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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 21:08

RAC-FLe Réseau Action Climat et la Fondation Nicolas Hulot saluent la justesse des récentes observations de la Cour des comptes en matière de fiscalité écologique qui sonnent comme un rappel à l’ordre pour le gouvernement. Ce dernier doit maintenant en tirer les conclusions qui s’imposent et décider de mesures fortes pour le budget 2014.

Dans un référé adressé aux Ministères de l’Ecologie et de l’Economie et rendu public ce 1er mars 2013, la Cour critiquait durement l’incohérence de la fiscalité écologique de la France avec la transition énergétique. Elle reprend ainsi à son compte le constat déplorable que nos organisations dressent depuis longtemps : la France subventionne la pollution à hauteur de plusieurs milliards d’euros chaque année !(1)

Après celle de la Commission Européenne puis celle de l’ OCDE, c’est une nouvelle incitation forte pour le gouvernement à se pencher enfin sérieusement, et dès le projet de loi de finances 2014, sur la suppression de niches fiscales nuisibles à l’environnement. Nul doute que ce document sera bien accueilli au sein du comité pour la fiscalité écologique qui a besoin d’une impulsion claire du gouvernement pour dépasser les jeux de postures et proposer d’ici juin des mesures écologiquement efficaces et socialement justes.

Pour le RAC et la FNH, maintenant que le rattrapage progressif de la fiscalité sur le diesel devient un incontournable, le comité pour la fiscalité écologique qui rassemble toutes les parties prenantes doit se concentrer sur la mise en œuvre concrète de la mesure et des mécanismes d’accompagnement. Car les 7 milliards de recettes supplémentaires pointés par la Cour des comptes doivent avant tout être réinvestis dans la transition énergétique et l’accompagnement transitoire des ménages qui en ont besoin !

Comme la Cour des Comptes, nous contestons l’exonération du kérosène, le seul carburant qui échappe à toute taxe, alors même que l’aviation reste le mode de transport le plus polluant. Cette niche, en plus d’être anti-environnementale, est anachronique et inéquitable d’un point de vue de justice sociale puisqu’elle diminue artificiellement le prix des billets d’avion pour des usagers issus majoritairement des classes aisées. La mise en place de cette mesure dans d’autres pays européens témoigne de sa faisabilité immédiate sur les vols intérieurs. Nous nous interrogeons en outre sur la pertinence du plan de soutien au secteur aérien annoncé par le Ministre des Transports et qui nous semble déconnecté de la réalité environnementale de ce secteur.

Enfin, nos organisations regrettent le signal paradoxal donné par l’énième report de la taxe kilométrique poids lourd. Cet outil au service de la transition écologique verra son efficacité réduite sur 2013 par ce cadeau de 250 millions d’euros au secteur routier qui bénéficiera pourtant d’1,2 milliards d’euros de crédit d’impôt compétitivité emploi dès 2013. Ce n’est probablement pas la réponse que la Cour des comptes attendait !

 (1) www.stopsubventionspollution.fr

Contacts presse :
FNH : Manuela Lorand – 01 41 22 10 94 – m.lorand@fnh.org
RAC : Lorelei Limousin – 07 70 31 09 19 – lorelei@rac-f.org

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 07:40

RAC-F.pngDe nouveau, les observations de la Cour des comptes viennent corroborer les préconisations du Réseau Action Climat qui plaide depuis longtemps pour un rattrapage à la hausse des taxes sur le diesel au niveau de celles de l’essence. Impact carbone du diesel, bilan environnemental, sanitaire et économique ... Cette note vous permettra de débusquer les faux arguments des opposants à cette mesure qui permettra par ailleurs de financer les alternatives de la transition énergétique et d’offrir une alternative aux personnes les plus dépendantes de leur automobile !

—> Oui, le diesel est dangereux pour la santé

Les transports routiers diesel comptent parmi les principaux émetteurs de particules fines, responsables d’environ 42000 décès prématurés en France (Clear Air For Europe, 2001). Les habitants des grandes agglomérations françaises voient leur espérance de vie diminuer de plusieurs mois en raison de la pollution de l’air (Airparif) et le lien entre cancer des poumons et pollution du diesel est avéré (CIRC, OMS). Les filtres à particules étant obligatoires sur les véhicules diesel neufs depuis 2011 seulement, la part des véhicules équipés reste très minoritaire dans le parc automobile actuel. De plus, ces filtres ne retiennent pas les particules les plus fines, les nanoparticules, ni les émissions de Nox, elles aussi très nocives pour la santé. Les véhicules diesel neufs ou récents sont donc loin d’être propres.

—> Non, le diesel n’est pas plus écologique que l’essence

Par kilomètre parcouru, les émissions de CO2 d’un véhicule diésel sont généralement moindres que celle d’un véhicule essence mais, contrairement aux idées reçues, un litre de diesel contient d’avantage d’énergie et de CO2 qu’un litre d’essence. Il n’y donc aucune raison "écologique" qui puisse expliquer que les droits d’accises, prélevés par litre consommé, soient inférieurs pour le diesel. Inversement, avec l’internalisation des coûts externes, le diesel a vocation à être davantage taxé que l’essence à terme.

-> Une hausse des taxes sur le diesel est cohérente avec la transition énergétique

L’augmentation des prix des carburants avec la fiscalité écologique doit conduire à une modification des comportements des ménages et des entreprises et ce, avant que cette hausse ne soit subie de plein fouet par les ménages du fait de la hausse des prix de l’énergie. En induisant une diminution de la consommation d’énergie fossile ainsi qu’un report modal vers les modes de transport moins émetteurs, elle s’inscrit pleinement dans la transition énergétique.

Inversement, l’idée d’une harmonisation concomitante des taxes telle que suggérée par les pétroliers -augmentation des taxes sur le diesel et baisse des taxes sur l’essence- est dénuée de sens  : elle enverrait un signal contradictoire et n’a aucun intérêt social. En effet, certains automobilistes bénéficieraient d’un baisse de leurs dépenses alors que d’autres seraient davantage prélevés, et ce indépendamment de leurs conditions de revenus.

Le Réseau Action Climat défend des mesures plus socialement justes : les recettes tirées de la suppression de cette dépense fiscale devront financer des mesures d’accompagnement transitoires aux ménages à faibles revenus et des investissements dans la transition énergétique afin de garantir aux ménages et aux entreprises d’avoir le choix entre la voiture individuelle, la voiture partagée et les modes de transports alternatifs.

