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  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 17:04
Plus de 3 millions de citoyens demandent l’arrêt de TAFTA et de CETA

3,2 millions d’Européen·ne·s disent non aux traités transatlantiques TAFTA et CETA ! L’alliance citoyenne, qui remet ce 7 octobre 2015 les signatures de l’initiative citoyenne européenne (ICE) Stop TTIP à Bruxelles, demande une réponse politique de l’Union Européenne.

La collecte des signatures continue : signez

L’Initiative européenne auto-organisée (ICE) Stop TTIP a remis plus de 3,2 millions de signatures à la Commission européenne à Bruxelles. Alliance regroupant près de 500 organisations européennes, Stop TTIP a collecté un nombre de signatures record dans le cadre d’une ICE.

L’alliance demande une reconnaissance de la voix de ces millions de citoyen·ne·s : « ce sont pas moins de 3 millions d’Européennes et Européens qui exigent l’arrêt immédiat des négociations du TAFTA (l’accord UE-États-Unis) et l’ajournement de la signature du CETA (le traité UE-Canada, dont les négociations se sont achevées il y a un an) », déclare Johan Tyszler, l’un des animateurs du Collectif Stop TAFTA en France.
« En l’espace d’un an, nous avons réuni trois fois plus de signatures que cela n’était requis afin qu’une ICE soit recevable selon les règles des traités de l’UE. Ces dernières exigent qu’un minimum de sept États membres parmi les 28 pays de l’UE atteignent leur quorum national, seuil minimum de signatures obligatoire pour validation. Or, 23 États membres ont franchi leur quorum ! » indique Susan George, membre du comité citoyen de l’ICE. Et d’ajouter : « Ce large succès indique l’ampleur de l’opposition croissante à travers l’Europe. Les promesses faites en termes de transparence et de consultation citoyenne doivent être suivies d’actions concrètes : une audition devant le Parlement européen doit être organisée par les institutions de l’UE, et la Commission se doit d’agir pour l’arrêt complet des négociations et de la signature de ces traités ».

Cet acte symbolique ouvre un nouveau chapitre de la mobilisation contre les traités transatlantiques. Le Collectif Stop TAFTA et ses partenaires européens appellent à une semaine de mobilisation du 10 au 17 octobre afin d’accentuer la pression sur les décideurs européen·n·es.

À cet effet, de nombreuses actions et événements auront lieu à Bruxelles et sur le reste du continent :

  • Le 10 octobre : journée d’action décentralisée partout en Europe. En France, le 10 octobre annoncera le début d’une campagne de porte à porte sur le thème « TAFTA ou climat : il faut choisir », action portée par les nombreux collectifs locaux Stop TAFTA à travers l’Hexagone et qui s’étalera jusqu’à la conférence de l’ONU sur le climat (COP 21).

  • Le 15 octobre : encerclement du Sommet européen à Bruxelles contre les politiques d’austérité, dont le TAFTA incarne le volet de politique extérieure.

  • Le 16 octobre : journée de conférences citoyennes (TAFTA/CETA, dette, justice climatique, migration).

  • Le 17 octobre : marche européenne « Austérité = Pauvreté, Construisons une autre Europe » à Bruxelles, en présence d’un bloc TAFTA/CETA. Des bus au départ de Lille sont organisés (contact : tafta.npdc@gmail.com )

  • Du 13 au 17 octobre : Camp no-TTIP à Bruxelles - organisation de l’ensemble de la chorégraphie des actions qui se tiendront à Bruxelles lors de cette période.

L’ICE Stop TTIP est un appel lancé aux institutions et États membres de l’UE pour qu’ils cessent les négociations sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement avec les États-Unis (TAFTA), d’une part, et que l’Accord économique et commercial global avec le Canada (CETA) ne soit pas signé, d’autre part. L’initiative a été lancée en tant qu’ICE auto-organisée il y a exactement un an, le 7 octobre 2014, suite au rejet de l’ICE officielle par la Commission européenne. Un recours contre ce rejet a été déposé par Stop TTIP auprès de la Cour européenne de justice.

Bruxelles, le 7 octobre 2015 –le collectif STOP TAFTA

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 12:39
La « crise » migratoire : l’effet boomerang

Lucile Daumas membre d’Attac/Cadtm Maroc

Aggraver les inégalités, piller les ressources du tiers-monde, refuser de prendre des mesures pour stopper le réchauffement climatique, déstabiliser toute la région du Moyen-Orient, multiplier les guerres et les conflits, tout cela a un coût que paient depuis des décennies les populations, et tout particulièrement celles du Sud. En nombre de morts, de déplacés, d’affamés, de désespérés. Et cela met des populations sur les routes, à la recherche simplement d’un endroit où survivre. Massivement, puisque l’UNHCR (l’Agence des Nations unies pour les réfugiés) estime à 50 millions le nombre de réfugiés dans le monde.

La plupart du temps, cette route de l’exode s’arrête à la région voisine, au sein du même pays, ou au territoire du pays voisin. C’est ce qui s’est passé lors de la crise du Rwanda ou de la RDC, c’est ce qui se passe en ce moment avec la guerre qui ravage la Syrie.

Pour ne prendre que ce dernier exemple, le nombre de réfugiés est aujourd’hui estimé à environ 4 millions (sur une population totale de 20 millions, 1/5 de la population !) Et plus de la moitié est accueillie dans les pays de la région : Turquie, 2 millions (pour une population totale de 75 millions) ; Liban, 1,1 million (sur une population de 5,8 millions), Jordanie, 500 000. Aux réfugiés syriens proprement dit, il faut ajouter les réfugiés que la Syrie avait accueilli au cours des décennies précédentes : Palestiniens - installés de longue date dans ce pays, ainsi qu’au Liban et en Jordanie et Irakiens - rappelons que la Syrie avait accueilli, après la chute de Saddam Hussein 1,5 million de réfugiés.

