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  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
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Questions sur l'Europe 2ème volet  29 avril  2017

Questions sur l'Europe ! 15 avril 2017

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 10:51

J.Gadrey2Il faut parfois simplifier beaucoup l’analyse avant de la complexifier et de la nuancer. Je vous propose deux petits schémas de synthèse à cet effet. Leur principe est connu, on le trouvait déjà à l’œuvre sous une forme plus simple dans le livre de René Passet de 1979 (« L’économique et le vivant ») et une très bonne présentation en a été faite par Susan Georges dans les premières pages de son livre « Leur crise, nos solutions » (2010).

Ajout avant mise en ligne : je viens de recevoir le livre collectif d’Attac, qui sera en librairie dans quelques jours, « La nature n’a pas de prix, les méprises de l’économie verte ». Vu ses auteurs, il doit être très stimulant. J’en reparlerai donc. Lui, il a un prix, mais très doux : 9 euros.

Le premier schéma représente « le monde à l’endroit ». Il me semble clair que, moyennant des délibérations bien informées, l’immense majorité des citoyens du monde en approuverait la logique générale. (cliquer sur le graphique pour l’agrandir) Lire la suite sur le blog de Jean Gadrey

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Published by J.G. - dans Environnement
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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 06:00

Cycliste aux Pays-BasComparée à celle des pays d’Europe du Nord et d’Europe centrale, l’utilisation de la bicyclette en France paraît bien médiocre : neuf fois moindre qu’aux Pays-Bas, six fois moindre qu’au Danemark, trois fois moindre qu’en Allemagne, en Belgique ou en Suisse. Pourquoi de tels écarts ? L’explication culturelle souvent avancée souffre de tant d’exceptions qu’elle n’est pas crédible. L’histoire des représentations de la bicyclette dans chaque pays n’épuise pas non plus le sujet.

Pour comprendre ces écarts, il convient, selon nous, de se pencher sur l’évolution des politiques de déplacement urbain et de la forme urbaine qui en découle, et cela pour au moins trois raisons. Il est d’abord impossible de développer l’usage du vélo sans réduire simultanément l’usage d’autres modes, le marché des déplacements n’étant pas extensible. La pratique de la bicyclette est ensuite très sensible aux conditions de sécurité routière et donc à l’emprise du trafic automobile. Enfin, le vélo ne peut suffire à effectuer tous les déplacements et doit forcément s’intégrer dans un système de transport écologique associant marche, vélo et transports publics.
Concrètement, il convient d’adopter une démarche historique en dégageant les principales périodes de prise en compte de la bicyclette dans les politiques de déplacements et d’effectuer en même temps un travail de comparaison internationale. Trois pays sont plus particulièrement étudiés : la France bien sûr, les Pays-Bas pour le caractère assez exemplaire de leur politique en faveur des cyclistes et l’Allemagne parce que sa politique en la matière est longtemps restée assez proche de celle de la France avant de diverger.
Le rapport se présente donc comme une histoire du vélo urbain en Europe dans l’évolution d’ensemble de la mobilité. Le premier chapitre rappelle les origines de la bicyclette quand elle était considérée, à la fin du XIXe siècle, comme un symbole de modernité.

Le chapitre 2 raconte la démocratisation du vélo, du début du XXe siècle aux années 30, et les premières menaces sur son développement liées à diverses tentatives d’adaptation de la ville à l’automobile.

vélo-remorque aux Pays-BasLe chapitre 3 rappelle comment, dans la période d’après-guerre, la pratique du vélo a rapidement décliné partout en Europe, y compris aux Pays-Bas et au Danemark, sous la pression de la croissance de l’automobile et de l’adaptation désormais systématique de la ville à celle-ci, mais aussi l’influence, en France, de l’essor débridé des cyclomoteurs.

Le chapitre 4 relate les réactions très vives de la société civile au tout automobile et les tentatives des pouvoirs publics pour relancer le cyclisme urbain au cours des années 70.
Le chapitre 5 explique pourquoi, au cours des années 80-90, l’usage du vélo utilitaire reprend dans certains pays comme les Pays-Bas, le Danemark ou l’Allemagne et poursuit, au contraire, son déclin dans d’autres, comme la France.

