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  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
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La prospérité sans croissance ! avec Jean Gadrey 20 mai 2017

Questions sur l'Europe 2ème volet  29 avril  2017

Questions sur l'Europe ! 15 avril 2017

Faut il attendre la croissance ? avec F Jany-Catrice professeur à Lille 1,18 mars 2017

 

 

 

 

9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 11:06

La démocratie représentative actuelle est un leurre de démocratie. Les candidats proposés aux électeurs sont désignés par les partis sur des considérations qui sont souvent éloignées de la qualité de leur représentation. Ce sont des professionnels de la politique, installés dans leur fonction d'élu depuis plusieurs mandats et cumulant d'autres fonctions politiques, publiques ou privées. Ils sont les représentants d'une caste, absolument pas représentatif de la population (sexe, âge, socialement et culturellement). Il leur est demandé d'être les représentants disciplinés du parti qui les a désigné. Ils proposent un programme à leurs électeurs mais c'est un autre qu'il mettront en œuvre à moins que ce soit celui de groupes de pression qu'ils subissent ou cautionnent. C'est souvent avec des scores représentant parfois moins de 15% des électeurs potentiel qu'ils sont élus.

Les citoyens se désolidarisent de ces jeux électoraux en boudant les élections. Certains peuvent encore être sensibles à des discours démagogiques ou à des explications à courte vue, mais pour beaucoup le politique est discréditée. Certains élus, notamment dans les petites villes où l'intérêt de la population est l'objectif majeur, ont le blues et annoncent qu'ils ne se présenteront plus.

Les fondements de la république inscrits dans notre constitution nous protège peu des travers de notre démocratie représentative. Le président de la république dispose de pouvoirs énormes (il peut dissoudre l'assemblée nationale, il a la faculté de demander une nouvelle délibération des lois). Il n'a pas à justifier de la politique menée même lorsque celle ci est en opposition avec son programme électoral. La seule sanction qu'il peut subir est celle des urnes mais cela se limite, du fait du bipartisme, en un choix de programmes très voisins.

Il est important de revoir notre constitution pour passer de la monarchie présidentielle actuelle à une réelle démocratie représentative. Mais attention de ne pas tomber dans le travers où se sont ceux qui auront à se plier à cette constitution, qui la rédigent. Malgré une démocratie représentative rénovée il y a toujours le risque que l'élite ainsi désignée puisse au fil du temps favoriser ses intérêts personnels plutôt que l'intérêt général. Il est important que les citoyens aient les moyens de contrôler leurs élus et possèdent un pouvoir de sanction.

Un autre risque existe, celui qu'une partie des citoyens négligent ce pouvoir de contrôle et de sanction et qu'ils se reposent sur leurs élus même si ceux ci sont plus proches d'eux. La nature humaine est telle que le temps peut faire que l'on revienne aux pratiques antérieures qui dévoyaient la démocratie représentative.

A cette démocratie représentative rénovée il faut adjoindre une démocratie participative. Parce ce que la politique n'est pas qu'une affaire d'élites mais aussi des débats locaux sur des sujets locaux liés à la vie quotidienne, au vécu des gens au travers par exemple de comités locaux thématiques (conseil municipal de la jeunesse, conseil des anciens, comités d'usagers de la restauration scolaires, de l'eau, des transports en commun, etc). La politique n'est pas qu'une affaire d'élus appuyés par des experts et une administration puissante pour traiter de problèmes complexes. La politique c'est aussi débattre sur des questions concrètes, celles de gens ordinaires, celle des élus en situation car l'expertise des usagers vaut bien celle des spécialistes.

Pour que cette démocratie participative soit réelle encore faut-il qu'on s'en donne les moyens. Les conditions matérielles doivent être fournies. Comment participer si je me débats dans la précarité, si je suis submergé par mes activités professionnelles et/ou familiales. Comment m'investir complètement si je supporte les frais financiers liés à cet engagement, si je ne bénéficie par de droits et d'une protection juridique, si je ne dispose pas de moyens matériels.

Les conditions morales doivent également être fournies. Le débat doit s'établir avec le minimum de formalisme et de sacralité, les fins, méthodes et intérêts ne doivent pas être fixés à l'avance, les débats ne doivent pas être confisqués par les élus, des gestionnaires et des experts. L'éducation populaire doit permettre de développer les potentialités existantes.

Il est important de prendre part, d'apporter sa part mais aussi de recevoir sa part et inversement. Recevoir sa part de pouvoir par exemple par des pétitions, des référendums populaires, par un pouvoir de contrôle et de révocation... C'est aussi recevoir sa part de la richesse nationale par les services publics, par la gratuité des biens vitaux...

Inspiré du livre de Paul ARIES « Nos rêves ne tiennent pas dans les urnes – Eloge de la démocratie participative

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 07:00

Membre du Conseil Scientifique d'ATTAC, écologiste, docteur en philosophie et auteur de livres sur la décroissance et le développement durable, maître de conférences l’Institut Supérieur des Mines-Télécom où il enseigne la philosophie des sciences et techniques, Fabrice FLIPO revient sur ce concept de décroissance en liaison avec les enjeux de la situation de notre monde actuel : conjugaison étroite d'une crise financière avec une crise économique et sociale dans de nombreux pays et simultanément menaces très inquiétantes à moyen et long terme pour la planète : climat, biodiversité, ressources naturelles, alimentation, etc... Même si le chemin est encore imprécis, Fabrice FLIPO nous démontre qu'on ne peut plus continuer avec le même modèle actuel de civilisation.

Cette conférence-débat sur le thème "LA DÉCROISSANCE – POUR UNE SOBRIÉTÉ HEUREUSE vivre Mieux avec Moins – MOINS DE BIENS, PLUS DE LIENS" a eu lieu le 8 février dernier au Café Société Bibliothèque François Mauriac à Sainte-Geneviève-des-Bois.

