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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 08:53

Ni aéroport, ni gaz de schiste !

350.org, Agir pour l’environnement, AITEC,Attac France, Confédération Paysanne, Coordination Eau bien commun France, Les Amis de la Terre, Solidaires

Deux mois après la clôture de la COP 21 et l’adoption de l’accord de Paris, les beaux discours ont cessé, et les projets climaticides reprennent de plus belle.

À Notre-Dame-des-Landes (44) le samedi 27 février, les opposant·e·s au projet d’aéroport ont décidé d’afficher leur refus déterminé face à l’expulsion, prononcée par le Tribunal Administratif de Nantes le 25 janvier, des onze familles résistantes et encore présentes sur la ZAD. Ensemble, nous dénoncerons, preuves à l’appui, les malversations et mensonges de la Direction Générale de l’Aviation civile (DGAC), des élu·e·s favorables au projet et de l’État. François Hollande doit choisir : respecter les engagements pris lors de la COP 21 et abandonner le projet d’aéroport ou renoncer à toute action ambitieuse sur le climat. Nous rappelons que ce projet détruira fermes paysannes, pâturages, maraîchages, zones humides… un bocage fertile en biodiversité, pour les bétonner et générer davantage d’émissions de gaz à effet de serre, ce qui est en contradiction totale avec les engagements pris lors de la COP 21.

À Barjac (30), le lendemain, dimanche 28 février, les collectifs contre l’exploration et l’exploitation des pétrole et gaz de schiste et de couche manifesteront leur détermination à exiger une abrogation définitive de tout nouveau permis ou tout renouvellement de permis délivré aux compagnies pétrolières et gazières. En effet, le Tribunal Administratif de Cergy Pontoise a décidé le 28 janvier dernier d’annuler l’abrogation du permis de Montélimar accordé à Total, revenant sur l’abrogation annoncée par N. Sarkozy en 2011. Les collectifs demandent le respect des recommandations du GIEC, afin de tenir l’engagement pris à Paris de maintenir le réchauffement à 1,5 °C. Une seule solution pour cela : laisser 80 % des énergies fossiles en cours d’exploitation dans le sol et décider d’un moratoire général sur tout nouveau permis, existant ou en instruction - conformément à ce qu’a annoncé Ségolène Royal.

Ces deux appels à résistance citoyenne s’inscrivent dans le mouvement de résistance mondiale sur le climat qui a déjà obtenu plusieurs victoires comme l’interdiction de la fracturation hydraulique en France en 2011, désengagement des trois plus grosses banques françaises sur les projets de développement basés sur le charbon du bassin de Galilée en Australie, l’abandon du projet de pipeline Keystone aux USA… Des victoires plus modestes gagnées localement par des mouvements citoyens, mais tout aussi importantes, comme l’abandon en 2014 d’un projet d’exploitation de gaz de schiste dans le village de Zurawlow en Pologne par Chevron, grâce à la mobilisation locale.

Ces mouvements démocratiques citoyens exigent de ne pas laisser notre devenir entre les mains des seuls États et affirment que la seule voie possible est de nous mobiliser pour stopper les projets climaticides. Ces deux mobilisations ouvrent la voie aux mobilisations mondiales contre les projets de l’industrie fossile prévue en mai prochain dans le cadre de la campagne Breakfree - Libérons-nous des combustibles fossiles.

Pour un futur juste et vivable, nous ne devons pas franchir les lignes rouges : ni aéroport, ni gaz de schiste - ni ici, ni ailleurs.

MOBILISATION CITOYENNE

CONTRE LE GAZ DE SCHISTE ET DE COUCHE

Samedi 27 Février, 14 h 30

Place du général De Gaulle, à Lille

Alors que deux forages sont déjà autorisés dans la région (à Avion et Divion), mobilisons-nous pour dire définitivement non aux pétrole et gaz de schiste et de couche : ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain !

Les Collectifs contre l’exploration et l’exploitation des gaz et pétrole de schiste et de couche se mobilisent et exigent, en parfaite adéquation avec les décisions prises lors de la Conférence Climat que:

- la trentaine d’autres permis arrivés à échéance en France (dans la région, les permis du SUD MIDI et du VALENCIENNOIS) ne soient pas renouvelés.

- les 133 demandes de permis en cours d’instruction sur le territoire français soient rejetées

- le gouvernement légifère pour interdire définitivement toute exploration et toute exploitation des

hydrocarbures non conventionnels, gaz de couche compris

Rappelons les effets destructeurs de cette industrie qui induit

- aggravation du réchauffement climatique

- détérioration de la santé des habitants

- dégradation irréversible de l’environnement : pollution des nappes phréatiques, mouvements de terrains (et dans la région, avec 100 000 km de galeries relatives à l’exploitation du charbon, c’est particulièrement inquiétant)

- prélèvements d’eau massifs

- dévalorisation du patrimoine immobilier

Le rassemblement pour la lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes ayant lieu le même jour à Nantes, il a été décidé que nous lirions à Lille, lors de notre rassemblement, un communiqué de solidarité avec la lutte contre cet autre projet inutile, coûteux et climaticide.

Après la signature des accords de Paris, lors de la COP21, soyons nombreux à exiger que la politique de la France se mette enfin en cohérence avec les discours.

Ni gaz de couche, ni gaz de schiste, ni aéroport inutile !

Premiers signataires

Collectif Houille-ouille-ouille 59/62, Collectif Gazhouille 62, Collectif Maghouille en Gohelle,

ATTAC Lille métropole, Les amis de la terre, ATTAC Artois, La Confédération paysanne Leforest-Environnement,

Les amis de la confédération paysanne Nord/Pas-de-Calais/Picardie, Association Rivière Nature et Patrimoine,

Collectif Stop TAFTA métropole lilloise, Collectif Stop Aéro NDDL npdc, Collectif anti-THT, 59/62, Le CRANE, AIVES,

NOVISSEN, Fédération Nord Nature Environnement, Virage Energie,les objecteurs de croissance 62, Alternatiba Lille,

RPEL 59, Eau Secours 62, Initiatives Décroissantes pour le Climat, collectif Non au gaz de couche à Zimming,

Greenpeace groupe local de Lille

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 17:36
Pour le climat, abandonner l’aéroport de Notre-Dame des Landes !

Lors de la COP 21, François Hollande a promis une « révolution climatique ». Elle aurait déjà du justifier l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Voici pourquoi, en cinq arguments étayés qui devraient s’imposer à qui désire être sérieux en matière de climat.