Le chapitre 6 tente de comprendre pourquoi cependant dans ce pays, au cours des années 2000, la pratique du vélo redémarre dans les centres-villes mais continue de décliner en périphérie, puis pointe l’inconsistance de l’argument écologique et la pertinence des arguments économique et de santé publique.

Enfin, un dernier chapitre développe quelques aspects clefs d’une politique de ville cyclable, tels que l’importance d’apaiser la ville pour relancer la pratique du vélo, l’articulation nécessaire avec les transports publics, le rôle crucial de la promotion du vélo et de la reconquête des divers publics. Une annexe rend compte en détail du cas édifiant de Strasbourg.

Téléchargez ici son rapport http://www.predit.prd.fr/predit4/document/42666


NdlR Frédéric Héran est économiste au Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques UMR 8019 Centre national de la recherche scientifique, Université de Lille 1, Cité scientifique, 59655 Villeneuve d’Ascq.

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 10:35

Oil ManVous l'aurez noté si vous habitez en ville : ces jours-ci, ça pique et ça pue, bien plus encore qu'à l'ordinaire. En Ile-de-France, l'indice de qualité de l'air reste dans le rouge depuis le début de la semaine, pour cause d'absence de vent.

En cause : les particules fines émises essentiellement par les moteurs diesel et leur carburant gazole, qui est traditionnellement moins taxé en France que le « super ».

Selon l'Organisation mondiale de la santé, les particules fines qui viennent s'incruster dans nos poumons sont responsables de 42 000 morts prématurées en France chaque année. C'est dix fois le nombre de tués en 2011 sur les routes de l'Hexagone !...

Le gouvernement a bien lancé un timide « plan particules » en 2011. 

Pourtant, alors que le transport routier est le principal responsable des émissions des particules fines les plus nocives, le gouvernement a considérablement allégé l'écotaxe poids lourds mise en oeuvre dans le cadre du Grenelle de l'environnement.

La France a été montrée du doigt, plusieurs fois, pour non respect des dispositions relatives aux particules fines contenues dans la directive européenne sur la qualité de l'air.

A l'heure où les prix des carburants battent tous les records, est-il électoralement correct de réclamer une hausse des taxes sur le gazole, au nom des dizaines de milliers de maladies respiratoires et de cancers mortels dont sa combustion est chaque année responsable ?

Le gazole est un carburant plus lourd que l'essence : son pouvoir énergétique est supérieur, et c'est pour ça qu'il permet de consommer moins de litres au cent – d'où son succès en France. Mais aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou encore en Suisse, le gazole est logiquement vendu plus cher que l'essence.

(Ah oui, un rappel non accessoire : si l'on prétend lutter sérieusement contre le double péril du réchauffement climatique et du pic pétrolier, il faudra d'une façon ou d'une autre que les carburants deviennent beaucoup, beaucoup plus chers...)

(Et à propos du pic pétrolier, vous pouvez toujours signer l'appel paru la semaine dernière sur le site du Monde.)

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 08:12

L'antidote est l'Accord des Peuples de Cochabamba.

Conference-de-Durban.jpgDurban, Afrique du Sud – Les décisions issues du sommet des Nations-Unies sur le climat à Durban – COP17 – constituent un crime contre l'humanité, selon Climate Justice Now ! coalition de mouvements sociaux et de la société civile. Ici en Afrique du Sud, qui a inspiré le monde entier par les luttes de libération menée par la majorité noire du pays, les nations les plus riches ont créé avec cynisme un nouveau régime d'apartheid climatique.
« Retarder toute action réelle après 2020 est un crime aux proportions mondiales », selon Nnimmo Bassey, président des Amis de la Terre International. « Une augmentation de 4°C de la température mondiale, permise par ce plan, est une condamnation à mort pour l'Afrique, les petits États insulaires, et les pauvres et les personnes vulnérables de l'ensemble de la planète. Ce sommet a amplifié l'apartheid climatique, les 1 % les plus riches de la planète ayant décidé qu'il était acceptable d'en sacrifier les 99 % ».

Selon Pablo Solon, ancien négociateur en chef de l'Etat plurinational de Bolivie, « il est faux d'affirmer qu'une deuxième période d'engagements du protocole de Kyoto a été adoptée à Durban. La décision actuelle a seulement été reportée à la prochaine COP, sans engagement de réduction d'émissions de la part des pays riches. Cela signifie que le protocole de Kyoto restera en vie jusqu'à ce qu'il soit remplacé par un nouvel accord encore plus faible ».
Les pollueurs de la planète ont bloqué toute réelle action et ont une fois de plus choisi de renflouer les banques et les investisseurs en décidant d'étendre les marchés du carbone pourtant en train de s'effondrer, ce qui comme toutes les activités des marchés financiers de nos jours permettent surtout d'enrichir quelques privilégiés.

