler qualifie de « cr imes contre l'humanité à cause de leur impact environnemental et social dramatique », à la confiscation des terres, aux semis directs, aux OGM, sont autant d'atteintes à la vie et à la dignité humaine.

Au bout de ce voyage, c'est une véritable feuille de route qu'Aurélie Trouvé nous délivre. Il nous suffit de continuer ces actions de résistance qui sont déjà le quotidien de nos luttes syndicales.

Michel Curade

Parution originale dans Campagnes Solidaires n°304, mars 2015

« Le business est dans le pré », par Aurélie Trouvé, éditions Fayard, Parution : 18/02/2015, 220pages, 135 x 215 mm, 18.00 €

L'agrobusiness

« En 1979, l'année de ma naissance, Margaret Thatcher arrive au pouvoir, Ronald Reagan lui emboîte le pas. A eux deux, ils bousculent les règles de l'économie mondiale et favorisent la prise de pouvoir du monde financier.
Trente-cinq ans plus tard, les paysans, qui représentent près de la moitié des travailleurs dans le monde, sont les grandes victimes de cette évolution. En proie à la constitution d'un grand marché qui met en concurrence déloyale les économies du monde entier, l'agriculture paysanne est touchée de plein fouet, au Nord comme au Sud.
Ces dix dernières années, l'emprise sur les terres s'est renforcée, au détriment de notre alimentation, de nos paysages et de la nature aussi. Une mainmise portée non pas par une vague entité qui plane au-dessus de nos têtes, un « grand capital », une finance diffuse, inatteignable et invincible. Mais une action portée très concrètement par une minorité d'hommes et de femmes détenant la plupart des capitaux et jouissant de privilèges exceptionnels. Ils forment ce qu'on appelle encore l'« agrobusiness », faisant de toutes les activités reliées à l'agriculture et l'alimentation des objets de profits au risque de détruire l'environnement. »

Aurélie Trouvé, dans « Le businnes est dans le pré »

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Livres-Revues
commenter cet article
14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 15:07
Le livre noir des banques

Le mercredi 11 février, Attac et le journal en ligne Basta ! publient le

Livre noir des banques

Ce livre coup de poing est le résultat de plusieurs mois d’enquête. Chiffres et exemples à l’appui, il montre que les banques coûtent cher, très cher, à la société et que la collusion du pouvoir politique avec les lobbies bancaires constitue un obstacle majeur aux réformes et à la sortie de crise. La finance a bien un visage, celui d’une oligarchie bancaire plus que grassement rémunérée, coupable d’un véritable hold-up planétaire…

En 2008, la folie spéculative des banques a provoqué un quasi effondrement du système financier mondial et une crise qui ne cesse, depuis, de s’aggraver.

Sept ans plus tard, où en est-on ?

Le discours officiel, véhiculé par la plupart des médias, est clair : la crise est passée, des réformes salutaires ont été mises en place, les banques vont bien et participent activement au bien-être de la société. Cette vision est contraire à la réalité.

À chacun sa vérité !

Les banques ne coûtent rien à la société ?

Le patronat bancaire affirme que le sauvetage des banques à partir de 2008 n’a rien coûté au contribuable. Faux ! En 2012, la Commission européenne évalue à 4 500 milliards d’euros les fonds publics mis à disposition des banques européennes, soit 37 % du PIB de l’Union européenne ! La France ne fait pas exception. En 2008, l’État mobilise 360 milliards d’euros pour aider les banques nationales. C’est plus que le budget annuel de l’État français ! Les prêts seront finalement remboursés par les banques. Mais trois ans plus tard, la Banque centrale européenne (BCE), via la Banque de France, est contrainte de prendre le relais pour prêter à nouveau aux banques françaises en manque de liquidités, à hauteur de 232 milliards d’euros. Ce qui fait de nos banques nationales les principales bénéficiaires du soutien de la BCE, juste derrière les banques espagnoles et italiennes.

Les banques financent-elles encore l’économie ?

Aujourd’hui en Europe, 10 %, en moyenne, des actifs des banques sont consacrés à des prêts aux entreprises. Et 15 % à des prêts aux ménages. Les 75 % restants se retrouvent surtout en placements sur les marchés financiers : les banques initient les crédits, prennent des commissions, puis transfèrent les risques aux marchés. Ainsi, les banquiers renoncent progressivement à leur fonction principale, qui est de prêter à l’économie et de gérer les risques. Par contre, ils développent leurs activités spéculatives tous azimuts.

L’évasion et la fraude fiscale sont organisées par les banques !

