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Qui Sommes-Nous ?

  • : Le site de Attac Villeneuve d'Ascq
  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
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Gilets jaunes, les raisons de la colère samedi 16 mars 2019

Économie, Social, Environnement, Anthropologie, .....       Et fin du Capitalisme!  invité Paul Jorion 16 février 2019

Deux mobilisations contre le réchauffement climatique et pour l'amélioration de la qualité de la vie en villePARC et la friche Saint-Sauveur et Le collectif transports publics gratuits en métropole lilloise. 19 janvier 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 08:23
Nous marcherons ensemble - pour un printemps climatique et social

Tribune 13 mars 2019

Dans une tribune publiée ce matin sur le site de France inter, Attac, le CRID, la CGT, le comité vérité et justice pour Adama, France nature environnement, Oxfam, et des dizaines d’autres associations, syndicats et ONG, appellent à « marcher ensemble pour un printemps climatique et social » le 16 mars et à réaliser un #ActeCommun à 15h.

Le 16 mars, nous serons dans la rue, à l’appel de centaines d’organisations associatives et syndicales, de mouvements citoyens, de gilets jaunes. Que l’on marche pour le climat, pour la justice sociale ou contre les violences policières et contre tous les racismes qui gangrènent la société et les institutions, nous marcherons ensemble. Nous dénoncerons les effets d’un capitalisme financier qui fait exploser les inégalités sociales et qui exploite toujours plus la nature, sans tenir compte des désastres écologiques engendrés. Nous dénoncerons toutes les formes de discriminations, les agissements des multinationales, des banques, des institutions financières et la politique du gouvernement, qui favorise ce système tout en dénigrant et en réprimant les mouvements qui s’y opposent. Nous y porterons l’espoir d’une société égalitaire, respectueuse de la dignité des personnes et de notre environnement, basée sur la coopération, la solidarité et le partage, prenant le contrepied de notre système actuel.

Les personnes, les mouvements, les organisations qui luttent dans ce sens sont incessamment réprimés et violentés, parfois tués. La norme semble inversée : celles et ceux qui défendent l’intérêt général sont traités comme des criminels. Depuis le début des manifestations des gilets jaunes, ces violences ont notamment fait des milliers de blessé.e-s, dont certain.e.s gravement, plus de 20 mutilé.e.s et un décès. D’une manière générale, nous exigeons vérité et justice pour toutes les victimes de violences policières et nous opposons à l’usage de techniques d’immobilisation et des armes mortelles utilisées par la police. Nous dénonçons la loi « anticasseurs », qui s’attaque au droit de manifester. Ces violences s’ajoutent à celle de l’État, exercée contre toute une partie de sa population, contre les plus pauvres, contre les personnes racisé.e.s, contre les migrant.e.s, chassé.e.s et traité.e.s dans des conditions indignes. Dans un contexte où le racisme progresse, nous nous soulevons contre toutes les formes de discriminations qui privent leurs victimes de leurs droits à l’embauche, au logement, à la santé, à l’éducation.

Malgré toute cette violence subie, nous ne nous tairons pas. La situation dans le monde ne fait que se dégrader. La multiplication d’événements climatiques extrêmes le montre : il y a urgence à combattre le réchauffement climatique et le contenir en deçà de 1,5°C, comme le propose le dernier rapport des experts du climat, le GIEC. Il s’agit de diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, alors qu’elles sont reparties à la hausse (+3,2% en France en 2017) du fait de politiques climaticides menés par les gouvernements, dont celui de la France. Nous voulons un gouvernement qui stoppe ces politiques et prenne des mesures fortes en faveur du climat.

Le mouvement des gilets jaunes met quant à lui dans le débat public l’état de notre démocratie et l’ensemble de la politique sociale et fiscale du gouvernement. Aux fins de mois de plus en plus difficiles d’une majorité de la population et alors que l’évasion fiscale n’a jamais été aussi importante, accéder à l’emploi, à une éducation décente, à un logement salubre, aux services de santé, à une alimentation saine…relève déjà de l’impossible pour beaucoup. Or, le gouvernement ne répond pas à ces colères. Pendant qu’il prétend mener un grand débat, il poursuit sa politique néolibérale.

Pour garantir à chacun.e une existence digne, il faut rompre avec cette politique pour partager les richesses, tout en répondant aux impératifs écologiques : faire payer d’abord les plus grands pollueurs, restaurer des services publics et commerces de proximité, financer massivement les transports en commun quotidiens et la rénovation et l’isolation des logements, cesser les accords de libre-échange et relocaliser les activités, … Il faut dans le même temps respecter le principe de l’égalité dans l’accès aux droits et mettre en place une politique de liberté de circulation et d’installation. Ces alternatives et bien d’autres sont à la fois justes socialement et efficaces écologiquement. Fin du monde et fin du mois relèvent du même combat.

Nous marcherons donc ensemble, parce que nos combats sont les mêmes et que nous pointons les mêmes responsables. Samedi 16 mars à 15h, dans tous les rassemblements qui auront lieu partout en France, le même geste symbolique montrera que nos mobilisations ne s’opposent pas et ne nous divisent pas, bien au contraire.