 

Fabrice FLIPO a publié plusieurs ouvrages sur la crise écologique : « Justice, nature et liberté » chez Parangon, « Le développement durable » chez Bréal, 2007, sur l’impact écologique des infrastructures numériques : « Ecologie des infrastructures numériques » chez Hermès, 2008, sur "La décroissance " chez La Découverte, 2012 (en Poche), et “Peut-on croire aux TIC vertes ? Technologies numériques et crise environnementale” de Flipo Fabrice, Deltour François, Dobré Michelle , Michot Marion, Presses de l'Ecole des Mines, Collection Développement Durable, septembre 2012

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 07:00

Un collectif pour un retour en régie publique de l'eau s'est monté sur Lille. Il souhaite devancer la fin de contrat en délégation aux Eaux du Nord (GDF Suez) en 2014. Cet automne se décidera la suite à donner à ce partenariat public-privé (PPP) et c'est donc là que les citoyens devront avoir fait connaitre leur volonté. Ce collectif est donc citoyen, autonome et ne demande qu'à devenir représentatif de l'ensemble des consommateurs de Lille Métropole.

 

PETITION

 

Depuis de nombreuses années, la communauté urbaine de Lille (LMCU) délègue la gestion de l’eau de la métropole Lilloise à la Société des Eaux du Nord (filiale de Suez / Lyonnaise des Eaux). Ce contrat de délégation de service public arrive à échéance fin 2014.

  1. Un rapport de la Cour Régionale des Comptes a révélé que la SEN a facturé aux usagers de 1985 à 1997 des provisions d’un montant de 115 millions d'euros pour des travaux non effectués. Lille Métropole ne les a toujours pas récupérés.
  2. Fait unique en France, la SEN qui est pourtant le prestataire possède une grande partie des usines de pompage de l’eau. Ces usines doivent revenir dans le giron public. Car nous les avons payées dans nos factures ! 
    Faute d’investissement conséquent, le réseau se dégrade (malgré le plan de rattrapage des travaux imposé par Lille Métropole). Aujourd’hui, le réseau perd 20% de l’eau qu’il transporte !
Ça doit changer ! 
Il faut une véritable régie publique pour Lille Métropole ! 

Signez la pétition pour :
  • une régie publique de l'eau et l'intégration des salarié-es de la SEN
    - la gratuité des premiers m³, une tarification progressive
  • le retour dans le giron public des stations de pompage et leur remboursement
  • la protection de la ressource avec, par exemple, le développement de l'agriculture bio sur les champs captants de Lille métropole.

 

SIGNEZ LA PETITION ICI http://www.ipetitions.com/petition/pour-une-regie-publique-de-leau-metropole-de

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 11:33

Le MondeLe vide de la pensée politique en Europe et dans le monde est redoutable

 

E.MORIN3.jpg"Hélas, nos dirigeants semblent totalement dépassés : ils sont incapables aujourd'hui de proposer un diagnostic juste de la situation et incapables, du coup, d'apporter des solutions concrètes, à la hauteur des enjeux. Tout se passe comme si une petite oligarchie intéressée seulement par son avenir à court terme avait pris les commandes." (Manifeste Roosevelt, 2012.)

"Un diagnostic juste" suppose une pensée capable de réunir et d'organiser les informations et connaissances dont nous disposons, mais qui sont compartimentées et dispersées.

Une telle pensée doit être consciente de l'erreur de sous-estimer l'erreur dont le propre, comme a dit Descartes, est d'ignorer qu'elle est erreur. Elle doit être consciente de l'illusion de sous-estimer l'illusion. Erreur et illusion ont conduit les responsables politiques et militaires du destin de la France au désastre de 1940 ; elles ont conduit Staline à faire confiance à Hitler, qui faillit anéantir l'Union soviétique.

Tout notre passé, même récent, fourmille d'erreurs et d'illusions, l'illusion d'un progrès indéfini de la société industrielle, l'illusion de l'impossibilité de nouvelles crises économiques, l'illusion soviétique et maoïste, et aujourd'hui règne encore l'illusion d'une sortie de la crise par l'économie néolibérale, qui pourtant a produit cette crise. Règne aussi l'illusion que la seule alternative se trouve entre deux erreurs, l'erreur que la rigueur est remède à la crise, l'erreur que la croissance est remède à la rigueur.

L'erreur n'est pas seulement aveuglement sur les faits. Elle est dans une vision unilatérale et réductrice qui ne voit qu'un élément, un seul aspect d'une réalité en elle-même à la fois une et multiple, c'est-à-dire complexe.

Hélas. Notre enseignement qui nous fournit de si multiples connaissances n'enseigne en rien sur les problèmes fondamentaux de la connaissance qui sont les risques d'erreur et d'illusion, et il n'enseigne nullement les conditions d'une connaissance pertinente, qui est de pouvoir affronter la complexité des réalités.

Notre machine à fournir des connaissances, incapable de nous fournir la capacité de relier les connaissances, produit dans les esprits myopies, cécités. Paradoxalement l'amoncellement sans lien des connaissances produit une nouvelle et très docte ignorance chez les experts et spécialistes, prétendant éclairer les responsables politiques et sociaux.

Pire, cette docte ignorance est incapable de percevoir le vide effrayant de la pensée politique, et cela non seulement dans tous nos partis en France, mais en Europe et dans le monde.

Nous avons vu, notamment dans les pays du "printemps arabe", mais aussi en Espagne et aux Etats Unis, une jeunesse animée par les plus justes aspirations à la dignité, à la liberté, à la fraternité, disposant d'une énergie sociologique perdue par les aînés domestiqués ou résignés, nous avons vu que cette énergie disposant d'une intelligente stratégie pacifique était capable d'abattre deux dictatures. Mais nous avons vu aussi cette jeunesse se diviser, l'incapacité des partis à vocation sociale de formuler une ligne, une voie, un dessein, et nous avons vu partout de nouvelles régressions à l'intérieur même des conquêtes démocratiques

Ce mal est généralisé. La gauche est incapable d'extraire de ses sources libertaires, socialistes, communistes une pensée qui réponde aux conditions actuelles de l'évolution et de la mondialisation. Elle est incapable d'intégrer la source écologique nécessaire à la sauvegarde de la planète. Les progrès d'un vichysme rampant, que nulle occupation étrangère n'impose, impose dans le dépérissement du peuple républicain de gauche la primauté de ce que fut la seconde France réactionnaire.

