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  • : Le site de Attac Villeneuve d'Ascq
  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
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Pourquoi y a-t-il si peu de Gilets Jaunes à Roubaix ! mobiliser les quartiers populaires !  20 avril 2019
Gilets jaunes, les raisons de la colère samedi 16 mars 2019

Économie, Social, Environnement, Anthropologie, .....       Et fin du Capitalisme!  invité Paul Jorion 16 février 2019

Deux mobilisations contre le réchauffement climatique et pour l'amélioration de la qualité de la vie en villePARC et la friche Saint-Sauveur et Le collectif transports publics gratuits en métropole lilloise. 19 janvier 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 10:40

Le gouvernement français a franchi un pas en s'engageant à fournir à la marine libyenne des bateaux destinés à pourchasser les exilé-e-s tentant la traversée de la Méditerranée vers l'Europe. Habitat et citoyenneté, La Roya citoyenne et la Ligue des Droits de l'Homme Nice et PACA lancent une pétition.

L'implication de l'Italie pour que les autorités et parfois les milices libyennes empêchent les exilé-e-s d'atteindre l'Europe ne date pas de Salvini. La politique française qui suit la même orientation ne date pas de Macron. À commencer par le versant de cette politique qui consiste à faire pression sur l'Italie en bloquant la frontière franco-italienne et en augmentant les expulsions Dublin.

Mais un pas est franchi quand à la suite du gouvernement italien le gouvernement français fournit à la Libye des bateaux qui serviront à pourchasser les exilé-e-s en mer pour les ramener vers les camps Libyens. Une chose est d'avoir habillé, chaussé, entraîné au tir l'assassin, une autre est de lui donner son arme.

C'est la politique européenne, assumée par le gouvernement français qui y joue un rôle moteur : les exilé-e-s ne doivent quitter les camps libyens que pour être renvoyé-e-s dans leur pays d'origine par les soin de l'Organisation Internationale des Migrations, sous le nom de "retour volontaire", et pour une minorité qui aura la chance d'être choisie comme caution humanitaire, la réinstallation dans un pays occidental. Dans ce cadre, l'asile n'est plus un droit mais une charité à la discrétion des États - voire un argument de communication pour faire accepter un monde sans droits.

Et qu'importe si les politiques migratoires européennes, l'argent qu'elles injectent et les jeux de pouvoir troubles auxquelles elles s'entremêlent entretiennent l'instabilité en Libye et poussent les exilé-e-s à continuer leur route vers l'Europe, alors qu'au temps de sa stabilité, la Libye, pays riche de son pétrole et peu peuplé, accueillait entre un million et demi et deux millions de travailleur-se-s immigré-e-s, dont une minorité songeait à continuer sa route vers l'Europe.

Face à ce pas franchi, ces bateaux qui doivent être fournis pour retourner les exilé-e-s vers les camps, les traitements inhumains et dégradants, les viols, la torture, le travail forcé, une pétition a été initiée. N'hésitez pas à signer et à relayer :

 

https://www.change.org/p/m-le-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-la-barbarie-permis-de-tuer-pas-en-notre-nom

" Adressée à :
M. Le Président de la République
M. le ministre des Armées

 

                               LA BARBARIE : PAS EN NOTRE NOM !

          Comment un gouvernement peut-il autant bafouer les droits humains
                                                 en notre nom ?

Après avoir refusé d’accueillir les bateaux comme l’Aquarius qui ont sauvé des milliers de migrant.e.s de la noyade en Méditerranée et avoir participé ainsi à leur disparition, la France vient de décider d’offrir 6 embarcations marines rapides à la Libye.  « Cette action s’inscrit dans le cadre du soutien de la France aux efforts de la marine libyenne pour lutter contre l’immigration clandestine », selon le porte parole du ministère des Armées.

Les migrant.e.s et demandeur.euse.s d’asile qui sont capturés en mer et refoulés en territoire libyen sont placé.e.s en rétention et  soumis à des conditions de vie inhumaines : Insuffisance de nourriture,  d'eau, de soins médicaux, mais aussi  passages à tabac, tortures, violences sexuelles, esclavage, homicides… En bref, droit de vie et de mort sur des personnes otages de la barbarie. Plus personne ne l’ignore.
Le Gouvernement français délivre donc un permis de tuer en notre nom !

Nous exigeons que la France renonce à ce projet qui bafoue une fois de plus les valeurs constitutionnelles françaises : Liberté, Egalité, Fraternité. Parce qu’il est du devoir absolu de tout gouvernement de la République d’en assurer le respect, nous demandons que la France accueille dignement ces hommes, ces femmes et ces enfants : cinquième puissance économique mondiale, nous pouvons le faire, nous devons le faire !


Pétition initiée par :
Roya citoyenne - Ligue des droits de l’homme, Comité régional PACA et section de Nice - Habitat & Citoyenneté.

relayée par commission migrations ATTAC-France

 

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 17:09

Les 40 plus belles victoires sociales, écologiques, démocratiques et culturelles de 2018

sites : Bonnes Nouvelles Bonnes-Nouvelles.be

et : Il faut tuer TINA , pour rompre avec le fatalisme et changer le monde

Des inégalités toujours plus grandes et plus scandaleuses ; des guerres et des conflits sanglants qui se poursuivent; des attentats monstrueux qui se perpétuent ; une absence toujours totale de volonté politique pour entamer la transition écologique ; des multinationales qui continuent de violer les droits humains en toute impunité et de licencier massivement alors qu'elles font de juteux profits ; des politiques antisociales, autoritaires et xénophobes qui continuent de se propager un peu partout ; des centaines de millions de personnes qui continuent de mourir de faim alors qu'on pourrait sans problème nourrir correctement 12 milliards d'individus ; les violences envers les femmes qui continuent, encore et encore... L'année 2018 fût à de nombreux niveaux, noire, négative, déprimante, révoltante, indigne de notre humanité.


Si nier cette triste réalité est absurde, affirmer qu'il est impossible de la changer l'est tout autant. Non seulement les alternatives à la mondialisation capitaliste existent, mais de nombreuses luttes porteuses d'espoirs, locales et globales, ont fleuri un peu partout sur la planète en 2018. Et certaines de ces luttes ont abouti à des victoires. Des victoires importantes pour les droits des femmes ont été obtenues. Des luttes sociales ont réussi à faire plier des multinationales. Des mobilisations ont fait reculer des projets néfastes pour l'humanité. Des hommes et des femmes ont développé des initiatives locales renforçant la solidarité et la coopération. Des décisions de justice ont confirmé la primauté des droits humains sur le profit ou les autres droits. Des gouvernements ou des autorités publiques ont pris leur courage à deux mains et mis en oeuvre des politiques progressistes en faveur de la justice sociale...

Bien sûr, ces petites et grandes victoires restent partielles et insuffisantes. Prises individuellement, certaines peuvent même paraître dérisoires. Mais elles sont un point d'appui. Elles prouvent que des victoires sont possibles et, mises ensemble, elles montrent à quel point la volonté de changement est puissant et omniprésent.


Grâce à un travail collectif, nous avons recensé, publié et diffusé plus de 150 victoires en 2018. Nous vous proposons ci-dessous un petit Best of des 40 plus belles victoires. Nous espérons qu'elles vous aideront à lutter contre le fatalisme ambiant et constitueront des moteurs et des sources d'inspiration pour vos actions individuelles et collectives.
 

Les luttes sociales, ça peut payer, même contre des multinationales

  1. Victoire des travailleuses de Lidl après une grève (Lire)

  2. Notre-Dame-des-Landes : le projet d'aéroport est abandonné (Lire)

  3. Grève victorieuse des éboueurs de Véolia propreté à Clermont (Lire)

  4. Le syndicat débutant qui a gagné le bras de fer avec le géant des cafés : le cas de Starbucks au Chili (Lire)

  5. Victoire pour les mineurs chiliens d'Escondida (Lire)

  6. Allemagne : grâce aux mobilisations, la justice stoppe l'agrandissement d'une vaste mine de charbon (Lire)

  7. Affaire des emprunts toxiques : la Ville Sassenage gagne en appel contre la banque Dexia (Lire)

  8. Marseille : victoire des salariés contre MacDonalds (Lire)

Des initiatives locales qui renforcent la solidarité et la justice

  1. Italie : « SfruttaZero », une sauce tomate contre l'exploitation des travailleurs migrants et des précaires en Italie (Lire)

  2. Quand la résistance se fait créatrice : Vio.Me, de l'entreprise occupée vers la coopérative autogérée (Lire)

  3. En Inde, il redonne vie aux lacs asséchés (Lire)

Le courage politique, ça existe

  1. Espagne : le gouvernement taxe les banques pour financer les retraites (Lire)

  2. Au Canada, des médecins pourront prescrire des visites gratuites au musée (Lire)

  3. Au Mexique, le nouveau président divise son salaire par deux et vend son avion (Lire)

  4. L'Irlande rejoint le mouvement mondial de boycott d'Israël, BDS (Lire)

  5. Belgique. La résistance s'organise dans les Communes contre la privatisation de Belfius (Lire)

La Nature a des droits.