Premiers signataires :
  • > Birthe Pedersen, Présidente d’Action-Aid Peuples Solidaires,

  • > Nacer El Idrissi, Association des travailleurs maghrébins de France,

  • > Yveline Nicolas, coordinatrice de l’Association Adéquations,

  • > Aurélie Trouvé, Porte-parole d’Attac France,

  • > Sabine Rosset, Directrice Générale de BLOOM,

  • > Ibrahim MBAMOKO, Secrétaire executif de Carre Geo & Environnement France,

  • > Benoit Faucheux, Délégué Général du CCFD-Terre Solidaire,

  • > Jean Claude Olliva, Directeur de la Coordination Eau Île-de-France,

  • > Coalition internationale des Sans-Papiers et Migrant-e-s, intégration 21

  • > Sissoko Anzoumane pour la Coalition internationale des Sans-Papiers et Migrant-e-s 75,

  • > Philippe Martinez, Secrétaire général de la CGT,

  • > Youcef Brakni et Assa Traoré pour le Comité vérité et justice pour Adama,

  • > Omar Slaouti pour le Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri,

  • > Collectif Enseignants pour la Planète

  • > Georges Lemee, Président du Collectif Sarthois "Pour une Terre plus Humaine”,

  • > Ramata Dieng pour le Collectif Vies volées, Collectif Vérité et Justice pour Lamine Dieng,

  • > Emmanuel Poilane, Président du CRID,

  • > Jean-Baptiste Eyraud, Porte-parole du Droit au logement,

  • > Ende Gelande France

  • > Michel Dubromel, Président de France Nature Environnement,

  • > Said Bouamama pour le Front Uni des immigrations et des quartiers populaires,

  • > Janette Habel pour la Fondation Copernic,

  • > Yacine AIT KACI, Vice-Président de la Fondation ELYX,

  • > Jérémie Chomette, Délégué Général de France Libertés,

  • > Elliot Lepers, Directeur Général de l’ONG Le Mouvement, > Malik Salemcourt, Président de la Ligue des droits de l’homme,

  • > Jean-François Quantin, Co-président du MRAP - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples,

  • > Clotilde Bato, Présidente de Notre affaire à tous,

  • > Cécile Duflot, Déléguée Générale d’Oxfam France,

  • > Jean-Louis Marolleau, Secrétaire Exécutif du Réseau Foi et Justice Afrique Europe,

  • > Sandra Cossart, Directrice de Sherpa,

  • > Jacques Godard co-président de SOL, Alternatives Agroécologiques et solidaires,

  • > Kevin Jean, Président de Sciences Citoyennes,

  • > Eric Beynel, Porte-parole de l’Union syndicale Solidaires,

  • > Denis Godart pour Zone de solidarité populaire, Paris 18e,

  • > Olivier Dubuquoy pour ZEA,

  • > Clémence Dubois, Porte-parole de 350.org,

 

 

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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 15:35

Transparence dans l'utilisation de l'épargne populaire en matière énergétique

 

Dans le cadre de la campagne #PasAvecNotreArgent dénonçant les investissements toxiques des acteurs financiers dans les énergies fossiles, nous avons mené depuis mi octobre, en association avec 350.org, des actions pour que l’argent collecté sur les 24 millions de livrets de développement durable et solidaire (LDDS) ne serve plus à détruire le climat.

Cette campagne LDDS a reçu un écho favorable auprès de député·e·s qui ont rédigé une proposition de loi en faveur de la transparence sur l’utilisation de l’épargne populaire en matière énergétique.

Il s’agit d’une victoire symbolique pour la campagne, car nos propositions arrivent à l’Assemblée. Mais nous voulons maintenant obtenir une victoire concrète et faire en sorte que cette proposition de loi soit adoptée !

Cette loi sera mise au vote à l’Assemblée Nationale le jeudi 7 mars.

Le Parlement examinera une proposition de loi en faveur de la transparence dans l’utilisation de l’épargne populaire en matière énergétique, présentée par Elsa Faucillon et soutenue par de nombreux parlementaires. Cette proposition de loi traduit dans les faits une dynamique déjà à l’œuvre, et nous vous demandons de la voter.

Près de 10 000 personnes ont d'ores et déjà interpellé la commission des finances en amont de son examen le 20 février. Celle-ci a toutefois exprimé un avis défavorable, notamment à travers la voix de Bénédicte Peyrol pour LREM, qui s'est justifiée en disant qu'il était urgent d'attendre, et qu'il fallait veiller à "préserver les intérêts des particuliers dans cette transition (énergétique et sociale)"

Pourtant, la transparence sur l'utilisation de cet argent représente un enjeu démocratique majeur, et ne représente qu'un point d'étape. Soutenue par de nombreux acteurs de la société civile, cette proposition de loi demande que les sommes versées par les épargnants sur les livrets dont les dépôts sont centralisés dans le fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts et Consignations ne puissent être utilisés pour le financement des combustibles fossiles. Il devrait en être de même pour le reste de l'épargne géré par les banques, et nous vous demandons de soutenir les améliorations de la proposition de loi allant en ce sens.

