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  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 20:25

J.Gadrey3Combien faudra-t-il de canicules mortelles, d’ouragans destructeurs, de terres devenues arides, de centaines de millions de personnes sans eau ou devant fuir des territoires dévastés, de forêts ravagées par les incendies ? Combien de montée des eaux et de disparition d’espèces, combien de conflits armés liés à ces phénomènes « naturels », combien et de quelle ampleur, avant que d’autres politiques soient mises en œuvre ? 

Presque tous les jours, des informations, qui ne font pas la « une », signalent la vraisemblance d’une catastrophe climatique sans commune mesure, en termes humains et en termes de durée (des siècles), avec « notre » crise des dettes publiques et privées, pourtant sérieuse et qui va s’amplifier, en Europe et ailleurs. Pis encore : la mal nommée « crise des dettes » est en train d’étouffer dans l’œuf les espoirs d’une forte et rapide réorientation écologique et sociale de l’économie et des modes de vie.

On dit que le catastrophisme n’est pas mobilisateur. C’est vrai, mais, dans le cas présent, il ne s’agit pas de catastrophisme (= en rajouter dans l’horreur, susciter des peurs infondées, crier « au loup » quand il n’y en a pas dans les environs). Il s’agit d’indices de plus en plus robustes et convergents, mais confinés dans l’arrière-boutique des grands médias. Dirait-on d’un vulcanologue qualifié avertissant d’une probable éruption qu’il fait du catastrophisme ?

C’est tellement grave que de grandes institutions internationales se mettent à relayer les « écolos », à leur façon et avec leurs limites. La dernière en date, c’est la Banque mondiale. On attend le jour où le FMI et l’OMC la rejoindront… Voici des extraits d’un communiqué de l’AFP du 19 novembre :

+ 4° DÈS 2060 ? LA BANQUE MONDIALE « CATASTROPHÉE », MAIS…

Inondations, sécheresse, montée des océans: la Banque mondiale met en garde contre le scénario noir d’un réchauffement du thermomètre mondial de 4°C dès 2060 et la “cascade de cataclysmes” qui frapperaient alors les pays pauvres.

“Ce monde serait tellement différent de celui dans lequel nous vivons qu’il est difficile de le décrire”, prévient le président de l’institution, Jim Yong Kim, en préambule d’un rapport publié dimanche à Washington, ajoutant que des “décennies de développement” pourraient être réduites à néant.

Selon la Banque mondiale, le niveau actuel d’émissions de CO2 rend quasiment intenable l’engagement pris par la communauté internationale de contenir le réchauffement du globe à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. D’après son rapport, le thermomètre mondial pourrait en réalité grimper de 4°C “au cours du siècle” et “dès 2060″ si les gouvernements mondiaux n’agissent pas d’urgence.

Cette sombre perspective “peut et doit être évitée”, assure la Banque mondiale qui souligne que la responsabilité de l’homme dans le réchauffement en cours est “sans équivoque”… Listant les dangers qui menaceraient alors la planète (inondations, sécheresses, malnutrition…), l’institution prédit une aggravation des “pénuries d’eau” en Afrique de l’Est, au Moyen-Orient ou en Asie du Sud et un “important rebond” de la mortalité infantile en Afrique sub-saharienne.

Certaines maladies véhiculées par les insectes (malaria, dengue) risquent également de trouver un nouvel essor tandis que les barrières de corail, “protections naturelles contre les inondations”, pourraient ne pas résister aux retombées acides du CO2 dans l’océan, énumère la BM. “Les plus pauvres et les plus vulnérables seront les plus durement touchés”, assure le président de la Banque mondiale, même si aucune région ne serait épargnée… Les sécheresses ayant frappé cet été les Etats-Unis ou l’Europe de l’Est pourraient se reproduire et l’Occident serait aussi confronté à l’afflux de populations fuyant les conséquences des bouleversements climatiques. »

… MAIS SES REMÈDES NE VONT RIEN ARRANGER

« Le rapport ne propose pas de remèdes-miracle pour relancer l’élan de la communauté internationale, qui a faibli depuis le fiasco du sommet de Copenhague en 2009 et sous l’effet de la crise économique. Mais la Banque mondiale veut surtout faire passer un message: la lutte contre le réchauffement n’est pas l’ennemie de la croissance : “Le secteur privé doit comprendre que l’adaptation au réchauffement climatique constitue une opportunité économique”, assure Jim Yong Kim, estimant que la Chine en avait déjà pris conscience et appelant d’autres pays à suivre son exemple. » Fin du communiqué de l’AFP.