L’Europe, les États-Unis devaient bien savoir qu’un tel exode était inévitable. En envahissant l’Irak, en déstabilisant toute la région, en jouant les apprentis-sorciers avec les mouvements islamistes, pensaient-ils vraiment être à l’abri de toute répercussion ? Certes, ils subissent de loin en loin quelques attentats terroristes, amplement médiatisés. Mais qu’est-ce que cela représente par rapport à ce que vivent les populations des pays arabes, devant affronter au quotidien l’obscurantisme ? Pendant des années, ils ont laissé les pays limitrophes se dépatouiller avec ce problème, continuant à lever toutes sortes de barrières tout autour de l’Europe, renforçant de jour en jour le caractère militaire du mécanisme de défense des frontières européennes, appelé Frontex, et sommant les pays limitrophes de l’Union, qualifiés de bons voisins, de relayer la surveillance des frontières européennes, au mépris du respect des droits humains et au mépris de la Convention de Genève et du droit d’asile.

Cela fait des années que la Méditerranée s’est transformée en véritable cimetière humain sans que cela n’émeuve les responsables européens qui continuaient leur politique de blindage du bunker européen. Il aura fallu donc l’arrivée massive de réfugiés sur le territoire européen, venant notamment de Syrie, pour que les gouvernements réagissent et nous livrent, le cœur sur la main, des discours lénifiants sur les principes du droit d’asile et la nécessité d’un accueil humain des réfugiés. Qu’en sera-t-il exactement ? Les prochains jours, les prochaines semaines nous le diront. Mais ce n’est pas l’établissement de quotas par pays, ce n’est pas le tri entre migrants réfugiés et migrants économiques qui apporteront des solutions durables à cet exode massif de populations ne pouvant plus vivre dans leurs pays.

Preuve en est que de nouveaux fronts de migration sont en train de s’ouvrir. Ainsi, face à la crise, les Grecs sont aussi de plus en plus nombreux à chercher un emploi hors de leur pays. Pas moins de 300 000 se sont exilés depuis les sept dernières années, portant à près de 6 millions la population grecque émigrée. Les Espagnols eux aussi ont repris la route de la migration, au Maroc, dans les pays d’Amérique latine ou ailleurs.

Nul doute : ni les murs, ni les armes ne permettront de résoudre ce que les médias appellent la crise migratoire. Car elle n’est que l’effet boomerang des politiques néolibérales imposées depuis des décennies aux peuples du monde. Cet effet, les populations du Sud le connaissent bien, mais voilà, il s’invite aujourd’hui au cœur de l’Europe, qui tout d’un coup se rend compte qu’il n’est pas si facile d’accueillir des réfugiés.

Les solutions de fond, elles résident donc dans l’arrêt des ventes d’armes à des bandes armées de tout acabit, l’arrêt du soutien à des régimes comme celui de l’Arabie saoudite qui après avoir fomenté la création de l’État islamique se voit confier la tâche de son éradication.

Elles résident dans la fin du pillage des ressources des pays du Sud et des confrontations armées qui n’ont d’autre but que de permettre l’intervention militaire des pays occidentaux.

Elles résident dans l’annulation du système de la dette qui ne fonctionne aujourd’hui que comme mécanisme de pompage des richesses des peuples au bénéfice des banques.

Elles résident dans la dénonciation des accords de libre-échange qui, eux aussi, bafouent la souveraineté des peuples et renforce le pillage des richesses du Sud au bénéfice des banques et des multinationales du Nord.

Et en attendant, l’urgence est dans le respect des droits et des conventions relatifs à la migration et à l’asile, la mise en place de mécanismes d’accueil et d’insertion permettant d’instaurer des rapports d’humanité et de respect de la dignité.


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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 12:24
L’agriculture, laboratoire d’exploitation des travailleurs migrants saisonniers

Depuis dix ans, dans le cadre du programme « Agriculture Paysanne & Travailleurs migrants Saisonniers » porté par la Confédération Paysanne, des volontaires se sont rendus en Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Grèce, Maroc, Palestine, Pays-Bas, Pologne,

Portugal, Roumanie, Royaume-Uni. Ils ont parcouru les campagnes, ont pénétré les industries de transformation. ils ont rencontré travailleurs, paysans, dirigeants d’entreprises, syndicalistes, associatifs, représentants politiques et chercheurs. Le constat est amer. Partout en Europe, des politiques d’investissement et de défiscalisation poussent les entreprises et producteurs agricoles à poursuivre un seul objectif : celui de la compétitivité. À cela s’ajoutent des politiques de déréglementation du travail qui amènent à repousser toujours un peu plus loin les limites du socialement acceptable. Exploitation, mauvais traitements, techniques managériales incisives, non rémunération, logement indigne, servitude par la dette, privation de droits : ces mots décrivent la réalité de nombreux travailleurs migrants dans l’agriculture et l’afro-alimentaire...

L’agriculture est l’un des secteurs d’emploi les plus faciles d'accès pour les migrants. Dans une Europe où des politiques de fermeture et de contrôle des frontières se mettent en place, et où se développent des phobies contre l’afflux migratoire, les migrants constituent la grande majorité de la main-d’œuvre agricole. Leur condition de migrant les rend vulnérables, les prive de certains droits et les marginalise. Des recruteurs et exploitants agricoles peu scrupuleux, qui peinent à trouver des travailleurs nationaux suffisamment flexibles et dociles, profitent de cette vulnérabilité pour leur imposer des conditions de travail précaires et parfois dangereuses.