Le 12 décembre dernier, en conclusion de la COP 21, François Hollande déclarait que « la France mettrait tout en œuvre pour appliquer l’Accord de Paris ». Cet accord réaffirme que l’ensemble des États de la planète s’engagent à « contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Objectif suffisant pour invalider le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Pour le climat, ne plus construire d’infrastructures climaticides

Ce ne sont pas des militants pour la justice climatique qui l’affirment. Mais les chercheurs Steven Davis et Robert Socolow, de l’université de Princeton. Dans une étude publiée en août 2014, ils montrent comment les « engagements-carbone » – carbon commitments en anglais – des infrastructures existantes hypothèquent le déploiement de nouvelles infrastructures du même type.

Leur étude porte sur les centrales thermiques. En rapportant à une même date le total des émissions que les infrastructures existantes vont relâcher au cours de leur vie, les deux chercheurs montrent, sous un jour nouveau, comment les investissements actuels dans la construction de nouvelles centrales thermiques sont absolument insoutenables.

Menée sur les centrales thermiques, « l’analyse est similaire » dans le secteur des transports selon les auteurs. Il a été calculé que les « engagements-carbone » de nos économies sont tels qu’il faudrait cesser de construire de nouvelles infrastructures liées aux énergies fossiles à compter de 2018 : rester en deçà des 2 °C implique de « stopper des infrastructures émettrices plus rapidement que celles qui sont construites » selon Davis et Socolow.

Un résultat conforme à celui énoncé par l’Agence internationale de l’énergie dès 2012 qui affirmait que « près des quatre cinquièmes des émissions de CO2 possibles d’ici à 2035 sont déjà engagées par les centrales électriques, les usines, les bâtiments existants », recommandant « des mesures pour réduire les émissions avant 2017 ».

Nous y sommes. 2017, c’est l’année prochaine.

Pour rester en deçà des 2 °C de réchauffement climatique – ou mieux 1,5 °C – énoncés par l’Accord de Paris, ne pas construire de nouvelles infrastructures climaticides devient un impératif. L’aéroport à Notre-Dame-des-Landes n’est pas un investissement d’avenir. C’est le projet-vestige d’une économie et d’une philosophie du siècle passé qu’il nous faut apprendre à dépasser.

Pour le climat, réduire les émissions (et le trafic) de l’aviation civile

Les promoteurs justifient l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes par l’augmentation future du trafic aérien. Avec une croissance de 5% par an en moyenne, le trafic aérien mondial double tous les 15 ans. Il est prévu qu’il atteigne 7 milliards de passagers à l’horizon 2032 contre 3,4 milliards en 2015. Conséquence : les émissions mondiales de l’aviation civile – qui représentent 3% des émissions mondiales – explosent : plus 80 % entre 1990 et 2012.

Pourtant, comme vient de le confirmer l’accord de Paris, le secteur de l’aviation civile est pour l’instant exempté de tout objectif de réduction d’émission de GES. Si rien n’est fait, les émissions du secteur pourraient être multipliées par trois dans les années à venir, selon l’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI). Parier sur l’augmentation du trafic aérien pour justifier la construction de nouveaux aéroports est proprement insoutenable. Inexcusable même.

Pour le climat, faire basculer les investissements dans la transition.

La France compte plus d’aéroports que l’Allemagne et le Royaume-Uni réunis, soit un tiers du nombre d’aéroports régionaux de l’Europe entière. Difficile de justifier, même pour les promoteurs du trafic aérien, un équipement inadapté. Evaluée à près de 600 millions d’euros, la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pourrait nécessiter la mobilisation de plusieurs milliards d’euros si l’on tient compte des aménagements routiers et ferroviaires supplémentaires.

À l’heure où les investissements dans la transition sont largement insuffisants – à peine un euro est investi dans les énergies renouvelables quand près de quatre le sont dans les énergies fossiles – abandonner un tel projet d’aéroport pourrait permettre de débloquer des financements importants pour financer de véritables politiques de transition énergétique.

Pour le climat, préserver les zones humides

L’intensification de l’agriculture, l’urbanisation, les pollutions ont détruit plus des deux tiers des zones humides de France métropolitaine au cours du 20e siècle. Telles des éponges, elles reçoivent l’eau, la stockent et la restituent, permettant de limiter les impacts des inondations et des sécheresses. Les zones humides, représentent 3 % à 4 % du territoire, sont l’un des plus importants puits de carbone terrestre avec les forêts.

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes présente une emprise au sol d’environ 1400 hectares dont plus de 80 % sont assimilés à une zone humide, selon l’avis du CSPNB. Des zones humides dont il apparaît qu’elles ne peuvent être compensées aisément : le travail du groupe des « décompenseurs en lutte » a montré que les surfaces impactées par le projet de Notre-Dame-des-Landes sont sous-estimées et que les zones humides sont mal caractérisées et sous-évaluées.

Pour le climat, préserver les terres agricoles

L’artificialisation des terres fait disparaître d’importantes surfaces agricoles, aussi bien en France (l’équivalent d’un stade de football toutes les 5 minutes) qu’en Europe (l’équivalent du département du Cher chaque année) ou à l’échelle mondiale (20 millions d’hectares par an selon FAO). Combinée à l’augmentation de la population mondiale, à l’instabilité des marchés agricoles et aux conséquences des dérèglements climatiques, la disparition de ces vastes étendues ne peut que créer le terreau propice à la multiplication des crises alimentaires.

À l’échelle mondiale, 70 à 80 % de la nourriture est produite par des petites fermes qui n’utilisent que 25% des surfaces agricoles. Il est donc essentiel de maintenir les (petits) paysans sur leurs terres, développer et soutenir des projets d’agroécologie paysanne, les circuits courts et la relocalisation des circuits de production et de consommation. Autant de propositions qui s’expérimentent d’ores-et-déjà sur le site de Notre-Dame-des-Landes comme le montrent ce dossier de la Confédération paysanne et ce reportage.

Conclusion : Bye-bye Notre-Dame-des-Landes ?

Si François Hollande et Laurent Fabius – qui se félicite d’être toujours le président des négociations climat jusqu’à novembre 2016 – sont sincères en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, on ne voit pas bien comment ils pourraient ne pas abandonner ce projet suranné. Une révolution climatique, même pacifique, repose sur des mesures capables d’incarner les ruptures qui permettent de passer d’un monde à un autre, du monde des énergies fossiles au monde de la sobriété et des énergies renouvelables.

Ils est temps d’abandonner l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et son monde. Et d’en inventer un nouveau. Sur la base des expérimentations en cours.

Maxime Combes, le 12 janvier 2016

Photo : Philippe Leroyer, licence Creative Commons By-Nc-Nd 2.0.