  1. Climat : nouvelle victoire pour les citoyens néerlandais (Lire)

  2. La Suède se dote d'une loi climatique extrêmement ambitieuse (Lire)

Investir dans les transports en commun et dans la transition, c'est possible

  1. En Estonie, on ne paiera plus pour prendre le bus (Lire)

  2. Dunkerque : la gratuité totale des bus (Lire)

  3. Le Luxembourg va devenir le premier pays au monde à rendre tous les transports publics gratuits (Lire)

  4. Allemagne : moins de voitures grâce à de petites lignes de train rouvertes (VIDEO) (Lire)

Féminisme et mouvement LGBTQ

  1. Grève générale sans précédent pour les femmes en Espagne (Lire)

  2. L'Irlande rompt catégoriquement avec des siècles de prohibition de l'avortement (Lire)

  3. Islande: L'égalité de salaire entre les femmes et les hommes est maintenant obligatoire (Lire)

  4. En Inde, la Cour suprême décide de dépénaliser l'homosexualité (Lire)

  5. Le prix Nobel de la paix 2018 décerné à Denis Mukwege et Nadia Murad (Lire)

Migrations : construire des ponts, pas des murs

  1. Migrants : le Conseil constitutionnel abolit le «délit de solidarité» (Lire)

  2. La Cour de cassation annule la condamnation de Cédric Herrou (Lire)

  3. Les quatre citoyens qui avaient hébergé des migrants sont acquittés (Lire)

  4. Le maire de Montreuil réquisitionne des bureaux vides pour y loger des travailleurs immigrés (Lire)

  5. Dans le Morvan, un village résistant accueille des demandeurs d'asile (Lire)

  6. Mobilisation monstre contre le racisme dans les rues de Berlin (Lire)

Le droit comme instrument de lutte

  1. Bolloré perd définitivement son premier procès en diffamation intenté à Bastamag (Lire)

  2. Affaire Luxleaks: la condamnation du lanceur d'alerte Antoine Deltour est annulée (Lire)

  3. Antoine Deltour définitivement reconnu comme lanceur d'alerte par la justice (Lire)

  4. La Cour constitutionnelle belge rend son verdict : Victoire totale contre le fonds vautour NML Capital (Lire)

  5. Dieselgate : condamnation de Michel Aubier pour "faux témoignage " : un jugement historique (Lire)

  6. Glyphosate : Monsanto condamné à payer 290 millions de dollars à un jardinier malade d'un cancer (Lire)

  7. Victoire historique pour les droits des paysannes au Conseil des Droits humains de l'ONU (La Belgique et la France s'abstiennent ...) (Lire)


 

 

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10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 10:15

Les “gilets jaunes” sont aussi le produit d’une succession d’échecs du mouvement social.

La colère sociale a trouvé avec le mouvement des « gilets jaunes » une expression inédite. Le caractère néopoujadiste et antifiscaliste qui semblait dominer il y a encore quelques semaines et les tentatives d’instrumentalisation de l’extrême droite et de la droite extrême ont été relativisés par la dynamique propre du mouvement, qui s’est considérablement élargi, et la conscience que les taxes sur l’essence étaient « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».

Quelques dérapages homophobes ou racistes, certes marginaux mais néanmoins détestables, et des incidents quelquefois graves n’en ternissent pas le sens. Ce mouvement d’auto-organisation populaire fera date et c’est une bonne nouvelle.

Le mouvement des « gilets jaunes » est d’abord le symptôme d’une crise généralisée, celle de la représentation politique et sociale des classes populaires. Le mouvement ouvrier organisé a longtemps été la force qui cristallisait les mécontentements sociaux et leur donnait un sens, un imaginaire d’émancipation. La puissance du néolibéralisme a progressivement affaibli son influence dans la société en ne lui laissant qu’une fonction d’accompagnement des régressions sociales.

Situation mouvante

Plus récemment, le développement des réseaux sociaux a appuyé cette transformation profonde en permettant une coordination informelle sans passer par les organisations. L’arrogance du gouvernement Macron a fait le reste avec le cynisme des dominants qui n’en finit pas de valoriser « les premiers de cordée », contre « ceux qui fument des clopes et roulent au diesel ».

Les « gilets jaunes » sont aussi le produit d’une succession d’échecs du mouvement social. Ces échecs se sont accentués depuis la bataille de 2010 sur les retraites jusqu’à celle sur les lois Travail ou la SNCF, et ont des raisons stratégiques toutes liées à l’incapacité de se refonder sur les plans politique, organisationnel, idéologique, après la guerre froide, la mondialisation financière et le refus de tout compromis social par les classes dirigeantes. Nous sommes tous comptables, militants et responsables de la gauche politique, syndicale et associative, de ces échecs.

Dans cette situation mouvante, la réponse de la gauche d’émancipation doit être la politisation populaire. C’est sur ce terreau qu’il nous faut travailler à la refondation d’une force ancrée sur des valeurs qui continuent à être les nôtres : égalité, justice fiscale, sociale et environnementale, libertés démocratiques, lutte contre les discriminations. Le mouvement des « gilets Jaunes » se caractérise par une défiance généralisée vis-à-vis du système politique, en particulier vis-à-vis des partis et des syndicats.

Ancrer une gauche émancipatrice dans les classes populaires

On ne combattra pas cette défiance, ni l’instrumentalisation par l’extrême droite, ni le risque d’antifiscalisme, en pratiquant la politique de la chaise vide ou en culpabilisant les manifestants. Il s’agit bien au contraire de se donner les moyens de peser en son sein et de gagner la bataille culturelle et politique de l’intérieur de ce mouvement contre l’extrême droite et les forces patronales qui veulent l’assujettir.

Deux questions sont posées par ce mouvement : celui de la misère sociale grandissante notamment dans les quartiers populaires des métropoles et les déserts ruraux ou ultrapériphériques ; celui de la montée d’une crise écologique et climatique qui menace les conditions d’existence même d’une grande partie de l’humanité et en premier lieu des plus pauvres.

Il faut répondre à ces deux questions par la conjonction entre un projet, des pratiques sociales et une perspective politique liant indissolublement la question sociale et la question écologique, la redistribution des richesses et la lutte contre le réchauffement climatique. L’ancrage d’une gauche émancipatrice dans les classes populaires est la condition première pour favoriser une coalition majoritaire pour la justice sociale et environnementale.

Tribune parue dans Le Monde : Fondation Copernic et ATTAC

Annick Coupé, Patrick Farbiaz, Pierre Khalfa, Aurélie Trouvé, membres d’Attac et de la Fondation Copernic.

 

 

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 20:18

L’université de médecine de Tokyo limite l’accès des femmes

« De nombreuses étudiantes qui obtiennent leur diplôme finissent par quitter les services médicaux pour se marier, accoucher et élever leurs enfants », justifie une source de la faculté.

Estimant que la propension des femmes à se marier et à avoir des enfants constituait un préjudice pour le bon fonctionnement des hôpitaux, l’université de médecine de Tokyo (TMU) a discrètement fixé un numerus clausus à leur admission dans ses amphithéâtres. Depuis 2011, l’établissement privé fait tout pour éviter d’avoir plus de 30 % d’étudiantes reçues à son examen d’entrée. En 2018, le taux de réussite fut de 8,8 % pour les garçons et de 2,9 % pour les filles.

Révélée jeudi 2 août par le quotidien Yomiuri, l’affaire a incité une centaine de femmes à se rassembler, vendredi, devant la TMU pour appeler à la fin des discriminations. « Des portes se ferment devant nous simplement parce que nous sommes des femmes. Nous ne devrions pas laisser les jeunes générations vivre une expérience aussi traumatisante », a tweeté Minori Kitahara, écrivaine et militante féministe présente au rassemblement.

Le choix du numerus clausus de la TMU serait lié au fait que « de nombreuses étudiantes qui obtiennent leur diplôme finissent par quitter les services médicaux pour se marier, accoucher et élever leurs enfants, ce qui pose des problèmes dans les hôpitaux », a expliqué au Yomiuri une source de l’université. La décision d’imposer un quota aurait été prise après les examens de 2010. Cette année-là, 40 % des admis étaient des admises. « En général, les candidates sont meilleures que les candidats. Si les examens étaient menés normalement, les filles seraient plus nombreuses à le réussir », a ajouté la source.

Une affaire du plus mauvais effet

Seuls 20,3 % des médecins sont des femmes au Japon, une proportion qui le classe dernier des pays de l’OCDE où la moyenne de doctoresses est de 46,1 %. Dans un tweet le 2 août, l’ambassade de France a rappelé qu’en France, « les femmes représentaient en 2016 64,1 % des étudiantes dans les filières médicales contre 57,7 % en 2000. La parité chez les médecins devrait être atteinte en 2021 ». Et de lancer cette invitation : « N’hésitez pas à choisir la France pour vos études. »

L’affaire est du plus mauvais effet alors que le premier ministre, Shinzo Abe, dit vouloir que « les femmes brillent » dans les entreprises comme dans les administrations. Le ministre de l’éducation, Yoshimasa Hayashi, a qualifié la politique de la TMU de « tout simplement inacceptable », mais son ministère rappelle que les universités ont le droit de fixer des quotas d’admission à condition que la mesure soit clairement stipulée avant les examens.

Et les discriminations envers les femmes restent élevées dans le monde du travail. En avril, une employée de crèche de Nagoya (centre) avait dû s’excuser pour être tombée enceinte sans « attendre son tour ». La direction avait imposé un ordre pour les grossesses de ses salariées, justifiant cette politique par la difficulté de recruter du personnel compétent pour compenser les absences. Citée en mai par le quotidien Mainichi, une employée de 26 ans du secteur des cosmétiques expliquait avoir reçu un document détaillant les calendriers pour les grossesses et les congés maternité, assorti d’un avertissement : « Tout comportement égoïste sera passible de sanctions. »

Article paru dans le Monde du 5 Aout 2018

 

 

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 19:14

De plus en plus de joueurs africains tentent leur chance dans les championnats asiatiques en Thaïlande, au Népal, au Kirghizistan… Une drôle d’aventure qui peut tourner au cauchemar.