« Ce que certains considèrent comme de l'inaction est en fait une démonstration de l'échec, palpable, de notre système économique actuel pour répondre aux crises économiques, sociales et environnementales » selon Janet Redman, de l'Institute for Policy Studies, basé à Washington. « Les banques qui ont provoqué la crise financière sont en train de faire d'importants profits en spéculant sur le futur de notre planète. Le secteur financier, acculé, cherche un moyen de s'en sortir à nouveau en développant de nouveaux produits pour soutenir un système défaillant ».

Bien que l'on parle d'une « feuille de route » proposée par l'Union Européenne, l'échec de Durban montre que c'est un cul-de-sac, une route pour nulle part. Les porte-paroles de Climate Justice Now ! appellent la communauté internationale à se rappeler qu'un véritable plan pour le climat, basé sur les besoins planétaires identifiés par les scientifiques et issu du mandat de mouvements populaires, a vu le jour lors du Sommet des Peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère en Bolivie en 2010. L'accord des peuples de Cochabamba, porté devant les Nations-Unies, a été supprimé des textes de négociations, alors qu'il proposait un moyen juste et efficace pour avancer, ce qui est terriblement nécessaire.

 

Le communiqué de CLIMATE JUSTICE NOW

Lire aussi le communiqué d'ATTAC FRANCE du 9 décembre 2011

Lire aussi le communiqué d'ATTAC FRANCE du 8 décembre 2011

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 09:14

robinet-eau-courante.JPG

Blog de Marc Laimé "Les Eaux glacées du calcul égoïstes".

Le Monde Diplomatique

Fondateur de l’Institut européen de recherche sur les politiques de l’eau (IERPE), basé à Bruxelles, Riccardo Petrella dénonce les orientations, le contenu et les perspectives d’évolution des politiques européennes de l’eau, qui s’incarnent dans un document-cadre en cours d’adoption, le « Blueprint to Safeguard Europe’s Water » , qui, s’il était adopté en l’état, conduirait à ce que la monétisation devienne le pivot central de la politique européenne de l’eau.

L’alerte de Riccardo Petrella est d’autant plus opportune qu’en France aussi, déjà, la tentation se fait jour de miser sur les « mécanismes de marché » pour « réguler par le prix » les conflits d’usage aux coûts environnementaux et sociaux de plus en plus dramatiques, que la puissance publique arbitre toujours en faveur… du lobby agricole.

Il y a urgence : en instrumentalisant un modèle de référence californien, sur fond d’alerte et d’exigence d’adaptation au changement climatique, des pans entiers de la recherche française entérinent discrètement le renoncement à toute action publique et à toute régulation forte.

Les élus ne doivent pas entériner ce glissement accéléré vers un modèle qui offrira de surcroît de nouvelles rentes à Veolia et Suez, dont le modèle économique historique s’effondre littéralement sous nos yeux…

Lire la suite ici

 


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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:09

Politis

Il ne faut pas oublier l’accident nucléaire de Fukushima. Ne pas oublier que les Japonais contaminés, de plus en plus nombreux, sont abandonnés à leur sort par leur gouvernement.

Les autorités japonaises viennent de décider d’équiper 40 000 enfants de la région de Fukushima de dosimètres individuels. Une décision sans précédent : à Tchernobyl, où la gestion des suites de l’accident n’a pourtant pas été parfaite, les autorités avaient fait le choix d’évacuer tout le monde. Au Japon, on se contentera donc « d’observer » la progression de la contamination des enfants de moins de 12 ans : ainsi, chaque soir, les parents pourront supputer les chances de leurs gosses de souffrir d’une leucémie, d’un cancer de la thyroïde ou de toute autre affection mortelle entraînée par les doses reçues. Pendant ce temps, le prix de l’eau en bouteille atteint des niveaux fantastiques dans les zones touchées.(...) Lire la suite

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 07:16

bastamagJusqu’où les organisations environnementales sont-elles prêtes à se compromettre pour conclure des partenariats avec des grandes entreprises ? Basta ! a recueilli le témoignage accablant d’une ancienne salariée de la puissante ONG états-unienne Conservation International, Christine MacDonald, journaliste et auteur du livre Green. Inc. En échange de généreuses donations, cette organisation aide des multinationales comme Monsanto, BP, Total ou Walmart à « verdir » leur image. Ou conseille le vendeur d’armes Lockheed Martin pour recycler les éclats d’obus ramassés sur les champs de bataille.