- Pour plus d’informations sur cette niche, voir le document joint (en haut à droite).
- Pour demander la suppression des niches fiscales dommageables à l’environnement, signez la pétition : http://www.stopsubventionspollution.fr/

 - Pour lire la réaction du RAC à la publication du référé de la cour des comptes :http://www.rac-f.org/Cour-des-comptes-et-subventions-a

RAPPEL : Nous avons fait paraître plusieurs billets sur ce site pour dénoncer ce scandale français :

2013, année de l'air en Europe : que fait la France ? http://attaclillemetropole.over-blog.com/article-2013-annee-de-l-air-en-europe-que-fait-la-france-115348877.html 

L'OMS reconnaît enfin les émissions des moteurs Diesel comme cancérigènes http://attaclillemetropole.over-blog.com/article-l-oms-reconnait-enfin-les-emissions-des-moteurs-diesel-comme-cancerigene-106855141.html

Le Diesel vaut-il encore le coup ? Voilà une question bien mal posée http://attaclillemetropole.over-blog.com/article-le-diesel-vaut-il-encore-le-coup-voila-une-question-bien-mal-posee-112379897.html

42 000 morts par an : le gazole est-il assez cher pour nos poumons ? http://attaclillemetropole.over-blog.com/article-42-000-morts-par-an-le-gazole-est-il-assez-cher-pour-nos-poumons-102534388.html 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 18:11

NON AU GAZ : NI DE SCHISTE, NI DE CHARBON, NI ICI, NI AILLEURS

 

Les grandes compagnies pétrolières et notre « Ministre du Redressement Productif » marquent un intérêt grandissant pour le gaz de charbon qui semblerait présent dans les Bassins du Nord-Pas de Calais, des Cévennes gardoises, de Lorraine, des Bouches-du Rhône, et du Massif central.


Gazonor est chargé de récupérer le méthane (gaz explosif et inflammable) dans les mines du Nord - Pas de Calais depuis leur fermeture, car ce gaz « remonte » dans les galeries sous la pression de l’eau et constitue un risque pour les populations.


Mais le gaz de charbon maintenant ciblé sera extrait dans des zones minières non encore exploitées, avec une technique beaucoup plus agressive et polluante. La société EGL s’apprête à faire prochainement quatre forages d’exploration en Lorraine et quatre dans le Nord.


Il faudrait faire un forage vertical (entre 600 et 1200 m) puis forer horizontalement en étoile, en suivant la veine de charbon (jusqu’à 3000 m) et pomper l’eau contenue dans la couche de charbon afin de créer une dépression qui libèrerait le méthane retenu à sa surface ; l’eau devrait alors remonter, entraînant le méthane.


Alors qu’en Lorraine on injecterait 400m3 (?) d’eau par forage, Monsieur Briens, patron de EGL, nous assure que dans le Nord cette eau ne serait pas utile : va-t-on tenter d’améliorer la technique dans le Nord ?


Cette activité est extrêmement polluante.
La grande quantité d’eau extraite par pompage peut être salée, riche en arsenic, soufre, métaux lourds, éléments radioactifs. Il n’existe aucune possibilité de dépollution de tels volumes : cette eau sera rejetée dans les cours d’eau.


Afin d’améliorer la rentabilité, les pétroliers ont recours à la fracturation hydraulique (en Australie et aux U.S.A.).
Cette exploitation nécessite la réalisation de forages nombreux et rapprochés qui entraînent la destruction des paysages tout autant que celle des économies agricoles et touristiques.


Dans les 5, 10, 15, 20 ans après la cessation de l’exploitation, le méthane remontera par les failles géologiques (comme dans les galeries de mines du Nord- Pas de Calais actuellement) et contaminera l’atmosphère déjà surchargée en gaz à effet de serre ainsi que les nappes phréatiques qu’il rencontrera lors de sa migration.


D’autre part, la France s’est engagée à réduire d’ici à 2050 ses émissions de gaz à effet de serre.
La priorité devrait donc résider dans l’efficacité et la sobriété énergétique et non dans la recherche de nouveaux hydrocarbures.


Ces projets d’exploration pour trouver de nouveaux gisements de ressources fossiles en France sont donc parfaitement irresponsables au moment où les scientifiques s’accordent à dire que brûler plus du tiers des ressources fossiles déjà connues d’ici à 2050 suffirait à provoquer l’emballement du réchauffement climatique.


Co-signataires :
Les Collectifs concernés par les gaz de houille/gaz de couche :

Collectif-gaz-npdc et plus de 25 collectfs de la France entière.


Contacts presse : Bassin du nord : Christine Poilly : 06 21 68 30 87

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 18:32

Le MondeLe ménage a été fait discrètement. Mais cela ne devrait pas suffire à étouffer le scandale qui frappe l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA), un établissement public sous la tutelle du ministère de l'écologie, bras armé de la politique publique de l'eau en France. L'agence en gère les données statistiques, cruciales pour juger de la qualité de notre ressource hydrique.

L'ONEMA est sous le feu de vives critiques dans le rapport annuel de la Cour des comptes, qui sera rendu public le 12 février. Les conclusions des sages de la Rue Cambon s'appuient largement sur un "Relevé d'observations provisoires" daté de juillet 2012 dont Le Monde a pu prendre connaissance.

Lancé le 8 septembre 2011, le contrôle de la Cour met en évidence de lourds dysfonctionnements internes : "absence de fiabilité des comptes", "un budget mal maîtrisé sans procédure formalisée d'engagement de la dépense", "une gestion des systèmes d'information défaillante", "des sous-traitances non déclarées", etc.

Etablissement public administratif national, l'ONEMA relève du champ d'application du code des marchés publics "mais, lit-on dans le rapport provisoire de la Cour, les carences de l'archivage des dossiers de marchés ne permettent pas un bon suivi. (...) Il en est résulté que les dossiers étaient très incomplets et divers documents n'ont pu être produits (bons de commande)". En 2012, l'ONEMA comptait 900 agents et disposait d'un budget de 110 millions d'euros.

L'établissement, dont le siège social est à Vincennes (Val-de-Marne), est aussi visé par une plainte contre X déposée le 4 juillet 2012 au parquet de Créteil par le Syndicat national de l'environnement (SNE-FSU), représenté au sein de l'ONEMA.

"IRRÉGULARITÉS CONSTITUTIVES D'INFRACTIONS PÉNALES"

Les accusations portées et signées par Jean-Luc Ciulkiewicz, secrétaire général du SNE-FSU, sont lourdes : "Le SNE-FSU a été alerté par des agents de l'ONEMA de l'existence de graves irrégularités dans le fonctionnement de cet établissement public, constitutives d'infractions pénales. Ces agents ont remis des documents établissant de manière précise des fraudes dans la passation et l'exécution des marchés publics, notamment des fausses facturations, conflits d'intérêts, délits de favoritisme, sous-traitances non déclarées, faux et usages de faux." "En outre, écrit M. Ciulkiewicz, des agents nous ont alertés de l'urgence de la situation en raison de la disparition de pièces de procédure de marchés publics demandées par la Cour des comptes dans le cadre du contrôle qu'elle exerce au sein de l'établissement."

Le procureur de Créteil a lancé une enquête préliminaire, confiée aux policiers de la brigade de répression de la délinquance économique.

Le 11 octobre 2012, la ministre de l'écologie, Delphine Batho, informée quelques jours plus tôt de la gravité de la situation dans l'établissement public, reçoit une dizaine de salariés de l'ONEMA – non syndiqués pour la majorité –, ainsi que le secrétaire général du SNE-FSU. Ils lui remettent une lettre signée de quinze agents du siège, certains toujours en poste, d'autres ayant récemment quitté l'établissement, mais tous dans des services clés (exécution budgétaire et des marchés publics, achats, développement informatique, etc.).

Les signataires alertent sur les pressions – "pratiques managériales brutales", "climat de terreur" – dont le personnel fait l'objet : "Il est demandé aux agents, de plus en plus fréquemment, de faire des actes ou des contrats illégaux. (...) Ils sont perdus et ne savent plus comment réagir."