Quand on va dans l’Himalaya au Népal, dans les steppes du Kazakhstan ou dans les jungles d’Asie du Sud-Est, on ne s’attend pas à trouver de jeunes Africains dans les équipes locales, régionales et nationales de football. Les championnats asiatiques comptent pourtant un nombre impressionnant de jeunes souvent originaires d’Afrique de l’Ouest, car des milliers d’entre eux quittent l’Afrique pour tenter de réaliser leur rêve : devenir des stars du foot. Le marché européen étant complètement saturé, de plus en plus d’Africains se tournent vers l’Asie dans l’espoir d’être recruté par un club.

Le foot est quasiment une religion en Afrique et de nombreux jeunes espèrent connaître le même destin que leurs héros des championnats européens. Pour la jeunesse défavorisée, c’est un moyen de sortir de la pauvreté et de progresser sur l’échelle sociale.

Même ceux qui ont la chance d’obtenir un contrat avec des équipes africaines ne peuvent pas toujours gagner leur vie grâce à leur carrière de footballeur. Seuls quelques clubs professionnels ont les moyens de rémunérer leurs joueurs. De même, les footballeurs africains salariés ont des revenus très modestes par rapport à leurs homologues étrangers : trois quarts des athlètes sur le continent gagnent moins de 1 000 dollars [860 euros] par mois.

Un tremplin pour l’Europe ?

Par conséquent, quand un jeune homme semble avoir du potentiel, il est recruté à l’étranger avec la promesse que ses besoins et ceux de sa famille seront pris en charge. Les joueurs préfèrent tenter l’aventure [plutôt que de rester dans leur pays], explique Kazimir Makeh, entraîneur de première division au Cameroun.

Si jouer pour un club européen est le rêve ultime d’une majorité de jeunes, les footballeurs africains se tournent de plus en plus souvent vers des clubs asiatiques, qui sont jugés plus faciles d’accès et qui sont vus comme un tremplin leur permettant de réussir en Europe. Parallèlement, de nombreux clubs en Asie cherchent à importer des joueurs africains en raison de leur style de jeu et de leurs aptitudes physiques.

Les sportifs étrangers sont des investissements coûteux pour les clubs. De nombreux clubs asiatiques profitent du fait qu’ils peuvent recruter ces joueurs africains pour presque rien”, remarque Gabriel Ken Gadaffi, président de l’Association de la communauté nigériane au Laos.

Des agents peu scrupuleux et d’autres intermédiaires ont fait leur apparition et exploitent les rêves des jeunes Africains. Emmanuel Koska a quitté un poste dans l’équipe de la Menoua en deuxième division camerounaise, mais aussi vendu les terres de son père pour payer un voyage en Thaïlande car selon son agent, un emploi lucratif était censé l’y attendre. Quand il est arrivé sur place, cet agent a disparu avec son argent et l’équipe ne l’a pas gardé. En Thaïlande, “pour 40 joueurs engagés par une équipe, il y en a 50 dans la rue, sans contrat et sans moyens de subsistance”, estime un agent camerounais.

Ici, ils pensent avoir la belle vie”

En 2010, deux joueurs camerounais ont été arrêtés après qu’ils ont avoué avoir contrefait des dollars parce qu’ils étaient restés coincés en Birmanie sans pouvoir obtenir de contrat avec une équipe locale. D’autres jeunes footballeurs en Birmanie travaillent comme enseignants ou serveurs afin de gagner leur vie. Même ceux qui ont un contrat touchent parfois un salaire qui ne dépasse pas 200 dollars [170 euros], alors qu’une paire de chaussures de foot coûte déjà 100 dollars dans ce pays.

De plus, nombre de joueurs africains qui arrivent en Asie ont des attentes irréalistes et pensent que les exigences modestes des clubs asiatiques garantissent un recrutement quelque soit leur niveau. Les nombreux agents corrompus ne font qu’attiser la naïveté des jeunes footballeurs : beaucoup de joueurs et de clubs se font extorquer des frais de signature de contrat, alors que le jeune est à peine capable de taper dans un ballon à l’entraînement.

Les joueurs qui viennent ici en pensant avoir la belle vie comprennent vite que [le championnat de Birmanie de football] n’est pas ce à quoi ils s’attendaient. À première vue, le monde du foot en Birmanie semble facile, mais pour les joueurs la compétition est rude”, explique Jonathan Yamoah, manager ghanéen du club de Nay Pyi Taw. Il a parcouru le monde quand il était footballeur et a joué sur trois continents avant d’arriver en Birmanie en 2009, à la création du championnat.

2 000 dollars par mois au Bangladesh, 9 000 dollars en Thaïlande

Malgré tout, de nouveaux joueurs arrivent tous les ans d’Afrique de l’Ouest, attirés par la promesse de contrats garantis et de meilleurs salaires. Il y a de grands écarts de rémunération parmi les joueurs en Asie : les étrangers peuvent espérer jusqu’à 2 000 dollars [1 700 euros] par mois au Bangladesh ou 9 000 dollars en Thaïlande ; les joueurs les plus cotés en Indonésie gagnent environ 80 000 dollars par an, et les footballeurs stars du Vietnam reçoivent 200 000 à 300 000 dollars par an. Les recruteurs citent ces chiffres considérablement plus élevés qu’en Afrique pour persuader des jeunes de faire le voyage.

Certains réussissent dans leur nouveau pays, mais ils sont beaucoup plus nombreux à être exploités ou laissés en plan dans un pays étranger une fois que leur agent s’est fait la malle avec leur argent. Quasiment n’importe qui peut prétendre être agent, d’autant plus depuis la modification des règles de la Fédération internationale de football (Fifa) en 2015.

Maintenant, les clubs et les joueurs n’ont plus besoin de faire appel à un agent licencié pour négocier leurs contrats, mais seulement à des “intermédiaires”. Les agents doivent passer des tests organisés par les fédérations de leur pays, alors que les intermédiaires n’ont qu’à certifier eux-mêmes qu’ils ont bonne réputation.

Avant le changement de réglementation, seuls 30 % des transferts avaient lieu grâce à des agents licenciés. Le nouveau système de la Fifa devait remédier à ce problème, mais beaucoup affirment que la situation s’est aggravée.

Forcés à signer des contrats au Laos

En février 2015, une affaire médiatisée a braqué les projecteurs sur les lacunes du système de la Fifa, quand le syndicat de joueurs professionnels FIFPro a enquêté sur le transfert illégal de 23 footballeurs africains (dont certains avaient 14 ans seulement) dans une école de foot clandestine au Laos. Cette opération avait été orchestrée par l’équipe laotienne Champasak United. Les joueurs ont été emmenés illégalement dans le petit pays asiatique et forcés à signer des contrats de six ans.

Malgré la promesse d’un salaire de 200 dollars par mois et d’un logement, les joueurs n’ont jamais rien perçu et ont été confinés dans le stade, où ils devaient dormir par terre dans une seule pièce. L’un des jeunes a parlé d’“esclavage” et a précisé qu’aucune aide médicale n’avait été fournie, même quand certains joueurs ont contracté le paludisme et la fièvre typhoïde. Le syndicat FIFPro “soupçonne que cette affaire n’est pas unique en son genre et est plutôt le sommet de l’iceberg”.

De nombreux jeunes arrivent en Asie avec des visas touristiques en espérant décrocher un poste dans un club local. Le Cambodge a connu une forte hausse du nombre de joueurs africains entre 2007 et 2010, quand les salaires mensuels dans le championnat sont passés d’une vingtaine de dollars à une fourchette de 70 à 100 dollars. Il y a donc plus de 100 ressortissants d’Afrique qui rivalisent pour occuper les 30 postes pouvant être attribués au Cambodge à des joueurs étrangers (venant du monde entier).

On lui promet la Russie, il atterrit au Tadjikistan

Une fois sur place, beaucoup attendent que la chance leur sourie, et leur visa de tourisme finit par expirer. Coincés en Asie sans argent et en situation irrégulière, beaucoup de footballeurs africains vivent dans la pauvreté, et certains deviennent des délinquants. Même ceux qui réussissent à décrocher un poste dans un club sont à la merci de leurs employeurs, qui peuvent exiger des salaires et des conditions de travail déraisonnables, car les joueurs sont en situation irrégulière.

Sans visa valide, les footballeurs ne peuvent pas non plus dénoncer les abus, par crainte d’être expulsés. Même Louis-Paul Mfede, qui a joué pour le Cameroun lors du Mondial de 1990 et de 1994, et qui est ensuite allé jouer en Indonésie, a été emprisonné là-bas après l’expiration de son visa.

De son côté, Olawale Sunday a quitté le Nigeria en pensant intégrer un club professionnel en Russie, mais il s’est retrouvé dans un petit club du Tadjikistan avec un salaire très inférieur à ce qu’on lui avait promis. Son histoire n’est pas unique, car c’est en Asie centrale qu’atterrissent de nombreux footballeurs africains victimes d’arnaques : “De nouvelles routes de l’‘esclavage footballistique’ se forment dans la région”, affirme David McArdle, qui tient un blog sur le foot en Asie centrale.