Notre président de gauche d'une France de droite ne peut ni retomber dans les illusions de la vieille gauche, ni perdre toute substance en se recentrant vers la droite. Il est condamné à un " en avant ". Mais cela nécessite une profonde réforme de la vision des choses, c'est-à-dire de la structure de pensée. Cela suppose, à partir d'un diagnostic pertinent, d'indiquer une ligne, une voie, un dessein qui rassemble, harmonise et symphonise entre elles les grandes réformes qui ouvriraient la voie nouvelle.

Je dégagerais ce que pourrait être cette ligne, cette voie que j'ai proposée aussi bien dans La Voie que dans Le Chemin de l'espérance, écrit en collaboration avec Stéphane Hessel (Fayard, 2011).

Je voudrais principalement ici indiquer que l'occasion d'une réforme de la connaissance et de la pensée par l'éducation publique est aujourd'hui présente. Le recrutement de plus de 6000 enseignants doit permettre la formation de professeurs d'un type nouveau, aptes à traiter les problèmes fondamentaux et globaux ignorés de notre enseignement : les problèmes de la connaissance, l'identité et la condition humaines, l'ère planétaire, la compréhension humaine, l'affrontement des incertitudes, l'éthique.

Sur ce dernier point, l'idée d'introduire l'enseignement d'une morale laïque est à la fois nécessaire et insuffisante. La laïcité du début du XXe siècle était fondée sur la conviction que le progrès était une loi de l'histoire humaine et qu'il s'accompagnait nécessairement du progrès de la raison et du progrès de la démocratie.

Nous savons aujourd'hui que le progrès humain n'est ni certain ni irréversible. Nous connaissons les pathologies de la raison et nous ne pouvons taxer comme irrationnel tout ce qui est dans les passions, les mythes, les idéologies.

Nous devons revenir à la source de la laïcité, celle de l'esprit de la Renaissance, qui est la problématisation, et nous devons problématiser aussi ce qui était la solution, c'est-à-dire la raison et le progrès.

La morale alors ? Pour un esprit laïque, les sources de la morale sont anthropo-sociologiques. Sociologiques : dans le sens où communauté et solidarité sont à la fois les sources de l'éthique et les conditions du bien-vivre en société. Anthropologiques dans le sens où tout sujet humain porte en lui une double logique : une logique égocentrique, qui le met littéralement au centre de son monde, et qui conduit au " moi d'abord " ; une logique du " nous ", c'est-à-dire du besoin d'amour et de communauté qui apparaît chez le nouveau-né et va se développer dans la famille, les groupes d'appartenance, les partis, la patrie.

Nous sommes dans une civilisation où se sont dégradées les anciennes solidarités, où la logique égocentrique s'est surdéveloppée et où la logique du " nous " collectif s'est " sous-développée ". C'est pourquoi, outre l'éducation, une grande politique de solidarité devrait être développée, comportant le service civique de solidarité de la jeunesse, garçons et filles, et l'instauration de maisons de solidarité vouées à secourir les détresses et les solitudes.

Ainsi, nous pouvons voir qu'un des impératifs politiques est de tout faire pour développer conjointement ce qui apparaît comme antagoniste aux esprits binaires : l'autonomie individuelle et l'insertion communautaire.

Ainsi, nous pouvons voir déjà que la réforme de la connaissance et de la pensée est un préliminaire, nécessaire et non suffisant, à toute régénération et rénovation politiques, à toute nouvelle voie pour affronter les problèmes vitaux et mortels de notre époque.

Nous pouvons voir que nous pouvons commencer aujourd'hui une réforme de l'éducation par introduction de la connaissance des problèmes fondamentaux et vitaux que chacun doit affronter comme individu, citoyen, humain.

Edgar Morin, sociologue et philosophe.

Billet publié par le quotidien Le Monde le 2 janvier 2013

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 07:00

Image1.jpgDans un contexte marqué par des facteurs de changement (mondialisation des échanges, émergence de nouvelles puissances, impératif de transition écologique, révolution biologique et révolution numérique), le rapport insiste sur la nécessité de créer un organisme pour assurer la cohérence des politiques publiques en matière de stratégie et de prospective. Cet organisme, le Commissariat général à stratégie et à la prospective, placé auprès du Premier ministre, assurera cinq missions principales : prospective, stratégie, évaluation, coordination, production des comparaisons internationales et territoriales. Le rapport identifie à titre d'exemple une dizaine de thèmes d'études qui pourraient figurer parmi les premiers travaux du commissariat.

Ce rapport est la conséquence d'un travail collectif de  Yannick MOREAU,  Philippe AGHION,  Marion GUILLOU, Pierre ROSANVALLON , Henri ROUILLEAULT , Louis SCHWEITZER.

Télécharger le rapport ici http://www.ladocumentationfrancaise.fr/docfra/rapport_telechargement/var/storage/rapports-publics/124000652/0000.pdf

 

Le retour du Commissariat au Plan?

Par Michel Noblecourt (LE MONDE)

Force ouvrière ne s'y est pas trompé: dans un communiqué, publié jeudi 6 décembre, la confédération "se félicite du retour au Commissariat au Plan", que Dominique de Villepin avait supprimé en 2005 pour le remplacer par le Centre d'analyse stratégique. Sur la forme, FO a tort, il n'est pas question de recréer un commissariat au Plan et de retrouver les chemins de la planification fût-elle indicative. Sur le fond, elle a raison: dans le rapport qu'elle a remis, le 5 décembre, au premier ministre, Yannick Moreau, président de section, au Conseil d'Etat, préconise la création d'un Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) qui ressemble comme deux gouttes d'eau au défunt commissariat au Plan. Cette perspective avait été ouverte par Jean-Marc Ayrault, qui avait confié une mission à Mme Moreau, à l'issue de la conférence sociale en juillet.  