Différents cadres d’embauche permettent l’emploi de main d’œuvre étrangère : détachement de travailleurs par des entreprises de travail temporaires internationales ou de prestation de services, ou contrats saisonniers dans le cadre d’accords bilatéraux. À ces cadres légaux s’ajoutent le travail non-déclaré, le travail forcé et organisé par des réseaux mafieux. Toutes ces pratiques cherchent à réduire le coût du travail, en diminuant la rémunération versée à l’employé de manière légale ou illégale.

Dans le cadre du travail au noir, il est courant que les employeurs paient moins que le salaire annoncé ou qu’ils ne paient pas du tout. Dans le travail rémunéré à la pièce, il arrive que les taux ne soient pas annoncés ou qu’ils soient « égalisés » sur la semaine afin que la rémunération ne dépasse jamais le salaire minimum légal. Même dans le travail déclaré et à priori légal, la non-facturation des heures supplémentaires est une pratique fréquente. La facturation du logement, du transport et de la nourriture à des taux usuraires permettent aux entreprises de recrutement de prélever des sommes d’argent supplémentaires sur les salaires. Dans les cas de travail forcé et de traite, cette dette est utilisée pour soumettre les ouvriers à un travail non rémunéré.

Pour ces travailleurs, les conditions de travail difficiles (tâches répétitives, température extrême dans les serres ou sous le soleil dans les champs, journées de plus de 10 heures, lourdes charges à porter) s’accompagnent de pressions managériales (surveillance et pression par des contremaîtres, vidéosurveillance au Royaume- Uni). Dans les cas extrêmes, cela va jusqu’à des violences physiques et verbales.

Les conditions de logement de ces travailleurs sont souvent insalubres et précaires. en Grèce, les ouvriers construisent eux-mêmes des camps avec les matériaux de serre, en France, ils installent leurs tentes en bordure des champs qu’ils récoltent. Au Portugal, certains sont logés dans des containers, d’autres dans des maisons en ruine. Les installations sanitaires sont souvent inexistantes ou insuffisantes pour le nombre de travailleurs. Les travailleurs vivent souvent entassés, doivent dormir à plusieurs dans le même lit ou à même le sol. Le cadre législatif qui régit le logement des travailleurs saisonniers agricoles est inadéquat. Les pouvoirs publics ne prennent pas en compte l’arrivée massive de migrants saisonniers. Aucune politique d’accueil et de logement n’est mise en place pour assurer que les travailleurs soient logés conformément à la loi et au respect de la dignité humaine.

Le cadre législatif reste largement inapte à la reconnaissance et la gestion du problème dans son ensemble. Par ailleurs, les moyens de contrôle du travail agricole, notamment saisonnier, sont limités, particulièrement dans les pays qui subissent la crise économique. Les politiques d’austérité s’accompagnent d’une grave diminution des budgets et des postes des inspections du travail. en outre, il y a une difficulté à contrôler l’action des trafiquants et des mafias.

Dans les campagnes, ils restent invisibles et, de par leur caractère transnational, ils disparaissent facilement dans un autre pays lorsqu’ils sont repérés. Ces difficultés sont connues des entreprises et des trafiquants qui s’adaptent continuellement à l’évolution des cadres législatifs et des méthodes de contrôle afin de les contourner.

Enfin, cibles d’intimidation, de violences ou du fait de leur clandestinité et de leur isolement, les victimes n’ont souvent pas les moyens de dénoncer ces pratiques auprès des tribunaux. Les ouvriers agricoles migrants trouvent rarement le moyen d’exprimer leur détresse, ont le plus grand mal à se mobiliser, et la pratique syndicale reste quasiment absente dans le secteur.

Les missions menées depuis une dizaine d’années par la Confédération Paysanne et ses partenaires dans les pays d’Europe et de la méditerranée aboutissent à un constat général alarmant.Même si les situations et leur gravité diffèrent selon chaque cas, partout, le développement agricole centré sur la compétitivité et la maximisation des profits s’accompagne de la pauvreté et de l’érosion des droits. celles-ci sont de plus en plus permises par les cadres législatifs et les pouvoirs publics. Le recours à l’exploitation d’une main-d’œuvre migrante apparaît ainsi comme une caractéristique structurelle de l’agriculture industrielle en développement. Les producteurs qui refusent de se plier à cette règle, écrasés par la concurrence, sont, eux, amenés à disparaître.

Face à cela, seule une résistance commune organisée à tous les niveaux d’action et à toutes les échelles géographiques permettra d’assurer le respect des droits des travailleurs de la terre et la souveraineté alimentaire.

Téléchargez la brochure sur les travailleurs migrants saisonniers, fruit du programme « Agriculture paysanne & travailleurs migrants saisonniers » porté par la Confédération paysanne.

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 10:41
Plan d'urgence pour l'élevage ...pas de solutions durables !

Le plan d'urgence pour l'élevage : De l'essence dans le moteur mais un plan en panne de solutions durables

Le plan de soutien aux éleveurs surendettés, notamment les jeunes, est certes nécessaire à court terme, cependant il ne doit pas servir à maintenir un système à bout de souffle et passer sous silence que tous les éleveurs sont aujourd'hui en crise, concernés par la baisse généralisée des prix.

Pour résoudre durablement cette crise, il faut stopper net cette politique de libéralisation délibérée qui a poussé au surendettement et met aujourd'hui en péril des dizaines de milliers d'éleveurs. On continue à favoriser la saturation des outils de production des entreprises agroalimentaires au détriment des éleveurs et des territoires.

Par ailleurs, il est illusoire de réactiver le mirage de l'export, dont les aléas (embargo russe, contraction des débouchés chinois) sont en grande partie responsables de la crise actuelle. Cela devient carrément cynique quand Manuel Valls envisage de profiter de la faiblesse actuelle des grecs pour conquérir leurs marchés agricoles.