Olawale Sunday fait partie des plus chanceux, car il joue désormais au Kirghizistan dans une équipe de deuxième division. Daniel Togoe, qui est ghanéen, est lui aussi allé en Russie pour tenter sa chance, mais il a fini au Kirghizistan. Heureusement pour lui, il est maintenant l’un des quatre joueurs originaires d’Afrique de l’Ouest qui évoluent dans l’équipe nationale kirghize. D’après les règles de la Fifa, un joueur peut intégrer l’équipe nationale d’un autre pays après y avoir vécu cinq ans et avoir obtenu la citoyenneté. Même si leurs familles et amis leur manquent, Daniel Togoe et ses coéquipiers se plaisent au Kirghizistan, car le contingent ouest-africain de l’équipe attire beaucoup l’attention.

L’apport des joueurs africains aux championnats locaux

En 2013, David Tetteh [du Ghana] a marqué tous les buts [du Kirghizistan] pendant l’AFC Challenge Cup [une compétition entre pays asiatiques]. J’ignore comment il a trouvé le Kirghizistan, s’interroge le journaliste kirghiz Bektour Iskender, mais [lui et les autres Africains de l’équipe nationale] ont fait beaucoup pour le foot dans notre pays.”

Les promoteurs du foot au Bangladesh sont du même avis et affirment que la popularité croissante du sport dans ce pays est partiellement due à l’énergie et au talent des joueurs africains qui ont rejoint leur championnat. Le championnat du Bangladesh n’a été créé qu’en 2007 et, depuis, des joueurs africains sont systématiquement les meilleurs buteurs du championnat.

Environ 400 joueurs africains participent également aux divers championnats de l’Inde, et quasiment toutes les équipes du championnat de Thaïlande en première division comptent au moins un Africain. Les footballeurs africains sont aussi populaires en Malaisie, où leur médiatisation contribue à atténuer les stéréotypes sur les Africains dans ce pays, liés à la hausse de l’immigration.

Je n’avais jamais entendu parler du Népal avant”

Les footballeurs africains arrivent même jusque dans la nation isolée du Népal, où ils sont plus de 50 à jouer à différents niveaux. Sur le toit du monde, coincé entre la Chine et l’Inde, le Népal est sans doute le dernier endroit où l’on s’attend à trouver des footballeurs africains – certains d’entre eux sont même surpris d’être arrivés là. “Je n’avais jamais entendu parler du Népal, se souvient Adewumi Joshua Femi, un Nigérian, et encore moins du foot népalais.

Léonce Dodoz Zikahi, originaire de la Côte d’Ivoire, où il a joué pour un club de première division, s’est lui aussi soudain retrouvé dans le pays himalayen après avoir été arnaqué par un agent qui lui avait promis un poste dans un grand championnat d’Asie. Léonce Dodoz Zikahi a fini par intégrer le Three Star Club de la ville de Patan. “C’est un grand défi pour nous, les Africains, car nous sommes mieux payés que les joueurs népalais, explique le défenseur nigérian Peter Segan. On doit donc faire nos preuves chaque jour.”

Heureusement pour Zikahi Léonce Dodoz, il se plaît maintenant dans ce pays, où il a une compagne. Il apprend actuellement le népalais. Ces impressions positives sont partagées par les autres footballeurs africains, qui trouvent le pays accueillant. Il semble donc que l’histoire se finisse bien pour certains, malgré un périple risqué d’Afrique en Asie.

Blog ASIA Africa, article publié dans Courrier international n° 1442 juin 2018 Jeremy Luedi

Sur un terrain de football à Katmandou, au Népal, en mars 2018. PHOTO / PETE PATTISSON

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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 15:57

Ces 25 et 26 mai, plus de 350 personnes se sont réunies pour cette première session plénière des Etats Généraux des Migrations. Un programme chargé attendait les participants entre temps de travail en groupes et en plénière sur différents sujets, présentations d'initiatives de plusieurs assemblées locales et échanges avec des partenaires français et européens. Des temps plus conviviaux ont permis des échanges informels entre participant.e.s et des prises de contacts entre les assemblées locales.

Le Manifeste des Assemblées locales des Etats Généraux des Migrations

Après des concertations citoyennes dans 106 assemblées locales auxquelles ont participé environ 10 000 personnes de 76 départements en France, nous avons adopté ce week-end un manifeste servant de "socle commun pour une politique migratoire respectueuse des droits fondamentaux et de la dignité des personnes". Cette déclaration historique comporte une quarantaine de propositions concrètes pour répondre à "la crise des politiques migratoires".

Considérant :

  • la situation humanitaire déplorable dans laquelle sont laissées nombre de personnes étrangères sur le territoire français ou à ses frontières, privées de la satisfaction de leurs besoins fondamentaux ;

  • les difficultés rencontrées par les personnes étrangères pour faire reconnaître la légitimité de leurs parcours, leurs compétences et leurs droits ;

  • les conséquences désastreuses de politiques principalement répressives, fondées sur une application « minimaliste » du droit d’asile, les conditions drastiques pour la délivrance de titres de séjour, la criminalisation de l’entrée irrégulière sur le territoire, la traque, la rétention et l’expulsion de personnes dont la seule faute est de ne pas disposer des bons papiers au bon moment ;

  • les coûts humains et financiers exorbitants de ces politiques, que ne justifient ni la dangerosité fantasmée des personnes étrangères, ni les résultats attendus de la prétendue « fermeture des frontières », toujours démentie par les faits ;

  • les entorses au droit international et aux conventions internationales ratifiées par la France, et les condamnations qui ont été prononcées à son encontre par des juridictions européennes ou internationales ;

  • la militarisation croissante des frontières, la création de régimes d’exception dans les zones frontalières ainsi que dans certains territoires ultra-marins, et leurs conséquences meurtrières ;

  • l’absence de concertation avec les personnes étrangères et les acteurs de la société civile ainsi que l’absence d’évaluation des politiques mises en œuvre depuis des décennies ;

  • la mise en concurrence, à travers les discours et les décisions des pouvoirs publics, des personnes subissant toutes formes de précarité, étrangères ou non ;

  • la juste indignation, la mobilisation et la solidarité dont témoignent un nombre croissant de citoyen·ne·s partout sur le territoire ;

  • la remise en cause quasi systématique de la présomption de minorité, les lacunes de la prise en charge par l’ASE, la maltraitance et l’enfermement des mineur·e·s ;

Nous, citoyen·ne·s français·e·s et étranger·ère·s résidant en France, associations, collectifs et syndicats engagés à l’échelon local, national et international pour la défense des droits des personnes étrangères au sein des États Généraux des Migrations,

  • sommes réuni-e-s au sein de 106 assemblées locales en France métropolitaine et d’outre-mer pour poser, dans la déclaration qui suit, les bases d’un renversement du discours dominant sur la question des migrations ;

  • inscrivons la déclaration qui suit dans la continuité de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ainsi que de tous les engagements internationaux de la France en matière de respect des droits des personnes ;

  • affirmons qu’il n’y a pas de « crise migratoire » mais une « crise des politiques migratoires » ;

  • appelons toutes et tous à nous rejoindre pour promouvoir une politique migratoire fondée sur les droits fondamentaux et régie par les principes suivants :

1. Un accueil digne des nouveaux arrivants
1-1 Création de dispositifs publics de premier accueil, à dimension humaine, répartis sur l’ensemble du territoire, où pourraient se rendre librement les personnes étrangères à leur arrivée sur le territoire ;
Principes de ces dispositifs :
1-2 Accueil inconditionnel ;
1-3 Prise en charge adaptée des personnes les plus vulnérables ;
1-4 Hébergement, obligation de mise à l’abri immédiate et prise en charge des moyens de subsistance ;
1-5 Information sur les possibilités offertes sur le territoire, sur les droits, sur les démarches à entreprendre, en tenant compte des projets de chacun·e.

2. Un respect du droit d’asile effectif, qui ne soit plus prétexte à une logique de tri
2-1 Nécessité de rendre effectif le droit des personnes menacées de persécution à une protection internationale, passant en particulier par :
2-2 L’arrêt des renvois des personnes vers le pays d’entrée dans l’Union Européenne ; 
2-3 La suppression des procédures accélérées ;
2-4 L’abandon de la notion de pays d’origine sûrs ;
2-5 L’élargissement des critères ouvrant droit au statut de réfugié pour prendre en compte les causes très variées d’exil forcé ;
2-6 Le rejet de toute mesure qui prive les réfugié·e·s potentiel·le·s d’un examen équitable de leur demande et de possibilités effectives de contester un refus de l’Ofpra.
2-7 Le droit d’asile ne doit jamais être utilisé comme prétexte pour organiser une logique de tri, qui fait la distinction entre les personnes étrangères qui auraient « vocation à » venir s’installer en France et les autres, qualifiées de « migrants économiques » et considérées comme indésirables.