Les conclusions du dernier rapport du GIEC sont sans appel, nous devons impérativement fermer des champs de charbon, de pétrole ou de gaz déjà en exploitation : continuer à financer l’expansion de l’industrie fossile ne préserve que les intérêts de celle-ci.

L’Assemblée Nationale qui avait adopté, le 25 novembre 2015, une résolution pour une société bas carbone, dans laquelle elle «encourage les investisseurs institutionnels, les entreprises, notamment celles dont l’État est actionnaire, et les collectivités territoriales à cesser d’investir dans les énergies fossiles» a pris suffisamment de retard.

Le désinvestissement des combustibles fossiles s’impose aussi comme une réponse économique nécessaire, car il permettra de dégager les ressources qui sont indispensables à la transition. Chaque euro de l’épargne populaire devrait être investi en faveur de la mobilité durable, de la rénovation énergétique des bâtiments des logements, dans l’économie sociale et solidaire, ou le déploiement des énergies renouvelables gérées démocratiquement. Pourtant, seule une partie infime de l’argent des 24 millions de Livret Développement Durable et Solidaire est réellement affectée au financement de la transition. Le ministre Bruno Le Maire a lui-même reconnu publiquement qu’il y a « tromperie » à ce sujet et a appelé à deux reprises à y mettre un terme.

Cette proposition de loi ne s'attaque qu'à une partie des investissements publics en faveur des fossiles, vous devez vous assurer qu'elle soit soutenue et renforcée. Le jour du vote, un large rassemblement aura lieu devant l'Assemblée Nationale pour vous rappeler le choix auquel vous faites face : soutenir les citoyens et citoyennes que vous représentez, ou les intérêts de l'industrie fossile qui nous empêche de construire un futur possible.

Face à l'urgence climatique, chaque renoncement politique se traduit de facto par des souffrances indicibles de millions de personnes dans le monde entier, à commencer par les plus pauvres et les plus faibles.

Interpellez dès aujourd’hui l’ensemble des député·e·s en leur demandant de voter en faveur de cette loi.

 

 

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 17:30

 

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5 décembre 2018 3 05 /12 /décembre /2018 15:24

Pas de justice climatique sans justice sociale - Pas de justice sociale sans transition écologique

La COP24 s’est ouverte en Pologne ce 3 décembre 2018. Alors que 2018 est la 4e année la plus chaude jamais enregistrée, les représentant·e·s des États réunis en Pologne pour le sommet international sur le climat nous préparent une hausse du climat de plus de 3,5 ° avant la fin du siècle

Le gouvernement vient de réduire son ambition en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, prévoyant d’augmenter les émissions de CO2 de 6% de plus que les objectifs annoncés sur les cinq prochaines années.

Où est donc l’ambition climatique, pourtant assénée régulièrement ces dernières semaines pour justifier une fiscalité carbone inefficace et injuste ? Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de basculer les hausses de la taxe carbone sur les sites industriels les plus polluants du pays et qui en sont aujourd’hui largement exonérés ?
Le réchauffement climatique, c’est ici et maintenant !

Après les marches de septembre et octobre, sonnons l’alarme climatique le 8 décembre 

Nos colères sont multiples : 

Le gouvernement ne prend pas la mesure de l’urgence sociale et écologique

Depuis plusieurs semaines, un profond sentiment d’injustice s’exprime dans tout le pays à travers le mouvement des « gilets jaunes ». Là où un changement de cap était attendu, l’exécutif ne propose que des suspensions temporaires de mesures impopulaires qui ne résoudront ni la situation des plus fragiles ni n’agiront efficacement face à l’urgence climatique. Là où des décisions fortes et courageuses étaient nécessaires pour réduire les inégalités, améliorer la situation des plus pauvres et plus précaires tout en donnant plus d’ambition à une politique écologique qui en manque cruellement, l’exécutif se limite à reporter toutes les décisions importantes après les élections européennes, comme s’il était possible d’enjamber la situation présente et ignorer la réalité du quotidien de nos concitoyens.

Le refus de donner un coup de pouce au SMIC ou d’augmenter les minima sociaux est une gifle assénée à toutes celles et tous ceux qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois. La majorité En Marche a fait de même envers les retraités ce lundi en votant sans sourciller le projet de loi de financement de la sécurité sociale et donc en écartant toute possibilité d’indexer à nouveau les pensions de retraite sur l’inflation. L’exécutif n’a clairement pas pris la mesure de la colère sociale qui s’exprime dans le pays.
La politique d’Emmanuel Macron ne répond ni à la colère des gilets jaunes ni à l’appel urgent des citoyens pour une politique climatique à la hauteur de l’urgence !
Injuste sur le plan social, sa politique ne s’en prend pas aux premiers responsables des changements climatiques : les banques qui financent les industries fossiles, les multinationales qui poursuivent l’exploitation des terres et des ressources, l’agrobusiness qui détruit les sols, les compagnies de transport qui mettent toujours plus de marchandises sur les routes…

Les gilets jaunes expriment, avant tout, les difficultés de vivre et pointent l’hypocrisie gouvernementale : en 2019, sur les 37 milliards de recettes des taxes sur les carburants seuls 7 milliards d’euros seront affectés à la transition écologique. Cette politique économique et fiscale est profondément inégalitaire et injuste.