Et que dire enfin du silence sur les accords de libre-échange en cours de négociations avec les États-Unis et le Canada. Aucun avenir pour les paysans européens face aux méga fermes-usines nord-américaines !

Le bon sens économique et paysan appelle à s'attaquer aux causes profondes de ces crises récurrentes, notamment par la maîtrise des volumes au niveau européen et la réorientation des politiques agricoles vers un autre modèle.

Ces aides seront donc à fonds perdus, comme la Cour des comptes en fait état dans son rapport, et ne serviront qu'à financer la restructuration et le plan de licenciement de l'agriculture à taille humaine mis en place par les industries agro-alimentaires.

communiqué de la confédération paysanne 22 juillet 2015

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 07:54
La Marche Mondiale des femmes était à Lille

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous resterons en marche !

La Marche Mondiale des femmes était à Lille les 26, 27 et 28 juin 2015

Tous les 5 ans depuis l'année 2000, les féministes du monde entier unissent leurs forces pour marcher ensemble avec I' objectif commun de construire un monde basé sur la Paix, la Justice, l'Égalité, la Liberté et la Solidarité.

Des marches ont lieu sur plusieurs continents.

En Europe, la marche est partie le 8 mars du Kurdistan et terminera son périple le 17 octobre 2015 à Lisbonne au Portugal, en passant par la France (Bourg en Bresse, Tours, Nantes, Paris, Lille, Toulouse, Marseille...).

La Marche Mondiale des Femmes veut rompre avec le patriarcat, le capitalisme et le racisme, les trois systèmes d'oppression qui contrôlent nos vies dans le monde entier.

Nous, Femmes et féministes qui vivons en France, sommes déterminées à faire entendre notre certitude qu'un autre monde est possible. Agissons ensemble pour construire des alternatives, RESISTONS !

En 2015, la MMF se mobilise plus particulièrement autour de 5 thèmes

1 - Justice climatique / Souveraineté alimentaire

Le système capitaliste a transformé l’alimentation saine en un objet inaccessible à tou-te-s. Dans les pays du Sud, entre 60 et 80 % de la production alimentaire est le fruit du travail des femmes. Paradoxalement, ce sont les femmes qui souffrent à 60 % de faim chronique.

Nous rejetons la privatisation des terres, de l’eau, des mers, de la biodiversité et des semences et les fausses solutions basées sur la surexploitation des ressources et du travail des femmes, sur la marchandisation et la financiarisation de la nature.

Nous exigeons que nos gouvernements entendent les revendications des altermondialistes, féministes, chercheuses et chercheurs et associations qui font de la biodiversité, des semences et des sols des biens communs.

2 - Violences contre les femmes

Dans le monde entier, les femmes sont victimes de violences parce qu’elles sont femmes. Ces violences sont multiples : violences conjugales, prostitution (40 millions de femmes en situation de prostitution dans le monde), viols (dont ceux de guerre) harcèlement et agressions sexuels, incestes, lesbophobie, mariages forcés dès l’âge de 12 ans, mutilations génitales (30 millions de femmes excisées dans le monde), marchés aux esclaves dès l’âge de 10 ans, harcèlement moral et sexuel au travail, etc.

3 - Montée des extrêmes (extrême-droite et extrémismes religieux)

Nous dénonçons la montée des idéologies réactionnaires et conservatrices, et les mouvements d'extrême-droite, xénophobes, islamophobes et antisémites, racistes, lesbophobes et sexistes.

En France, l’extrême droite est composée de groupes et d’individus dont les idées se nourrissent les unes les autres et convergent avec celles du Front national. Nous les voyons battre le pavé ensemble pour contrecarrer les avancées sociétales : la Manif pour tous, les journées de retrait de l’école, SOS Tout-petits, les commandos anti-IVG...

Leurs actions rejoignent les extrémismes religieux chrétien, islamique ou judaïque.

A l’opposé de ces mouvements imposant aux femmes un cadre moral et social oppressant, nous œuvrons pour l’égalité des sexes, pour un projet de transformation sociale alternatif au patriarcat et au capitalisme.

4 - Migrations et mondialisation

Les femmes migrantes sont concernées par les droits fondamentaux de toutes les femmes mais cumulent les discriminations, liées au genre, à la classe sociale, à l’origine ou à la couleur de peau.

Les femmes migrantes sont hélas très présentes dans les métiers sous-payés, déqualifiés, aux horaires atypiques, aux temps partiels imposés, avec des trajets très longs pour se rendre sur le lieu de travail.

Le droit à la différence n’est pas la différence des droits. Notre lutte passe par leur indépendance, l’égalité de leurs droits

5 - Travail des femmes et Autonomie financière

Travailler, gagner sa vie, c’est conquérir l’autonomie financière ; elle constitue un contrepoids au sein des familles pour négocier une plus grande liberté et permettre aux femmes battues ou menacées, de quitter un conjoint ou un parent violent.

Les femmes sont les premières touchées par la casse ou l’abandon des services publics, par exemple avec les restructurations hospitalières, la diminution des dépenses publiques pour l’éducation, la privatisation rampante de la protection sociale, l’insuffisance des services d’accueil de la petite enfance, etc.

Les femmes sont toujours cantonnées dans un nombre de métiers restreint, majoritairement peu valorisés en raison des orientations professionnelles qui se jouent dès l’éducation scolaire. Le combat continue pour l’accès des femmes à tous les métiers.

Le comité lillois de la Marche Mondiale des Femmes avance des propositions concrètes, et locales, de l’accroissement des places en crèche à la mise à disposition de locaux associatifs, en passant par le relogement des femmes expulsées ou une meilleure mixité d’espaces publics souvent très masculins.