3. Vers une égalité des droits entre Français·e·s et étranger·ère·s présent·e·s sur le territoire
3-1 Respect effectif des droits fondamentaux, des textes internationaux ratifiés par la France via les mesures suivantes :
3-2 Respect du droit des mineur·e·s isolé·e·s aux dispositifs de la protection de l’enfance, sur la base de la présomption de minorité ; prise en compte de l’attention primordiale qui doit être accordée à l’intérêt supérieur de l’enfant, seul ou accompagné, dans toutes les décisions le concernant ;
3-3 Suppression des tests osseux pratiqués dans de la cadre de l’évaluation de la minorité pour déterminer si un.e jeune relève de la protection de l’enfance ;
3-4 Fin des contrôles au faciès ;
3-5 Fin de toutes les formes d’enfermement et d’assignation à résidence pour entrée ou séjour irréguliers ;
3-6 Droit à la régularisation pour les personnes résidant en France ;
3-7 Autorisation de travail pour toutes les personnes titulaires d’un titre autorisant au séjour (carte de séjour, attestation de demandeur d’asile, récépissé), et accordée dès la signature d’un contrat de travail et/ou le constat d’une relation de travail ;
3-8 Annulation des conditions spécifiques aux personnes de nationalité étrangère pour l’exercice d’un emploi ou la création d’une activité économique ;
3-9 Accès à la formation (apprentissage de la langue, scolarisation des enfants, études, formation professionnelle) ;
3-10 Élargissement de la reconnaissance de diplômes équivalents ;
3-11 Suppression des conditions limitant le droit au regroupement familial ;
3-12 Levée des barrières pour un accès, effectif et inconditionnel aux soins de santé (somatique et mentale) adossé sur le droit commun ;
3-13 Respect du principe d’égalité devant les services publics à tous les niveaux. Accès inconditionnel à un service d’interprétariat ;

4. Une reconnaissance des initiatives citoyennes dans l’accueil et le soutien aux personnes étrangères
4-1 Suppression effective du « délit de solidarité » et de toute mesure d’intimidation à l’encontre des personnes qui aident des étranger·ère·s de façon inconditionnelle et sans but lucratif ;
4-2 Reconnaissance et valorisation des initiatives solidaires comme des actions d’intérêt général ;
4-3 Reconnaissance et valorisation par les pouvoirs publics des manifestations de solidarité émanant de citoyen·ne·s ou de collectivités.


5. Modification des règles concernant l’accès au territoire français et des politiques européennes et internationales
Dans un souci de cohérence avec ce qui précède, il importe de réviser les règles d’accès au territoire français, fondées elles aussi sur une logique de tri, et de promouvoir ce changement au sein des instances européennes.
5-1 Abandon du règlement Dublin, droit des personnes étrangères au libre choix de leur pays de destination ;
5-2 Liberté d’entrée, de circulation et d’installation dans l’espace européen pour les personnes étrangères à l’Union européenne ;
5-3 Fin des mesures d’exception dans les espaces frontaliers de la métropole ainsi que dans les Collectivités et Territoires d’Outre-mer ;
5-4 Arrêt des politiques d’externalisation, de l’approche dite « hotspots » et de la multiplication de centres de tri sur les routes des migrant·e·s ;
5-5 Fin des expulsions, des bannissements, notamment par le biais d’IRTF (Interdiction de Retour sur le Territoire Français).

6. Conditions de réalisation et de mise en œuvre d’une telle politique alternative
6-1 Fin de la logique de discrimination et de suspicion généralisée envers les personnes étrangères, qui conduit à des drames, des violences, des souffrances, des humiliations et du harcèlement ;
6-2 Transfert des budgets engagés dans l’actuelle politique sécuritaire et répressive aux différents dispositifs d’accueil et d’accompagnement ;
6-3 Changement de gouvernance : la politique migratoire ne doit plus être confiée au seul ministère de l’Intérieur. Privilégier une approche interministérielle fondée sur le droit commun ;
6-4 Formation des personnels administratifs, fonctionnaires et travailleurs sociaux à la compréhension des questions migratoires, à l’interculturalité et à la logique de bienveillance ;
6-5 Fin de l’impunité des élu·e·s et représentant·e·s de l’État en cas de violations des droits imprescriptibles des personnes étrangères : systématisation des enquêtes des organisations de la société civile et pouvant être ordonnées par les tribunaux afin que soient sanctionnées les personnes responsables de ces manquements à leur mission, et protection des agents qui dénoncent ces violations ;
6-6 Mise en place de cadres de concertation et de coopération entre la société civile et les autorités (sans que cela conduise à pallier les carences de l’État) ;
6-7 Évaluation transparente et menée par des autorités indépendantes des politiques migratoires, avec un mécanisme qui engage les pouvoirs publics à tenir compte des recommandations.

 

Toutes les infos sur le site des Etats Généraux des Migrations : https://eg-migrations.org


 


 

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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 14:41

Tribunal permanent des peuples / Migrations

Témoignage de Marie-Christine VERGIAT, Eurodéputée / Gauche européenne

4 janvier 2018

Élue en 2009, j’ai choisi de concentrer mon travail depuis ma réélection en 2014 sur la question des migrations. Je suis donc membre des commissions « libertés civiles », « affaires étrangères » et « droits de l’Homme » du Parlement européen afin d’essayer d’avoir une approche globale sur ces questions portant sur les politiques tant intérieures qu’extérieures de l’Union européenne et de ses Etats membres.

Cette expérience me conduit à soutenir la nécessité de construire une nouvelle narration des questions migratoires pour échapper aux discours populistes et nationalistes qui se propagent dans l’UE, en les replaçant dans leur contexte historique et géographique afin de démonter les fantasmes qui alimentent les peurs et qui sont trop souvent portés par ceux qui nous gouvernent.

Les mouvements migratoires dans l’espace et dans le temps

Les mouvements de population sont inhérents à l’Histoire de l’Humanité et l’Europe n’a pas toujours été une terre d’immigration.

Notre Histoire est fondée sur des mouvements de populations, de guerres et d’invasions. Pour prendre un exemple, la France doit son nom aux Francs[1] qui venaient du Nord et qui n’avaient rien à voir avec « nos ancêtres les Gaulois ».

Le plus grand mouvement migratoire constaté au cours de la période moderne a concerné 50 millions d’Européens, essentiellement entre 1850 et la 1ère Guerre mondiale, qui fuyaient misère et persécutions. L’Amérique et l’Australie sont largement peuplées de ces migrants, au détriment de leur population originelle.

En 1900, les migrations internationales[2] représentaient 5% de la population mondiale contre 2.9 % en 1990 et 3,4 % aujourd’hui. Il faut donc relativiser. Les migrations évoluent en chiffres absolus, mais finalement pas beaucoup plus que la population de la planète ces dernières décennies et très peu au regard de la mondialisation et des transformations qu’elle induit en termes de communication et notamment de transports.

Pour autant, les mouvements migratoires ont évolué : ils se sont mondialisés et quasiment tous les pays du monde sont aujourd’hui à la fois pays de départ, de transit et d’accueil. La France est un bel exemple en la matière : elle a un solde migratoire quasiment nul.

La réalité des migrations aujourd’hui

Il y a aujourd’hui 244 millions de migrants internationaux dans le monde.

80 millions sont asiatiques pour un continent de 4,5 milliards d’habitants. À eux seuls, ils ont ajouté plus de migrants internationaux que tous les autres continents réunis ces dernières années.

Les Africains ne sont que 39 millions et leurs migrations sont essentiellement intra-africaines (à près de 90 %).

Les Européens sont 62 millions pour tout le continent européen (et 40 millions pour l’UE). Les Européens migrent donc eux aussi mais on ne le dit pas en ces termes et on préfère parler d’expatriés. Leurs migrations ne se font qu’à 50 % à l’intérieur du continent européen. On devrait alors se demander qui envahit, ou qui a envahi, qui, d’autant plus que les mouvements migratoires sud/sud dépassent depuis 2013 les mouvements sud/nord.

Nous devons donc faire attention à notre vocabulaire. Plus ou moins contaminés par le discours ambiant, nous parlons des migrants en ne désignant comme tels que celles et ceux qui sont confrontés à des difficultés pour arriver ou rester sur le territoire européen.

C’est d’autant plus inadapté que chaque année, des centaines de milliers de ressortissants de pays tiers hors de l’UE arrivent de façon régulière et donc migrent vers l’UE. Ainsi, en 2016, les Etats membres ont délivré 3.4 millions de nouveaux titres de séjour[3].

Le plus surprenant concerne les principales nationalités « bénéficiaires » de ces titres qui sont pour l’année 2016 : les Ukrainiens (588 900), les Syriens[4] (348 000), les Etats-uniens (250 900), les Indiens (198 300) et les Chinois (195 600). C’est la quatrième année consécutive que les Ukrainiens sont les premiers bénéficiaires de ces titres de séjour et leur nombre ne cesse d’augmenter. Ils vont pour 86 % d’entre eux (512 000) en Pologne et leurs titres de séjour sont pour 82 % liés à l’emploi. Il est remarquable que ce pays soit aussi le pays européen dont les ressortissants utilisent le plus le statut de travailleurs détachés : on peut y voir une sorte de dumping social en chaine.

85 % des titres délivrés à des Syriens le sont au titre de la protection internationale et les 2/3 d’entre eux vont en Allemagne. Les Etats-uniens, les Indiens et les Chinois vont principalement au Royaume-Uni, pays de l’UE qui délivre de très loin le plus de titres de séjour (1/4 des titres délivrés dans l’UE, soit 865 800) ; le Brexit aura donc des effets surprenants en ce domaine.

Il ne faut donc pas se faire piéger par certains chiffres. Il n’y a pas de « crise des migrants » dans l’UE. Des voies légales de migration existent bel et bien y compris pour motifs économiques : l’opposition binaire entre « bons réfugiés » et autres migrants considérés comme « mauvais migrants dits économiques » n’a aucun sens d’autant qu’elle ignore celles et ceux qui viennent pour des raisons familiales ou éducatives et qui représentent près de 44 % des titres. Et c’est parce que l’on refuse des voies légales à certains qu’ils n’ont d’autres solutions que de tenter la traversée dangereuse de la Méditerranée et des déserts qui y conduisent.