Quinze jours plus tard, par arrêté du ministère de l'écologie, Patrick Lavarde, directeur général de l'ONEMA depuis sa création, en 2007, est remplacé par Elisabeth Dupont-Kerlan, ingénieure générale des ponts, des eaux et des forêts. M. Lavarde est nommé chargé de mission au Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), organisme sous l'autorité du ministère de l'écologie. Il n'a pas répondu à nos sollicitations.

Le 21 novembre 2012, en conseil des ministres, il est aussi mis fin aux fonctions d'Odile Gauthier, directrice de l'eau et de la biodiversité (DEB), présidente du conseil d'administration de l'ONEMA, où elle n'a toujours pas été remplacée. Nommée à la direction générale du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, Mme Gauthier ne souhaite pas s'exprimer sur ses fonctions antérieures. Et d'autres mutations sont en cours.

Comment expliquer tous ces dysfonctionnements ? Au-delà des responsabilités individuelles de tel ou tel acteur, que la justice pointera peut-être, l'affaire de l'ONEMA traduit, pour reprendre les termes d'un haut fonctionnaire, "un bordel incroyable" au sein de l'Etat. "Ce qui frappe, réagit Delphine Batho, c'est le caractère récurrent des dérives constatées, cette situation incroyable qui a perduré."

"ASSEZ DE PIÈCES AU DOSSIER POUR SAISIR UN JUGE D'INSTRUCTION"

La genèse de l'ONEMA n'est certainement pas étrangère à toute l'histoire. L'organisme est créé par la loi sur l'eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006, pour succéder au Conseil supérieur de la pêche, usé et en difficulté financière. En réalité, il s'agit de mettre la France à l'heure de la gestion durable de l'eau, comme l'y engage la directive-cadre européenne du 23 octobre 2000. Mais le décret d'application du 25 mars 2007 – signé par Nelly Olin, ministre de l'écologie du gouvernement Villepin – qui entérine la création de l'ONEMA, définit mal les rôles entre la direction de l'eau du ministère de l'écologie et son agence sous tutelle. La présidence du conseil d'administration revient ainsi... au directeur de l'eau, donc à la tutelle !

 

 

Cette gouvernance "consanguine" a-t-elle pesé ? La solidarité entre membres d'une même famille, celle de l'eau, a-t-elle incité certains à se taire ? Comment expliquer, par exemple, que, comme l'affirme un ancien membre du cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie de Nicolas Sarkozy, "aucun message d'alerte sur l'ONEMA n'ait été transmis" à celle-ci ? Pourtant coups de semonce il y eut. Le 31 mai 2010, une note interne – signée de Sophie Vacher, responsable de la mission juridique de l'ONEMA, et de Séverin Dodo, responsable du service des marchés publics – à l'attention de M. Lavarde recense les "irrégularités constitutives d'infractions pénales concernant la passation et l'exécution des marchés informatiques" de l'établissement public. Edifiant.

De même, pourquoi les avis du contrôle financier et budgétaire exercé par le ministère de l'économie – ce qui est la règle dans le cadre d'un établissement public – n'ont-ils pas été suivis d'effet ?

Et maintenant ? Un décret du ministère de l'écologie est en préparation pour que la présidence du conseil d'administration de l'ONEMA ne soit plus assurée par la tutelle. L'agence va aussi recevoir son nouveau contrat d'objectifs 2013-2018, "qui prendra évidemment en compte les recommandations formulées par la Cour des comptes", insiste la nouvelle directrice de l'organisme, Elisabeth Dupont-Kerlan.

Dans son rapport final, la Cour ne demanderait pas de poursuites disciplinaires. Mais, pour Jérôme Karsenti, avocat du SNE-FSU, pas question que l'affaire s'arrête là : "Si le parquet de Créteil ne stimule pas l'enquête de la BRDE, j'ai assez de pièces au dossier pour saisir un juge d'instruction."

En tout état de cause, la Commission européenne, qui estime les efforts de la France en matière de qualité de l'eau assez insuffisants pour la condamner d'ici quelques semaines, ne devrait pas perdre une miette de ce scandale. Bruxelles pourrait en effet s'interroger sur la pertinence des informations transmises par la France.

Marie-Béatrice Baudet et Martine Valo

 

Lire aussi (édition abonnés) La police de l'eau soumise à des pressions phénoménales

Lire aussi (édition abonnés) Eau : une nouvelle circulaire réorganise le rôle de l'ensemble des acteurs publics

Lire aussi (éditions abonnés) Eau : l'appétit des opérateurs privés

 

Lire aussi le Blog de Marc Laimé http://www.eauxglacees.com/Scandale-a-l-ONEMA-9-l-enquete-du

 

Article publié par le Monde le 2 février 2013.

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 08:40

 

Des problèmes techniques et financiers, à l'environnement, à l'arrivée des Zadistes et à la répression policière, un documentaire "vue globale" sur le conflit à Notre-Dame-des-Landes qui explore aussi les ramifications de ce genre de projet sur la "légalité" et la démocratie. Film réalisé par Béatrice Turpin, militante d'Attac France

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 07:00

La politique de l’eau figure au rang des réformes prioritaires qui vont être engagées par l’état dès le printemps 2013, dans le cadre de la « Modernisation de l’action publique » (MAP), qui a succédé à la Révision générale des politiques publiques (RGPP), initiée par le gouvernement Fillon en 2007. Sur fond de contrainte budgétaire, qui se révèle de semaine en semaine de plus en plus drastique, la réforme de la politique de l’eau va profondément modifier tout l’édifice hérité des lois sur l’eau de 1964, 1992 et 2006. Plusieurs scénarios sont à l’étude, les débats s’annoncent violents, mais les contraintes sont telles qu’il n’est plus possible de tergiverser.

 

Le Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, présidait le mardi 18 décembre à Matignon un séminaire ministériel signant le lancement de la modernisation de l’action publique (MAP), qui se substitue à la RGPP (Révision générale des politiques publiques) menée sous la présidence de M. Nicolas Sarkozy.

La MAP récuse d’emblée l’obsession comptable de la RGPP, qui reposait pour l’essentiel sur le non remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique d’Etat, et avait été mise en œuvre par des « pools » alliant directions centrales des ministères et grands cabinets d’audit, majoritairement anglo-saxons, le tout pour un coût de 144 millions d’euros…

Désormais les collectivités locales et la sécurité sociale seront aussi concernées par l’exercice, que l’Etat veut mener dans la concertation.

L’amélioration générale des services publics, objectif annoncé, passera aussi par une accélération de la simplification des démarches administratives et de l’administration numérique.

Mais l’objectif sous-jacent de la MAP est aussi de trouver les moyens de réduire le train de vie de l’Etat pour parvenir à équilibrer les finances publiques d’ici la fin du quinquennat.

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, M. Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, soulignait « qu’il est hors de question que des dépenses nouvelles ne soient pas gagées par des économies. Elles le sont toutes. Que personne n’en doute".

Ajoutant que l’ambition du gouvernement était de mener des "réformes d’une ampleur comparable à celles menées au Canada dans les années 2000 et en Suède dans les années 1990", deux pays qui ont réussi des redressements spectaculaires de leurs finances publiques.