Les mauvais plis reviennent vite. Ainsi, le grand objectif politique serait de convaincre gentiment « le secteur privé » qu’il doit s’engager dans une croissance verte dont il tirerait les plus grands bénéfices. Le réchauffement climatique comme « opportunité économique » ! On appréciera aussi l’exemple de la Chine comme modèle de développement soutenable et de lutte contre le réchauffement climatique. Il est vrai que ce pays n’en fait pas moins que nous sur ce plan, mais c’est bien là le problème…

On ne peut évidemment que souhaiter une réorientation radicale des modes de production et de consommation, concernant tous les secteurs d’activité, publics et privés. Il est vrai également que cette réorientation ouvrirait des perspectives de créations d’activités et d’emplois pouvant compenser certaines réductions nécessaires ailleurs. Mais confier à des multinationales, qui sont en train de mettre la nature en coupe réglée sur un mode dérégulé, le rôle majeur dans la lutte contre le réchauffement, c’est un peu faire confiance à des incendiaires pour éteindre le feu qu’ils ont allumé.

Nous avons d’abord besoin de fortes mobilisations, contraignant les politiques à changer de cap et à édicter des règles elles-mêmes contraignantes, du local au global, car les limites des écosystèmes sont bel et bien des contraintes à respecter. Dans l’intérêt et pour le bien vivre du plus grand nombre, et pour éviter le scénario noir de la Banque mondiale, qui reste probable vu que, en dépit de fortes mises en garde depuis (au moins) dix ans, la concentration de gaz à effet de serre poursuit sa folle progression. En témoigne cet autre communiqué de l’AFP (extraits).

LA CONCENTRATION DE GES DANS L’ATMOSPHÈRE NE CESSE DE PROGRESSER

GENEVE- (AFP) - La teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un nouveau pic en 2011… ce qui aura des conséquences pendant des siècles, a averti mardi l’Organisation météorologique mondiale (OMM). “Même si nous pouvions stopper du jour au lendemain toute nouvelle émission, la concentration actuelle continuera à avoir des effets pendant des siècles”…

Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal responsable de cette pollution atmosphérique. Sa concentration a augmenté l’an dernier de 2,0 ppm (parts pour million), à comparer avec une hausse de 2,3 ppm en 2010. “Ce taux d’accroissement est supérieur à la moyenne des années 1990, mais correspond à la moyenne des 10 dernières années”.

“Jusqu’à maintenant, les puits de carbone ont absorbé près de la moitié du CO2 que les activités humaines ont rejeté dans l’atmosphère, mais la situation risque de changer”… En 2011, la concentration de CO2 a atteint 390 ppm, soit 40% de plus que ce qu’elle était à l’époque préindustrielle (280 ppm).

Concernant le Protoxyde d’azote (N2O), sa concentration dans l’atmosphère a elle aussi été record en 2011, avec un niveau supérieur de 120% à celui de l’ère préindustrielle. D’ici 100 ans, l’OMM estime que l’impact du N2O sur le climat “sera de 298 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone, à émissions égales”.

Billet mis en ligne le 21 novembre 2012 sur le site Alternatives Economiques http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey

Pour en savoir plus :

Le communiqué de la Banque Mondiale : http://www.banquemondiale.org/fr/news/2012/11/18/new-report-examines-risks-of-degree-hotter-world-by-end-of-century

Le résumé du rapport en français : http://climatechange.worldbank.org/sites/default/files/Turn_Down_the_Heat_Executive_Summary_French.pdf

Le rapport complet en anglais :  http://climatechange.worldbank.org/sites/default/files/Turn_Down_the_heat_Why_a_4_degree_centrigrade_warmer_world_must_be_avoided.pdf 

 

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Published by J.G. - dans Environnement
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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 08:31