Maison des Femmes, Planning Familial Nord / Pas-de-Calais, CIDFF, Femmes Solidaires, Libres MarianneS, Osez le Féminisme ! 59, Sud Education, Solidarité Irak, Ligue des Droits de l’Homme, Mères pour la Paix, Services Brunehaut de l’association A.R.S, RIFEN Nord, En Trans Chez Violette …

https://marchemondialedesfemmes2015.wordpress.com/lappel/

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 13:03
Les 1000 vaches :  Ramery dépasse son quota !

A une semaine du procès des militants de la Conf’, le sentiment d’impunité de Michel Ramery semble ne pas avoir de limites. C’est sans aucun scrupule que le promoteur des 1000 vaches, confirmé par son chef d’exploitation, a annoncé hier dépasser les 500 vaches autorisées… de près de 300 têtes !

Ce « raté » est une occasion pour le gouvernement de mettre fin à ce projet destructeur en ordonnant une fermeture administrative puis en engageant des poursuites pénales. Pour défendre cette position, la Confédération paysanne a exigé un rendez-vous au ministère de l'Agriculture. Il se tiendra aujourd'hui, à 14h30.

Le ras-le-bol des citoyens continue de s'intensifier après ces déclarations accablantes. Il doit s'exprimer le 17 juin, devant le tribunal d'Amiens.

Plusieurs milliers de personnes se retrouveront pour réclamer la relaxe des neuf militantes et militants de la Conf'. Ce rassemblement sera l'occasion de montrer, une nouvelle fois, que nous n'acceptons pas la dérive industrielle de l'agriculture, mais aussi que nous sommes mobilisés en vue de la conférence internationale sur le climat (COP21) et pour la liberté d'action syndicale dans la défense d'un avenir plus juste.

Toutes et tous 17 juin à Amiens, pour soutenir les neuf militants de la Conf' !

Après des condamnations injustes et bâclées le 28 octobre, la Confédération paysanne a décidé de faire appel. Des actions syndicales n'ont pas à être sanctionnées pénalement ! Les militants de la Conf' ont agi pour l'avenir de tous, contre la disparition des paysans, la précarisation générale, la destruction de l'environnement et la dégradation de notre alimentation !

Nous pouvons faire le choix d'une agriculture paysanne, respectueuse des hommes et de l'environnement dans des territoires vivants, garante d'une alimentation de qualité pour tous et seule capable de « refroidir » le climat. Nous devons avoir la possibilité de défendre un avenir commun dans une société plus juste.

Alors que les atteintes à la liberté syndicale s'intensifient, et parce que la lutte contre l'industrialisation de l'agriculture est juste et s'inscrit dans la mobilisation grandissante contre les accords de libre-échange et le changement climatique,

La mobilisation devant le tribunal sera militante et festive. De nombreuses personnalités (Olivier De Schutter, José Bové, Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot, Bernadette Groison, Pierre Laurent, Pierre Tartakowsky, Susan George…) seront présentes pour soutenir les militants. La journée sera ponctuée d'une marche et de plusieurs concerts. Elle permettra également de retrouver les produits de l'agriculture paysanne que nous défendons, sur le marché et pour le repas.

Communiqué de NOVISSEN, le 11 juin


Novissen, représentée par son président, Francis Chastagner, son président d’honneur Michel Kfoury, son secrétaire Marc Dupont, accompagnée du maire de Drucat Laurent Parsis, a donc rencontré suite à sa demande la Préfète de Région Nicole Klein et les services concernés de la Préfecture hier mercredi à 11h30.
La rencontre a été tendue, la Préfète et les services préfectoraux visiblement très en colère après les révélations de « Reporterre » basées sur le témoignage recueilli par notre association auprès d’un employé de l’usine.
Après nous avoir lu le rapport du contrôle effectué mardi 9 juin, la Préfète a donc constaté une infraction majeure et décidé de mettre en demeure Michel Ramery de ramener son troupeau à 500 vaches. Il a une semaine pour contester la décision devant le Tribunal Administratif et il aura deux semaines pour retirer les 300 vaches en trop. La procédure de demande d’extension du troupeau à 880 vaches est suspendue.
Novissen, après avoir rappelé la gravité des faits reprochés à Michel Ramery et Michel Welter qui se sont comportés en véritables délinquants a pris acte des décisions préfectorales et rappelé que seule une fermeture définitive du site serait une mesure véritablement adaptée à l’infraction constatée. La Préfète nous a alors indiqué que l’état du droit actuel ne lui permettait pas de prendre cette décision et que sa décision serait alors immédiatement attaquée par le promoteur.
Nous saluons la rapidité d’intervention de la préfecture mais quelques questions nous taraudent : 1.Michel Welter dit que les premières vaches du troupeau en infraction sont arrivées le 10 avril et une visite de l’usine par la commission de suivi (demandée par Novissen) devait avoir lieu le mercredi 15 avril. Elle a été annulée…parce que des journalistes seraient là, à l’extérieur… Qu’en penser ?

2.Selon notre témoin, la gendarmerie surveille constamment le site et les gendarmes y sont comme chez eux, connaissent parfaitement les lieux.

3. N'y a-t-il pas une véritable tentative de manipulation de la justice quand on sait que Michel Ramery va devant le Tribunal Aministratif d’Amiens le 26 mai pour obtenir des juges que son projet est légal alors qu'il sait pertinemment qu'il est - à ce moment là- en pleine infraction depuis près de 2 mois et bien sûr ne le dit pas aux juges?? Qu’en penser ?