Le processus reposera sur une évaluation de l’ensemble des politiques publiques qui sera lancée début 2013.

Avec plusieurs priorités : les aides aux entreprises, qui relèvent de quelque 6000 dispositifs répartis entre l’Etat et les collectivités locales, la politique du logement, la politique familiale ou celle de l’eau, les coûteuses niches fiscales de l’Outre-mer ou les aides agricoles...

(La police de l’environnement suivra au second trimestre).

De premières décisions pourraient être annoncées à l’occasion du programme de stabilité que le gouvernement enverra à la Commission européenne au début du printemps.

La démarche devra permettre, in fine, « de dégager des propositions de simplification, une plus grande cohérence de l’action des différents acteurs et une amélioration significative de l’efficience de l’action publique, indispensable pour tenir nos engagements budgétaires […], indique un document de travail du gouvernement, cité par Les Echos. Seule une démarche de cette nature permettra de concilier les exigences de notre trajectoire financière et le maintien de notre modèle de services publics ».

2013 : Année de tous les dangers ?

Conjointement, il ne faudra surtout pas perdre de vue que le projet de loi sur la nouvelle étape de la décentralisation, qui n’est pas stricto sensu réductible à la MAP, devra lui aussi accomplir son chemin gouvernemental et parlementaire, car toute la problématique « réforme des intercommunalités » modifie aussi la donne, peut-être autant que sa partie spécifique « eau et milieux aquatiques », pour l’heure uniquement dédiée, fruit d’un lobbying acharné (que Bercy ni Matignon n’ont pour l’heure aucunement avalisé), à l’assomption des EPTB, ceci sans même parler de la bombe à retardement que pourrait constituer le concept « d’adaptation des textes nationaux aux réalités locales », au nom duquel, par exemple, les régions Bretagne, ou les « Alsaces réunifiées » pourraient s’aviser de revenir en force, et exiger (vielles antiennes), de pleines compétences en matière de gestion de l’eau…

Voir aussi la mission de préfiguration de la future « Agence de la biodiversité », clé d’entrée avec laquelle on touche à tout, ne serait-ce que dans la relation au grand cycle de l’eau, sous l’angle des continuités, ou sous l’angle des adaptations au changement climatique, donc à ce qui est directement finançable par les agences de l’eau.

Voir enfin les propositions qui doivent être faites dans le même pas de temps par le Comité permanent pour la fiscalité écologique, installé par la ministre de l’Ecologie le mardi 18 décembre 2012, qui présentera un premier train de mesures fiscales écologiques en juin 2013, qui sera intégré dans le projet de loi de Finances 2014. Car certaines de ces mesures fiscales concerneront la gestion de l’eau.

Pourquoi la politique de l’eau ?

Tous les voyants sont au rouge.

La France ne respectera pas l’objectif de reconquête de la qualité des eaux, assigné par la DCE, au fameux horizon 2015, qui s’est vite évanoui vers 2021 puis 2027…

La France court un risque sérieux de condamnation dans le contentieux nitrates.

La note du Ministère de l'Ecologie du 20 octobre 2012 sur le contention européen "nitrates" www.eauxglacees.com/IMG/pdf/18-_Note_MEDDE_-_Contentieux_europeen_nitrates_20-10-12.pdf

 

D’autres sont à venir.

L’actuel financement des politiques publiques de l’eau a vécu. Longtemps orienté vers le « petit cycle de l’eau », il doit désormais prendre en compte le « grand cycle de l’eau ».

Ici les enjeux sont colossaux, et ne sont pas financés, sauf à multiplier la facture d’eau de l’usager domestique par deux ou par trois à l’horizon des dix prochaines années…

Il va falloir, tout à la fois, combattre les pollutions diffuses d’origine agricole, protéger les captages d’eau potable, une ambition assignée par le Grenelle, aujourd’hui au point mort. Mettre en oeuvre les trames verte et bleue, recalibrer Ecophyto, dompter les irrigants...

Poursuivre les efforts dans l’assainissement collectif, trouver une issue à l’actuel cauchemar de l’assainissement individuel, investir massivement dans le pluvial, et dans la mise en conformité des réseaux, toujours oubliée.

Investir tout aussi massivement dans le renouvellement des réseaux, aujourd’hui très insuffisant, protéger les zones humides, prévenir les effets du changement climatique, les inondations, réparer 50 000 digues laissées à l’abandon, anticiper les risques émergents pour la santé en prévenant l’action de polluants aujourd’hui ignorés, etc, etc.

On pourrait poursuivre sous forme d’interminable litanie.

C’est maintenant que le piège va se refermer.

Depuis dix ans l’oligarchie de l’eau nous clame que tout va bien dans le monde merveilleux de l’Ecole française de l’eau.

Mensonge éhonté. La politique de l’eau n’a cessé de partir à vau l’eau, affermée aux intérêts des lobbies qui la cadenassent pour leur plus grand profit.

Déjà, en 2010, les rapports de la Cour des Comptes et du Conseil d’état faisaient figure de signal d’alarme.

Depuis, le scandale de l’ONEMA est venu éclairer la faillite organisée de tout un système.

Le réveil va être sanglant.

Les Agences vont souffrir.

Deux lignes contradictoires vont d’emblée se combattre, bientôt débordées par d’impossibles "synthèses"...

Le « tout EPTB ». face au « tout Interco »...

Propositions eau et assainissement, Université d’été des instances nationales de l’Assemblée des communautés de France (ADCF) des 28 & 29 juin 2012 https://www.box.com/shared/static/tjqsn1otdfickcqjtrqq.pdf

 

Comme tout devra aller très vite, que nul n’envisage de remettre en chantier une quatrième loi sur l’eau, qu’aucune concertation n’aura vraiment lieu puisque les projets de réforme antagoniques sont déjà prêts, les projets de loi rédigés, on s’achemine tout droit vers une guerre de tranchées, avec, à l’Assemblée et au Sénat, la droite en embuscade, et à l’arrivée un risque de confusion encore accrue.

Bercy et la DGCL versus l’Ecologie et la Santé.

Bercy et l’Agriculture, et Matignon, versus l’Ecologie, toujours.

La Réforme de l’état, et les associations d’élus, contre les autres ministères de tutelle.

Les Agences, et les élus au sein des comités de bassin, durablement fragmentés par l’OPA "tout EPTB" en cours.

Les grands corps contre le reste du monde.

Le "monde de l’eau", coalisé avec la droite, pour tout faire capoter.

Et les pêcheurs, les propriétaires de moulins, la micro-hydraulique déchaînée, les irrigants, l’APCA...

Les "zazas", les syndicats de rivière, les SATEP, les Satanc, les Parcs, les Conservatoires..., vent debout contre les EPTB...

Suez, Veolia, SAUR et la FPEE aux aguets, d’autant plus aux aguets que leurs manoeuvres de retardement n’empêcheront pas leur prochaine condamnation pour entente par la Commission de la Concurrence...

Les "écolos", maximalistes comme à l’accoutumée, qui vont se perdre en billevesées inutiles.