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 17:01
COP 21 : l’Accord de Paris, analyse de Maxime Combes
Les États ne sont pas prêts à enclencher la « révolution climatique »
L’accord de Paris franchit les « lignes rouges » fixées par la société civile !

Dans des moments difficiles, on attend d’une conférence internationale qu’elle prenne des décisions courageuses et visionnaires. Ce n’est pas le cas à la COP 21, avec un accord très en dessous du changement de cap requis. A l’État d’urgence climatique, l’accord de Paris oppose un bricolage constitué de la somme des égoïsmes nationaux, aussi bien en matière de financements que d’objectifs de réduction des émissions. Il ne faut pas oublier l’essentiel : l’accord de Paris entérine un réchauffement climatique supérieur à 3°C, sans se doter des dispositifs pour revenir sur une trajectoire inférieure à 1,5°C ou même 2°C.

François Hollande souhaitait qu’on se souvienne de la COP 21 comme du moment déclenchant une« révolution climatique ». Par bien des points, l’accord de Paris tranche en faveur des options les plus conservatrices et les moins ambitieuses qui étaient présentes dans le texte de négociation. L’accord de Paris valide une chose positive : les 195 États de la planète sont d’accord pour maintenir un cadre international et multilatéral – bien que très affaibli – de « gouvernance du climat » : pour véritablement changer la donne, il devient urgent que les règles et principes d’organisation de l’économie mondiale et du commerce international soient soumises à l’objectif climatique.

Analyse du texte sur la base des adjectifs utilisés par Laurent Fabius et François Hollande

L’accord de Paris est-il ambitieux ?
  • En entérinant des contributions nationales (INDCs) qui conduisent vers un réchauffement supérieur à 3°C, la COP 21 se montre incapable de désamorcer la bombe climatique.

  • L’objectif d’1,5°C, qui n’est pas un objectif contraignant, ne saurait masquer l’absence d’engagements chiffrés de réduction d’émissions de GES pour les années à venir (art. 2) ;

  • Aucune date n’est mentionnée pour le pic des émissions et, l’objectif de long-terme, attendu pour 2050, ne concerne que la seconde partie du siècle ; la formulation de l’objectif de long-terme ouvre la porte à l’utilisation massive de techniques inappropriées telles que le stockage et la séquestration du carbone, la compensation carbone et la géo ingéniérie.

Sans feuille de route clairement établie, sans mention des points de passage en 2020 et 2050 fixés par le GIEC pour revenir sur une trajectoire inférieure à 2°C, l’accord de Paris met en danger le simple droit à vivre de nombreuses populations à travers la planète.

L’accord de Paris est-il doté des moyens suffisants ?
  • Absence des 100 milliards comme plancher de financement dans l’accord de Paris, renvoyé dans le texte de décision de la COP 21 et donc soumis à de nouveaux arbitrages futurs, sans force contraignante et sans amélioration par rapport à Copenhague ;

  • Manque de transparence et de prévisibilité des financements pour l’après 2020 : aucune mention des termes « nouveaux » et « additionnels » pour évoquer les financements futurs, en contradiction la Convention, pas plus que les termes « adéquats » et « prévisibles » ;

  • Absence de rééquilibrage au profit de l’adaptation.

Après 25 ans de négociation, et alors qu’ils n’ont jamais débloqué les financements nécessaires, les pays riches historiquement responsables du réchauffement climatique tentent se dédouaner de leurs responsabilités !

L’accord de Paris fait-il oeuvre de « justice climatique » ?
  • Suppression des références aux droits humains et des populations indigènes et à la transition juste dans les articles de l’accord de Paris, références renvoyées dans les préambules ;

  • Très net affaiblissement du mécanisme de « Pertes et dommages » puisque tout ce qui concerne les responsabilités juridiques (« liabilities ») est retiré de cet l’accord.

L’affaiblissement du mécanisme de pertes et dommages sonne comme un aveu de culpabilité des pays responsables du dérèglement climatique.

L’accord de Paris est-il universel ?
  • Les secteurs de l’aviation civile et du transport maritime, près de 10 % des émissions mondiales (= Allemagne + Corée du Sud) sont exemptés de tout objectif ;

  • De nombreuses contributions des États (INDCs), notamment des pays les plus démunis, dépendent de financements additionnels pour mener à bien leur transition énergétique et politiques d’adaptation : ces financements ne sont pas là et pas garantis pour le futur.

L’accord de Paris ne se donne pas les moyens d’être universel et refuse de s’attaquer à la machine à réchauffer la planète que constitue la globalisation économique et financière.

L’accord de Paris est-il juridiquement contraignant ?
  • L’accord de Paris ne transforme par les INDCs en des engagements contraignants et les mécanismes de révision des engagements sont faiblement contraignants ;

  • Aucun mécanisme de sanction n’est mis en oeuvre pour sanctionner les États qui ne prendraient pas des engagements suffisants, qui ne les mèneraient pas à bien ou qui refuseraient de revoir à la hausse leur ambition.

Alors que les accords de libéralisation du commerce et de l’investissement sanctionnent les pays lorsqu’ils ne respectent pas les règles établies, encore rien de tel en termes de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

L’accord de Paris est-il dynamique ?
  • Il sera impossible de rajouter dans les années futures tout ce qui n’est pas dans le texte de l’accord de Paris (100 milliards comme plancher, …) ;

  • Des inventaires (stocktaking) sont prévus tous les 5 ans, mais la mise en oeuvre des révisions à la hausse reste dépendante de l’interprétation du texte et de la bonne volonté des États.

L’accord de Paris est-il différencié ?
  • Avec la mise en oeuvre des INDCs, les États ont accepté à Lima une auto-différenciation en matière de réduction d’émissions de GES : chaque pays met sur la table ce qu’il souhaite ;

  • En matière de financements, alors que la Convention-cadre prévoit que les pays historiquement les plus émetteurs débloquent les financements nécessaires à l’adaptation et la mitigation des pays qui en ont besoin, les États-Unis et leurs alliés ont essayé de poursuivre leur oeuvre de démolition des principes de la Convention.

L’accord de Paris est-il équilibré ?
  • Aucun mécanisme clairement défini pour faciliter le transfert des technologies, notamment pour lever les barrières à l’accès générées par les droits de propriété intellectuelle ;

  • Possibilité est laissée aux pays, notamment les plus émetteurs, d’utiliser des mécanismes de compensation carbone pour atteindre leurs objectifs, au détriment d’une réduction domestique des émissions.