Samedi 17 novembre

H.KEMPF-2Ca prend un temps fou, d’écrire ces reportages. Et donc, on a beau se lever dans les cinq heures, ce n’est qu’après neuf heures que je peux quitter Nantes, en embrassant affectueusement les proches qui m’ont accueilli. Route vers Héric, au nord du village de Notre Dame des Landes. Mais au rond-point de la sortie de l’autoroute Nantes-Rennes, ça commence à ralentir. Après Héric, cela roule à nouveau, et puis ralentit sérieusement à deux trois kilomètres de Notre Dame des Landes : les voitures se pressent pour venir à la manifestation. (...) lire la suite

Lire aussi le dossier préparé par Reporterre sur Notre Dame des Landes

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Published by Hervé Kempf-Reporterre - dans Environnement
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 15:41

J.Gadrey2Certes, ce titre relève plus du souhait que d’une certitude. Mais la probabilité que ce projet insensé reste cloué au sol augmente de jour en jour. D’une part, les arguments des opposants montent en nombre et en qualité. D’autre part l’hostilité grandit et s’organise, ce qui peut expliquer certaines provocations de ces derniers jours, que j’évoquerai pour terminer. Et, quand bien même ce projet serait mis en œuvre, il est pratiquement certain qu’il ne décollerait pas économiquement : ce serait un beau gâchis.

Seule la mobilisation de « la base » fera la différence, car on ne peut pas compter dans l’immédiat sur la raison politique au sommet. Ni pour ce projet, ni pour l’austérité généralisée, ce qui, en passant, est une belle contradiction : la démesure dépensière pour des « grands projets inutiles ou nuisibles » au moment du tournant de la rigueur inégalitaire. La contradiction n’est d’ailleurs pas totale, car, dans les deux cas, les grandes entreprises sont à la manœuvre, avec les dividendes des actionnaires comme enjeu premier du « pacte ». Pour l’instant, ce sont elles qu’on respecte.

Il n’y a pas d’autre solution, dans un cas comme dans l’autre, que de bousculer le pouvoir politique avec des mouvements aussi « populaires » et unitaires que possible, gagnant en influence dans l’opinion. Il va falloir « leur faire entendre raison ». Et c’est bien parti s’agissant de l’AyraultPort, entre consolidation des arguments et convergence des actions, manifestations et occupations.

Les arguments d’abord. Si vous n’avez pas encore lu cette formidable lettre à F. Hollande rédigée par un de ses anciens camarades de promotion à l’ENA, Patrick Warin, ne la loupez pas. Elle est ici : http://www.bastamag.net/article2751.html

Parmi les nombreuses raisons de rejeter ce projet, on trouve l’argument de la contribution du transport aérien au réchauffement climatique, aucun mode de transport n’étant plus émetteur de gaz à effet de serre par kilomètre x passager. On a appris hier qu’en 2011 les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 2,5 % pour atteindre 34 milliards de tonnes, un nouveau record. Nous continuons sur la voie de la catastrophe climatique.

Or l’association Virage Énergie-Climat des Pays de la Loire a récemment en ligne des scénarios issus d’un long et patient travail dans tous les secteurs d’activité. Voir http://tinyurl.com/ajprfhs

On y trouve notamment une étude de onze pages, téléchargeable, sur le transport aérien dans cette région, avec trois scénarios : celui, officiel, de la croissance perpétuelle du trafic et ceux, proches l’un de l’autre, tenant compte des travaux du GIEC et de ceux de Virage Énergie. L’association n’analyse pas la question d’un nouvel aéroport (voir une autre étude citée dans mon billet récent http://tinyurl.com/ckq5589), mais elle dit en gros ceci : si l’on tire les conséquences politiques des travaux du GIEC et de la raréfaction relative du pétrole, le déclin du transport aérien est certain et il sera fort dans les décennies qui viennent, à Nantes comme ailleurs. Il y a bien d’autres choses pertinentes dans ce qu’a produit VEC.

kerosenenantes.jpg

Je peux en venir aux mobilisations en cours et à venir. En voici deux exemples parmi des dizaines dans toute la France, en commençant par un documentaire à faire tourner : « Notre Dame des Landes au cœur de la lutte », qui rassemble des témoignages sur les actions au quotidien contre ce projet.