Rituellement oubliés par les mécanos (de la Générale mais surtout des intérêts tout particuliers qui se font jour dans la période), conseils généraux, syndicats départementaux et interdépartementaux, Pays, et aussi bien services de l’état, pour ce qu’il en reste, vont - à très juste titre -, taper du poing sur la table avant que de se faire faire un enfant dans le dos.

Bercy va peser fortement afin que l’usager domestique continue à être le dindon de la farce. Or on sait que la facture seule n’y suffira pas.

Les usagers, as usual, cochons de payants, pas même consultés.

Or l’occasion ne se représentera pas deux fois.

C’est maintenant ou jamais.

Mais le tout à l’arraché en trois mois, ça va saigner.

Ce n’est pas gagné.

Ci-après la  Déclaration de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre au Comité Interministériel pour la Modernisation de l’Action publique du 16 décembre 2012 http://www.eauxglacees.com/IMG/pdf/Declaration_de_J-M-_Ayrault_16-12-12.pdf et le Relevé de décisions du Comité interministériel pour la modernisation de l’action publique du 18 décembre 2012 http://www.eauxglacees.com/IMG/pdf/Releve_de_decisions_du_CIMPA_du_18-12-12.pdf

 
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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 14:34

bastaThierry Masson, officier pilote de ligne, explique dans une lettre ouverte à François Hollande, les sérieux doutes de sa profession vis-à-vis des choix techniques et stratégiques du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ce projet tel qu’il est pensé démontre une méconnaissance significative du fonctionnement d’un aéroport, estime-t-il, alors que toutes les compagnies aériennes européennes anticipent une baisse du trafic.

 

Lettre ouverte à François Hollande

Haute Goulaine, le 3 janvier 2013

Monsieur le Président,

Si je n’ai pas ordinairement vocation à m’inscrire dans une logique contestataire, et encore moins rétrograde, je souhaiterais vous faire part de mon étonnement lorsque nous parlons du transfert de l’aéroport nantais – qui fonctionne parfaitement – vers une future structure à Notre-Dame-des-Landes. Et ce dans le périmètre de mes compétences, fort de mon expertise technique d’officier pilote de ligne exerçant à ce jour depuis près de 25 ans à transporter des passagers, dont 10 années de Commandant de bord avec 18000 heures de vol, pour le compte de notre Compagnie nationale.

Ce projet est loin de garantir un niveau opérationnel, compte tenu de son architecture future déjà dépassée. Sa viabilité relève d’hypothèses hautes – qu’aucun organisme aussi sérieux que l’Organisation de l’aviation civile internationale ou l’Agence internationale du transport aérien n’aurait osé imaginer – sans prise en compte de la technicité et de la fragilité du modèle économique et industriel lié à la spécificité du transport aérien. Cependant, l’enquête conduisant à la déclaration d’utilité publique de février 2008 l’a validé.

Stabilité du nombre de vols

L’actuel aéroport de Nantes-Atlantique répond à la totalité des critères les plus stricts imposés à notre secteur d’activité. Sa croissance est certes constante, forte de ses 3,2 millions de passagers. Mais c’est en termes de mouvements d’avions que se calcule et s’anticipe avant tout le dynamisme d’une telle plateforme. A Nantes, il y a une quasi stabilité, avec environ 50 000 mouvements de vols commerciaux par an. L’augmentation du nombre de passagers revient à une meilleure performance grâce à l’optimisation du remplissage de chaque vol, où les compagnies aériennes assurent au jour le jour l’activité aéroportuaire avec un emport moyen ici de 75 passagers (quand la moyenne nationale est de 90).

Pour cette activité, il faut faire un distinguo entre les lignes régulières qui ont une croissance conforme aux performances des autres aéroports régionaux similaires de France ou des pays voisins, et les vols charters ou lowcost, uniquement liés à la saisonnalité de cette activité, qui « tirent » vers le haut l’activité de l’aéroport Nantes-Atlantique, une saisonnalité significative seulement 6 mois par an !

Par ailleurs, la sécurité de Nantes Atlantique correspond aux performances détaillées par des normes les plus strictes rédigées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (191 Etats membres, 1200 compagnies aériennes). Celles-ci, reprises en France par le ministère des Transports et la Direction générale de l’aviation civile, ont classé l’aéroport Nantes Atlantique en catégorie A. C’est-à-dire sans aucune particularité référencée de type environnemental, contrainte de survol en tous genres, obstacles, espaces à particularités type industriel, militaire ou zone à sensibilités remarquables.

Voici de quoi faire taire définitivement les détracteurs de l’aéroport actuel, qui arguent maladroitement, vraisemblablement par méconnaissance, d’une nécessité absolue de transfert.

Des améliorations à moindre coût de l’aéroport actuel

Son hypothétique saturation peut être anticipée à tout instant – compte tenu de la surface aéroportuaire actuellement disponible – avec de multiples extensions imaginables, comme cela se fait partout en Europe mais aussi en France lorsque l’on constate une croissance significative en cours ou à venir. C’est ce qui se produit sur bon nombre d’aéroports nationaux et internationaux avec des extensions des aérogares et/ou des parkings avions. Localement, citons Bordeaux, Marseille, Nice, Lyon,... La liste n’est pas exhaustive.

La dangerosité de l’actuel aéroport, un moment soulignée, relève surtout de l’agitation médiatique. Aucun constat sérieux ne l’a un instant indiquée, au regard de l’ensemble des références aéronautiques sur cette question sensible. Localement, les organismes de surveillance et de suivi sont adroits et efficaces, et l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires parfaitement opérationnelle à ce jour. De nouvelles techniques de survol ont été ébauchées par des ingénieurs de l’Aviation civile. Elles démontrent que nous pouvons envisager à moindre coût des améliorations significatives, dès lors que nous aurons dépassé le « syndrome Notre-Dame-des-Landes ». Celui qui semble actuellement nous dicter de ne rien faire à Nantes Atlantique puisque Notre-Dame-des-Landes pourrait être réalisé dans les années à venir...

Si dangerosité potentielle il y avait, que faire du principe de précaution, que l’on sait applicable à tout instant, qui imposerait de suspendre sine die l’activité de notre aéroport actuel ?

Nantes Atlantique, au 10ème rang des aéroports français

D’un point de vue logistique, faut-il le rappeler, Nantes Atlantique possède ce dont bon nombre d’aéroports n’ont pas la chance d’être dotés : des servitudes type ligne de tramway à proximité immédiate, voies ferrées jouxtant les aérogares actuelles, réseaux routiers performants ouverts vers l’océan proche, ainsi que vers les axes routiers en direction de Paris, Bordeaux, la Bretagne immédiate, la Normandie toute proche. Ici satisfecit total concernant le Schéma de cohérence territorial local ! Nous ne sommes pas enclavés !

L’aéroport de Nantes Atlantique, classé depuis de très nombreuses années au 10ème rang des aéroports français, c’est-à-dire dans le ventre mou de ces aéroports de province, a et aura une vocation avant tout régionale tant aux niveaux français qu’européen. Les compagnies aériennes régionales ont remis le trophée ERA Award 2011-2012 du meilleur aéroport européen à l’équipement pour Nantes-Atlantique.