  • Maintien de la référence à « la croissance économique » (art. 10)

Citations d’Attac France et d’autres Attac en Europe et partenaires

Maxime Combes, porte-parole d’Attac France sur les enjeux climatiques
« Un accord à n’importe quel prix n’était pas le mandat confié à la COP 21, François Hollande et Laurent Fabius. Utiliser les termes "ambitieux", "juste" et "juridiquement contraignant" pour présenter l’accord de Paris est une escroquerie intellectuelle. Y accoler la référence à la "justice climatique", sans contenu, est méprisant envers toutes celles et ceux qui se mobilisent en ce sens depuis des années. Faut-il rappeler que cet accord de Paris entérine des INDCs qui préparent un réchauffement climatique supérieur à 3°C, sans se doter des dispositifs pour revenir sur une trajectoire inférieure à 1,5°C ou même 2°C ? L’accord de Paris n’apporte rien de plus que les engagements individuels des États : c’est un accord à la carte qui permet à chaque État de faire ce qu’il veut en matière d’émissions de GES. Il est temps de tourner la page des énergies fossiles. Pas de faire semblant. »

Geneviève Azam, porte-parole d’Attac France
« Par un jeu de vocabulaire, l’accord de Paris, « universel contraignant » affaiblit un peu plus l’un des piliers de la Convention de 1992 et du protocole de Kyoto : la responsabilité climatique est commune mais différenciée, elle suppose des engagements contraignants pour les pays les plus pollueurs, aussi bien en termes de niveau d’émission que de financement. Le souffle éthique et politique qui manque est celui des mouvements de base, des résistances, des alternatives, dont l’énergie et la vision relient les expériences locales à des enjeux qui les dépassent ».

Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac France
« Le très pâle accord reflète l’impuissance des gouvernements à s’attaquer aux causes réelles des dérèglements climatiques. Rien d’étonnant : l’avidité des multinationales, les énergies fossiles et l’obsession de la croissance sont considérées comme des données intouchables. La France se prétendait exemplaire, elle ne remet pas en cause ses propres projets climaticides. Ce samedi 12 décembre au coeur de Paris, nous envoyons un message d’espoir et d’action aux citoyens du monde entier : “ils” ont failli, décrétons ensemble l’état d’urgence climatique, ayons le dernier mot et construisons la justice climatique ! ».

Alexandra Strickner (Attac Autriche)
« Les gouvernements de l’UE ont une fois de plus clairement montré qu’ils se tiennent du côté des multinationales. L’accord qu’ils ont poussé est bon pour les entreprises. Il est mauvais pour le climat et les personnes affectées par le changement climatique. Pour nous, il est clair que nous devons élargir nos résistances contre le réchauffement climatique et stopper les TTIP, AECG ou Tisa, l’expansion de l’extraction des combustibles fossiles ou la construction de nouvelles infrastructures s’appuyant sur les combustibles fossiles. Plus que jamais, nous devons multiplier les initiatives et les alternatives venant du terrain pour sauver le climat et développer des modes de vie socialement justes et écologiquement acceptables. »

Nick Dearden (Global Justice UK – partenaire d’Attac France au Royaume-Uni)
« Il est scandaleux que l’accord soit présenté comme un succès alors qu’il sape les droits des communautés les plus vulnérables de la planète et qu’il ne comprend à peu près rien de contraignant qui garantisse un climat sain et vivable pour les générations futures. Il y a des années, ce sont les États-Unis qui ont fait du Protocole de Kyoto un accord inefficace. L’histoire se répète à Paris, puisque les États-Unis, avec le soutien de l’UE et des autres pays riches, ont veillé à ce que les parties les plus importantes du traité soient dépouillées et édulcorées au point de devenir absurdes. Les personnes sont descendues dans les rues de Paris aujourd’hui avec un mélange de colère et de détermination. Une détermination visant à poursuivre leurs mobilisations sur l’action climatique ».

Maxime Combes - 1re version à 15h15, samedi 12 décembre.

Des images du rassemblement du 12 décembre à Paris

et une vidéo

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 15:02
Les lignes rouges : laisser les fossiles dans le sol ne dépend que de nous.

Nous sommes à deux jours d’une journée d’action pour la justice climatique sans précédent.

Ce samedi 12 décembre, à midi (le 12-12-12), des milliers de personnes se rassembleront dans les rues de Paris, munies de fleurs rouges, pour une action symbolique « Lignes rouges » préparée depuis plusieurs mois. Elles rendront ainsi hommage aux victimes passées et à venir du réchauffement climatique, dans un esprit de respect, de détermination et d’espoir.

Ce rassemblement est marqué par le respect.

Respect des lois… de la physique. Nous savons que l’accord discuté au Bourget est loin d’être à la hauteur, qui place le monde sur la voie d’un réchauffement de 3°C au moins. C’est un échec d’autant plus grave que nous pouvons déjà constater les conséquences dramatiques du changement climatique.

Respect de celles et ceux qui ont déjà perdu leur vie, à cause du réchauffement global – de la Nouvelle Orléans il y a dix ans à Chennai la semaine passée. Les personnes les plus touchées sont celles qui ont le moins contribué au problème, faisant ainsi du réchauffement climatique l’ultime injustice d’un monde injuste.

Respect de celles et ceux qui perdront leur vie dans le futur – nous déposerons également des fleurs pour elles et pour eux. Nous montrerons ainsi que l’inaction de nos dirigeant.e.s au cours des décennies passées condamne déjà de trop nombreuses vies, des îles du Pacifique aux glaciers les plus élevés, des prairies devenant des déserts à la toundra devenant un marécage.

Respect de chacun.e d’entre nous en tant que mouvement : du rôle moteur que jouent les personnes affectées par le réchauffement climatique et les peuples indigènes, comme de l’engagement fort que nous faisons de rester pacifique, non-violents et attentifs les un.e.s aux autres.

Nous savons que nos dirigeant.e.s font preuve de trop peu de respect – ils ne respectent pas les droits des personnes qui vivent sur une planète déchirée par les inégalités et le racisme ; pas plus qu’ils ne respectent les lignes rouges d’une planète juste et vivable. Des lignes que nous ne devrions pas oser franchir. Nous dessinerons donc ces lignes rouges avec nos corps, déterminé.e.s à protéger notre maison commune et à empêcher qu’elle ne brûle.

Nous savons que les entreprises les plus puissantes ne font preuve d’aucun respect, y compris envers les vérités les plus évidentes. Elles ont menti sur les conséquences du changement climatique, et continuent à déverser des millions d’euros dans l’exploration de nouveaux gisements de carbone. Elles agissent en criminelles.