LE BUZZ DE BIZI

Ensuite, mes amis de la dynamique association Bizi au pays basque, spécialistes entre autres de l’accueil « chaleureux » des personnalités politiques depuis qu’ils ont fait la fête à N. Sarkozy en mars dernier, se préparent à manifester comme ils savent le faire à l’occasion de la venue de Jean-Marc Ayrault à Biarritz le mercredi 21 novembre. Leur communiqué de presse s’intitule : « Les matraqueurs du climat ne sont pas les bienvenus au Pays Basque ! ». Extrait :

« Il faut être aveugle pour vouloir construire ce nouvel aéroport. Et ce d’autant plus que l’actuel aéroport de Nantes n’est pas saturé et qu’il ne devrait pas le devenir d’après les projections d’experts indépendants. Cela n’est pas sans nous rappeler le projet de voie nouvelle LGV Bordeaux-Hendaye, objet du même entêtement absurde…

Nous lui exprimerons également notre colère face aux premières décisions et arbitrages que son gouvernement a pris dans les domaines écologique, énergétique et climatique et dont la majorité vont dans le mauvais sens.

- refus de supprimer les niches fiscales anti-écologiques (exonération des taxes sur le kérosène par exemple), aides aux agro-carburants ;
- report de la fiscalité écologique aux calendes grecques, posant ainsi un problème insoluble de financement des alternatives (transport, logement…) devant protéger les secteurs les plus pauvres et les plus vulnérables de la population face à l’explosion programmée du prix du pétrole ;
- refus d’une politique de redistribution des richesses et de partage du travail ;
- révision du schéma national des infrastructures de transport non concertée avec les parties prenantes ;
- absence de vraie politique de développement des énergies renouvelables ;
- signature en catimini du décret autorisant la création du réacteur à fusion ITER, dangereuse chimère technologique, aussi coûteuse qu’inutile, avant même l’ouverture du fameux débat sur la transition énergétique ;
- composition inquiétante du comité de pilotage de ce débat… »

NDDL SUR LA PISTE DE L’AUTOROUTE LANGON-PAU
(communiqué commun des associations SEPANSO, FNE, LEA et Aquitaine Alternatives, extraits)

- le bilan financier 2011 de cette concession autoroutière présente un déficit énorme d’environ 35 millions d’euros, par ailleurs égal au chiffre d’affaires
- Le chiffre d’affaires 2011 s’établit à 35 millions d’euros, inférieur d’environ 30% à l’objectif indiqué dans le contrat de concession.
- Le trafic journalier moyen s’établit à 5332 véhicules/j dont 5,9% de poids lourds inférieur d’environ 40% par rapport à l’objectif initial de 7660 véhicules/j, dont 12 % de poids lourds.

Comme l’affirmaient les associations dès 2006, cette autoroute destructrice de l’environnement, et qui est l’une des plus chères de France, pourrait se révéler aussi un gouffre financier.

Ce bilan 2011, démontre que la croissance du trafic routier mise en avant pour justifier l’infrastructure n’est pas une donnée inéluctable. Comme pressenti à l’époque, la hausse du coût des carburants est un des facteurs importants qui détermine l’évolution du trafic routier.

L’autoroute A65 Langon Pau va-t-elle rejoindre la longue liste des autoroutes espagnoles en redressement judiciaire en 2012 ? Les contribuables sont en droit de se poser la question.

Dans le contrat de concession, il y a une clause de déchéance qui précise que, si le concessionnaire jette l’éponge, ce sont les collectivités qui récupéreront l’infrastructure et les dettes !

Il faut savoir également que les élus régionaux promoteurs inconditionnels de cette infrastructure au service de leur mégalomanie sont les mêmes qui prétendent aujourd’hui imposer, au nom du report modal, deux projets de LGV aussi inutiles et encore plus dévastateurs et ruineux pour les finances publiques (Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne) …

Plus d’infos sur le site: http://tinyurl.com/dyc69qa

DES PROVOCATIONS TRÈS ORIENTÉES

Les grands médias ont repris en chœur des informations visant à faire oublier tous ces mouvements éminemment pacifiques et rassembleurs au profit d’une ou deux violences individuelles n’ayant rien à voir avec les associations qui mènent les actions. C’est ce que Daniel Schneidermann a fort justement appelé la « fabrication d’épouvantails », un exercice dont le « journaliste » du Figaro Christophe Corvenin, qui s’était déjà illustré à Tarnac, est familier. Voir cette analyse, preuves à l’appui :
http://tinyurl.com/6rvj9f

UNE VICTOIRE EXEMPLAIRE AU MEXIQUE

“La blessure reste ouverte” est un documentaire mexicain de 16′ sur le projet de l’aéroport Atenco au Mexique : http://tinyurl.com/c4v2hwb (en espagnol).