Le réseau de lignes aériennes est dicté par la demande. Ce sont les compagnies aériennes qui nous l’indiquent et décident de venir se poser à Nantes, à la seule condition que cette clientèle passagers soit au rendez-vous. Les capitales économiques à desservir sont limitées par cette demande et seule l’offre des vols vacances fluctue en fonction des choix économiques rentables et rémunérateurs pour les opérateurs de l’aérien. Un aéroport ne dicte pas l’offre, c’est le marché qui l’oriente, offre construite à partir de situations structurelles ou conjoncturelles.

Les compagnies aériennes anticipent la réduction du trafic

Ce sont l’Observatoire des politiques et stratégies des transports en Europe ainsi que le Comité national des transports qui nous chiffrent cet état. Ainsi que les éventuelles perspectives de croissance reprises par les services de notre Aviation civile, ici en France ! Un aéroport répond toujours à un besoin mais ne génère pas ce besoin.

Quid alors de cette fameuse croissance pour Notre-Dame-des-Landes à 9 millions de passagers en 2065 et quelles perspectives à moyen ou long terme ?

L’ensemble des experts indiquent qu’il y aura croissance du transport aérien, mais résolument limitée à la Chine, à l’Inde et au Moyen Orient, régions formidablement émergentes. Peu ou pas sur le continent nord-américain et encore moins en Europe. En cause : la relation directe entre économie du transport aérien et PIB de nos Etats/régions (diagnostic repris par la DGAC). L’Association internationale du transport aérien (IATA) annonce que sans croissance durable et supérieure à 2%, la ressource financière pourrait être exsangue. Les coûts carburant, impactés par le prix du pétrole, et les quotas de CO2 pour l’aérien intégrés aux accords de Kyoto, feront du dynamisme économique et industriel un eldorado ou un... fiasco. A l’heure actuelle, toutes les compagnies aériennes mettent en place des plans d’adaptation avec réduction de leurs effectifs et leurs moyens matériels, en les minorant par exemple pour Air France (-12%), pour Lufthansa (-17%), Air Portugal (-20%), British Airways et Ibéride (-25%), Alitatlia (-28%), Scandinavian (-44%), Ryanair immobilisant plus d’un quart de ses avions au sol...

Enfin, ces mêmes compagnies, traditionnelles ou émergentes, se rassemblent, créent des synergies en fusionnant et se centralisent sur des plateformes uniques, dans toutes les capitales européennes et au delà.

Aucune garantie sur l’emploi

Dès lors, la mise en perspective de projet d’Aéroport du Grand-ouest, avec une nouvelle plateforme dotée de deux pistes, qui plus est non parallèles, étonne. Pourquoi deux pistes ? Pourquoi la plus grande des deux, avec ses 2900m de long par 45m de large – limitatifs au regard des dimensions et des performances pures des avions gros porteurs – n’est-elle pas plus grande que celle existant déjà à Nantes Atlantique ? Et pourquoi ces pistes ne sont-elles pas dotées de taxiways parallèles, alors qu’aucun autre aéroport de cette catégorie n’a été créé en Europe avec une telle configuration depuis... Orly en 1973 ?

Ces premières questions révèlent une méconnaissance significative du fonctionnement d’un aéroport ! Force est de constater qu’une seule piste astucieusement dotée de sorties rapides et d’une bande de roulement parallèle suffirait à absorber les flux espérés. La preuve n’est plus à faire qu’une aérogare correctement dimensionnée et optimisée peut traiter des dizaines de millions de passagers. Le nombre de postes de stationnement avions à Notre-Dame-des-Landes est revu à la baisse par rapport à l’existant à Nantes-Atlantique. Les servitudes liées aux débarquements/embarquements des passagers se paupérisent, les contraintes des roulages des aéronefs vont s’imposer malgré la spécialisation des pistes annoncées...

De plus, il n’y a aucune garantie sur l’emploi puisque, selon la règle observée (en tout cas si l’on se conforme aux usages), cet aéroport drainera en moyenne tout au plus 700 emplois directs par million de passagers, classique en France comme en Europe pour un aéroport de province.

Des aéroports sous-utilisés

Enfin, nombre d’aéroports aux santés financières exécrables sont sous-utilisés, compte tenu de leur dimensionnement. Je pense notamment au troisième aéroport parisien de Vatry, avec 52 000 passagers/an et une piste de 3850 mètres. Que dire de Clermont-Ferrand, Epinal, Metz-Nancy Lorraine, Tours, Poitiers, Bergerac,... ? La liste est malheureusement encore longue !

Si l’art de la politique est de prévoir pour gouverner, anticiper pour s’adapter, les approches intellectuelle, industrielle et pragmatique de ce projet d’aéroport devraient être de ces rendez-vous à ne pas manquer. Quelle que soit l’attractivité en cours ou à venir pour nos belles régions de l’Ouest, qui va parier sur des vols transcontinentaux entre Los-Angeles, Singapour, Sydney ou Dubaï vers Notre-Dame-des-Landes ? Que va devenir le bassin industriel existant au Sud-Loire, avec l’unité de production d’Airbus, si l’aéroport de Nantes-Atlantique, comme le prévoit la Déclaration d’utilité publique, est transféré vers le Nord-Loire ? Et si Nantes-Atlantique n’était plus déplacé ? Quelle place manque-t-il aujourd’hui à Nantes pour rester en connexion parfaite avec l’Europe immédiate ou le monde tout proche ?

Un gaspillage de ressources financières et foncières colossales

Rien n’indique que nos concitoyens et notre Nation aient besoin d’une telle infrastructure. Il est urgent de mettre en place les conditions raisonnables d’un moratoire, pour revisiter les demandes et perspectives du marché potentiel, les besoins et demandes des compagnies aériennes, ainsi qu’une cohérence industrielle, a fortiori économique et sociale.

Au regard des règles liées à l’aménagement du territoire, il n’a jamais été constaté qu’un aéroport allait générer une économie nouvelle. Particulièrement lorsque l’outil correspondant existe déjà et reste sous-utilisé. Une efficacité améliorée et optimisée permettrait de ne pas grapiller, gaspiller de nouvelles ressources financières et foncières colossales, dont on sait pertinemment que nous devons jour après jour en faire l’économie.

Dans les meilleurs délais, je vais m’impliquer en me rapprochant de la Commission de dialogue mise en place à l’initiative de monsieur le Premier ministre, adossé au Collectif de pilotes de ligne doutant de la pertinence du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, pour expliquer en détail les sérieux doutes de notre profession vis-à-vis de ces choix techniques et stratégiques particulièrement discutables.

Espérant ne pas avoir été trop long tout en restant suffisamment détaillé dans ces explications, je reste, monsieur le Président, soyez-en certain, à votre entière disposition. Et je renouvelle la demande d’entretien que la coordination des opposants souhaite avoir avec vous depuis quatre mois.

Veuillez agréer, monsieur le Président, l’expression de mon profond respect.

Thierry Masson, Officier Pilote de Ligne

Avec le soutien de la coordination des opposants

 

Article mis en ligne par Bastamag le 7 janvier 2013

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 18:49

Alors comme le suggère cet article d'un an de Rue89 pourquoi ne pas essayer de vivre sans téléphone portable.

Pourquoi ? économie d'abord, mais aussi lutte contre les effets sanitaires (certes non complètement identifiés) et surtout refus de polluer la planète avec des déchets dangereux et de puiser dans des ressources en métaux rares. M.E.