Pas nous. Nous sommes de simples citoyen.ne.s, qui souhaitent que celles et ceux qui détiennent le pouvoir fassent enfin preuve de respect envers les lignes rouges que les scientifiques ont tracé, dont trop de gens ont déjà payé le prix de leur vie – des lignes que nous nous efforcerons, ce samedi et dans les années à venir, à rendre réelles. Nous, et avec nous, nos enfants et leurs enfants, le méritent. Et nous l’exigeons.

Signé par :
Bill McKibben, Naomi Klein, Vandana Shiva, Lidy Nacpil, Rebecca Solnit, Geneviève Azam, Thomas Coutrot, Tadzio Müller, Txetx Etcheverry, Maxime Combes, Pablo Solon, Patrick Viveret, Nick Dearden, Dominique Plihon, Okalik Eegeesiak, Aile Javo, Tom Kucharz, Nnimmo Bassey, Clayton Thomas-Muller, Tom Goldtooth

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 13:15
Sommet citoyen pour le climat

Malgré l’état d’urgence, le village mondial des alternatives a accueilli 30 000 personnes.

« C’est vraiment une belle victoire », se réjouit Elise, alors que s’achève le Sommet citoyen pour le climat à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Sous le soleil hivernal et en dépit de l’état d’urgence, plus de 30 000 personnes ont participé les 5 et 6 décembre à un village mondial des alternatives initié par le mouvement Alternatiba, un Climat Forum porté par la Coalition climat 21, et un grand marché paysan. « Nous avons eu la confirmation de la préfecture jeudi soir pour la tenue des 240 conférences », précise Justine, impliquée dans l’organisation. L’état d’urgence faisait peser une épée de Damoclès sur l’ensemble des événements, depuis les attentats du 13 novembre à Paris. La détermination des mouvements à « proposer des contenus en-dehors de l’espace officiel de la COP21 » a été fructueuse.

« Construire et avancer ensemble »

Près de 300 stands se sont installés dans les rues de Montreuil libérées des voitures. Alimentation et agriculture, climat et énergie, éducation et mobilité, droits, solidarités et migrations... Onze quartiers thématiques, ponctués d’ateliers pratiques comme des fablabs, des ateliers de réparation vélos ou d’édification de murs en paille. Reconnaissables à leurs gilets verts, un demi millier de bénévoles ont orienté les visiteurs au milieu des « vraies solutions à la crise climatique ». Alors que des trocs de graines s’organisent sur fond de batucada, une démonstration de construction en chanvre est à l’œuvre. Plus loin, un grand jeu de l’oie sur les banques éthiques et les monnaies locales attire les chalands. Ici et là, on expérimente, on joue, on chante et on débat, notamment sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes jugé « climaticide ».

La spécificité de ce village mondial ?

« Il rassemble des personnes venues de toutes les villes et régions qui ont initié la centaine de villages des alternatives créés depuis deux ans », précise Elise, l’une des coordinatrices. Chaque groupe local membre du mouvement Alternatiba est venu ce week-end présenter un projet issu de la dynamique locale. Celui de Saint-Quentin-en-Yvelines a par exemple présenté Enercity78, leur coopérative citoyenne de production d’énergie.

Un sommet international pour lutter contre l’évasion fiscale

Point d’orgue symbolique du village éphémère : la tenue du « sommet des 196 chaises ». Ces derniers mois, un mouvement de réquisition citoyenne de chaises au sein d’agences bancaires dénonce l’évasion fiscale. Alors que les 196 États (et groupe d’États) de la 21e conférence des parties sur le changement climatique (COP21) communiquent sur leurs difficultés à trouver des financements pour l’adaptation climatique des pays du Sud, les mouvements sociaux rappellent que cet argent se trouve dans les paradis fiscaux.

Ce 6 décembre, ce sont donc 196 délégués de la société civile du monde entier, représentant une diversité de cultures et de mouvements engagés dans la lutte contre les dérèglements climatiques, qui ont siégé à Montreuil. Ils ont proclamé les« solutions des peuples pour financer la transition » : taxe sur les transactions financières, taxe carbone, restructuration des dettes publiques, désinvestissement des combustibles fossiles... Ce sommet s’est conclu par un appel à étendre au plan international la réquisition citoyenne de chaises.

Sommet citoyen pour le climat

Rendez-vous le 12 décembre

C’est à la Parole Errante, un espace culturel alternatif, que se clôt le sommet citoyen. Pour le mouvement Alternatiba, ces deux journées sont la preuve que « la société civile mondiale met déjà en œuvre des milliers d’alternatives concrètes permettant de résoudre la crise climatique ». Alors que les négociations au Bourget ne semblent pas se diriger, pour l’heure, vers un accord ambitieux et contraignant, Juliette Rousseau, coordinatrice de la Coalition Climat 21 met l’accent sur l’importance de faire grandir un véritable mouvement pour la justice climatique. « Dans ces moments d’adversité absolue, il nous faut pousser la transition dans nos pratiques, souligne t-elle. La question de fond, c’est comment on veut vivre tous ensemble dans un futur désirable ». Une question épineuse : le soir-même, le parti politique le plus hostile à l’écologie et au « vivre ensemble » arrivait en tête du premier tour des élections régionales.

 

Publié par Basta ! Le 7 décembre

 

La COP 21 se terminera le 11 décembre : tout indique que l’accord, si accord il y a, sera bien en dessous des enjeux et ne respectera pas les lignes rouges dessinées par les scientifiques et les citoyens. Pour avoir le dernier mot et montrer notre détermination à continuer le combat pour la justice climatique, les organisations de la coalition Climat 21 proposent le 12 décembre un menu varié d’activités, parmi lesquelles diverses actions et rassemblements désobéissant et non violents et une réunion festive et politique après la clôture de la COP 21. Le programme précis de ces actions sera communiqué rapidement mais nous appelons déjà tous les adhérents et sympathisants d’Attac qui le peuvent à venir à Paris pour le 12 décembre. Celles et ceux qui seront présents à partir du 7 décembre pourront se rendre à la Zone d’Action Climat, 104 rue d’Aubervilliers 75019 Paris, où, parmi d’autres activités, des formations aux actions de désobéissance organisées le 12 sont prévues.

 

ATTAC le 7 décembre

Sommet citoyen pour le climat
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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 18:00
Faucheurs de chaises à Lille : 4 chaises de la BNP

COMMUNIQUE DE PRESSE

Lille, le vendredi 27 novembre 2015

4 CHAISES RÉQUISITIONNÉES DANS UNE AGENCE BNP PARIBAS À LILLE

#FaucheursDeChaises #AnvCop21

Lille, 17h30 – Réquisition citoyenne de chaises cet après-midi à l’agence BNP Paribas du boulevard Victor Hugo. A quelques jours du Sommet de l'ONU sur le climat, 13 militants du collectif Action Non-Violente COP21 (ANV COP21), ont réquisitionne 4 chaises au cours d'une action citoyenne non-violente. L'action a dure 2 minutes dans le plus grand calme et a été menée par des militants à visage découvert. ANV COP21 appelle à mettre fin au système organise de l’évasion fiscale car l'argent pour financer les défis écologiques et sociaux existe : il est dans les paradis fiscaux !