Une crise de l’accueil des réfugiés

Que s’est-il donc passé entre le printemps 2015 et le printemps 2016 ? Plus d’un million de personnes ont traversé la Méditerranée dont 850 000 depuis la Turquie vers la Grèce. Il est pour le moins étrange que nul ne se soit vraiment interrogé sur ce mouvement spectaculaire en provenance d’un Etat comme la Turquie au sein duquel les forces de police sont pour le moins prégnantes, mouvement qui s’est tari quasiment du jour au lendemain après la signature de l’« accord » entre l’UE et ladite Turquie ? Comment ne pas se dire alors que Recept Erdogan a trouvé là un moyen de pression sans équivalent sur l’UE au moment où les dérives autoritaires de son régime étaient de plus en plus perceptibles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela marche…

Il est cependant vrai que le nombre de demandes d’asile a fortement augmenté ces dernières années (626.000 demandes d’asile en 2014[5], 1.2 million en 2015 et en 2016) mais il est bon de rappeler que ce chiffre était de 672 000 en 1992 dans l’UE à 15 au moment de la Guerre de Yougoslavie.

De grandes différences sont à noter quant à l’octroi effectif d’une protection internationale selon les Etats membres[6] et les nationalités des bénéficiaires. Ainsi, c’est l’Allemagne qui a porté la principale part de cette augmentation des demandes en chiffres absolus[7] et les décisions de protection ont bénéficié principalement aux Syriens.

La France, elle, est très peu concernée : 58 800 primo-demandeurs d’asile en 2014, 70 000 en 2015 et 76 000 en 2016 et surtout seulement 35 000 décisions positives[8] contre 445 000 en Allemagne pour l’année 2016. Les chiffres parlent d’eux-mêmes ; les problèmes démographiques de l’Allemagne n’expliquent pas tout, et surtout pas un tel écart dès lors que l’Allemagne est depuis plusieurs années le second pays d’accueil des migrants dans le monde et ce, bien avant 2015.

En réalité, c’est le monde qui est confronté à une crise des réfugiés sans précédent depuis la 2ème Guerre mondiale : 65 millions de personnes déracinées en 2016 contre 50 millions en 2014 : 22,5 millions de réfugiés stricto sensu et 40 millions qui sont des déplacés internes[9].

86 % des réfugiés sont arrivés dans les pays en développement. Et l’Union européenne, zone géographique la plus riche du monde, peuplée de 500 millions d’habitants, ne peut pas faire face à l’arrivée de personnes qui, quand on totalise les demandes d’asile déposées en 2015 et 2016, représentent 0,5 % de sa population… Est-ce crédible quand au Liban, petit pays de 6 millions d’habitants, les réfugiés représentent près d’un tiers de la population, soit 1,5 million de personnes ?

L’UE, et la France en particulier, sont donc loin d’accueillir toute la misère du monde. Elles n’y prennent même pas leur part. Bien au contraire, les politiques menées ferment de plus en plus les frontières et les Etats choisissent celles et ceux qui peuvent venir. La prétendue « crise des migrants » a donc surtout été un prétexte pour durcir encore les politiques migratoires à l’œuvre depuis de nombreuses années alors même que la situation se stabilisait dès le second semestre 2016 et plus encore en 2017[10].

Qu’en est-il de ces politiques européennes ?

Depuis plus de 25 ans, l’Union européenne se « bunkérise » de plus en plus :

  • Construction de murs physiques en Espagne dès 1993, entre la Grèce et la Turquie en 2002, puis en Bulgarie (2014) et plus récemment entre la Hongrie et Serbie (2016).
  • Mise en place de « murs numériques » avec un fichage croissant des ressortissants des pays tiers (VIS, SIS[11], EURODAC, PNR,…) avec une intrusion de plus en plus importante dans les données personnelles (empreintes palmaires, image faciale,…)[12].
  • Externalisation croissante du contrôle des frontières de l’UE par des pays tiers (les pays du voisinage de l’UE et notamment ceux du Maghreb devenant de nouvelles terres d’immigration).

Un coup d’accélérateur a été donné au 2ème semestre 2014 sous la Présidence italienne et donc avant la fameuse « crise » avec le lancement du processus de Khartoum qui vise à associer les pays de la Corne de l’Afrique, dont proviennent une grande partie de celles et ceux qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie, aux politiques d’externalisation du contrôle des frontières. Toute honte bue, l’UE et ses Etats membres travaillent donc avec des régimes autoritaires pour « lutter contre les causes profondes des migrations » (sic) et en réalité financer ces pays pour qu’ils empêchent leurs ressortissants de partir.

Après le Sommet de La Valette en novembre 2015, un fonds fiduciaire pour l’Afrique a même été mis en place qui, sous couvert d’accélérer le versement des fonds aux pays concernés, conduit à détourner les fonds de l’aide au développement au profit de ces politiques sécuritaires pour le plus grand profit d’un certain nombre de multinationales du secteur sécuritaro-militaire.

En réalité, les Etats membres prennent de plus en plus la main sur ces politiques et utilisent l’Union européenne comme bouc émissaire de dysfonctionnements dont ils sont responsables. Nous sommes là au cœur des politiques régaliennes et plus elles sont externalisées, plus ce constat est vrai : les affaires étrangères sont de la seule compétence des Etats membres. Ils ne donnent à l’UE que ce qu’ils veulent et font de même pour la transposition des directives européennes. Ils ont notamment refusé un véritable droit d’asile européen tout comme un statut unique pour les travailleurs étrangers[13] et ont très mal transposé la directive sur le regroupement familial sans parler du refus total de toute solidarité avec la Grèce et de l’Italie (cf. Mare Nostrum ou encore un plan de relocalisation n’ayant finalement concerné qu’environ 30.000 personnes pour un objectif initial de 160.000 déjà très en deçà des besoins).

Et cela ne fait qu’empirer : plus d’une quinzaine de textes législatifs découlant de l’Agenda européen des migrations proposé par la Commission en mai 2015 sont actuellement en cours de discussion dans les institutions européennes. Ils poursuivent toujours les mêmes obsessions :

  • lutter contre l’immigration dite clandestine,
  • favoriser les expulsions quel que soit le pays d’origine,
  • éviter les mouvements secondaires et l’« asylum shopping » comme ils osent dire,
  • empêcher par tous les moyens les « migrants » de rejoindre l’UE, voire de quitter leur pays,
  • soumettre systématiquement les aides et partenariats de l’UE à l’acceptation d’accords de réadmission non seulement des ressortissants des pays concernés mais de tous ceux qui ont transité par ces pays (la notion de « pays tiers sûrs »).

Nos dirigeants semblent tétanisés par les discours nationalistes et d’extrême droite et se sont réappropriés une partie de ces discours. Ils conduisent des politiques migratoires de plus en plus racistes faisant du continent européen le plus mortifère du monde pour les migrants.

Loin de casser le modèle des passeurs, ils le renforcent et le trafic d’êtres humains est devenu la troisième source de trafics dans le monde après la drogue et les armes. Loin de lutter contre les causes profondes des migrations, ils refusent de reconnaître leurs responsabilités directes ou indirectes dans un certain nombre de conflits (notamment en Irak, Libye, Syrie,…) et la situation dramatique dans de nombreux pays liée à des régimes autoritaires et corrompus. Au contraire, ils les soutiennent et leur vendent des armes, sans parler du pillage des ressources naturelles notamment via des accords dits de partenariat économique en lieu et place des accords de coopération et de développement pour le plus grand intérêt des multinationales européennes sans parler de la non tenue des engagements en matière d’aide publique au développement[14].

D’autres politiques sont possibles :

La majorité de nos concitoyens pourraient accepter d’autres politiques, comme en témoignent les mouvements de solidarité qui se développent un peu partout en Europe, surtout si les discours politiques les accompagnaient en ce sens. C’est d’autant plus possible que ces politiques sont d’un coût exorbitant et inefficaces y compris par rapport aux objectifs qu’elles se fixent (au moins 15 milliards d’euros dépensés pour barricader les frontières depuis 2000).

La base de ces autres politiques possibles doit être pour toutes celles et tous ceux qui vivent sur notre planète l’égalité et la dignité telles que promues par la Déclaration universelle des droits de l’Homme et les conventions internationales qui en découlent :

  • droit à la vie et droit de la mer avec des moyens adéquats pour le sauvetage en mer,
  • droit d’asile sur la base du respect de la Convention de Genève : dépôt des demandes sur le sol de l’UE et notamment dans les pays où les demandeurs ont des attaches, de la famille ou encore dont ils parlent la langue),
  • droits de l’enfant dans le strict respect de la Convention internationale des droits de l’enfant notamment pour le regroupement familial et les mineurs isolés,
  • droit à l’éducation y compris pour les jeunes majeurs,
  • droit à la santé pour ceux qui ne peuvent pas se faire soigner dans leur pays ou qui ont commencé des soins sur nos territoires,
  • droit au travail et notamment signature et mise en oeuvre de la Convention internationale sur les droits des travailleurs migrants et de leur famille signée par une cinquantaine d’Etats, tous du sud ; aucun membre de l’UE car cette convention stipule notamment que tous les migrants ont des droits quels que soient leur statut,
  • enfin droit à la mobilité pour toutes et tous : aujourd’hui seulement 1/3 des habitants de la planète ont en théorie le droit de se déplacer sans visa; cette bataille est fondamentale pour l’égalité des droits.