A court terme une mesure permettrait de répondre aux enjeux climatiques et sociaux, Attac propose

  • un basculement de la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes, jusqu’ici largement exonérées de toute fiscalité carbone contraignante,
  • un moratoire sur toute nouvelle augmentation de la fiscalité carbone en direction des ménages, artisans et petites entreprises.
 

Attac appelle aux mobilisations du 8 décembre pour :

• faire basculer les financements qui contribuent au réchauffement climatique dans le financement de la transition (sobriété énergétique et production d’énergie renouvelable) ;
• augmenter les mécanismes d’aide pour les ménages modestes et rénover les logements pour supprimer toutes les passoires thermiques ;
• soutenir le développement d’une agriculture locale et biologique ;
• renforcer les services publics et les commerces de proximité ;
• favoriser la création massive d’emplois liés à la transition
• développer les réseaux de transports en commun sur tout le territoire
• encourager le transport ferroviaire et les mobilités non polluantes
• en finir avec les accords de libre-échange qui ne sont pas climato-compatibles

Financer ce changement de cap, c’est possible !

• en mettant en place des taxes dissuasives sur les premiers responsables du changement climatique : les multinationales pétrolières, gazières et les banques qui les financent ;
• en stoppant le financement des fausses solutions ( nucléaire ou géo-ingénierie) ;
• en taxant fortement les transports aériens et maritimes ;
• en stoppant le développement de nouvelles zones commerciales et de grands projets inutiles et imposés ;
• en réduisant le pouvoir de la finance via une taxe sur toutes les transactions financières ;
• en rétablissant l’ISF et en récupérant l’argent détourné par les évadés fiscaux.


 

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 09:30
Allocution d’Emmanuel Macron : Aucune « décision structurante et historique » pour la transition écologique et sociale !

Les « décisions structurantes et historiques » qu’Emmanuel Macron avaient annoncées ont fait long feu. Emmanuel Macron confirme sa politique économique et fiscale profondément inégalitaire et injuste, tout en refusant de changer de braquet en matière de transition énergétique. Ce qui devrait être fait aujourd’hui est repoussé à plus tard, sans que rien ne soit proposé pour répondre de façon structurelle au caractère injuste et inefficace d’une fiscalité carbone dont les entreprises les plus polluantes sont largement exonérées, comme le montre la note  

Le 16 octobre dernier, lors d’une allocution télévisée, Emmanuel Macron avait affirmé vouloir prendre rapidement des « décisions structurantes et historiques » en matière de transition énergétique et de lutte contre les dérèglements climatiques. Aucune des annonces rendues publiques par Emmanuel Macron et François de Rugy ce 27 novembre lors de la présentation des grandes lignes de la Programmation pluriannuelle de l’énergie ne peut malheureusement être qualifiée ainsi, l’exécutif préférant annoncer un changement dans la « méthode de travail » plutôt que prendre les décisions courageuses et visionnaires dont nous avons urgemment besoin.

Alors que les scientifiques ne cessent de répéter qu’il faut changer de cap aussi rapidement que possible, Emmanuel Macron a tenu à affirmer qu’il n’allait pas modifier le sien. Pour la nième fois, le Président de la République a annoncé la fermeture des trois dernières centrales à charbon du pays, qui ne représentent pourtant que 2,3 % de la capacité de production électrique installée (3000 MW) et à peine 1,4 % de l’énergie produite : les fermer ne pose aucun problème technique, l’enjeu est limité et la réduction des émissions attendue est assez faible.

« Nous devons sortir des énergies fossiles » claironne Emmanuel Macron, oubliant de rappeler que son gouvernement a autorisé la multinationale Total à forer au large de la Guyane pour trouver de nouveaux gisements de pétrole, qu’il a mis en œuvre le CETA qui n’est pas climato-compatible et qui favorise l’importation d’hydrocarbures, qu’il vient de confirmer la construction de sept nouvelles autoroutes dont le très contesté contournement ouest de Strasbourg et qu’il refuse de taxer le kérosène et le fioul lourd. On ne peut que regretter qu’aucune annonce relève l’ambition de la France en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, ce que l’installation d’un haut conseil pour le climat – qui va contribuer à gaspiller le temps disponible – ne saurait masquer.

En matière de transition énergétique et de réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique du pays, Emmanuel Macron se contente, pour l’essentiel, de repousser à plus tard ce qui devrait être fait maintenant : hormis Fessenheim, il n’aura pas à gérer la fermeture de centrales nucléaires pourtant vieillissantes dans le cadre de ce quinquennat et, comme chacun sait, ce qui est remis au quinquennat suivant est donc rendu très hypothétique. Il en découle de grandes incertitudes sur la capacité de l’État à tenir ses engagements en matière de déploiement des énergies renouvelables qui nécessite une forte réduction de la place du nucléaire dans le mix électrique.

Il est par ailleurs étonnant d’entendre Emmanuel Macron affirmer vouloir donner plus d’ambition à l’isolation des bâtiments existants quand sa propre loi de finance 2019 prévoit de priver l’Agence nationale de l’habitat de 130 millions d’euros de budget. Là où l’Anah devait recevoir 550 millions d’euros issus de la mise aux enchères des quotas de carbone, le gouvernement propose de réduire ce montant à 420 millions d’euros et de récupérer le restant pour financer le budget général et, donc, financer une politique fiscale favorable aux riches et au capital.