Il va de soi que notre association va continuer à suivre tout cela de très près et mettra tout en œuvre pour que la vérité soit établie sur les trop nombreux dysfonctionnements que nous observons.

SI VOUS LE POUVEZ, IL FAUT ABSOLUMENT VENIR MERCREDI 17 JUIN A AMIENS POUR DEFENDRE NOS AMIS DE LA CONFEDERATION PAYSANNE INJUSTEMENT CONDAMNES POUR S’ETRE OPPOSES AU PROJET ILLEGAL DE MICHEL RAMERY.

Les 1000 vaches :  Ramery dépasse son quota !
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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 08:54
Non à la surveillance généralisée ! 

Le 5 mai, les députés sont appelés à voter le projet de loi renseignement. Les débats ont eu lieu du 13 au 16 avril dans le cadre de la procédure d’urgence. A l’issue de cet examen, le texte soumis au vote consacre un dispositif liberticide, qui expose tous les citoyens à la surveillance des services de renseignement, quasiment sans contrôle, et met en danger toutes les mobilisations sociales et politiques.

  • légalisation massive des pratiques illégales des services de renseignement, permettant une surveillance large et très intrusive pour la vie privée des citoyens

  • extension du champ d’action du renseignement intérieur et extérieur, y compris dans des objectifs sans aucun lien avec le terrorisme

  • collecte généralisée des données sur Internet, traitées par des algorithmes

  • surveillance sans aucun contrôle des communications qui passent par l’étranger, alors que de très nombreux serveurs utilisés par des Français sont installés à l’étranger

  • conservation très longue des données collectées

  • contrôle des services de renseignement aux seules mains du pouvoir politique (premier ministre), avec avis consultatif d’une commission

La communication gouvernementale ne doit pas nous tromper : en fait d’encadrement, ce projet entérine les pratiques illégales des services et met en place, dans de vastes domaines de la vie sociale, des méthodes de surveillance lourdement intrusives. Le texte donne aux services de renseignement des moyens de surveillance généralisée comparables à ceux de la NSA dénoncés par Edward Snowden, sans garantie pour les libertés individuelles et le respect de la vie privée.

Tous les citoyens sont concernés : ce projet qui assoit encore davantage la criminalisation de l’action syndicale ou sociale est une menace pour les libertés politiques et les mobilisations à venir. La liberté et la sûreté, droits naturels et imprescriptibles reconnus par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen sont en péril.

Citoyens et parlementaires doivent refuser ce simulacre de débat et exiger une discussion démocratique protégeant chacun contre les dérives d’une société de surveillance et assurant un contrôle strict et indépendant de l’activité des services de renseignement.

L’Observatoire des libertés et du numérique (OLN) vous appelle à amplifier le mouvement de contestation actuel contre ce projet de loi,
  • en nous rassemblant nombreux le lundi 4 mai 2015 à 18h, place de la République à Paris

  • en signant la pétition citoyenne qui a déjà recueillie plus de 100 000 signatures

  • en adressant un mail aux députés et sénateurs

ATTAC France et d'autres signataires (27 avril)

OLN (Cecil, Creis-Terminal, LDH, La Quadrature du Net, Syndicat de la magistrature, Syndicat des avocats de France) – Attac – Amnesty International – Mrap – CSF – CGT – CGT Police Paris – DAL – Fondation Copernic – Genepi – SNPES/PJJ – SNEPAP/FSU – SUD – Solidaires – SNJ – SNJ/CGT – SNUCLIAS/FSU

Photo : Eric Walter, licence Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International (via Wikimedia Commons).

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 15:00
Au revoir les quotas laitiers, bienvenue aux lois du marché

La fuite en avant productiviste laisse les petits agriculteurs qui n'ont pas de pouvoir de négociation suffisant, à la merci d'une nouvelle crise.

Le 31 mars 2015, les quotas laitiers ont été abolis dans l’Union européenne. Une petite révolution pour le monde du lait et une nouvelle étape dans la dérégulation brutale de ces marchés, entamée au début des années 2000.

Les prix européens étaient autrefois stabilisés grâce à des mécanismes de prix minimum garantis aux producteurs, et de stockage public. S’y ajoutait une maîtrise des volumes de production de lait grâce à des quotas maximum alloués par pays, voire par exploitation agricole.

Tout cela est aujourd’hui balayé : les prix européens sont alignés sur des cours internationaux très volatils, au nom du libre marché. Les régions les plus productives, au Danemark, aux Pays-Bas ou en Allemagne du Nord, sont sur les starting-blocks pour pousser davantage leur production par vache, par travailleur et par hectare, et grâce à la concentration des exploitations. Au risque de détruire davantage l’environnement et l’emploi. Au risque, surtout, de déclencher des surproductions massives et des chutes de prix.

Exporter, exporter

Comme il n’existe pas, en effet, de perspective de hausse de la consommation européenne, il ne faudra donc compter que sur la hausse des exportations pour que la production de lait puisse être écoulée. Aucun souci, répondent les partisans de la dérégulation des marchés : la demande dans les pays asiatiques est en pleine expansion.

Mais c’est ignorer les autres grands pays exportateurs, dont la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, qui lorgnent eux aussi sur ces nouveaux marchés- leurs exportations y sont déjà en hausse. Et c'est ignorer aussi les capacités propres des pays asiatiques, dont la Chine, qui accroissent sur place les capacités de production et de transformation. De gros investissements sont en cours pour y développer notamment des fermes géantes ?