Peut-on être à la fois vendeur d’armes et protéger environnement ? Oui, répond Conservation International, une ONG états-unienne. Dans une vidéo publiée par le magazine anglais Don’t Panic (voir ci-dessous), deux journalistes se sont fait passer pour des représentants de Lockheed Martin, une entreprise américaine qui équipe de nombreuses armées en avions de chasse et bombardiers. Leur objectif ? Voir comment l’association de préservation de l’environnement peut les aider à « verdir » leur image.

Les actions en faveur de l’environnement présentées par les faux représentants de Lockheed Martin sont pour le moins stupéfiantes : « Nous leur avons dit qu’une de notre principale stratégie pour préserver l’environnement était le recyclage des éclats d’obus des zones de batailles, que nous utilisions pour fabriquer de nouvelles bombes », raconte Heydon Prowse, un journaliste de Don’t Panic. Des arguments développés sur le site de Lockheed Martin. De quoi indigner la représentante de Conservation International ? Pas du tout. Elle propose aux vendeurs d’armes de devenir membre d’un « Conseil du Business et de Soutenabilité » qui rassemble déjà les entreprises Cargill, Shell, Monsanto ou Chevron – des modèles de développement durable ! – et d’apparaître ainsi sur le site de l’ONG dans la liste des entreprises engagées dans la protection de l’environnement. (...) Lire la suite

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 16:00

Voici le compte-rendu établi par nos amis, les Amis de la Terre du Nord

Le film "Plastic Planet": une enquête... initiatique.

Voici le résultat d'une longue enquête de Werner Boote, petit-fils d'un Autrichien qui travaillait dans l'industrie du plastique. Amoureux de cette matière, ses odeurs, ses couleurs, qui constituaient son quotidien et faisaient de lui le roi du pétrole dans son quartier, l'enfant devenu grand s'est finalement peu à peu inquiété de la face cachée de ce produit si fantastique et banal à la fois. Jusqu'à réaliser un film entier sur le sujet, à travers 5 continents (plus un sixième, comme on le verra...), afin de rencontrer experts et anonymes.

Les spectateurs ayant déjà visionné des documentaires sur le plastique auront une impression de déjà-vu. En effet, le cheminement du film est désormais classique: présence d'un "méchant", ici John Taylor, président de Plastics Europe; présentation du "continent" de déchets dans le Pacifique Nord par l'homme qui fit sa découverte: le capitaine Charles Moore; explication par des scientifiques, microscopes à l'appui, de la toxicité du Bisphénol-A pour la santé et la reproduction humaine; de même que la visite de décharges emplies d'ordures en plastique charriées par notre société de consommation, dont les résidus mettront 500 ans avant de disparaître. (...) Lire la suite

Voir aussi Plastic Planet ou comment le plastique envahit la planète et menace notre santé

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 07:26

E.VivierEmile Vivier, était Agrégé de l’Université, Docteur es Sciences, Professeur honoraire de Biologie au sein de l'Université des Sciences et Technologies de Lille, Membre fondateur et Président honoraire de la Fédération Nord Nature, Membre du Conseil Economique et Social Régional Nord – Pas de Calais. Quittant ultérieurement Nord Nature, il a été fondateur puis Président d'honneur de Nord Ecologie Conseil. Ce grand et infatigable combattant régional de l'écologie s'est éteint dans la nuit du 12 au 13 juin 2011.

 

Voici le portait qu'en fait Nord Eclair le 13 juin 2011 :

Emile Vivier est décédé ce lundi à l'âge de 88 ans. Naturaliste de coeur, cet éminent professeur avait créé Nord Nature dans les années 70 pour tenter de préserver les derniers espaces naturels de la région. Nous republions ici des extraits du Petit-Dej' que nous avions fait avec lui en 2006.


Quel a été votre parcours avant d'arriver dans le Nord ?