Alors que le dérèglement climatique est déjà une tragédie pour des millions de personnes et qu'il menace les conditions mémés d'une vie civilisée sur Terre, les 196 États membres des Nations Unies sont incapables de trouver 100 milliards de dollars par an pour alimenter le Fonds Vert pour le climat.

Or il y a 200 fois cette somme dans les paradis fiscaux selon le groupe de recherche Justice Tax Network! L’union Européenne estime aussi que la fraude et l’évasion fiscale coûtent chaque année 1 000 milliards d'€ aux contribuables européens. Ce fléau est organisé en grande partie par les banques françaises : la BNP Paribas détient ainsi 171 filiales dans les paradis fiscaux ! Elle est également la 9e banque mondiale pour financer le charbon, tout en sponsorisant la COP21 : cherchez l’erreur !

Enfin, les organisations terroristes utilisent elles aussi les paradis fiscaux : en cherchant à maintenir l’opacité des paradis fiscaux, BNP Paribas et les autres grandes banques françaises facilitent les attentats terroristes.

APPEL A LA DESOBEISSANCE CIVILE NON-VIOLENTE PENDANT ET APRES LA COP21

Face à ce scandale, un appel à réquisitionner 196 chaises dans les banques impliquées dans l’évasion fiscale a été lancé le 30 septembre par des dizaines de personnalités telles que le résistant et philosophe Edgar Morin ou l’ancien Haut référendaire à la Cour des comptes Patrick Viveret. Cet appel est très suivi, avec des réquisitions à Nantes, Strasbourg, Nancy, Narbonne, etc.

L’objectif des 196 chaises ayant été atteint, ANV COP21 appelle à poursuivre la mobilisation pour montrer la détermination des citoyens à agir pour la justice climatique. La 36e réquisition citoyenne menée aujourd'hui porte le nombre de chaises confisquées à 219. Les chaises réquisitionnes à Lille ont été confiées à :

• Jean Gadrey, professeur émérite d’économie à l’Université Lille I et membre du Conseil scientifique d’ATTAC.

• CCFD-Terre Solidaire du Nord, qui agit pour un monde plus juste en luttant contre les paradis fiscaux, le réchauffement climatique et la pauvreté.

196 chaises réapparaîtront pendant la COP21 pour un sommet des peuples pour la justice climatique organisé le 6 décembre à Montreuil. Elles seront rendues quand les banques auront restitué l’argent qu’elles ont aidé à dérober ! L'action de ce jour veut contribuer à faire émerger un large mouvement citoyen de désobéissance civile, non-violent et déterminé, pour relever le défi climatique pendant et après la COP21.

Appel « Debout et détermines pour le climat ! »

Faucheurs de chaises à Lille : 4 chaises de la BNP
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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 08:42
Petit guide militant face aux crimes climatiques

Stoppons la machine à réchauffer la planète

La modification profonde et durable de notre planète, et en particulier du climat, du fait de l’activité humaine amène de nombreux scientifiques à considérer que nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique, qualifiée d’anthropocène. Les sociétés humaines, dont l’histoire courte se trouve aujourd’hui inextricablement liée à l’histoire longue de la planète Terre, font alors face à des difficultés et à des défis considérables et c’est leur pérennité même qui est aujourd’hui menacée.

Des annonces tentent déjà de faire accepter l’idée selon laquelle un accord à Paris constituera un premier pas important pour aller plus loin ensuite. Nous ne croyons pas aux miracles : ce qui n’a pu émerger depuis quatre ans de négociations, c’est-à-dire un accord à la hauteur des enjeux climatiques, aura du mal à émerger dans les derniers jours. Les négociations onusiennes sont enfermées dans des discussions techniques et bureaucratiques à la mesure de l’abandon des responsabilités politiques, de la concurrence des États, de l’emprise des logiques du profit.

Nous ne pourrons applaudir un résultat qui ne prenne pas en compte certaines lignes rouges, lesquelles s’appuient à la fois sur les connaissances scientifiques, 2l’expérience vécue du réchauffement climatique, les résistances et les solutions expérimentées à des échelles maintenant significatives.

Un sursaut politique et démocratique est requis. Attac participe à la construction d’un mouvement divers, ambitieux et pérenne pour la justice climatique, un mouvement catalyseur des résistances au grand chantier capitaliste qui détruit pour accumuler. C’est le sens de notre engagement depuis plusieurs mois dans la dynamique Alternatiba, dans la Coalition climat 21 et dans de nombreux réseaux internationaux qui luttent pour la justice climatique.

Du 28 novembre au 12 décembre, les deux semaines de mobilisations pendant la COP 21 seront un moment d’expression de ce mouvement en devenir. Ce Petit guide militant face aux crimes climatiques se veut un outil pour toutes celles et tous ceux qui participeront de ce mouvement. Il décrypte les enjeux actuels de la crise climatique, énonce 9 lignes rouges pour un accord qui serait à la hauteur des enjeux et fondé sur la solidarité et la coopération, dénonce les défaillances des négociations en cours et appelle les citoyennes et les citoyens à participer massivement aux manifestations, au Sommet citoyen pour le climat, au Village mondial des alternatives, aux actions de désobéissance non violente face à la poursuite de la destruction légale et organisée des sociétés et de la Terre.

Sommaire

  • Comprendre les enjeux

    • Pour refroidir la Terre, édifions d’autres mondes

  • Proposer des solutions globales

    • 9 lignes rouges pour un accord international

  • Dénoncer les défaillances des négociations

    • Avec la COP 21 le compte n’y est pas

  • Se mobiliser pour la justice climatique

    • Un mouvement qui imposera le changement

    • 4 temps forts

  • #CrimesClimatiquesStop !

  • Toutes et tous #FaucheursDeChaises

pour télécharger le petit guide

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 07:48
Les militants d’Alternatiba sont arrivés à Paris

L’urgence de la lutte climatique

Plus de 60 000 personnes ont participé les 26 et 27 septembre 2015 à l’arrivée du tour Alternatiba à Paris. Pour l’occasion : village des initiatives,climatepride, carnaval et animations dans tout Paris mirent en valeur des solutions existantes au dérèglement climatique.