Venant après les révélations du « LuxLeaks » sur l’ampleur de l’évasion fiscale pratiquée par les multinationales, l’affaire HSBC montre ce qui devrait être la priorité d’une vraie réforme fiscale : il n’y a pas qu’en Grèce que les privilégiés ne paient pas d’impôt.

Elle montre aussi le rôle majeur joué par les grandes banques dans la fraude et l’évasion fiscales. Si HSBC ou l’Union des Banques Suisses ont été prises la main dans le sac, les banques françaises participent elles aussi pleinement à ce jeu de l’évasion fiscale. Attac demande depuis plusieurs mois à BNP Paribas (Requin 2014 et Requin 2015) de fermer immédiatement ses 300 filiales dans les paradis fiscaux, à commencer par les îles Caïmans où elle détient pas moins de 15 sociétés.

Le Livre noir des banques, éd. Les Liens qui Libèrent, 2015, 372p à commander

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Livres-Revues
commenter cet article
30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 08:57
Le n° 5 de la revue ATTAC Les Possibles

Les biens communs

La problématique des biens communs entre en contradiction directe avec la marchandisation conduite par le néolibéralisme

Une première série de textes abordent le concept de biens communs, de communs (au pluriel) et de commun (au singulier). Ce sont des textes « scientifiques » incluant de nombreuses références, analyses, critiques d'économistes. Leur lecture nécessite une concentration certaine pour un(e) profane, mais il (elle) peut en tirer profit.

La seconde partie des textes du dossier marie analyse théorique et examen d’exemples de biens communs dont l’importance est stratégique.

Ci-après quelques éléments qui devraient donner envie de se plonger dans ce numéro de la revue en ligne d'ATTAC

https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-5-hiver-2015/

La propiété et les communs

La construction des communs doit se faire contre la propriété ou avec elle ?

Peut on penser la propriété autrement que privée et exclusive, qu’un droit d’exclure fondé sur le droit subjectif et absolu de l’individu ?

Les communs représentent toutes les formes collectives de propriété, des terres d’utilisation collective aux licences dans le domaine des logiciels libres.

La définition alternative de la propiété relève d’un faisceau de droits distribués entre des utilisateurs. La propriété est ainsi décomposée en cinq droits : le droit d’accès, le droit de prélèvement (droit d'usage qui ne s'opposent pas à la propriété), le droit de gestion (réguler les conditions d’utilisation de la ressource), le droit d’exclure (déterminer qui va bénéficier des droits d’usage), le droit d’aliéner (vendre ou céder entièrement ou partiellement l’un ou les deux droits d’exclure et de gestion).

Le faisceau et la nature des droits qui le composent se définissent, se décomposent et se recomposent en fonction des situations, des rapports de force et des époques concernées

Dans cette acceptation, le détenteur de droits peut être un individu, une collective, une communauté

La propriété ne peut se concevoir que comme relative et partagée entre plusieurs acteurs.

Il existe donc plusieurs formes de propriété suivant la distribution des droits.

Le principe du commun, un nouveau droit d'usage

Des luttes révèlent au grand jour (Sivens, Roybon, …) l’opposition fondamentale entre le droit de propriété et le droit du commun. Le droit du commun [« droit du commun » et non « droit commun »] est un droit qui entre aujourd’hui en conflit avec le droit de propriété regardé comme un droit absolu et exclusif.

Le substantif « le commun » désigne un principe politique, la politique étant cette activité qui consiste à prendre part à la délibération, ainsi qu’au jugement et à la décision afin de déterminer collectivement le juste.

Le commun n’est pas un objet pas plus qu’il n’est un bien, mais la relation d’un collectif à une ou plusieurs choses. Le « bien commun » est une manière de désigner le « juste ».

Le droit du commun est un droit d’usage d'un nouveau type. Le droit d'usage consiste souvent dans l’action de se servir d’une chose extérieure à des fins de satisfaction des besoins vitaux de consommation ou de destruction. Pour ce nouveau droit d'usage, il s’agit d’agir ou de se conduire d’une certaine manière avec les autres, si bien que c’est une relation active aux autres, l’usage prend alors le sens de garde, d’entretien et de préservation. Dans le droit du commun, l'usage se rapporte aux communs considérés non comme des choses, mais comme la relation d’un collectif à une ou plusieurs choses.

Le droit du commun est le droit qui est ordonné au principe du commun au sens du principe politique de la co-activité ou de la co-participation. Un tel droit trouve son accomplissement dans la constitution d’un commun politique dont les citoyens sont les « usagers » en tant même qu’ils en sont les co-participants au sens de ceux qui « en usent avec », avec les gouvernants aussi bien que les uns avec les autres, de manière à garder et à préserver ce commun politique dont ils ont collectivement la charge.