Je suis né en Auvergne, dans le petit village de Vicq, en 1923. J'ai passé toute mon enfance dans une ferme isolée coincée entre deux marécages. C'est de là que je viens, du coeur de la nature. Mais j'ai eu une enfance plutôt immobile. Entre 12 et 14 ans, une maladie osseuse m'a cloué au lit. Ensuite, lorsque mon père s'est rendu compte que je ne pouvais pas travailler la terre, il m'a envoyé faire des études. Après le bac, je voulais passer un brevet supérieur, mais c'était la guerre, Pétain venait de le supprimer. J'ai été envoyé pendant six mois dans les "chantiers de jeunesse". Puis, j'ai dû faire le STO (service de travail obligatoire, ndlr) , dans une usine d'armement. On m'a mis à la fabrication de pièces d'obus. Je m'arrangeais pour que chacune d'elles ait un défaut. Un jour, le chef d'atelier m'a prévenu que si je continuais, je risquais d'être dans la prochaine rafle. J'ai barboté des faux papiers et je me suis enfui.

Où êtes-vous allé ?
Je me suis réfugié dans l'Allier, dans ma famille, mais je ne pouvais pas rester éternellement, c'était trop dangereux. J'ai pris le maquis.
Vous étiez dans un groupe de combattants ? Oui. J'avais dans les 20-21 ans. On m'a confié un mortier. C'était en 1944. Ensuite, je me suis engagé dans la 1 ére armée, pour le temps de la guerre.

Comment passe-t-on de résistant à biologiste ?
J'ai été démobilisé en novembre 1945, et je suis tombé sur un copain d'enfance qui m'a incité à m'inscrire à la fac. On avait alors droit à des bourses en tant qu'anciens combattants.

Votre entrée à l'université était donc motivée par l'aspect pratique plus que par vocation ?
Oui. A part ça, je ne pouvais rien faire d'autre. Je me suis lancé dans les sciences naturelles. J'ai eu mon premier poste d'assistant à Clermont-Ferrand. Je donnais des cours d'éducation sexuelle à l'école normale de filles... Je peux vous dire qu'elles étaient très attentives !

Comment êtes-vous arrivé dans la région ?
C'était en 1959, j'ai eu le choix entre Toulouse, Rennes, Lille et Strasbourg. Un grand patron avait réservé Toulouse pour son fils. Pour Rennes, j'ai envoyé les papiers trop tard, et je ne voulais pas Strasbourg... Il ne restait plus que Lille.

Quelles furent vos premières impressions ?
J'ai été profondément choqué par l'environnement. Il y avait des maisons et des habitants partout ! Pas une zone nature, nulle part. Je passais mon temps à aller à droite à gauche, pour bien connaître la région. J'ai découvert l'immensité des champs de dunes entre Dunkerque et Calais, on se serait cru au Sahara... Aujourd'hui, ces dunes n'existent plus.

Quand avez-vous créé Nord Nature ?
Lorsque nous nous sommes opposés au projet de barrage sur la Canche. Léonce Déprez (maire du Touquet, ndlr) voulait créer un lac d'eau douce. En supprimant l'estuaire, les réserves de crevettes auraient été détruites. Les petits poissons n'auraient plus eu de « nursery »... Ça a été une sacrée bagarre, avec le préfet, le sous-préfet... Nous avons demandé des études à répétition. Chaque étude prenait en gros un an pour être terminée. Au final, après 4 ans, le coût du barrage était multiplié par
deux. Ils n'avaient plus les fonds.

De quels autres grands combats vous souvenez-vous ?

L'Enduro du Touquet, contre Léonce Déprez, encore. Nous avons commencé en 1975. En 1980, nous avons obtenu la première réduction du tracé. Un autre a été la lutte contre l'installation d'un « Sun Parc » au Sud de Boulogne. Nous avions alors attaqué au tribunal administratif sur la base de la loi littoral. Nous avons fini par gagner à la cour administrative d'appel. Certains maires du coin m'en ont voulu pendant des années...


Cette judiciarisation est-elle plus efficace que la mobilisation de l'opinion publique ?