Au terme de sa mission, qui lui a permis d'auditionner de trés nombreuses personnalités - dont les dirigeants des cinq confédérations syndicales et des organisations patronales - , Mme Moreau, qui préside aussi le Haut conseil du dialogue social et qui était entourée notamment par Henri Rouilleault, ancien conseiller social de Michel Rocard, et Louis Schweitzer, ancien pdg de Renault, a présenté 30 propositions. Le rapport constate qu'"il manque un lieu bien structuré de prospective et de stratégie, placé auprès du premier ministre, qui assure une cohérence d'ensemble des politiques publiques et qui entretienne des liens effectifs avec les décideurs". Le CGSP qu'il est proposé de créer serait "un lieu transversal de concertation et réflexion ''à froid'', c'est à dire un lieu de synthèse et de partage, au service de la construction d'une vision de l'avenir". Sans être "un commissariat au dialogue social", il privilégierait "la concertation". Rattaché directement au premier ministre, il devrait être présidé par "une personnalité de grand talent, capable de mobiliser une expertise de qualité et d'articuler les travaux avec la décision publique". Un commissariat au Plan new look.

Pour Mme Moreau, ce nouvel outil devra travailler en bonne intelligence avec le Parlement et avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et devra "fonctionner en réseau avec les autres organismes d'études et de prospective auprès du premier ministre qui ont fait la preuve de leurs qualités et de leur savoir-faire". Le commissariat serait doté de cinq missions: "prospective, stratégie, évaluation, centre de ressources sur les concertations et débats publics et comparaisons internationales et territoriales". Le rapport suggére un toilettage, dans le sens d'une rationalisation et d'une simplification, des différents organismes de conseil et d'expertise placés auprés du premier ministre depuis 1997. Le Conseil d'orientation des retraites (COR), le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) et le Conseil d'analyse économique (CAE) seraient maintenus dans le nouveau réseau dont le commissariat prendrait la tête. En revanche la suppression des plusieurs organismes est recommandée: le Conseil d'analyse de la société, le comité de pilotage des régimes de retraite, le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale. Le Haut conseil à l'intégration verrait "sa composition, ses missions et son organisation repensées". Et divers outils de consultation dans les domaines du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle, feraient l'objet d'une simplification. L'idée serait que le CGSP anime "un réseau d'observations et de prospective des emplois et des compétences, rassemblant l'Etat, les régions, les partenaires sociaux et les branches professionnelles".

Pour "faire image", le rapport met en avant plusieurs thèmes de travail dont le nouveau commissariat pourrait s'emparer pour nourrir le débat: renforcer la France dans la mondialisation; repenser le modèle productif français; restaurer la confiance pour retisser le lien social; refonder le contrat territorial; penser la transition écologique; stimuler l'innovation technique et sociale dans le secteur agro-alimentaire; réduire les inefficiences dans le système de soins; adapter la politique du logement; définir une politique des âges. Enfin, il suggère de mener "une réflexion sur la France dans dix ans", comme aurait pu le faire un commissariat au Plan. M. Ayrault ayant souhaité, dans sa lettre de mission en date du 14 septembre, la création d'un "lieu de dialogue, de réflexion prospective et d'expertise sur les politiques publiques ouvert à l'ensemble des acteurs sociaux", destiné à se substituer au Centre d'analyse stratégique, la suite positive qui sera donnée à ce rapport Moreau ne fait aucun doute.

http://social.blog.lemonde.fr/2012/12/06/le-retour-du-commissariat-au-plan/

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 08:50

bastaLes expériences de gratuité se multiplient dans les services publics locaux. Transports en commun totalement gratuits à Aubagne ou Châteauroux, premiers litres d’eau gratuits dans des communes de l’Essonne ou des Bouches-du Rhône... A qui profite cette gratuité ? Comment est-elle financée ? Implique-t-elle une baisse de la qualité du service ? Incarne-t-elle une alternative face au dogme de la « consommation marchande » ? Réponses par les faits.

Monter dans un bus sans composter un ticket, et sans risquer de passer pour fraudeur, tel est le quotidien des Aubagnais. Depuis trois ans, cette localité de 104 000 habitants, en périphérie de Marseille, a fait le choix de la gratuité totale dans les transports en commun. Cette gratuité était auparavant réservée aux demandeurs d’emplois, aux allocataires du RMI et aux personnes âgées et handicapées. S’inspirant de l’esprit du « droit au transport pour tous » énoncé par la loi d’orientation des transports intérieurs votés par la gauche en 1982, le maire communiste d’Aubagne, Daniel Fontaine, et son équipe proposent cette mesure à leurs administrés lors des élections municipales de 2008.

Réélue, la municipalité entame alors un bras de fer avec la société des Autobus Aubagnais, propriété du groupe Veolia, qui exploite le réseau depuis 2007 dans le cadre d’une délégation de service public. Pour que Veolia accepte de mettre en œuvre la gratuité, les élus demandent à l’entreprise de revoir les objectifs de fréquentation à la hausse. Et les objectifs sont largement dépassés : durant les six premiers mois de gratuité, la fréquentation fait un bon de 70%. Entre 2008 et fin 2011, le nombre d’usagers progresse de 146% ! Bien au-dessus des objectifs initiaux, fixés dans le cadre de la délégation de service public avec des transports payants (+2% par an). Une enquête réalisée en mars 2010 par l’agglomération aubagnaise [1] montre que la gratuité, en plus de créer de la mobilité, attire de nouveaux usagers, parmi lesquels les jeunes de moins de 18 ans et les personnes « non captives » disposant d’un véhicule motorisé (deux-roues ou voiture).