Ils ont donné leurs derniers coups de pédale dans les rues de Paris, samedi 26 septembre. Les militants cyclistes du Tour Alternatiba, partis le 5 juin de Bayonne, au Pays basque, en ont fini de leur gigantesque épopée qui leur a fait parcourir 5 637 kilomètres, en France, mais aussi en Belgique ou en Allemagne. Cent quatre-vingt-sept étapes différentes où ils ont répété inlassablement leur message : « Il faut changer le système, pas le climat. »

La vingtaine de militants, jeunes pour la plupart, autour de l’increvable Txetx Etcheverry, syndicaliste basque à l’origine du projet avec les militants de Bizi, une organisation créée au lendemain de l’échec de la conférence climatique de Copenhague, en 2009, ont pédalé pendant quatre mois pour dire l’urgence climatique et la nécessité de mener le combat environnemental avec une exigence de justice sociale.

Ils ont été rejoints sur les routes de France, mais aussi en Belgique, en Allemagne ou au Luxembourg, par des centaines de cyclistes pour des « vélorutions » organisées à chaque étape. A Paris, leurs efforts ont été couronnés par la mise en place des centaines de stands présentant des alternatives, énergétiques, de construction, de consommation, de transports, de monnaies aussi, les 26 et 27 septembre.

Sur le podium installé place de la République, un concert était donné samedi soir, avec notamment les groupes Imany, Sinsemilia, HK et les Saltimbanks – Kaddour Haddadi (HK) confiait les raisons de son engagement : « La planète, ce n’est pas “all inclusive”, tout n’est pas à volonté, il faut faire attention, c’est juste du bon sens. » Les militants d’Alternatiba avaient aussi invité les représentants d’autres luttes, symbolisant pour eux la diversité des combats à mener : la « ferme des 1 000 vaches », Notre-Dame-des-Landes, les No-TAV opposés au projet de tunnel pour la ligne ferroviaire Lyon-Turin, les Artisans du monde, des agriculteurs togolais, le Réseau semences paysannes, des antinucléaires allemands…

« Les alternatives existent partout, nous les avons rencontrées à chaque étape, il faut maintenant qu’elles se coordonnent, que tous ces projets montrent leur cohérence », explique Laurent Araud-Razou, 38 ans, qui a accompagné le tour depuis le début, depuis Bayonne où il réside.


Bien sûr, les cyclistes d’Alternatiba ont conscience qu’ils ont rencontré, pour la plupart, des militants et des citoyens déjà convaincus. Mais pas uniquement. « Beaucoup pensent que la crise climatique n’est pas aussi grave qu’on le dit (…). Ils entendent plus parler des déficits économiques, de l’endettement, et ils sont préoccupés par leurs fins de mois, le chômage. Et les politiques ne font pas grand-chose, les décideurs économiques, les entreprises non plus, pensant que la population s’en fiche, explique Txetx. Mais cela change, on l’a vu durant notre tour. »

La tenue de la conférence climat, la COP21, au Bourget à la fin de novembre, permet de mettre en lumière l’urgence de la lutte climatique, disent-ils tous. Mais il ne faut pas s’arrêter là. « On est content d’être arrivé, après tous ces kilomètres, mais surtout heureux de voir toutes ces personnes prêtes à se mobiliser, dit Bart, cycliste permanent depuis le début. Je vais peut-être avoir un coup de blues, avec la fin de cette aventure, mais je vais retrouver mon amie, Alice, à Bayonne et, surtout, plein de travail nous attend encore. »

Avec les autres bénévoles d’Alternatiba, il va participer à la construction du « quartier génial », le QG qui, à La Plaine-Saint-Denis, accueillera pendant la durée de la COP21 les quelque 111 groupes Alternatiba existant – le dernier vient de se créer à Haïti.

Corine, de Bordeaux, Cécile, étudiante lilloise en Allemagne, Julie, de Montrouge, tous ceux et celles que nous avions rencontrés en Alsace à la fin de juillet, se préparent pour les mobilisations qui vont accompagner la COP21. « La COP n’est pas une fin en soi, la mobilisation ne fait que commencer, estime Txetx. La lutte pour le climat est la plus importante parce qu’elle conditionne tout le reste, les questions d’alimentation, d’eau, de migrations… »


Le 27 novembre le « QG » sera prêt. Les « alternatibistes » seront de toutes les manifestations qui vont accompagner la COP, préparées par la Coalition climat 21 : la grande marche internationale du 29 novembre, le Village mondial des alternatives, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), le week-end des 5 et 6 décembre, ou encore la grande manifestation pour la clôture de la COP, le 12 décembre. Mais Alternatiba voit plus loin. Tous les comités locaux se retrouveront à Bordeaux, les 20 et 21 février, pour décider de l’avenir de ce mouvement. « Nous n’avons pas plus d’une quinzaine d’années pour gagner ou perdre cette bataille contre le réchauffement climatique, insiste Txetx. Ce n’est pas seulement un problème de quelques degrés en plus, mais il s’agit de la modification totale des conditions de vie de l’humanité. »

En attendant les futurs tours à venir, plusieurs milliers de personnes reprenaient en chœur, samedi soir, place de la République, les paroles d’HK et les Saltimbanks : « On lâche rien, on lâche rien ! »


Rémi Barroux Le monde.fr

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 07:37
NON à l’« agriculture intelligente face au climat »

La société civile dit NON à l’« agriculture intelligente face au climat » et exhorte les décideurs à soutenir l’agroécologie

Ne vous laissez pas leurrer !

Plus de 350 organisations de la société civile, parmi lesquelles figurent des mouvements sociaux, des organisations paysannes et des organisations confessionnelles originaires du monde entier lancent un appel à lutter contre les conséquences du changement climatique qui affectent les systèmes agricoles et alimentaires et menacent la sécurité alimentaire et nutritionnelle de millions de personnes. À l’approche de la COP21 qui se tiendra cette année à Paris, on ne peut que se féliciter que soient reconnus de façon croissante l’urgence d’adapter les systèmes alimentaires au changement climatique et le rôle clef joué par l’agroécologie pour assurer la souveraineté alimentaire et semencière tout en contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Cependant, malgré ces signaux encourageants, ces organisations éprouvent de profondes préoccupations face à la place grandissante accordée au concept d’« agriculture intelligente face au climat » (CSA – Climate Smart Agriculture) et à son Alliance Mondiale (GACSA – Global Alliance for Climate Smart Agriculture).

A ce jour, les dérèglements climatiques constituent la menace la plus importante et la plus imminente à laquelle nos sociétés doivent faire face. Une transformation radicale de nos systèmes actuels de production alimentaire est nécessaire. Elle implique l’abandon du modèle industriel et des fausses solutions qui y sont associées et la mise en œuvre d’une réforme agraire intégrale favorisant les systèmes alimentaires locaux et garantissant la souveraineté alimentaire dans le but d’assurer la pleine réalisation du droit humain à une alimentation adéquate et à la nutrition.