Communs, biens communs, domaine public,...

Le (ou les ) communs qu'il soit matériel ou informationnel désigne la « ressource » mise en commun et partagée, le mode d’accès à la ressource et des règles de son partage, le mode de gouvernance de la ressource.

Il n'y a pas de communs sans action collective. Ce qui compte n’est pas le « bien » lui-même mais le système des droits et obligations et de gouvernance de ces droits, auquel il donne lieu (le faisceau de droits). Le commun subvertit le droit de propriété conçu et appliqué comme exclusif, pour en faire du droit partagé, du droit distribué.

À côté des communs, il existe différentes types de ressources matérielles (eau, air, océans...) ou immatérielles (connaissance, santé...) pour lesquelles il n'y a pas de gouvernance. Ils se nomment biens communs (jouissance partagée mais non protégée).

Des communautés luttent pour donner à ces biens communs un statut de commun et assurer le statut public. Dans d'autres cas, elles ménent des actions de vigilance sur le bien, par de l’action publique ; ou ce peut être le statut « administratif » de bien public qu’il faudra conserver (et souvent rénover) pour garantir l'accès le plus large et le respect du principe d’équité.


Les textes de la deuxième partie abordent les questions :

- de la connaissance. L’internet est devenu un bien commun universel Contre la propriété intellectuelle se développent des mouvements sociaux du numérique, dont l’enjeu est véritablement la prise de pouvoir (empowerment) démocratique sur les logiciels et tous les instruments de la connaissance partagée. L’« en-commun » de la connaissance est une réponse face à la dérive néolibérale de ladite « économie de la connaissance ».

- de l'accès à l'eau potable dans des contextes d’Afrique de l’Ouest . Ce cas met en exergue la question de la participation qui est imbriquée avec la conception des biens communs que se font les populations le principe d’équité peut se heurter à des modes communautaires de gestion, le risque d’exclusion n’étant pas toujours écarté.

- des comités de l’eau du sud de Cochabamba, en Bolivie, qui « réinventent les traditions d’autonomie » face à un État très centralisé, lesquelles remontent au temps des Incas. Après une période où le service de l’eau avait été vendu à une multinationale, la lutte des comités a permis de le récupérer. Les expériences autogérées de ce type s’étendent maintenant à beaucoup d’autres activités sociales.

- du prix de l’eau en France qui est souvent un instrument d’exclusion. Il peut varier de 1 à 10 selon le lieu. Trop souvent, le service de l’eau est marqué par l’opacité. Mais il se dessine une tendance en faveur d’une remunicipalisation du service et de la réhabilitation des régies publiques.


https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-5-hiver-2015/

Repost 0
Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Livres-Revues
commenter cet article
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 06:50

La richesse, la valeur et l'inestimableLa richesse est le trou noir de ladite science économique. Se réduit-elle à la valeur économique des marchandises produites par le capitalisme ? Pour sortir de la crise du capitalisme mondial, inédite par son ampleur et par son double caractère social et écologique, faut-il procéder à une fuite en avant productiviste ? La théorie économique dominante ne sait pas répondre à ces questions parce qu’elle assimile la valeur d’usage à la valeur d’échange, parce qu’elle postule que l’accumulation infinie du capital est porteuse de bien-être et parce qu’elle est persuadée que les forces libres du marché conduisent à l’optimum et l’équilibre pour la société.

Ce livre propose une critique sociale et écologique de l’économie capitaliste contemporaine en effectuant un retour sur l’économie politique, d’Aristote à Smith et Ricardo, et sur sa critique radicale accomplie par Marx : le travail est le seul créateur de valeur économique, et cette valeur acquiert une reconnaissance sociale à travers l’échange monétaire, que celui-ci soit marchand ou non marchand. Il s’ensuit que le travail effectué dans les services collectifs non marchands est éminemment productif, définissant un premier champ de la richesse autre que marchande. Mais ce dernier n’est pas le seul : s’ajoutent aussi celui des richesses naturelles et celui qui concerne toutes les formes non monétaires de la socialité.