Dans un monde de plus en plus mobile où les capitaux, les services et les marchandises circulent de plus en plus, il est vain de croire que l’on pourra bloquer les êtres humains tout comme de penser que le repli sur soi est une solution.

Ce qui est difficile pour les Européens et surtout ceux qui les gouvernent, c’est qu’ils doivent apprendre à vivre dans un monde où ils seront de plus en plus minoritaires, de moins en moins dominants.

La clé de l’universalisme, c’est le respect de l’autre, de l’altérité, et non l’imposition d’un modèle fût-il “occidental”…

 

[1] Invasion par les Francs en 481 ; la France ne prend ce nom officiellement qu’en 1190 sous Philippe Auguste

[2] Est considéré comme migrant international toute personne qui quitte un pays donné pour aller s’installer dans un autre pour une durée supérieure à un an. Pour les mouvements internes à un pays, on préfèrera parler de déplacés internes

[3] Ce chiffre était de 2,6 millions en 2015. Ils ne reflètent pas exactement le nombre de migrants qui arrivent dans l’UE puisque qu’il s’agit de titres nécessaires pour tout séjour supérieur à 3 mois. Mais pour la même année 2015, Eurostat a estimé le nombre de migrants venant de pays hors UE à 2,7 millions

[4] En 2015, les Syriens n’étaient qu’en 5ème position et en 6ème en 2014. Auparavant, ils n’étaient même pas dans le top 10.

[5] Chiffre est en constante augmentation depuis 2011 après une assez longue période de stabilité

[6] 710.000 protections internationales octroyées en 2016 et plus ou moins un chiffre équivalent en 2017 contre 330 000 en 2015 et 185 000 en 2014

[7] 30 % des demandes en 2014, soit 173 000 et 60 % en 2016, soit 442 000

[8] La France se situe très en deçà de la moyenne UE quant à l’octroi du droit d’asile (33% pour une moyenne de 56 % et un taux de reconnaissance de 65 % en Allemagne)

[9] A l’intérieur d’un même pays

[10] Seulement un peu plus de 170 00 arrivées par la mer en 2017 selon l’OIM

[11] Personnes recherchées et véhicules volés notamment

[12] Les projets « Smart borders » ou « frontières intelligentes » en cours d’adoption via EES et ETIAS sont particulièrement significatifs à cet égard tout comme la réforme à venir du code des visas.

[13] Cinq statuts existent aujourd’hui : intragroupe, carte bleue, permis unique, travail saisonnier et chercheurs et autres assimilés (étudiants, volontariat, formation, échanges d’élèves, travail au pair).

[14] 0,7 % du revenu national brut promis depuis plus de 40 ans (142,6 milliards de dollars en 2016, 0,32 % du RNB en moyenne), soit 3 fois moins que les transferts de fonds de la diaspora vers ces pays : 429 milliards de dollars en 2016 selon la Banque mondiale.

 

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 09:28

Pour les non Hauts Alpins, voilà une petite idée de ce qui se passe chez nous à Briançon.

Enfin, les grands médias commencent à relayer la situation... Il y a ici une extraordinaire mobilisation de la population, mais il nous faut des relais médiatiques et des relais citoyens. Nous commençons à manquer cruellement de ressources pour accueillir les migrants qui continuent à passer la frontière, malgré le froid et la neige, pour héberger et soutenir financièrement les mineurs qui sont arrivés par le col de l'Echelle et que l'Etat a légalement le devoir d'accueillir et de protéger (ce qu'il ne fait pas), et pour loger et nourrir ceux qui sont ont demandé un titre de séjour, ce qui dure souvent plus de 6 mois, ou les familles avec enfants déboutés de l'asile. Je vous en reparlerai,

amitiés à vous , Marie Danielle ATTAC 05 Briançon

 

C'est un nouveau point de passage. Depuis la quasi-fermeture du passage de la vallée de la Roya dans les Alpes-Maritimes, les migrants cherchent d’autres routes, plus au nord, pour franchir la frontière et passer d’Italie en France. Ils n’hésitent plus à traverser les Alpes. Depuis l’année dernière, chaque jour, des migrants arrivent à Briançon dans les Hautes-Alpes. Entre cinq et vingt migrants par jour en moyenne. Tous ont franchi le col de l’Echelle, l’un des plus bas des Alpes, qui culmine à 1.762 mètres tout de même. Cette année, environ 1.600 migrants y sont passés. Près de 60% d'entre eux sont des mineurs non accompagnés (MNA).

Extraits de deux reportages : Le reporter d'Europe 1 a pu rencontrer quelques uns des acteurs de ce concentré de crise migratoire qui a changé la vie dans le Briançonnais. La matinale d'Europe 1, 23 novembre 2017 

et le reportage de Raphaël Krafft avec des enfants qui se sont vus refuser l'entrée sur le territoire français. France Culture (le magazine de la rédaction, 17 novembre 2017).

l'hiver n'arrête pas les candidats au passage clandestin en France rendu de plus en plus dangereux avec le froid et les premières neiges déjà tombées sur les cols qui séparent la France de l'Italie autour de Briançon. Raphaël Krafft radio France

Des migrants dont des mineurs qui se retrouvent perdus dans la montagne

Ils ont franchi plusieurs frontières, leur périple a été long et douloureux et il n'est pas terminé. Mercredi matin, comme tous les autres matins, la montagne, à nouveau, charrie des hommes. Hagards, le regard apeuré, six migrants découvrent leur premier abri français : une ancienne caserne prêtée par la mairie de Briançon. Ils ont droit à un repas chaud, des matelas au sol et enfin un peu de repos. Moussa est arrivé mercredi soir. Épuisé, ce jeune Ivoirien de 18 ans semble encore sonné, perdu. "On a passé deux jours dans la montagne, sans manger, sans boire. Si on avait soif, on prenait de la neige", raconte-t-il.

Là-haut, la température oscille entre -3 et -4 degrés, mais avec l'avancée de l'hiver, ce sera bien pire, explique Charles Maupas, médecin urgentiste à l'hôpital de Briançon. "On les voit arriver avec des vieilles baskets, plusieurs couches de pantalon, qui ne sont pas adaptés au froid. Les températures sont de plus en plus froides, la neige est déjà arrivée, il va encore y en avoir beaucoup. Des risques de gelures graves, d’hypothermie profonde, tout cela cumulé risque de causer la mort de ces patients-là, s'ils restent trop longtemps isolés dans la montagne", pointe-t-il.

Certains se retrouvent dans le village de Névache, dans la vallée de la Clarée, au nord de Briançon. Pour y parvenir, ils ont franchi des cols, notamment le col de l'Echelle, à 1762 mètres d'altitude. Au péril de leur vie, avec souvent une simple veste, des baskets, et rien à manger. Ces migrants africains souffrent de gelures, d'hypothermie, de lésions, il y a eu des amputations. "Ils sont en très mauvais état, alors on les retape", explique Bernard, un retraité qui leur porte secours, "des hommes, même parfois des femmes enceintes, qui ne sont pas en état de continuer leur route".

Alseny, jeune Guinéen rencontré dans le squat "Chez Marcel", à Briançon, raconte : « On a pris la route pour traverser la frontière. Cela n'a pas été facile car on s'est trompé de route, on a marché 7 heures dans le vide. Après, on a croisé une dame. Il faisait très froid, elle nous a accueillis dans sa voiture. On s'est réchauffé, elle nous a donnés des biscuits et des pulls. »

La solidarité des habitants

À Névache, le premier village traversé par les migrants, à vingt kilomètres de Briançon, lorsque des silhouettes frigorifiées tapent au carreau, discrètement les riverains ont pris l'habitude de les accueillir et de les nourrir. Ensuite, il faut les descendre vers Briançon, un trajet de plus en plus en plus difficile à effectuer avec la multiplication des contrôles. "On n'a jamais vu autant de gendarmes que depuis quelques mois. Il y a des barrages systématiques. […] On nous fait ouvrir le coffre. S'il y a des migrants, tout de suite on est auditionné. On essaie de ruser…", confie Jean-Gabriel.

Impossible de fermer les yeux pour le maire divers droite de Névache, Jean Louis-Chevalier : « On est confronté au passage des migrants en permanence sur notre commune. Il faut que les gens soient bien conscients que nous restons un pays d'accueil, le maire étant responsable de la sécurité sur sa commune, ne peut pas ignorer les dangers que vont courir tous ces gens. »

Une cabane de berger, tout en haut du col de l'Echelle, a été aménagée par des habitants, avec quelques couvertures pour que les migrants de passage puissent se réchauffer. "On a mis cela en place pour éviter des morts", raconte Alain, accompagnateur de montagne à la retraite. "Le problème que l'on a ici, c'est que les personnes qui arrivent d'Italie ne savent pas qu'elles vont être confrontées à un milieu très difficile. On a eu des nuits à moins 24 degrés. Cela peut devenir extrêmement dangereux." 

Une solidarité montagnarde qui n'est pas du goût de tous dans la vallée.

Certains dénoncent ceux qui ont accueillis des exilés chez eux, ceux qui ont accompagné en voiture des réfugiés à Briançon. Les forces de l'ordre sont très présentes dans la région, des barrages sont dressés régulièrement. 