Enfin, Emmanuel Macron était attendu sur le dossier de la fiscalité carbone et de l’injustice sociale qui découle de l’application de la taxe carbone sur les carburants. Plutôt qu’apporter des réponses structurelles et des alternatives au tout-voiture et à l’étalement urbain, comme le rapprochement des services publics, la relocalisation des activités et le développement massif des transports en commun et mobilités douces, le Président de la République s’est contenté de proposer, sans la détailler, une mesure, une « taxe flottante » qui a fait la preuve de son inefficacité dans un passé récent.

Rien qui ne permette de répondre à la colère populaire exprimée par le « mouvement des gilets jaunes » et aux critiques suscitées par l’application d’une taxe carbone injuste sur le plan social, inefficace pour réduire les consommations à court-terme et épargnant le mode de vie extrêmement polluant des plus riches. Dans une note publiée ce jour, Attac France propose ainsi un basculement de la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes, jusqu’ici largement exonérées de toute fiscalité carbone efficace et contraignante, et, a minima un moratoire sur toute nouvelle augmentation de la fiscalité carbone en direction des ménages, artisans et petites entreprises. Le temps que soit mise en œuvre une politique fiscale redistributive permettant de réduire les inégalités, réduire l’empreinte écologique des plus riches et des entreprises les plus polluantes et développer les alternatives au tout-voiture et à l’étalement urbain.

ATTAC France le 27 novembre 2018

 

 

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 17:38

Le changement climatique n’est ni pour demain ni pour après-demain, ses conséquences se font déjà sentir ici et maintenant. Combiné avec l’effondrement dramatique de la biodiversité et la multiplication des pollutions, il est un défi majeur alors que des points de rupture potentiellement irréversibles sont déjà ou seront bientôt franchis.

Des manifestations ont eu lieu dans toute la France les 8 septembre et 13 octobre derniers, à l’appel de citoyen·ne·s, réseaux, mouvements, ou associations. Une nouvelle journée de manifestation aura lieu le samedi 8 décembre. Plus de 130 événements sont déjà répertoriés en France et l’étranger sur cette page d’un trop célèbre réseau social.

 

Cette mobilisation se prépare dans un contexte national particulier : la mobilisation des « gilets jaunes » contre l’augmentation des taxes sur le carburant et plus globalement contre la politique du gouvernement Macron, les injustices fiscales et leurs conséquences sur le pouvoir d’achat. Les gilets jaunes expriment, avant tout, les difficultés de vivre quand se cumulent les coûts croissants du transport pour toutes celles et ceux contraints de prendre leur voiture pour travailler ou accéder aux services publics, la hausse du prix du gaz, la baisse des aides au logement, l’augmentation de la CSG ou la baisse des pensions des retraité·e·s. Ils pointent également l’hypocrisie gouvernementale : en 2019, sur les 37 milliards de recettes des taxes sur les carburants seuls un peu plus de 7 milliards d’euros seront affectés à la transition écologique.

Cette mobilisation se prépare aussi dans un contexte international particulier puisqu’au même moment aura lieu la COP24 (24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques), organisée cette fois-ci en Pologne. Cette COP sera l’occasion de faire un triste bilan des engagements climatiques nationaux pris lors de la COP 21 à Paris : 

pas assez ambitieuses, trop lentes à se mettre en œuvre, pas financées, les politiques climatiques ne sont pas à la hauteur des enjeux.

La société civile doit sonner l’alarme climatique pour dénoncer le dramatique retard pris par les États pour contenir le réchauffement climatique. Elle doit faire pression sur les gouvernements pour qu’une transition juste pour les peuples et la planète soit enfin mise en œuvre.

Pour ATTAC, le 8 décembre marque aussi une nouvelle étape de la campagne #PasAvecNotreArgent : nous souhaitons mener des dizaines d’actions de désobéissance civile partout en France pendant la COP 24 pour exiger que l’argent du livret de développement durable et solidaire (LDDS) ne puisse plus contribuer à la destruction de la planète et à l’aggravation du réchauffement climatique. Localement, il est possible d’imaginer des liens entre ces actions et les marches climat, par exemple en faisant sonner l’alarme climatique devant nos cibles : Caisse des dépôts et consignations, les banques climaticides comme BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole ou HSBC (téléchargez le kit ressources pour mener des actions LDDS.