On comprend alors la stratégie néolibérale consistant à repousser toujours plus loin les frontières qui séparent le monétaire du non-monétaire et le marchand du non-marchand pour agrandir constamment les premiers termes de ces deux binômes. Services publics, protection sociale, ressources naturelles, connaissances sont voués à sortir de l’espace du bien commun, utilisé à des fins non lucratives, pour entrer dans celui de la valorisation du capital. Toutes les instances internationales s’activent aujourd’hui pour donner un prix à la nature, aux services qu’elle rend, non pas pour mieux protéger celle-ci et pérenniser ceux-là, mais pour les faire entrer dans l’orbite du calcul économique de la rentabilité. De la même manière, ces institutions se sont emparées du thème de la définition de nouveaux indicateurs de richesse, afin d’additionner ce qui n’est pas additionnable, ignorant que tout ne relève pas de l’économique, poussant même jusqu’à réduire au même dénominateur valeur économique et valeurs éthiques.

Ainsi, la richesse ne se réduit pas à la valeur, la valeur d’usage ne se réduit pas à la valeur d’échange. Et ce qui est mesurable monétairement ne couvre pas ce qui est inestimable : sur notre planète et dans la vie des sociétés, il existe des registres incommensurables entre eux. La prétention de l’économie dominante est de penser pouvoir les agréger. L’ambition de ce livre est de refonder une critique théorique pour contribuer à réduire l’emprise de la création de valeur destinée au capital, à promouvoir celle qui est sans but lucratif pour répondre à des besoins sociaux, et à respecter les équilibres naturels qui sont sources de richesses indispensables à la vie. Là où le domaine du marchand se termine commencent celui du non-marchand et celui de la gratuité. Là où le travail productif aliéné recule s’ouvre la possibilité d’un travail productif de richesse collective.

Jean-Marie Harribey
La richesse, la valeur et l'inestimable . Fondements d'une critique socio-écologique de l'économie capitaliste
Date de parution : 27-03-2013
ISBN : 979-10-209-0038-8, 544 pages, 28 €.

J.-M.Harribey-3.jpgJean-Marie Harribey est Maître de Conférences en sciences économiques à l'Université Montesquieu-Bordeaux IV, Groupe de Recherche en Economie Théorique et Appliquée (GRETHA, UMR CNRS 5113), Docteur habilité à diriger des recherches en sciences économiques, membre du conseil scientifique d'ATTAC et ancien président d'ATTAC France de 2006 à 2009. Co-président des Économistes atterrés et membre de la Fondation Copernic. Il a déjà publié notamment L’économie économe (L’Harmattan, 1997), La démence sénile du capital (Le Passant ordinaire, 2002), Raconte-moi la crise (Le Bord de l’eau, 2009).

Repost 0
Published by L.L.L. + M.E. - dans Livres-Revues
commenter cet article
8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 10:14

Made-in-Germany.jpgQue ne lit-on et n’entend-on pas en France sur le modèle allemand ? On fait en particulier très régulièrement l’éloge de la rigueur budgétaire allemande, et de la capacité de nos voisins à accepter de lourds sacrifices pour restaurer la compétitivité de leur industrie.

Or, explique Guillaume Duval, ce ne sont pas là les véritables raisons des succès actuels de l’économie allemande. Cette réussite est due surtout aux points forts traditionnels du pays : un système de relations sociales très structuré, un monde du travail où le diplôme ne fait pas tout, un pays où l’entreprise n’appartient pas aux actionnaires, une forte spécialisation dans les biens d’équipement et les technologies vertes, une longue tradition de décentralisation qui permet de disposer partout d’un capital financier, culturel, social, humain suffisant pour innover et entreprendre, etc. Au cours de la dernière décennie, le boom des pays émergents a permis à l’industrie allemande de profiter pleinement de ces atouts.

Au contraire, la profonde remise en cause de l’État social, menée au début des années 2000 par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, a probablement fragilisé le modèle allemand : le développement spectaculaire de la pauvreté et des inégalités menace son avenir.

On l’aura compris, ce qu’il faudrait copier ce sont plutôt les caractéristiques traditionnelles du modèle allemand que les réformes récentes qui y ont été apportées. Il n’est cependant jamais aisé de transposer les éléments d’un modèle national lié à une histoire particulière. Une meilleure compréhension de la société et de l’économie allemandes par les Français est en revanche indispensable pour réussir à imaginer ensemble un avenir pour l’Europe.


Guillaume Duval est rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques. Ingénieur de formation, il a travaillé pendant plusieurs années dans l’industrie allemande. Il est l’auteur de Sommes-nous des paresseux ? 30 autres questions sur la France et les Français (Le Seuil, 2008) et de La France d’après. Rebondir après la crise (Les Petits Matins, 2011).

Repost 0
Published by Le Seuil - dans Livres-Revues
commenter cet article

La médiathèque d'Attac

Une rubrique sur les lectures, films, musiques qui ont marqués les militants d'Attac Villeneuve d'Ascq

Thèmes