Il retrace dix années d’une lutte exemplaire qui a obtenu plusieurs victoires : ils ont fait abroger le décret, publié en août 2002, qui les expropriait de leurs terres pour la construction d’un aéroport, ils ont fait sortir de la prison ceux et celles qui avaient été faits prisonniers grâce à une ordonnance de la Cour Suprême de Justice, ils ont réussi à converger avec d’autres luttes, ils se sont affrontés au président Pena Nieto. Ce n’est pas rien dans ce pays, le Mexique, tel qu’il est actuellement.

L’expérience de San Salvador Atenco, dans l’Etat de Mexico, a marqué pendant 10 ans l’histoire des résistances populaires. Ce fut une lutte victorieuse contre un aéroport qui aurait détruit les terres fertiles de la vallée de Texcoco. Quatre années après la publication du décret, les attaques se transformèrent en répression brutale en mai 2006. Puis, il y eut les militants prisonniers avec des chefs d’accusation invraisemblables, et la lutte pour leur libération. Et comme revendications permanentes la défense de l’eau, de la terre, de la vie d’un peuple.

Ne pourrait-on, en France, gagner dix ans de conflits douloureux ? F. Hollande compte-t-il continuer avec ce boulet impopulaire (je ne parle que du projet…) ? Ne pourrait-il s’inspirer sans attendre d’un autre Président, un autre François, qui s’était libéré du boulet du Larzac ?

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 09:39

L'association Virage Energie Climat (VEC) vient de publier une première version de son scénario énergétique durable pour les Pays de la Loire.
Dans ce cadre, nous avons réalisé une étude de l'impact énergétique et climatique du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes.

La région Pays de la Loire compte neuf aéroports et deux aérodromes sur lesquels du trafic est enregistré. L’aéroport de Nantes-Atlantique est de loin la principale infrastructure aéroportuaire de la région. Plus de 95% des voyageurs transportés par avion en Pays de la Loire le sont sur cet aéroport (Explicit 2009), dont le trafic est en augmentation depuis 1990 (Direction Générale de l’Aviation Civile 2010). Il est prévu de transférer les activités de Nantes Atlantique sur un nouvel aéroport qui serait construit à Notre Dame des Landes, à 30 kilomètres au Nord de Nantes.

Nous présentons d'abord les méthodes d'inventaire d'émissions de gaz à effet de serre (GES) du trafic aérien, puis la méthode choisie pour réaliser les projections des consommations d'énergie et des émissions attribuables au transport aérien des Pays de la Loire jusqu'en 2050.

Après avoir présenté les résultats chiffrés des différents scénarios (figure 1), nous concluons que le trafic aérien régional devra nécessairement diminuer pour atteindre les objectifs de réduction des consommations d'énergie et d'émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette réduction n'impactera que la minorité de français(es) (20%) qui prend l'avion, essentiellement pour des motifs de loisirs, et sera d'autant plus facilement acceptée.

Figure 1. Scénarios d'évolution des émissions de GES du trafic aérien attribuable à l'aéroport de Nantes entre 2010 et 2050

 

Source : scénario virage Energie-Climat Pays de la Loire, octobre 2012

Le document détaillé présentant nos analyses sur l'évolution du transport aérien des Pays de la Loire est téléchargeable en pièce jointe.

Pièce jointe: 
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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 06:37

AttacLa lutte contre la construction de l'aéroport de Notre Dame des Landes a pris cette semaine une tournure particulière avec l'invasion de la ZAD (Zone d'aménagement différé rebaptisée Zone à Défendre) par près de 1000 gendarmes mobiles.

Envoyés pour expulser les occupants militants à 15 jours de la trêve hivernale, ils laissent ainsi la place aux machines de chantier de Vinci pour la construction, prévue début 2013, d'un barreau routier préalable à la bétonnisation de la zone.