La pression migratoire a augmenté dans le département reconnaît le préfet des Hautes-Alpes, Philippe Court, et il précise "qu'entre 2016 et 2017, le nombre de passeurs que nous avons interpellés a fortement augmenté, ils étaient 3 en 2016, et en 2017, 28 passeurs ont été interpellés". A la question :  incluez-vous dans ce nombre les citoyens de la vallée de la Clarée qui prennent les gens en auto-stop ? Le préfet répond : "Un passeur est quelqu'un qui fait franchir de manière irrégulière la frontière à un ressortissant étranger qui n'a pas le droit de le faire. Les éléments de motivation, chacun à les siens. Ce qui est certain, c'est que la légitimité des principes, l'importance des valeurs que nous avons, reposent sur deux piliers essentiels : le premier est le respect du droit, de nos lois, qui ont un sens véritable (...), le second est d'appliquer de manière juste, parfois ferme, et toujours respectueuse en tout cas des personnes, nos principes et nos lois."

Même les mineurs sont reconduits à la frontière.

Les mineurs que la police arrête sont reconduits à la frontière, et même quand ils se disent mineurs et devraient donc être pris en charge. "Je leur ai dit mon âge, seize ans, mais ça n'a pas réussi. Ils nous ont fait retourner. Ils nous laissent à la frontière. On voulait aller en France mais c'est impossible, il y a trop de gardes là-bas. On va trouver une autre solution", déplore Jawad, un jeune Malien retourné à son point de départ, la gare de Bardonecchia du côté italien.

Assis à côté de lui, Ahmed, un jeune Soudanais, secoue la tête. Après deux échecs successifs, il retournera dans la montagne à la poursuite de son rêve français.

Dans le cadre de ce reportage, Raphaël Krafft a pu constater qu'en l'espace d'une journée au moins six enfants avaient été notifiés d’un refus d’entrée sur le territoire français et abandonnés de nuit à la borne frontière dans la montagne par des températures négatives. Ils ont eu pour unique injonction des forces de l'ordre françaises de marcher seuls vers l’Italie.

Cet épisode est-il anecdotique ? Tous les témoignages recueillis et observations faites durant ce reportage semblent prouver le contraire.

Raphaël Krafft a été interpellé par la Gendarmerie avec une journaliste suisse pendant son tournage. Reporters sans frontières (RSF) a rappelé à cette occasion dans un communiqué que "l’exercice du journalisme n’est pas un délit et que la protection des sources est un droit".

 

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28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 07:56
APPEL Européen : Avortement, les femmes décident!
Pour le droit à l’avortement partout en Europe!

 

Texte de l'appel

En solidarité avec l’ensemble des femmes européennes, après la lutte exemplaire des femmes espagnoles en 2014, polonaises en 2016, nous exigeons que les droits des femmes, la liberté à disposer de son corps, le droit à l’avortement et à la santé soient respectés dans tous les pays européens et inscrits comme droits fondamentauxpour l’égalité en Europe.

Aujourd’hui, le droit à l'avortement au sein de l'Europe relève de la compétence de chaque Etat. Interdit à Malte, sous hautes contraintes en Irlande, en Hongrie et en Pologne, le droit à l’avortement, même légalisé est, peut ou pourrait être remis en question par le maintien de la clause de conscience des médecins (Italie), l’absence de structures hospitalières adéquates (Grèce, Bavière), les restrictions de personnels et les suppressions des centres pratiquant l'avortement lors de restructurations hospitalières (France), et, dans tous les pays, par l’élection de gouvernements réactionnaires, conservateurs et rétrogrades.

Nous réaffirmons que :

L'accès à l'avortement est un droit;

L'avortement est un choix personnel -mon corps m'appartient, je choisis ma vie;

Des moyens financiers doivent être donnés pour que les centres pratiquant l'avortement et les centres de planification soient accessibles à toutes sur les territoires;

Des campagnes tous publics sont nécessaires;

L'éducation à la vie sexuelle doit être prodiguée à toutes et à tous pour qu'elles et ilspuissent avoir des choix libres et éclairés;

La formation aux techniques d'avortement et à l'accompagnement doit faire partie intégrante de la formation initiale des professionnel/les de santé;

La clause de conscience des professionnel-les de santé doit être supprimée;

Les délais légaux pour avorter doivent être harmonisés sur ceux des pays les plus progressistes en Europe et les États doivent dépénaliser totalement l'avortement.

 

Nous appelons à la construction d’une mobilisation européenne autour du 28 septembre 2017, journée internationale du droit à l’avortement, où chaque pays inscrira ses revendications en vue d’une harmonisation européenne pour le respect des droits des femmes.

lire l'appel et les très nombreuses organisations signataires des pays d'Europe

 

Mobilisations partout en Europe autour du 28 septembre 2017 et à Bruxelles le 28 septembre

Le 28 septembre 2017 - journée internationale pour le droit à l’avortement - nous manifesterons partout en Europe pour exiger que nos gouvernements nationaux, le Parlement Européen et le Conseil de l’Europe garantissent le droit fondamental pour les femmes à disposer de leurs corps, à vivre librement leur sexualité, à décider ou non d’avoir un enfant.

Aucun pays démocratique ne peut dénier ce droit aux femmes ou en restreindre l’accès.
Pourtant, en Europe, un certain nombre d’entre eux l’interdisent encore, d’autres veulent le remettre en cause, notamment par le recours à la clause de conscience ou par manque de structures adéquates et de moyens financiers.
Pourtant, en Europe, des groupes réactionnaires, tels que les Survivants en France, veulent interdire l’accès à l’avortement et revenir sur la loi Veil en menant des actions illégales à cette fin.

Nous ne l’acceptons pas et continuerons à nous battre pour nos droits !

Cette date n’est qu’une première étape, le début d’une mobilisation qui se poursuivra jusqu’à ce que les droits des femmes et l’accès à ces droits soient reconnus pour toutes les femmes en Europe.

Notre corps, notre choix, notre droit !

En France, déjà 26 villes organiseront des rassemblements, soutenus par un grand nombre d’associations et organisations.

A Lille rassemblement  place Rihour 14h30 samedi 30 septembre

Facebook 

Signer la pétition qui sera déposée au Parlement européen à l’issue de la manifestation de Bruxelles

 

 

 

 

 

 


 


 


 

 

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 17:35
A Calais et dans toute la France, il faut mettre en place des systèmes d’accueil qui garantissent les droits des exilé-e-s

Les associations et collectifs qui aident, accompagnent et soutiennent les exilé-e-s calaisien-ne-s constatent ces derniers jours une très forte augmentation du nombre de personnes migrantes présentes à Calais.

Cette augmentation n’est pas due à l’installation de points d’eau, de douches, de toilettes, puisqu’à ce jour, rien n’a été mis en place par les autorités, et ce malgré les injonctions du tribunal administratif de Lille du 26 juin dernier, validées par le Conseil d’État le 31 juillet 2017.

Comme chaque année, de nombreuses personnes arrivent à cette période, les passages en Méditerranée étant relativement plus favorables. Elles viennent s’ajouter aux nombreuses personnes en errance, parfois depuis plusieurs mois, sur le territoire du Calaisis.

Mais nous avons aussi rencontré des personnes venues à Calais, non pas pour bénéficier d’une hypothétique douche, mais dans l’espoir de pouvoir présenter, en France, une demande d’asile dans des délais acceptables. En effet, le ministre de l’Intérieur et le préfet du Pas-de-Calais ont annoncé l’ouverture dans la région Nord-Pas-de-Calais de deux centres d’accueil temporaires, permettant un accès rapide à la procédure d’asile en France. Ce dispositif, unique sur le territoire, attire immanquablement toutes les personnes confrontées à des délais terriblement longs pour l’accès à la procédure ou à l’hébergement.

Le défaut d’informations précises et complètes alimente les rumeurs, les tensions et les incompréhensions. Le dispositif de maraudes OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) mis en place par l’État est largement insuffisant et inadapté, ce qui laisse les coudées larges à la désinformation par les réseaux de passeurs.

Face à cette crise de l’asile et à cette crise de l’accueil, les associations signataires demandent donc la mise en place, partout en France, d’un « premier accueil » permettant, conformément aux promesses d’Emmanuel Macron, que personne ne reste à la rue.

Elles réclament que chaque demandeur-euse d’asile, partout en France, puisse bénéficier d’un traitement aussi rapide du dépôt de sa demande.

Le droit d’asile ne doit plus subir d’entrave sur notre territoire.

A Calais, elles demandent l’application immédiate des injonctions du tribunal administratif de Lille, avec un dimensionnement à la hauteur des besoins : maraudes France terre d’asile et OFII effectives, départs en bus vers des Centres d’accueil et d’orientation pour les personnes qui le souhaitent, installation de points d’eau pour se laver, boire, laver les vêtements, ainsi que des latrines et douches accessibles.

Faute de quoi, très rapidement, la situation à Calais risque de se dégrader entrainant des drames humains et sanitaires.

Associations signataires :

L’Auberge des migrants

La Cabane juridique / Legal Shelter

Gynécologie sans frontières

Ligue des droits de l’Homme

Médecins du Monde / Mission Migrants Littoral Nord Pas de Calais

Planning Familial 62

Refugee Youth Service France

Utopia 56

Voir également le communiqué interassociatif suite à la condamnation de Cédric Hérou

Ni trafiquants, ni délinquants : défenseurs des droits humains

 

 

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