 

ATTAC appelle aux mobilisations du 8 décembre et propose un véritable changement de cap pour être à la hauteur des enjeux sociaux et climatiques auxquels nous sommes confronté·e·s :

  • faire basculer les financements qui contribuent au réchauffement climatique dans le financement de la transition, notamment les politiques de sobriété énergétique et la production d’énergie renouvelable ;

  • augmenter les mécanismes d’aide pour les ménages modestes et rénover les logements pour supprimer toutes les passoires thermiques ;

  • accélérer la transition dans les territoires en soutenant les collectivités locales et en encourageant les initiatives citoyennes ;

  • soutenir le développement d’une agriculture locale et biologique ;

  • renforcer les services publics et les commerces de proximité ;

  • favoriser la création d’emplois liés à la transition et accompagner les mutations professionnelles dans les industries qui devront nécessairement décroître (pétrolière, chimiques, nucléaires...) ;

  • développer les réseaux de transports en commun sur tout le territoire : plus propres, plus denses, moins chers ;

  • encourager le transport ferroviaire (pour le transport de marchandises et de passagers) et les nouvelles mobilités : vélo, covoiturage, vélopartage, autopartage... ;

  • en finir avec les accords de libre-échange qui ne sont pas climato-compatibles (CETA, TAFTA, Jefta...).

  • arrêter les coups de rabots injustes sur les retraites ou les aides au logement.

Financer ce changement de cap, c’est possible !

  • en régulant strictement, y compris par de lourdes taxes dissuasives, les premiers responsables du changement climatique, les multinationales pétrolières, gazières et les banques qui financent encore les énergies fossiles ;

  • en stoppant le financement des fausses solutions comme le nucléaire ou la géo-ingénierie ;

  • en faisant contribuer les transports aériens et maritimes à la lutte contre la pollution via une taxe sur leurs combustibles et un durcissement des normes anti-pollution sur leurs carburants ;

  • en arrêtant d’encourager le développement de nouvelles zones commerciales et de grands projets inutiles et imposés ;

  • en réduisant le pouvoir de la finance via une taxe sur toutes les transactions financières ;

  • en rétablissant l’ISF et en récupérant l’argent détourné par les évadés fiscaux.

Rendez vous à Lille 15 heures Porte de Paris, le 8 décembre

 

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 10:40

L’épargne du LDDS ne doit plus servir à financer les dérèglements climatiques.

Deux jours après la publication du rapport du GIEC, début octobre, Attac France et 350.org lancent une seconde phase de la campagne #PasAvecNotreArgent avec notamment une pétition et un outil d’interpellation. Son objectif : faire en sorte que les 106 milliards d’euros collectés sur les 23,9 millions de livrets de développement durable et solidaire (LDDS) ne servent plus à financer des projets de soutien aux énergies fossiles et aux industries toxiques.

La campagne cible la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui centralise 60% des fonds du LDDS, afin qu’elle désinvestisse des énergies fossiles. C’est aussi une manière de cibler le gouvernement, qui contrôle à 100 % la CDC. Des actions seront également menées contre les grandes banques qui commercialisent le LDDS et qui gardent 40 % de la collecte du livret, car il est aujourd’hui impossible de s’assurer qu’elles ne se servent pas de cet argent pour financer des industries toxiques.

Pour Clémence Dubois, chargée de campagne de l’ONG 350.org : « Notre premier objectif est d’obtenir du livret de développement durable et solidaire (LDDS) qu’il serve uniquement à financer des projets réellement durables et solidaires. Pour ce faire nous demandons à ce que les 200 entreprises responsables de 90% des émissions de gaz à effet de serre, cause majeure des dérèglements climatiques, soient exclues, par une réglementation stricte et contraignante, des portefeuilles financés par l’épargne du LDDS ».  Pas avec mon argent ! Mon livret de développement durable et solidaire ne doit plus financer les énergies fossiles  sera notre mot d’ordre. »

Pour Raphaël Pradeau porte-parole d’Attac France : « Après la publication du rapport alarmant du GIEC ce 8 octobre, l’heure n’est plus aux petits pas ou aux plans de communication. Il est urgent de sortir des sommes colossales des énergies fossiles pour les réorienter vers le financement de la transition écologique et sociale. Cette campagne vise à obtenir de la CDC et des grandes banques qu’elles ne fassent plus n’importe quoi avec notre argent. »

Depuis début octobre, la campagne a pris un bon départ, avec notamment :

Attac et 350.org vont proposer des modèles de courrier à adresser aux banques et à la CDC pour exiger des garanties sur ce qu’elles font avec l’argent du LDDS. Ce courrier comportera un ultimatum : si nous n’avons pas de réponse satisfaisante avant le début de la COP 24, nous mènerons des actions de désobéissance civile.

Rendez vous pour des actions entre le 3 et le 14 décembre, et dans ce cadre

le samedi 8 décembre : Faisons sonner l’alarme climatique

Samedi 8 décembre, pendant la COP 24, aura lieu dans de nombreuses villes de France et du monde des marches pour le climat, avec pour mot d’ordre « #Climatealarm Sonnons l’alarme climatique  ». Attac a décidé de s’associer pleinement à cette initiative, dont le succès permettra de poursuivre la dynamique citoyenne entamée lors des marches pour le climat des 8 septembre et 13 octobre dernier.

ATTAC France
 

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11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 08:20

 

Le 13 octobre, amplifions la mobilisation !

Ensemble à nos mairies, ensemble à la préfecture pour le climat !

Le 8 octobre, un nouveau rapport des scientifiques du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a été publié, et il est extrêmement préoccupant.

 Le secrétaire général de l’ONU a déjà appelé tous les citoyens du monde à faire pression sur leurs décideurs, indiquant qu'un changement d’orientation dans les politiques menées est indispensable pour éviter “des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels”.