Cet aéroport, exemple emblématique du grand projet inutile et imposé, constitue un énorme gâchis tant humain et social que financier et environnemental: il va chasser des habitants là depuis toujours et d'autres, venus construire des alternatives soutenables, opposés à des modèles industriel et de transport qui nous mènent dans le mur.

Par ailleurs, à un moment où le gouvernement a choisi de mettre en œuvre une politique d'austérité pour atteindre en 2013 une déficit limité à 3% du PIB, comment peut-il justifier de gaspiller des centaines de millions d'euros, voire plus, pour construire un aéroport dont il n'arrive même pas à démontrer l'utilité sociale et dont le financement va être assuré par un partenariat public privé garantissant un retour sur investissement  exorbitant à Vinci?

Sur le plan écologique ce projet aura un coût considérable; il va détruire non seulement 1600 hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l'aéroport, mais aussi des dizaines de milliers d'autres pour les énormes zones commerciales et industrielles qui ne vont pas manquer de s'implanter sur les 20 kilomètres qui séparent Notre-Dame-Des-Landes de Nantes. Ceci réduira la production maraîchère de proximité, la production agricole et  la biodiversité.

Le CA d'Attac France, réuni samedi 20 octobre, apporte donc son soutien à tous ceux qui, conscients des conflits entre des intérêts privés et l'intérêt général, luttent contre la construction à NDDL de l'aéroport du Grand Ouest (AGO) et qui sont notamment victimes d'une inacceptable répression et de la violence policière.

Attac France, 22 octobre 2012.

 

Voir aussi nos articles précédents:

http://attaclillemetropole.over-blog.com/article-mobilisation-europeenne-contre-les-grands-projets-inutiles-imposes-107964669.html

http://attaclillemetropole.over-blog.com/article-declaration-de-cloture-du-2eme-forum-contre-les-grands-projets-inutiles-et-imposes-109147910.html

 

Ce qui est pratiquement toujours observé dans les « Grands Projets Inutiles Imposés » :


· -- mensonges ou estimations fantaisistes sur le projet (besoins et perspectives d'évolution grossièrement sur-estimés, solutions hasardeuses pour les satisfaire, coûts sous-estimés, financement à géométrie variable, espérances folles en termes de retombées sur l'emploi...) ;

·   - cependant la 'façade' de consultation légale est conservée ;

·  -- alliance de la droite libérale classique et des sociaux-démocrates sur le thème de la modernisation ou du progrès ;

·  -- ignorance et mépris des solutions alternatives étudiées et proposées par les populations, qui se construisent leur propre expertise ;

·  - montages financiers avec partenariats public/privé et contrats en béton au profit du privé (assurances de compensation en cas de déficit...) ;

·   - répression de plus en plus féroce des luttes (Allemagne, Italie ...), avec criminalisation des opposants ;

·   - justification par la nécessité d'être les meilleurs dans la mise en concurrence des territoires.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 07:25

H.KEMPF-2.jpgLe lourd silence de Cécile Duflot, de José Bové, de Daniel Cohn-Bendit, de Nicolas Hulot et de tant d'autres sommités, le désintérêt des médias, la passivité d'Europe Ecologie-Les Verts, le " courage fuyons " des élus PS informés des enjeux écologiques, l'apathie de la grande majorité des associations environnementales, le désir si manifeste de tout ce joli monde de tourner la page n'y font rien : ce qui s'est déroulé cette semaine et se poursuit ces jours-ci autour de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) est vital, crucial, essentiel.

Si ceux pour qui les mots " crise écologique " veulent dire quelque chose perdaient cette bataille, si cet aéroport se faisait, le mouvement écologique en serait aussi affaibli qu'il l'avait été, en 1977, par les événements de Creys-Malville.

On s'étonne que ne soit pas comprise l'importance de ce bras de fer. Mais peut-être faut-il, de nouveau, en expliquer les enjeux. Il s'agit, donc, d'un projet d'aéroport qui occuperait près de 2 000 hectares de terres au nord de Nantes. Vieux d'une quarantaine d'années, il a ressurgi au début des années 2000. La résistance tenace, non violente, assise sur des expertises solides, de paysans, d'élus, d'écologistes, de citadins, d'habitants anciens et nouveaux, a retardé le projet. Elle a permis de voir que se cristallisent ici toutes les problématiques qui forment le complexe écologique de ce début du XXIe siècle. Ce n'est pas Trifouilly-les-Oies, c'est une cause nationale.