Pourquoi je me débarrasse de mon téléphone portable

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Voilà. Chose dite, chose faite. Une lettre de résiliation en recommandé à été envoyée à l’opérateur il y a dix jours. Et aujourd’hui, je range ce gadget qu’est le téléphone portable dans une boîte. Subsiste dans ma tête cette petite phrase, ce « au cas où » qui me retient d’aller le déposer dans la borne à déchets électroniques.

J’en avais parlé à beaucoup de personnes. J’avais recueilli leurs avis. Non pas que cela m’aurait fait changer celui que j’avais mis si longtemps à construire. Du « je sais pas comment tu fais » au « chapeau, c’est beau » -beaucoup plus rare-, les réactions ont été très variées.

Je me réorganise. Je dois diffuser et faire rentrer dans les habitudes ce nouveau modèle opératoire aux personnes qui vont persister à avoir l’envie, le courage, de me voir.

Chacun d’entre nous a dû se poser au moins une fois les questions « en ai-je vraiment besoin ? » et « comment faisions-nous avant ? ». On faisait bien autrement et notre innocence devant un objet dont on ne connaissait pas l’utilité ni même l’existence ne devait entamer en rien notre conception du bonheur.

Ma résolution du nouvel an

Je suis de la génération qui découvre le mobile dans la main d’un de ses parents, aux environs de 1998. Je tanne ma mère pour pouvoir embarquer avec moi au lycée son Alcatel OT Max. Un gros truc, un « tank » en jargon de la décade qui suivra. C’est un GSM dont la liste des caractéristiques d’usage est aussi longue que mon orteil de pied gauche comparé aux 100 000 applications de l’iPhone (dont le niveau d’utilité vitale est par ailleurs aussi grand que mon orteil droit).

J’ai toujours conservé le même forfait mobile, changé quelques fois de portable, sans jamais toutefois succomber aux charmes des évolutions jaillissantes des printemps promotionnels, rentrées nouveautés et fêtes-de-fin-d’année-plaisir qui suivirent, et même récupérant ces dernières années les mobiles qui traînaient au fond des tiroirs de quelques amis.

En 2010, parmi mes lectures « écologiques » (certains y voient encore et toujours de l’ésotérisme), je dévore un ouvrage du collectif Pièces et main d’œuvre, « Le Téléphone portable, gadget de destruction massive ». C’est à ce moment que j’ai envie d’arrêter. Et c’est pour la nouvelle année que je me décide enfin. Voici mes raisons.

1Pour ma vie sociale

Fixer un rendez-vous et bien l’organiser. Arriver à l’heure à ses rendez-vous, cette politesse élémentaire mais en désuétude, dont nous nous affranchissons, comme si c’était une preuve supplémentaire de notre liberté.

Profiter du moment présent, sans interférences sonores et vibratoires. Etre déconnecté, tout simplement. Cesser les bavardages grotesques de type : « Je suis dans le métro, j’arrive dans une station et demie... » Apprécier la surprise. Faire vivre la surprise.

Ecrire des lettres. Avoir le plaisir d’en recevoir. Réapprendre la patience. Ré-évaluer ce qui est important. L’entropie sociale, ça existe. C’est la désagrégation des relations humaines. Pourtant, qu’il est agréable de discuter au hasard, de créer du lien. Avez-vous déjà été interrompu dans une conversation par une sonnerie de téléphone ? Sans blague. Combien décrochent et font patienter la personne en face d’elle ?

2

Pour la planète

Vous allez me dire, c’est pareil pour l’informatique. Eh oui. J’utilise un ordinateur. Un portable en moins, c’est toujours ça en moins. Enfin, pas vraiment, parce que cela a été prélevé.

La microélectronique est polluante. Pour la fabrication d’une puce de 2 grammes : 1,7 kg d’énergie fossile, 1 m3 d’azote, 72 grammes de produits chimiques et 32 litres d’eau. Par rapport à une voiture, on passe d’un ratio de 2 pour 1 à 630 pour 1 (selon le livre d’Eric D. Williams « Computers and the environnment »).

Il y a cette usine en France, STMicroelectronics, dont les activités ont demandé des investissements énormes, qui consomme beaucoup de ressources : 700 000 litres d’eau par heure pour nettoyer les plaques de silicium, 40 millions de Kw/H et qui, semble-t-il, génère beaucoup de pollutions (effluents toxiques dans l’Isère dont 4,5 kilos de cuivre par jour, 9 tonnes d’oxydes d’azote et 40 tonnes de composés organiques volatiles dans l’atmosphère), un peu à l’image de la Silicon Valley et de sa nappe phréatique (une des plus polluées des États-unis).

Les conséquences dans les régions d’extraction des matières premières, notamment en République démocratique du Congo (RDC), où se trouvent les plus importants gisements mondiaux d’un minerai que l’on appelle coltan, sont immenses. Le documentaire « Blood in the mobile » peut aider à créer un lien émotionnel entre nos objets fétiches et la réalité de la situation sur le terrain.

L’ONU n’hésite pas à affirmer que ce minerai stratégique finance une guerre que l’ancienne secrétaire d’Etat américaine, Madeleine Albright, a surnommée « la Première Guerre mondiale africaine ».

Le cabinet d’audit AT Kearney a publié en 2009 une étude sur l’impact environnemental de la téléphonie mobile. Il estime que :

  • la consommation en énergie d’une heure de conversation téléphonique équivaut à celle d’une machine de linge à 40°C  ;
  • l’émission de CO2 des 3,5 milliards de téléphones portables en circulation dans le monde s’élève à 40 millions de tonnes, soit l’équivalent de 21,5 millions d’automobiles de petite cylindrée.

ATKearney reconnaît aussi que ce sujet n’intéresse presque aucun consommateur.

3

Pour ma santé

Le parc total de téléphones croît encore et atteint désormais 62 589 000 de téléphones mobiles, soit un taux de pénétration national de 97% (selon l’autorité de régulation des télécoms, l’ARCEP). Il y en avait 500 000 en 1992.

Comptez également près de 50 000 antennes relais GSM, les ondes Wi-Fi, le Wimax, le Bluetooth, les téléphones sans fil domestiques DECT. Les impacts sur la santé font l’objet de toutes les attentions, tant de la part des détracteurs que des constructeurs.

La question est : placer un objet qui émet des ondes sur sa tempe, un des endroits les plus proches du cerveau, pendant plusieurs dizaines de minutes à plusieurs heures par jour, est-il inoffensif ?

Les preuves se multiplient, quoi qu’en disent les vendeurs de rêve et de liberté ; effets génétiques sur les protéines de stress, sur la fonction immunitaire, sur la neurologie et le comportement (tiens tiens, le social), preuves sur l’origine de tumeurs de cerveau, de cancers enfantins, etc.

4

Pour mon porte-monnaie

Le 1er février, ma vieille Freebox me permettra d’appeler sur les portables sans surcoût. Sinon, j’avais déjà pris un forfait bloqué sur Skype.