A qui profite la gratuité ?

Dans l’agglomération de Châteauroux (76 000 habitants), les transports collectifs sont gratuits depuis une décennie. A la différence d’Aubagne, ce sont des considérations d’ordre économique qui ont conduit le maire UMP Jean-François Mayet à faire de la gratuité un thème de campagne pour les élections municipales. Son intention ? Dynamiser l’économie locale – notamment les commerces du centre-ville – sans remettre en cause l’usage de la voiture.

Dix ans après l’instauration de la gratuité, la fréquentation sur le réseau géré par Keolis, filiale de la SNCF, a progressé de 208% ! Selon une étude menée par la Communauté d’agglomération castelroussine [2], la gratuité profite surtout aux bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU) et de l’Aide médicale d’État [3]. Plus de la moitié des usagers dispose de revenus mensuels inférieurs à 1 100 euros. Près d’un nouveau voyageur sur dix n’utilisait pas auparavant les transports en commun en raison du prix des tickets.

Qui finance les transports gratuits ?

En plus d’Aubagne et de Châteauroux, 23 réseaux de transports urbains, sur 290, ont fait le choix de la gratuité totale pour les usagers (dont sept communes de plus de 40 000 habitants [4]). Et donc de se passer des recettes de billetterie. Les ventes de ticket couvrent en moyenne 20% des besoins de financement d’un réseau de transport urbain, rappelle le Groupement des autorités responsables de transport (GART), derrière les impôts locaux (30%), et les contributions des entreprises et des administrations (48%). Le GART, qui rassemble les villes et collectivités disposant d’un réseau de transport public, « n’encourage pas cette pratique » : la gratuité ne serait pertinente que pour les petits réseaux.

Pour remplacer les recettes de billetterie, Aubagne et Châteauroux ont décidé d’augmenter la contribution « versement transport » (VT). Celle-ci est payée par les entreprises privées ou publiques situées sur le territoire et employant plus de neuf salariés. Dans les deux villes, cette contribution a été portée respectivement à 1,8 et 0,6% de la masse salariale de l’entreprise [5]. S’y ajoute une ponction limitée au budget général de la collevctivité. Alors que la billetterie rapportait 710 000 euros, la hausse de la contribution des entreprises aux infrastructures de transports rapporte 5 millions d’euros supplémentaires. La Communauté d’agglomération du pays d’Aubagne et de l’Étoile projette même de construire un tramway totalement gratuit d’ici cinq ans. La gratuité totale n’interdit pas non plus les investissements futurs.

La gratuité, une « fausse bonne idée » ?

Malgré ces expériences, les méfiances à l’égard de la gratuité des transports collectifs demeurent fortes. Sans surprise, l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), qui regroupe les grandes entreprises du secteur – SNCF, RATP, Veolia-Transdev, Keolis (filiale privée de la SNCF)… –, considère la gratuité comme un « épiphénomène ». Et affiche son hostilité. Trop onéreuse, ne facilitant pas le report de la voiture vers les transports collectifs, menaçant la qualité de service, « la gratuité pour tous ne répond pas aux objectifs de développement d’un réseau de transport », juge l’UTP dans un rapport.

La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) partage également ces critiques. La gratuité est une « fausse bonne idée » qui « induit des déplacements inutiles, encourage l’étalement urbain et prive de ressources le système de transport au moment où la clientèle augmente et où les recettes fiscales des collectivités diminuent », estime l’association d’usagers. Elle lui préfère le système de tarification sociale pour les jeunes, les sans emplois ou les familles nombreuses. [6].

La gratuité entraîne-t-elle une baisse de la qualité ?

A Châteauroux, la mise en place de la gratuité a pour conséquence « une très légère baisse de la qualité » du service, constate Bruno Cordier, directeur du bureau d’études Adetec. Une qualité moindre qui se manifeste surtout, selon les usagers, par une dégradation de la propreté des bus, le fait qu’ils sont plus souvent bondés et moins ponctuels. C’est l’un des arguments contre la gratuité : elle favoriserait l’irrespect vis-à-vis des infrastructures, voire le vandalisme, suivant l’a priori « ce qui est gratuit n’a pas de valeur » (selon l’UTP). « La hausse du vandalisme observé à Châteauroux ne peut être imputée uniquement à la gratuité en tant que telle. Elle correspond malheureusement à une évolution de la société. Par ailleurs, il est logique que le vandalisme augmente quand la fréquentation augmente », tempère Bruno Cordier.

L’expert nuance également les critiques estimant que la gratuité ne favoriserait pas vraiment le report de la voiture vers les transports en commun. Pour être efficace, la gratuité « doit s’accompagner de contrainte sur l’automobile (circulation et stationnement) et d’un urbanisme cohérent [...]. Rendre les transports publics financièrement plus attractifs passe également par une information sur les coûts réels de la voiture et par une hausse de ces coûts (carburant, stationnement, péage urbain...) », explique-t-il [7]. Précisons que les transports – voitures comprises – restent le deuxième poste de dépense des ménages (14%), derrière le logement (25%) et devant l’alimentation (13%). Selon l’étude réalisée à Aubagne, l’instauration de la gratuité a permis de réduire de 63% les déplacements polluants, que ce soit pour se rendre à son travail, ou pour les loisirs.

Trois litres d’eau potable gratuits par jour et par personne

L’expérience de la gratuité se retrouve également dans le secteur de l’eau potable. Depuis décembre 2011, la ville de Roquevaire (8 700 habitants), située, elle aussi, dans la communauté d’agglomération du pays d’Aubagne et de l’Étoile, applique la « quasi-gratuité » de l’eau vitale : les 30 premiers mètres cubes sont facturés 1 euro HT – soit 0,03 euro le mètre cube –, les prix variant ensuite en fonction de la consommation [8]. Désireuse de s’affranchir des groupes privés, Roquevaire a opté pour une gestion en régie publique. Ce choix lui permet de réaliser ses propres forages à grande profondeur, de mobiliser son propre personnel et de financer elle-même les équipements nécessaires.