« L’agriculture intelligente face au climat » peut apparaître comme un concept prometteur mais a en réalité été forgée à des fins politiques. Cette approche ne précise en aucun cas les critères qui permettraient de définir ce qui peut ou ne peut pas être qualifié comme « réponse intelligente » au changement climatique. Ainsi, les sociétés de l’agrobusiness qui prônent l’utilisation d’engrais chimiques, la production de viande industrielle et l’agriculture industrielle à grande échelle – processus admis comme contribuant largement au changement climatique et nuisant à la résilience des systèmes agricoles – peuvent se targuer (et le font) de fournir des réponses « intelligentes » au changement climatique. En prétendant englober tous les modèles d’agriculture – parce qu’elle ne développe aucun critère de protection sociale ou environnementale et ne priorise pas les droits et les savoirs des paysans et agriculteurs qui sont des éléments-clés pour leur permettre de s’adapter et de lutter contre les changements climatiques – la notion d’ « agriculture intelligente face au climat » menace de saper l’approche agro-écologique telle que définie par les spécialistes et met en péril son développement futur et sa généralisation.

L’« agriculture intelligente face au climat » ne doit pas être confondue avec l’agroécologie qui repose sur une approche holistique de l’agriculture. Fondée sur des pratiques écologiques et des principes de sécurité alimentaire et nutritionnelle, de souveraineté alimentaire et de justice alimentaire, l’agroécologie cherche à améliorer les systèmes agricoles en utilisant de façon raisonnée les ressources naturelles plutôt que de recourir aux intrants externes. Elle place les petits producteurs et l’agriculture familiale au cœur de la production alimentaire locale et nationale en se basant sur leurs connaissances et pratiques traditionnelles ainsi que sur leurs innovations et non sur des techniques imposées « d’en haut ».

lire le texte complet de l'appel

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 09:03
Crime Climatique Stop !

Les négociations de Bonn préparent les crimes climatiques à venir

Les négociations sur le changement climatique reprennent ce lundi 31 août à Bonn (Allemagne). Le gouvernement français se montre optimiste. Pourtant, les contributions volontaires que les pays ont dévoilées et les contours du futur accord de Paris conduisent vers un réchauffement climatique très largement supérieur à l’objectif des 2 °C. Un crime climatique que les milliers de signataires de l’appel international visant à « laisser les énergies fossiles dans le sol » veulent stopper.

Pour Laurence Tubiana, négociatrice en chef pour le gouvernement français, les négociations « avancent ». Peut-être, mais c’est « à une vitesse d’escargot » comme le déplore Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations-Unies, notant qu’« aucune action concrète n’a été prise pendant vingt-trois ans de négociation ». Les émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre, qui ont augmenté de 60 % depuis 1992, accélèrent le réchauffement climatique en cours. Les nouveaux records de chaleur en juillet, qui s’ajoutent aux sept premiers mois de 2015 les plus chauds jamais enregistrés, n’en sont que les dernières conséquences. Les conséquences sont de plus en plus dramatiques : chaque seconde, un nouveau réfugié climatique est jeté sur les routes par une catastrophe liée au réchauffement de la planète.

Les contributions volontaires et non contraignantes que les États ont rendues publiques ne permettent pas de rester en dessous d’une hausse de 2 °C au cours du siècle, objectif que les États se sont eux-mêmes donnés lors de la conférence de Copenhague (2009). Les 56 pays qui ont présenté leur feuille de route et qui représentent 60 % des émissions mondiales de CO2, se sont engagés sur des objectifs minimalistes, y compris l’Union européenne et États-Unis. Résultat : l’écart entre ce qui devrait être fait et ce qui est annoncé est abyssal, supérieur à dix gigatonnes d’émissions annuelles de CO2.

Tout retard pris en 2015 conduit à de nouveaux crimes climatiques, sans qu’aucune garantie ne soit apportée pour que ce retard puisse un jour être rattrapé. Les principaux pollueurs de la planète refusent de revoir à la hausse leurs objectifs de réduction d’émissions d’ici à 2020.

Le dérèglement climatique tue, et le crime climatique en cours est massif : des centaines de millions de vies sont d’ores et déjà irrémédiablement affectées par l’élévation du niveau des océans, les épisodes caniculaires, les sécheresses, les tempêtes tropicales, etc. À terme, ce sont les conditions d’existence de l’espèce humaine et de l’ensemble des êtres vivants qui sont menacées.

A moins de 100 jours de la Conférence de Paris sur le climat, les négociations ne semblent pourtant pas en mesure de déboucher sur un accord ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et les « contributions » actuelles nous conduisent tout droit vers un réchauffement global de +4 °C d’ici à la fin du siècle. Pour que notre planète reste vivable, et pour mettre fin au crime climatique, les scientifiques recommandent de laisser 80 % des combustibles fossiles dans le sol. C’est ce que les gouvernements et les lobbies économiques refusent d’entendre.

Ce sont ces crimes climatiques que des personnalités (artistes, intellectuels, scientifiques, écrivains etc.) et des activistes du monde entier appellent à stopper en « laissant les énergies fossiles dans le sol ». Le livre Crime Climatique Stop ! L’appel de la société civile rassemble des contributions, véritables coups de gueule de personnalités de la société civile mondiale, afin de dénoncer le crime en cours, pointer les responsabilités, mais aussi montrer que d’autres voies sont possibles.

Ce livre s’accompagne d’un appel international à action, il est initié par Naomi Klein, Desmond Tutu, Vandana Shiva, Kumi Naido, Yeb Saño, Erri de Luca, Bill McKiben, Claude Lorius, Gilles Boeuf, Marie-Monique Robin, Mike Davis, Noam Chomsky, Patrick Chamoiseau, Susan George, Geneviève Azzam et une centaine d’autres intellectuels et militant.e.s pour la justice climatique des cinq continents. Il dénonce l’absence de prise en compte de l’urgence climatique pointée par les scientifiques et dévoile un appel de la société civile pour l’insurrection et la mobilisation de toutes et tous pour sortir d’un modèle économique fossile criminel et entend rassembler d’ici la COP21 des millions de signatures.

à lire :

Crime Climatique Stop ! L’appel de la société civile, Paris, Le Seuil, collection Anthropocène.

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La médiathèque d'Attac

Une rubrique sur les lectures, films, musiques qui ont marqués les militants d'Attac Villeneuve d'Ascq

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