Comment se prépare le secteur laitier en France ? Une partie de la profession agricole, majoritaire, continue de croire que cette fuite en avant productiviste sera à son bénéfice. Sans voir que ce modèle de production aboutit à des taux d'endettements faramineux des exploitations, qui remettent en cause leur transmission et l'installation de jeunes agriculteurs. Sans voir non plus que ce modèle dégage une faible création de richesse et une dépendance économique accrue aux intrants (maïs et soja importés, bâtiments...). Sans voir enfin qu'il se fait au détriment des prairies, de la complémentarité entre élevage et cultures et du respect de la directive européenne sur le taux de nitrates dans les eaux. De son côté, le gouvernement français, malgré un discours novateur sur l'agroécologie, propose de renégocier à Bruxelles la directive nitrates plutôt que de donner aux producteurs les moyens nécessaires à la réorientation de leurs systèmes de production.

Face à la crainte d'un nouvel effondrement des prix, on aurait pu également s'attendre à ce que le gouvernement soutienne l'élaboration de nouvelles formes de régulation de marchés et de maîtrise des volumes, au moins en cas de crise. De nouvelles propositions sont en effet apparues ces dernières années, par exemple de la part du député européen Michel Dantin ou du Comité des régions d'Europe. La réforme de la politique agricole commune donne aussi de nouvelles marges de manœuvre à la Commission pour activer ce genre de dispositif. Mais tout reste à construire, techniquement et politiquement. Et si rien n'est fait, la note risque d'être salée : la crise de 2009 a déjà coûté 1 milliard d'euros en quelques mois au budget européen, et l'usage de subventions à l'exportation a eu les effets néfastes sur les agricultures non protégées des pays tiers.

Enfin, on peut craindre que le rapport de force entre des dizaines de milliers d'agriculteurs mal organisés et une poignée de grands industriels privés qui maîtrisent une bonne partie de la collecte de lait devienne encore plus inégal. Sans prix minimum imposés, sans quotas, ces industriels pourront faire d'autant plus pression sur les prix payés aux producteurs et pourront choisir leurs exploitations en fonction de leurs coûts de collecte, en donnant la préférence à la concentration de la production dans les régions spécialisées et aux grandes exploitations.

Échec de la contractualisation

La réponse des pouvoirs publics a reposé presque entièrement sur un seul dispositif : la contractualisation, c'est-à-dire l'obligation faite aux producteurs et aux industriels de s'engager sur des contrats de cinq ans. Mais force est de constater que cette contractualisation est un échec et ne redonne pas de pouvoir de négociation suffisant aux agriculteurs, agglomérés dans des « organisations de producteurs » trop petites et trop faibles. Cet échec a conduit par exemple, en début d'année, les producteurs de l'Ouest, fournisseurs de la multinationale Lactalis, à porter plainte pour non-respect des clauses du contrat.

Ainsi, sur le plan national, aucun projet collectif fédérateur n'a émergé, laissant les producteurs sans perspectives et découragés face aux prochaines crises qui ne manqueront pas de survenir dans les deux prochaines années. Ce n'est pas faute d'alternative possible. Des expériences à l'étranger pourraient nous inspirer. Le Canada, grâce à un fort encadrement des pouvoirs publics, offre une meilleure protection aux producteurs. Aux États-Unis, les marketing boards (autorités de marché) fédéraux organisent un même rémunération du litre de lait pour tous les producteurs.

Aurélie Trouvé, membre d'ATTAC

auteure du Business est dans le pré, les dérives de l'agro-industrie chez Fayard
paru dans le Monde du 3 avril 2015

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 14:49
salon de l'agriculture : quelle agriculture ?

Carte de l'industrialisation de l'agriculture

une dérive destructrice pour les paysans

A la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, la Confédération paysanne rend publique la carte de l’industrialisation de l’agriculture. Certes non exhaustive, elle met cependant en évidence comment, au-delà du symbole des 1000 vaches, une agriculture destructrice se met en place. La Loi Macron (articles 27 à 30) et les récentes annonces de Manuel Valls démontrent clairement que cette dérive correspond à la volonté du gouvernement.

Il y a donc une réelle intention de livrer notre métier aux mains d'industriels plus soucieux de leurs parts de marché que de l'emploi, de l'alimentation ou de l'environnement. L'exemple de la pieuvre Sofiprotéol (avec sa nouvelle entité Avril) est particulièrement parlant. Producteur d'aliments, fournisseur de conseils et de débouchés, financeur, la société du Président de la FNSEA s'accapare la production et la valeur ajoutée au mépris des paysans.

Mais cette carte n'est que la partie immergée d'un énorme iceberg. Quotidiennement, les paysans sont poussés par la profession agricole, les banques et les politiques vers l'agrandissement, la modernisation à outrance et la déconnexion de leur métier, accentuant leurs difficultés.

Avec des paysans plus fragiles, qui deviennent les travailleurs à façon de l'agro-alimentaire, et moins soutenus par les pouvoirs publics que les projets industriels, le calcul est vite fait. Sous couvert d'une prétendue compétitivité, le gouvernement fait le choix d'une agriculture de production sans producteurs, à quoi s'ajoute un déni des préoccupations environnementales et climatiques.

Pourtant, les solutions existent avec l'agriculture paysanne, autonome, relocalisée, respectueuse de ses travailleurs. C'est pour eux, avec le soutien d'une large majorité des citoyens, que la Confédération paysanne poursuit son combat.

19.02.2015 communiqué de presse de la confédération paysanne

Voir la carte interactive

Les paysans sont poussés par la profession (coopératives, banques, syndicat majoritaire, interprofession…) et les politiques agricoles dans une course à l'agrandissement et à la modernisation à outrance. Ils portent le poids et le risque financier des projets, les heures de travail interminables et faiblement rémunérées, l'isolement social (opposition de la société civile, isolement rural, célibat), et la perte de sens de leur métier (méthodes industrielles, fuite en avant), tout ça pour bâtir des monstres industriels qui deviennent impossible à transmettre sauf à des structures du même type (fonds d’investissement, industrie agro-alimentaire…).