Alors que le Programme des Nations unies pour l'environnement vient d'annoncer que les zones humides, essentielles à la biodiversité et à la régulation des écosystèmes, ont perdu dans le monde la moitié de leur superficie depuis un siècle, on s'apprête en France à détruire un site dont 98 % des terres sont des zones humides. Alors que, semaine après semaine, les climatologues publient des études montrant la gravité du changement climatique, on s'apprête en France à construire un aéroport qui stimulera le trafic aérien, important émetteur de gaz à effet de serre. Alors que l'artificialisation des sols et la disparition des paysans sont officiellement déplorées, on les planifie ici, ce qui les justifiera ailleurs. Alors que le pouvoir du capital et les partenariats public-privé sont partout dénoncés, on donne les clés du projet à la multinationale Vinci.

Il y a des moments où il faut savoir dire non. Il est temps que se fassent entendre ces " non ".

par Hervé Kempf

kempf@lemonde.fr

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 17:29

A l'initiative de groupes locaux et organisations des Etats-Unis, et soutenu aujourd'hui par des groupes du monde entier, le 22 septembre est une journée mondiale d'actions contre la fracturation hydraulique, les gaz et pétrole de schiste. Pas moins de 150 actions vont avoir lieu sur 5 continents et dans près de 20 pays (Canada, Etats-Unis, Mexico, Argentine, Afrique du Sud, France, Espagne, Irlande, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, République Tchèque, Bulgarie, Australie...). Aux Etats-Unis, des actions vont avoir lieu dans chaque région du pays.

Cette première journée internationale d'actions coordonnées de cette ampleur s'appuie sur les très nombreuses mobilisations locales, régionales ou nationales existantes. Suite à ces dernières, la fracturation hydraulique est aujourd'hui interdite, ou sous des formes diverses de moratoire ou restrictions, dans plusieurs centaines de lieux sur la planète (outre la France et la Bulgarie, des centaines de mesures locales d'interdiction ou de moratoire à travers le monde, dont plus de 200 aux Etats-Unis).

Partout sur la planète, les industriels pétroliers et gaziers multiplient les campagnes de lobbying et de relations publiques pour désamorcer ces mobilisations citoyennes en affirmant qu'elles sont isolées et que leur opposition aux pétroles et gaz de schiste est infondée. Cette fable ne prend pas. Cette journée internationale d'actions démontre le caractère mondial de l'opposition à ces projets dévastateurs et elle a pour objet de repousser avec force la propagande de l'industrie pétrolière et gazière. 

Toutes les informations :  

Site Internet : www.globalfrackdown.org 

Carte mondiale des actions : http://action.foodandwaterwatch.org/p/salsa/event/common/public/search.sjs?distributed_event_KEY=682 

Page Facebook : http://www.facebook.com/events/137678913040126/

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 06:00

Amis de la TerreRio de Janeiro (Brésil), Paris (France), le 19 juin 2012 - A la veille du Sommet des Nations unies qui se tiendra du 20 au 22 juin à Rio de

Janeiro [1], les Amis de la Terre International alertent les dirigeants mondiaux sur le fait que les multinationales ont une influence excessive sur les négociations de Rio+20. Alors que le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) participera aujourd’hui à Rio à la remise des World Business and Development Awards, les Amis de la Terre publient un nouveau rapport [2] exposant le poids croissant des grandes entreprises et des lobbies d’affaire au sein du système des Nations unies.

Selon Nnimmo Bassey, président des Amis de la Terre International : « Il est inacceptable que des entreprises telles que Shell, qui provoquent des pollutions massives et violent les droits de l’Homme, soient aux commandes des processus de décision sur le développement durable. Ca nous mène tout droit à la catastrophe pour notre planète et pour les peuples. Les entreprises polluantes ne devraient pas aider à faire les lois, elles devraient y être soumises. »

Le rapport présente plusieurs cas qui démontrent clairement comment les politiques de l’ONU et de ses agences ont été largement influencées par le secteur des entreprises. « Le fait que l’ONU soit de plus en plus réceptive aux exigences et intérêts des entreprises la détourne de son véritable rôle qui est de s’attaquer aux causes profondes des problèmes environnementaux, sociaux et économiques. L’ONU et ce sommet de Rio+20 devraient écouter les demandes du sommet alternatif des peuples à Rio et prendre des mesures pour tenir les entreprises responsables des impacts négatifs de leurs activités » poursuit Lucia Ortiz, coordinatrice internationale du programme Justice économique aux Amis de la Terre International.