Après la belle et grande mobilisation citoyenne de la marche pour le climat du 8 septembre, ce changement d’orientation n’a toujours pas eu lieu.Nous devons augmenter la pression.

Nous remettons ça le samedi 13 octobre à 14 h 30 avec une marche au départ de la Grand Place de Lille jusqu'à la place République, où nous remettrons le rapport du GIEC au préfet.

Venez nombreux, en famille, et sentez-vous libre de vous exprimer par vos vêtements, accessoires (légumes, abeilles,masques anti-pollution…), pancartes, dessins à la craie...

Auparavant, le matin à 11h, nous nous rendrons le plus nombreux possible dans nos mairies pour remettre à notre Maire le rapport du GIEC, lui faire part de notre vive préoccupation pour notre avenir et celui de nos enfants, et l’inviter à travailler ensemble à la mise en œuvre urgente d’une politique municipale faisant de cet enjeu vital une priorité absolue. Des rassemblements sont prévus devant les mairies de Lille et de Villeneuve d'ASCQ.

 

ATTAC et de nombreuses autres associations soutiennent les mobilisations du 13 octobre pour le climat

Suite à la démission de Nicolas Hulot, plus de 130 000 personnes ont marché pour le climat le 8 septembre dernier. Depuis ce jour, les initiatives foisonnent et des mobilisations se préparent partout en France, notamment le 13 octobre prochain.

Ces mobilisations s’inscrivent dans une rentrée particulière pour le climat. Si Emmanuel Macron a été promu « champion de la Terre » à l’ONU il y a quelques jours, tout porte à croire que la crise écologique ne fera qu' empirer en France et dans le monde. Sur fond d’austérité et de régressions sociales, les mesures annoncées mais surtout prises par le gouvernement ne sont pas à la hauteur. La sortie du rapport du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), le 8 octobre, a dressé les dernières pistes d’actions afin d’échapper à une catastrophe climatique mondiale.

Qu’elles soient locales ou nationales, petites ou grandes, chaque jour de nouvelles mobilisations, initiatives et actions se dessinent ici et là. Leur succès dépend de leur spontanéité et de leur créativité mais aussi de leur capacité à rassembler des milliers personnes, des dizaines d’organisations, mouvements et réseaux pour rappeler l’urgence et dire haut et fort qu’il est encore temps d’agir. Les marches du 13 octobre prochain s’inscrivent dans cette démarche.

Nous appelons nos membres, adhérent·e·s et sympathisant·e·s à soutenir et à participer à ces initiatives citoyennes pour maintenir la pression sur nos décideurs publics. Cette nouvelle journée d’actions sera également l’occasion de promouvoir des centaines de porteurs d’alternatives, qui œuvrent chaque jour, à la construction d’un monde plus juste et solidaire.

 

Organisations signataires :
350.org ; Action-Aid Peuples Solidaires ; Attac ; Climat Social ; CRID ; CCFD-Terre Solidaire ; Fondation Copernic ; France Libertés - Fondation Danielle Mitterrand ; La Fête à Macron ; Les Amis de la Terre ; Notre Affaire à Tous, Réseau Foi et Justice Afrique Europe ; REFEDD ; SOL - Alternatives Agroécologiques et Solidaire ; Sciences Citoyennes ; Union syndicale Solidaires ; ZEA.

 

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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 10:03

l’ignominie reprend sur la zad de Notre-Dame-des-Landes !

Ce 17 mai 2018, des occupant·e·s de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et leurs soutiens communiquent :

« Ce matin, des moyens de police inouïs se sont à nouveau rués sur la ZAD de Notre-Dame-des-landes, avant le jour. Un déploiement de camions à perte de vue sur la route, près de 2000 hommes, et un général tout amabilité et sourire prétendant nous expliquer qu’il s’agit aujourd’hui de la destruction (légale !) de quatre lieux qui n’ont pas déposé de projet, que « les bons » n’ont rien à craindre… et que demain ils reprendront la suite de leurs opérations… jusqu’à fin de leur mission…Des engins de destruction monstrueux, utilisés pour les catastrophes naturelles et à l’international, quand les pompiers ne peuvent plus faire face, massacrent en ce moment la forêt de Rohanne. 

Comme c’est déjà le cas depuis des semaines, les travaux nécessaires aux projets agricoles que le gouvernement dit paradoxalement accepter de pérenniser vont continuer à être entravés par l’occupation policière prolongée du territoire et ce au cœur de la saison agricole. D’après les estimations, le coût de cette opération absurde aura bientôt atteint les 5 millions d’euros. C’est la somme que le conseil général avait fait payer à l’Etat pour lui vendre l’ensemble des terres et bâtiments qu’il avait acquis sur la zad en vue du projet d’aéroport.