En Île-de-France, la Communauté d’agglomération des Lacs de l’Essonne (CALE), qui regroupe les villes de Grigny et Viry-Châtillon (60 000 habitants), est allée plus loin en instaurant la gratuité pour les premiers mètres cubes d’eau consommés, indispensables à la vie, soit trois litres par jour et par personne. Cette décision a été prise par son président, Gabriel Amard (Parti de Gauche), suite à la tenue d’une votation citoyenne en juin 2010 au cours de laquelle 95% des 4 949 votants se sont exprimés en faveur du passage en régie publique autonome. Cette dernière a été créée, après délibération, et en rompant le contrat alors en vigueur avec Veolia, le 1er juillet suivant.

Guerre de l’eau contre Suez et Veolia

Ce n’est pas tout. Gabriel Amard projette désormais de se passer des services de Eau du Sud Parisien, branche régionale de la Lyonnaise des Eaux (groupe Suez Environnement), pour l’approvisionnement en eau et de se tourner vers la régie publique Eau de Paris. Une décision qui n’est pas du goût de l’entreprise, qui a fait appel, en 2011, au cabinet de conseil en stratégie de communication et gestion de crise Vae Solis Corporate pour « limiter et réduire, en la discréditant sur le fond, la communication », jugée « agressive » et « outrancière » du président de la communauté d’agglomération (lire notre article). Soutenu par Eau de Paris, l’élu a porté plainte en juillet dernier contre Eau du Sud Parisien et le cabinet pour « trafic d’influence actif ». La Lyonnaise des Eaux, qui a condamné officiellement les pratiques de sa filiale Eau du Sud Parisien, a demandé le lancement d’une enquête interne… Tout en déclarant à son tour vouloir porter plainte contre Gabriel Amard pour « dénonciation calomnieuse ». L’affaire suit son cours.

« Pour nous, la gratuité permet de redistribuer l’impôt en cohérence avec notre planification écologique, affirme Nathanaël Uhl, le directeur de la communication de la CALE. Nous désirons aussi montrer par là que l’eau est un bien commun et qu’il est de notre responsabilité collective d’en prendre soin. » Et d’ajouter : « Nous avons pris le parti de rompre avec une certaine idée qui prévaut parmi les élus de gauche disant que la seule façon de responsabiliser les gens est de les faire payer... » Pour la CALE, la distribution de l’eau potable a été la première expérience de la gratuité. Aujourd’hui, la communauté d’agglomération de l’Essonne loue des vélos et fournit des composteurs gratuitement à ses administrés. « Nous voulons être un exemple car nous proposons des alternatives politiques concrètes. Ce ne sont pas uniquement des mots, ce sont des actes ! », insiste Nathanaël Uhl.

Quand la gratuité pulvérise « le dogme du libéralisme »

« Chaque fois que l’on prend une initiative dans le domaine de la gratuité, on fait revenir les gens à la politique, y compris lorsque c’est un échec », observe Paul Ariès (lire aussi notre entretien). Pour le politologue et objecteur de croissance, l’un des enjeux de la gratuité est de « sortir de l’économisme ». « De même qu’il n’y a pas de société marchande sans culture du marché, il ne peut advenir de société de la gratuité, sans culture de la gratuité », souligne-t-il.

« Saisir le capitalisme par la queue », non pas en s’en prenant directement à la propriété du capital, mais « en subvertissant le principe de consommation marchande » sur lequel elle se fonde. Voilà à quoi nous invite la gratuité selon Magali Giovannangeli, présidente de la communauté d’agglomération du pays d’Aubagne et de l’Étoile, et le philosophe Jean-Louis Sagot-Duvauroux, auteur de Voyageurs sans ticket [9] Avec l’instauration de la gratuité – cette « forme supérieure de dérégulation » qui n’établit aucune distinction entre les riches et les pauvres –, « le dogme du libéralisme, qui a pris une telle assise dans nos têtes, est pulvérisé par l’expérience », estiment-ils.

La gratuité contre la croissance ?

La gratuité de l’eau vitale, des transports en commun urbains, de la restauration scolaire, des services funéraires comme des services culturels, permet, selon Paul Ariès, de mettre en place des « modes de vie radicalement différents », de « repenser un projet global », devant être « au cœur de nos rêves, de nos réflexions et de nos actions ». Dans cette optique, Paul Ariès suggère, par exemple, la création d’une Agence nationale de la gratuité qui mutualiserait les expériences existantes. « Le système rend invisibles un certain nombre d’alternatives ; la gratuité en fait partie. Or, il nous faut rendre visible l’invisible », suggère-t-il.

Projet d’émancipation, la gratuité fait cependant débat au sein de la gauche, notamment entre partisans et opposants au revenu inconditionnel. « Pourtant, le combat de la gratuité permet de dépasser ce conflit, dans le sens où ce revenu social peut être donné à la fois en monnaie nationale, en monnaie régionale – à inventer – mais aussi sous forme de droit d’accès démonétarisé aux services publics et aux biens communs », indique Paul Ariès. « La gratuité doit notamment permettre de faire passer le discours de l’objection de croissance dans toute une culture de gauche. » Sa refondation est à ce prix.

Anthony Laurent

Notes

[1] Télécharger l’enquête.

[2] L’étude ici.

[3] L’article 123 de la loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbains (SRU) impose aux Autorités organisatrices de transport urbain (AOTU) d’accorder une réduction d’au moins 50% aux personnes bénéficiant de la CMU complémentaire et de l’Aide médicale d’État.

[4] Aubagne, Castres, Châteauroux, Compiègne, Muret, Vitré, Gap.