Les manifestations ne servent pas à grand-chose. Le plus bel exemple est sans doute la centrale de Gravelines. Nous avons fait de nombreuses manifestations. La plus grosse en 77. Il y avait des slogans, des cris. Des groupes se sont jetés sur les grilles qui ont été brisées sur plus de 200 mètres... Derrière, il y avait les CRS. Heureusement, la situation s'est calmée. Nous avons fait un sit-in, et, au bout de deux-trois heures, nous sommes tous repartis. Ça n'a pas servi à grand-chose. L'action
judiciaire est souvent le dernier recours efficace, mais il est aussi important d'être présent au sein des instances de décision.

Justement, vous êtes au sein du Conseil économique et social régional, en charge des questions d'environnement. Qui doit prendre votre suite ?

Cela fait 23 ans que j'ai été nommé à ce poste par le préfet, je crois que c'est suffisant... Mais pour la relève, je ne sais pas. La présidente de Nord Nature (Jacqueline Istas, ndlr) serait dépassée. Nous sommes 111 au sein du CESR, et je suis le seul scientifique. Quand on se retrouve face à des ingénieurs de très haut niveau, il faut être un scientifique pour être écouté, pour ne pas être pris pour des rigolos. Je m'inquiète pour la relève.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 07:00

Le Monde14-05-2011 Les Nations unies mettent en garde contre la surexploitation et les risques de pénurie

Ressources naturelles 1900-2005

 

 Au premier abord, le " découplage ", c'est un peu comme la quadrature du cercle : un principe qui consiste à produire davantage de richesses en consommant moins de ressources naturelles. Et donc à concilier croissance et préservation de la planète. L'idée est au coeur d'un rapport publié, jeudi 12 mai, par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et intitulé : " Découpler l'utilisation des ressources naturelles et les impacts environnementaux de la croissance économique ". Il est le fruit des travaux du Panel international des ressources, créé en 2007, sur le modèle du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), afin de " fournir aux décideurs des évaluations indépendantes et scientifiques sur l'utilisation durable des ressources naturelles ".

Il établit tout d'abord un constat : au cours du XXe siècle, la quantité de minerais, combustibles fossiles, matériaux de construction et matières organiques utilisés dans le monde a été multipliée par huit, la production de biens et de services par vingt-trois. C'est donc que le " taux de productivité des ressources " augmente, et que le découplage est déjà en marche, mais " à un rythme qui ne suffit pas pour satisfaire les besoins d'une société équitable et durable ", selon le rapport.

Il faut donc passer à la vitesse supérieure, sous peine d'épuiser la planète. Les auteurs ont imaginé trois scénarios à l'horizon 2050, avec une population mondiale atteignant 9 milliards d'individus. Dans le premier, les pays riches continuent de consommer autant de ressources naturelles qu'en 2000, soit 16 tonnes par habitant et par an, et les autres les rejoignent. Cela entraîne une consommation annuelle mondiale de ressources de 140 milliards de tonnes (contre 49 milliards en 2000), une perspective " insoutenable du point de vue de l'utilisation des ressources et des niveaux d'émissions " de gaz à effet de serre, selon le rapport.

Le deuxième scénario prévoit une convergence mondiale à un niveau de 8 tonnes de ressources consommées par habitant, soit une diminution de moitié pour les pays industrialisés. Cela aboutirait néanmoins à une hausse de 40 % des volumes de ressources naturelles utilisés et à un doublement des émissions de CO2, loin des objectifs recommandés par le GIEC pour maîtriser le changement climatique.

Le troisième scénario est construit sur l'hypothèse d'un maintien de la quantité de ressources consommées au niveau de 2000, ce qui impliquerait une diminution des deux tiers de la consommation dans les pays industrialisés et un statu quo pour les autres. Les auteurs reconnaissent qu'il " peut être difficilement envisagé ", car il exigerait des décisions politiques extrêmement volontaristes.

Alors quelles solutions ? " La clé, c'est l'innovation ", assure Mark Swilling (université de Stellenbosch, Afrique du Sud), l'un des auteurs du rapport. Soit la confiance en la capacité de l'homme à inventer des technologies moins gourmandes en ressources naturelles. Mais aussi, surprise, l'urbanisation, qui permet la mutualisation des services et les économies d'échelle. " C'est tout le paradoxe des villes : elles sont pour beaucoup dans l'utilisation non durable des ressources, mais ont le plus grand potentiel en matière d'innovations durables ", estime le rapport.

Gilles van Kote

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La médiathèque d'Attac

Une rubrique sur les lectures, films, musiques qui ont marqués les militants d'Attac Villeneuve d'Ascq

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