La valeur ajoutée, elle, est captée par les groupes industriels qu’on retrouve derrière la plupart de ces projets : Ramery, Pamproeuf, Sofiprotéol, Cooperl, SVA Jean Rozé, Vivadour, Veolia, Greenery. On assiste donc à une réelle financiarisation de l’agriculture.

La production d'énergie : phénomène central dans la prolifération des fermes-usines. Initialement connu pour la production d’agrocarburants, c’est aujourd’hui la méthanisation et le photovoltaïque pour les élevages XXL, ou encore la cogénération d’énergie pour le maraîchage hors sol qui intéresse les investisseurs.

Conséquences globales :

Cannibalisation de l’agriculture paysanne : On distingue deux types d’agricultures : l’agriculture industrielle d’un coté qui n’a pas de limite dans son industrialisation, prédatrice d’une agriculture à taille humaine et respectueuse de l’environnement. La première s’accapare les terres, comprime les prix et donc les revenus, conquiert et occupe les marchés, sature l’environnement de nitrates, détruit l’emploi, les campagnes et ce pour le plus grand bénéfice des fonds d’investissement et des industries agro-alimentaires. La deuxième se voit par conséquent privée de ses moyens de subsistance. Nombre de paysans, entre les deux, se sentent obligés de choisir et sont donc encouragés à s’industrialiser.

Destruction de l'emploi paysan : Cet agrandissement des élevages est sous-tendu par une mécanisation et une robotisation à l'extrême. Par exemple, pour le lait l’horizon actuel, c'est 1 emploi pour 1 million de litres de lait produits dans les fermes-usines contre 1 emploi pour 250 000 l en production classique.

Les paysans et les animaux ne sont plus que des facteurs de production, autrement dit des machines : Plus de paysans ou d'animaux dans ces usines agricoles, mais bien des ouvriers spécialisés et des animaux-machines. On les fait manger un maximum, pour récupérer un maximum de produits (ex : lait) ou coproduits (ex : déjections, viande) dans un minimum de temps. Et bientôt leur cadavre sera transformé en agro-carburant de 2e génération.

Des méthodes de production incompatibles avec le respect de l'environnement et les enjeux du réchauffement climatique :

· Epandages massif de déjections animales, souvent dans des zones saturées en nitrates et/ou sensibles, et quand elles sont "méthanisées" on les mélange parfois avec une foules de co-déchets issus d'autres industries (graisses animales, produits périmés / défectueux de l’industrie agro-alimentaire, etc.) qu'on répand ensuite sur les terres agricoles.

· La perte d'autonomie des exploitations en alimentation animale : l'alimentation est de moins en moins produite sur place et provient de plus en plus de coproduits issus de la production d'agro-carburants, quand elle n'est pas issue de soja OGM sud-américains.

· Cette spécialisation des activités agricoles, accompagnant la spécialisation agro-alimentaire et sous couvert d'économie circulaire, fait exploser le bilan carbone des filières, en terme de transports en particulier.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 14:10
la réforme territoriale

La réforme ramenant le nombre de régions de 22 à 13 a été adoptée fin 2014. Elle prévoit à terme de supprimer les départements, d'affirmer les métropoles, de développer les intercommunalités. Ce redécoupage territorial s'accompagnera d'une nouvelle répartition des responsabilités entre ces échelons territoriaux mais aussi d'une décentralisation de certaines compétences de l'Etat.

Cette réforme nous est dictée par la Commission européenne tout comme le plafonnement des recettes fiscales et des subventions accordées aux collectivités locales. Elle nous est présentée comme une mesure d'économie en éliminant les doublons administratifs tout en renforçant l'efficacité de la puissance publique et d'améliorer la qualité de service.

En fait au travers du renforcement des compétences voire en attribuant de nouvelles compétences, ce sont de nouveaux fiefs qui attireront la convoitise des partis et de barons locaux aux pouvoirs étendus. Détenir la présidence d'une région sera plus importante que l'obtention d'un siège à l'Assemblée nationale ou au Sénat.

Il ne s'agit pas de « réduire le mille-feuilles territorial », ni de « simplifier la vie des citoyens », il ne s'agit pas d'économiser quelques millions d'euros de dépenses publiques en supprimant quelques doublons. Ce projet vise à organiser une compétition entre intercommunalités, entre métropoles et entre régions. Cette compétitivité, qui existe aujourd'hui entre les pays de l'union européenne, s'exercera à l'avenir entre régions, entre métropoles. En élargissant progressivement les capacités des régions, en leur donnant progressivement plus d'autonomie, notamment en matière d'aide aux entreprises, il est concevable, à terme, d'imaginer que ce sont ces grandes régions nouvelles qui organiseront la concurrence entre elles pour y attirer les capitaux, en réduisant le coût du travail et la taxation des entreprises.

Cette réforme territoriale ne va pas dans le sens de « plus de démocratie ». Il ne s'agit pas d'aller vers un « tout Etat », ni vers l'Etat a minima des libéraux. Il nous faut trouver d'autres pistes pour l'infléchir. L'équilibre n'est pas forcément facile à trouver entre une relative autonomie des collectivités territoriales et une nécessaire solidarité nationale permettant l'accès de tous et toutes aux mêmes droits sur l'ensemble du territoire.

Quelques rappels :

La réforme territoriale est adoptée en Novembre 2014

Mars 2015 élections départementales : scrutin binominal (un homme, une femme) majoritaire à deux tours qui remplace les élections cantonales

Automne2015 : élections régionales avec la nouvelle carte de 13 régions. Mise en œuvre janvier 2016

Alain Descamps

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