[5] Le VT est plafonné à 0,6% de la masse salariale pour les agglomérations de moins de 100 000 habitants ; à 1,05% jusqu’à 400 000 habitants ; à 1,8% au-delà, et à 2,6% pour Paris et les Hauts-de-Seine. Les collectivités disposant en outre de transports collectifs en site propre (tramway, métro, tram-train, etc.) peuvent appliquer un taux de 1,8%.

[6] Lire ici.

[7] Dans un rapport remis à l’Ademe.

[8] De 0,75 à 1,15 euro HT le mètre cube de 31 à 120 m3 consommés (« eau utile ») et de 1,4 à 3 euros HT le mètre cube de 121 à 10 000 m3 consommés (« eau de confort »). Un abonnement spécial à 0,25 euro HT le mètre cube est prévu pour une consommation d’eau excédant les 10 000 m3.

[9] Magali Giovannangeli et Jean-Louis Sagot-Duvauroux, Voyageurs sans ticket, Liberté, Égalité, Gratuité, une expérience sociale à Aubagne, Au diable vauvert, août 2012, 240 p., 15 euros.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:10
Water FRContre la marchandisation de l'eau
http://www.right2water.eu/fr
Ceci est une pétition -une Initiative citoyenne européenne- pour défendre la notion de l'eau (accès, distribution, prix) et de son assainissement (réseau d’égouttage, retraitement des eaux) comme bien public et droit universel et pour contrer sa marchandisation cad la volonté de faire de l'eau une marchandise comme n'importe quelle autre, soumise à la libéralisation, à la privatisation et au libre marché, de faire des services publics de gestion et de distribution de l'eau des entreprises commerciales à but exclusivement lucratif (des Electrabel/GDF SUEZ de l'eau) et de l'eau une denrée négociable sur le marché des matières premières et de l'énergie.
Je vous conseille de lire les pages FAQ et A propos, elles sont très instructives.
Cette pétition émane de la FSESP, la Fédération syndicale européenne des services publics qui représente 275 organisation syndicales européennes et des associations de défenses des droits humains, de l'environnement, des consommateurs, des femmes. de la santé, anti-pauvreté...
Les expériences de libéralisation des services publics de l'eau ont toutes abouti à des dégradations des services, des augmentations importantes des tarifs, des détériorations des réseaux et des infrastructures. Cf. l'excellent film-documentaire Waters make Money. (Je pense qu'on peut le voir au moins en partie ici)
Il s'agit d'une initiative citoyenne européenne, pratiquement notre seul droit et moyen de faire entendre notre point de vue aux institutions européennes.
Voici les conditions de recevabilité:
- Au minimum un million de signatures de citoyens issus d'au moins un quart des États membres de l'Union ;
- Le comité organisateur doit être composé d'au moins sept membres résidant dans au moins sept États membres de l'Union différents ;
- Les signatures doivent être collectées dans l'année suivant la confirmation de l'enregistrement de la proposition par la Commission ;
- Le nombre minimum de signatures par État est calculé en multipliant son nombre de députés au Parlement européen par 750. Voir cette page pour les autres pays.
En Belgique, cela signifie qu'il faut que 16500 citoyens signent cette initiative avant juillet 2013 sinon notre avis ne sera pas pris en compte, l'eau sera libéralisée et soumise à la concurrence comme progressivement tous les aspects de nos existences et toujours à notre détriment: énergie, transport, santé, services, éducation....
L'eau n'est ni un bien, ni un luxe, ni un choix, ni quelque chose qu'on devrait pouvoir s'approprier. L'eau est ce qui nous compose majoritairement et dont l'absence nous tue immanquablement.
Faites circuler !
http://www.right2water.eu/fr
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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 08:28

Audition le 12 septembre 2012 de M. Jean GADREY, Professeur émérite à l'Université de Lille I par la Section de l'économie et des finances  du CESE, dans le cadre de l'élaboration du "Rapport annuel sur l'état de la France en 2012".À la suite de cette audition, Jean GADREY été enregistré pour répondre à quatre questions, avec deux minutes environ par question :

1) Dans le contexte actuel, est-il possible d’envisager le plein emploi autrement que par la croissance économique ?
2) Comment mesurer la richesse d’un pays aujourd’hui ?

3) Pouvons-nous véritablement définir le bien-être ?

4) Qui est légitime pour le faire ?

 

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 06:54

Appel pour l'arrêt des subventions à la pollution et la mise en place d'une fiscalité française cohérente et écologique

Monsieur le Président de la République, mesdames et messieurs les parlementaires, à l'heure où des solutions sont recherchées pour réduire le déficit public, la France doit supprimer les nombreuses subventions nocives pour l'environnement, qui vont à l'encontre du principe pollueur-payeur.

Pour les seules subventions à la consommation d'énergies fossiles, 6 milliards d'euros sont dépensés chaque année, principalement dans le secteur des transports ! Ces aides publiques (exonérations de taxe, TVA réduite, etc.) augmentent les émissions de gaz à effet de serre, la pollution de l'eau et de l'air, la consommation de ressources naturelles et nuisent à la biodiversité.

Les exemples sont nombreux :
→ exonération de taxe intérieure sur l'énergie pour l'aviation (3,5 milliards d'euros dont 1,3 pour les vols intérieurs) ;
→ taux réduit pour le fioul utilisé comme carburant (1 milliard d'euros) ;
→ remboursement partiel de la taxe intérieure sur l'énergie aux transporteurs routiers (300 millions d'euros) ;
→ défiscalisation partielle des agrocarburants (196 millions d'euros) ;
→ TVA à taux réduit sur les engrais, avantages fiscaux au profit des usages fortement consommateurs de terres.
Au total, ces avantages concédés à la pollution représentent chaque année plusieurs milliards d'euros de dépenses pour l'état.