Le gouvernement tente de neutraliser la résistance en cherchant à ancrer l’idée que des personnes qui n’auraient pas pu ou voulu participer au dépôt collectif de projets seraient moins légitimes à rester vivre ici. Il faut bien peu de coeur pour imaginer que quiconque laisse ses voisin.e.s se faire raser leurs maisons sans réagir. Par ailleurs, les diverses interventions des forces de l’ordre depuis l’abandon de l’aéroport visent à affaiblir et mettre la pression sur tout le mouvement. Faute de pouvoir matériellement et politiquement expulser tout le monde, ces opérations cherchent à imposer des conditions drastiques pour le maintien des projets sur la zone et pour en fragiliser la dimension collective. Nous appelons pour notre part à se mobiliser largement sur le terrain et au-delà pour la défense des divers lieux de vie, réalités et activités qui s’entremêlent sur la zad. »

Attac France, qui a déjà exprimé à de nombreuses reprises son ferme soutien à la ZAD, déclare que les destructions en cours sont peut-être légales, mais elles sont assurément illégitimes. les constructions dont il s’agit n’ayant pu disposer d’aucun permis, d’ailleurs impossibles à obtenir depuis 2012. La Châteigne a été créée dans un formidable élan collectif lors de la journée de réoccupation du 17 novembre 2012, elle a symbolisé la volonté de reconstruction du mouvement, sa créativité, son inventivité, sa volonté de porter une vision collective pour l’avenir de la ZAD.

L’histoire que le gouvernement veut étouffer, dans sa rage revancharde face au fiasco de l’opération César de 2012, ne va pas s’interrompre aujourd’hui, ni demain ni dans les jours qui viennent.

Les habitant·e·s de la ZAD continuent à la défendre selon différentes manières, la « barricade de papier » tentée par le « bureau d’auto-défense administrative » au moyen du dépôt de dossiers, s’ajoute à celles et ceux qui essaient, par différents moyens, en ce moment même, de défendre les lieux de vie.

Attac France réaffirme son soutien, tant aux démarches de dépôts de projets, agricoles ou autres, qu’à celles et ceux qui visent en premier lieu l’arrêt immédiat des destructions en cours.

Elle exige l’arrêt de l’opération de destructions-expulsions et appelle tout·e·s ses membres à participer aux différentes manifestations organisées en soutien, à Notre-Dame-des-Landes et partout en France.

Pour plus d'infos : https://zad.nadir.org/

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 08:07

La vague d'expulsions sur la zad de notre dame des landes a suscité d'importantes mobilisations sur le terrain et des réactions à travers tout le pays. Après dix jours d'intervention, les destructions de lieux de vie ont été suspendues. Un dialogue a repris entre le mouvement et la Préfecture après le dépôt collectif d'un dossier présentant plusieurs dizaines de projets agricoles, artisanaux, sociaux ou culturels sur la zad. Ce geste collectif vise à mettre en avant ce qui lie profondément ses activités et l'usage commun des terres et ressources.

Mais la trêve apparaît extrêmement fragile : des centaines de gendarmes sont toujours déployés dans le bocage, maintenant une pression quotidienne et mettant à mal la possibilité même de mettre en œuvre les travaux agricoles en plein début de saison. Le premier ministre a posé un nouvel ultimatum avec la menace d'une reprise des expulsions après le 14 mai. Alors qu'un cycle de rendez-vous est actuellement engagé sur la pérennisation des projets, le gouvernement décidera-t-il de rompre une fois de plus unilatéralement le dialogue pour se livrer à une nouvelle opération de destruction ?

Au-delà des lieux de vie, certains projets agricoles en cours depuis plusieurs années sont aujourd’hui menacés sur des terres convoitées par d’autres agriculteurs. Le gouvernement doit trancher au plus vite pour que les parcelles concernées aillent à de nouvelles installations plutôt qu’à l’agrandissement d’exploitations existantes.

Le 14 mai va se tenir en préfecture un second comité de pilotage censé examiner les projets portés par les habitants de la zad. Nous –paysan.ne.s, associations, habitant.e.s, naturalistes qui avons défendu les terres de la zad contre le projet d'aéroport et nous projetons dans leur avenir - appelons à un pique-nique et rassemblement calme et déterminé devant la préfecture lors de la tenue du comité de pilotage.

Il s'agira d'y affirmer le refus de toute nouvelle expulsion sur la zad et d'y apporter un soutien aux différents projets présentés, à la vision coopérative qui s'en dégage. Nous refusons qu'on impose à ce qui s'est construit d'unique dans le bocage de notre-dame-des-landes les critères du modèle agricole classique dont on connaît partout les conséquences : désertification rurale, disparition des petites exploitations et individualisme entreprenarial, sujétions aux groupes de l'agrochimie, dégradation continue des sols et de la biodiversité.

Nous souhaitons toujours pour notre part enraciner sur la zad une pratique des communs et d’une paysannerie solidaire, réellement soucieuse du soin du bocage et de l’environnement. Nous voulons toujours un territoire vivant et partagé, qui laisse la place à des manières de l'habiter qui ne soient pas qu’agricoles et à diverses formes d'expérimentation sociales. Il faut que le temps nécessaire soit laissé pour un dialogue réel autour de l'avenir du bocage de Notre-Dame-des-Landes. Ceci implique un calendrier crédible et des délais tenables et la fin des ultimatums et des menaces. Le rassemblement du 14 mai marquera la vigilance accrue de tous et toutes sur la suite du processus.

 

http://zad.nadir.org/

 

 

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