Comme le chantait Jeanne Aubert en 1937 : « Pour éviter les frais, tout en suivant la mode, chez moi je prends le frais, le cul sur la commode. » 50 euros d’économie environ par mois multipliés par douze : je vais pouvoir partir en Tunisie une semaine tout inclus... et en avion ; -)

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 07:00

Texte de la pétition

Non-a-NDDL.jpgDepuis plusieurs semaines, des centaines de gendarmes sont mobilisés en vue d'expulser les opposants au projet d'aéroport situé à Notre-Dame des Landes (44).

Ce coup de force est inacceptable.

Alors que :

  • le dérèglement climatique est désormais incontestable,
  • le prix des carburants ne cesse d’augmenter,
  • la destruction des écosystèmes s’accélère,
  • l’artificialisation des terres agricoles se poursuit,

est-il bien raisonnable d’investir plus de 250 millions d’euros d’argent public pour aider une multinationale à saccager plus de 2000 hectares de terres agricoles et zones humides ?

Ce projet d'aéroport est :

  • Inutile : Alors que l'aéroport actuel de Nantes Métropole voit son trafic stagner depuis de nombreuses années, la construction d'un nouvel aéroport ne se justifie pas. Les promoteurs de ce projet inutile espèrent voir le trafic aérien doubler. Comme de mauvaise coutume, les hypothèses de trafic surévaluées servent à justifier un projet inutile.
  • Coûteux : Alors que les partenariats publics/privés se soldent systématiquement par une privatisation des bénéfices et une nationalisation des pertes, le projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes va nécessiter l'engagement de l'État, à hauteur de 246 millions d'euros.
  • Climaticide : Le trafic aérien représente entre 3 et 5% des émissions globales de gaz à effet de serre. Chaque infrastructure supplémentaire crée un appel d'air, incitant les usagers à utiliser l'avion plutôt que d'autres modes de transport plus écologique. Face à la crise climatique, il n'y a pas de place pour l'ambiguïté.

À l'heure de l'indispensable transition énergétique, nous exigeons :

  • L'arrêt des expulsions,
  • l'abandon de ce projet d'aéroport.

SIGNEZ LA PETITION SUR LE SITE http://www.aeroport-nonmerci.fr/

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 07:00

Un creuset pour les mouvements citoyens

Comme au Larzac, réapprendre à dire "non "

Le MondeLa lutte contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est une lutte pour l'avenir. Elle s'oppose à un projet d'aéroport pharaonique, conçu dans les années 1960, inutile sur le plan économique et financièrement coûteux pour l'Etat et les collectivités territoriales, alors que le déficit budgétaire est utilisé pour justifier l'austérité sociale et retarder la transition écologique.

Les dizaines de milliers de manifestants du 17 novembre dernier, accompagnés de centaines de tracteurs, s'opposent au saccage de 2 000 hectares de terres agricoles et de bocages, à l'expulsion des paysans et de tous ceux qui occupent ces terres et les maisons abandonnées.

Cette résistance exprime le refus d'une dérive face au changement climatique et à la destruction de la biodiversité. Elle rejette un modèle prédateur imposé au nom du " développement ". Cette lutte, pleinement d'aujourd'hui, en rappelle pourtant une autre, menée il y a quarante ans au Larzac.

Dans les deux cas, on retrouve la défense des terres et des paysans, l'occupation du site et la transformation des combats citoyens en laboratoires d'expérimentation sociale et de solidarités concrètes. Aujourd'hui comme hier, les opposants pratiquent toutes les variétés de résistance, toujours non-violente.

L'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Acipa) a ainsi démonté point par point les arguments avancés par les gouvernements successifs et souligné les carences, voire les mensonges des expertises officielles.

La créativité populaire a engendré des centaines de réunions d'information des populations, des recours juridiques, la désobéissance civile, des grèves de la faim, la montée de tracteurs vers Paris, des occupations de terres, des convergences avec d'autres luttes européennes contre divers grands projets inutiles et coûteux. La ZAD, zone d'aménagement différé, a été rebaptisée zone à défendre et investie par de nombreuses personnes qui y vivent. C'est cette zone qui fait actuellement l'objet d'expulsions d'habitants et de destruction de cultures.

Dans le sillage des paysans et des habitants de la région, comme au Larzac, des milliers d'autres citoyens se sont joints aux luttes parce qu'ils ont compris que les revendications portées sur ces terres agricoles et ce bocage allaient bien au-delà de la seule défense d'un territoire. De même que le Larzac est devenu un symbole du refus du militarisme, Notre-Dame-des-Landes traduit le rejet de l'exploitation toujours plus féroce des êtres humains et de la nature au nom de la rentabilité des capitaux.

La résistance contre le géant de la construction Vinci, choisi pour bétonner ces milliers d'hectares, devient aussi le symbole du refus du règne des entreprises multinationales et de l'industrie financière, aidées par l'Etat à s'enrichir grâce à la dépossession d'autrui.

Notre-Dame-des-Landes devient un creuset des mouvements paysans, écologistes, altermondialistes et citoyens contre cette expropriation violente et la marchandisation du monde au nom du progrès. C'est pour cela aussi qu'Attac y est présente.

L'immense manifestation du 17 novembre, pacifique et déterminée, mêlant toutes les générations et les traditions de lutte, semble bien nous dire que les citoyens réapprennent à dire non, à résister, à se dire qu'ensemble ils pourraient gagner contre le mensonge politique et l'acharnement administratif. Ils recommencent à croire qu'il n'y a pas de fatalité et que l'on peut réussir à écarter ce projet absurde et délétère.

Plus le gouvernement se raidit, plus les interventions des forces de l'ordre se multiplient (estimées à plus d'un million d'euros depuis octobre), et plus le mouvement s'amplifie et s'unit.

Dans quinze jours, la centaine de comités de soutien qui se sont constitués en France se retrouveront pour construire la suite. Comme pour le Larzac, des centaines de milliers de personnes sont attendues à un grand rassemblement sur place cet été.

En ce moment même à Doha, les négociations onusiennes sur le climat s'enlisent et risquent une fois encore de n'aboutir à aucun accord contraignant sur les gaz à effet de serre, condamnant la planète à une augmentation importante de sa température et à des conséquences désastreuses pour l'ensemble des populations.

Le président de la République, François Hollande, souhaite une France " exemplaire en matière de transition écologique " et accueillir la conférence de l'ONU sur le climat de 2015. Cette exemplarité est incompatible avec l'expansion du trafic aérien et le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

En arrivant au pouvoir en 1981, François Mitterrand a mis fin au projet d'extension de la zone militaire du Larzac. En luttant par la force pour un " grand projet inutile et imposé " et pour la victoire de Vinci, ce gouvernement se trompe de combat et d'alliances et aiguise la colère et la détermination de ceux qui pourraient le soutenir.

François Hollande s'honorerait, et le Parti socialiste avec lui, en mettant fin au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, fût-il depuis de longues années le projet phare de son premier ministre.

Susan George,  Présidente d'honneur d'Attac & Aurélie Trouvé,  Coprésidente d'Attac

S.George A.Trouvé

Ce texte paru dans le quotidien Le Monde du 7 décembre 2012 est également cosigné par Geneviève Azam, du conseil scientifique d'Attac, et Geneviève Coiffard-Grosdoy, militante d'Attac et de l'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (ACIPA)

 

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