C'est pourquoi, nous, organisations de la société civile et économistes, lançons cet appel aux pouvoirs publics pour :
Supprimer rapidement les niches fiscales et autres aides publiques néfastes pour l'environnement et les ressources naturelles ;
Mettre en place les outils fiscaux qui nous permettront d'accompagner la nécessaire évolution des comportements et activités vers des modes moins consommateurs de ressources naturelles (notamment la contribution climat énergie et l'éco-redevance poids lourds).

Les crises environnementale, économique et sociale auxquelles nous sommes confrontés rendent plus que jamais nécessaire cette réorientation de notre fiscalité. L'argent récolté grâce à ces nouvelles mesures fiscales écologiques pourra notamment servir à financer la transition écologique tant attendue (rénovation des bâtiments, développement des transports en commun, etc.) dont les bénéfices dépasseront largement la sphère environnementale.

Pour éviter d'éventuels impacts sociaux négatifs, certaines de ces mesures pourront être assorties de mécanismes de redistribution afin de faciliter la transition pour les catégories les plus modestes et les secteurs économiques les plus fragiles.

Le rôle des pouvoirs publics n'est pas d'enfermer les citoyens et les entreprises dans un modèle sans lendemain mais d'accompagner les transformations économiques et sociales et les transitions professionnelles qui sont aujourd'hui incontournables.

POURQUOI CET APPEL ?

L'appel STOP AUX SUBVENTIONS A LA POLLUTION est lancé par le Réseau Action Climat (RAC-F) et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme (FNH), et soutenu par de nombreuses associations de protection de l'environnement, de défense de la biodiversité, de solidarité internationale, d'usagers des transports et d'alternatives énergétiques, ainsi que par des personnalités du monde universitaire.

Ensemble, nous appelons à une refonte profonde de la fiscalité française, une réforme écologique et cohérente en commençant par mettre fin aux avantages fiscaux accordés aux secteurs et activités polluantes.

Aujourd'hui en France, on subventionne trois fois plus le problème climatique que sa solution. Les secteurs polluants sont soutenus pour se développer et continuent à polluer ! A l'heure où le gouvernement prépare son budget et souhaite dégager des économies, il est bon de lui rappeler que le montant total des niches fiscales grises s'élève chaque année à 20 milliards d'euros.

Ces subventions nocives pour l'environnement ont déjà été pointées par des institutions très reconnues qui préconisent leur suppression :
→ le rapport Les aides publiques dommageables à la biodiversité de Guillaume Sainteny du Centre d'analyse stratégique (2011) ;
→ le rapport Dépenses fiscales liées à la consommation dÕénergies fossiles, par le comité d'évaluation des dépenses fiscales du Ministère du Budget, avril 2011 ;
→ le chapitre Incohérence : le rendez-vous manqué de la fiscalité écologique du rapport de Nicole Bricq alors rapporteuse de la Commission des Finances (2011).

Nous appelons également à la mise en place de mécanismes fiscaux justes et pérennes pour intégrer le poids carbone de chaque produit et service dans son prix et favoriser dès maintenant le développement des secteurs d'avenir.

Chacun est invité à se joindre à l'appel en signant la pétition pour signifier au Président de la République François Hollande et aux parlementaires français qu'il est urgent de réformer la fiscalité en France pour qu'elle ne participe plus à la destruction de nos écosystèmes et aux changements climatiques.

Je signe !

http://www.stopsubventionspollution.fr/

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 12:42

AttacDans un courrier envoyé hier à ses partenaires[1] – 30 associations, syndicats et partis politiques qui composent le collectif pour un audit citoyen de la dette publique[2]  -, Attac a proposé hier le lancement d'une campagne commune contre la ratification du Pacte budgétaire, qui devrait intervenir fin septembre selon le calendrier annoncé par le gouvernement.

Cette « campagne-éclair » explique Aurélie Trouvé, coprésidente de l'association altermondialiste, « est destinée à imposer un débat sur l'Europe à une majorité présidentielle qui semble pressée de tourner la page de la ratification. Le gouvernement veut éviter le débat, car François Hollande avait promis de renégocier le Pacte pour limiter ses effets récessifs, mais il n'a en fait rien obtenu d'Angela Merkel ».

Attac demande depuis des mois un référendum sur le Pacte budgétaire. Mais devant la décision de l'Élysée de recourir à une ratification parlementaire rapide, l'association veut mettre les députés et sénateurs de la majorité sous pression : « nous souhaitons proposer aux citoyens d'envoyer une adresse à leur député ou sénateur, leur demandant de respecter la parole donnée. On ne peut pas mépriser de cette façon les engagements électoraux, et encore moins poursuivre la construction européenne dans le dos et contre les intérêts des populations », souligne Aurélie Trouvé. D’autres initiatives sont prévues à l’occasion de cette campagne-éclair : meetings unitaires partout en France, actions de rue devant les permanences des élus, manifestation à Paris le jour du vote.

A plus long terme, Attac propose à ses partenaires d'initier la session française d'un « Tribunal européen de la dette et de l'austérité »: « Il s'agit de créer un espace public européen, où les citoyens pourront identifier les causes de la crise actuelle et imaginer des alternatives. Le réseau des Attac d'Europe propose ce Tribunal citoyen comme une initiative commune aux mouvements sociaux européens » explique Thomas Coutrot, coprésident d’Attac. Cette initiative pourrait être lancée à Florence à la mi-novembre, lors d'une assemblée européenne des mouvements sociaux. Un moyen pour la société civile européenne de reconstruire un rapport de forces face à ceux qui veulent imposer à tout prix l'austérité au plus grand nombre, pour mieux perpétuer les privilèges de quelques-uns.

Attac France,

A Toulouse, le 27 août 2012

  • [1 ]Voir sur le site d’Attac France : http://www.france.attac.org/articles/luttons-ensemble-contre-le-pacte-budgetaire-et-pour-une-autre-europe
  • [2]  Voir la liste des organisations sur www.audit-citoyen.org
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La médiathèque d'Attac

Une rubrique sur les lectures, films, musiques qui ont marqués les militants d'Attac Villeneuve d'Ascq

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