 

D’après ce nouveau rapport, les positions des gouvernements nationaux dans les négociations multilatérales sont de plus en plus influencées par le monde des affaires : des représentants des milieux d’affaire dominent certains espaces de discussion et certains corps des Nations unies ; des groupes d’entreprises se voient accorder des rôles de conseil privilégiés ; il n’est pas rare que des fonctionnaires des Nations unies soient issus de hautes fonctions dans le secteur privé ou les occupent suite à leur départ de l’ONU ; et surtout, les agences des Nations unies sont de plus en plus dépendantes financièrement du secteur privé.

Le nouveau rapport montre également que l’ONU a travaillé en étroite collaboration avec de grandes entreprises et a ainsi développé et promu le concept d’ « économie verte », consistant à vendre la nature et les populations et à verdir un système économique injuste et insoutenable au détriment du développement durable [3].

Environ 400 organisations de la société civile représentant des millions de personnes de par le monde ont signé une déclaration – initiée par les Amis de la Terre International et neuf autres organisations – dénonçant la domination de l’ONU par les entreprises [4].

«  Les nombreux exemples de l’influence des entreprises sont préjudiciables à la qualité du travail réalisé par de nombreux organismes et fonctionnaires des Nations unies à travers le monde pour la protection et l’autonomisation des populations. Permettre que cela se produise revient à faire courir un risque à la crédibilité et à l’intégrité de l’ONU et de ses Etats membres. Au final, ces pratiques menacent de saper la mission de l’ensemble du système des Nations unies. C’est pourquoi elles doivent être arrêtées », conclut Juliette Renaud, chargée de campagne Finance privée au sein des Amis de la Terre France.

CE QUE DEMONTRENT LES ETUDES DE CAS DE CE RAPPORT :

  •   L’initiative « Energie durable pour tous » a été décidée par un groupe restreint dominé par des représentants d’entreprises multinationales et du lobby des hydrocarbures, pratiquement sans aucune intervention ou consultation avec la société civile mondiale. Les Amis de la Terre International pensent que cette initiative ne remplira pas son objectif déclaré de doubler la part des énergies renouvelables.
  •   La prise en charge de la politique agricole et alimentaire semble être compromise par l’influence des entreprises au sein du Fonds International de Développement Agricole (FIDA). Celui-ci fait la promotion de technologies mettant en danger les droits des peuples et l’accès à l’alimentation.
  •   La Convention sur la diversité biologique (CDB) est de plus en plus pilotée par les acteurs du monde de l’entreprise intéressés par la financiarisation de la nature et non par la volonté de conservation de la biodiversité.
  •   Les intérêts du secteur privé sont dans la recherche perpétuelle de moyens pour transformer l’eau en produit négociable tout en privant les populations de leur droit universel à l’eau et mettant en danger l’assainissement et l’accès à l’eau pour des millions de personnes dans le monde.
  •   Le Pacte Mondial des Nations Unies permet aux entreprises d’améliorer leur image de marque en utilisant le drapeau des Nations Unies dans leur propre intérêt, et échoue encore à apporter des améliorations réelles dans le comportement des entreprises.
  •   L’ONU a travaillé en étroite collaboration avec de grosses entreprises dans le développement et la promotion du concept d’ « économie verte » consistant à vendre la nature et les populations et à verdir un système économique injuste et insoutenable au détriment du développement durable.

    Contact presse :
    A Rio de Janeiro : Juliette Renaud / juliette.renaud@amisdelaterre.org / +55 21 69 50 44 47
    A Paris : Caroline Prak / caroline.prak@amisdelaterre.org / 06 86 41 53 43 – 01 48 51 18 96

    Notes : [1] Site internet du Sommet : http://www.uncsd2012.org/

    [2] Le nouveau rapport est en ligne en Anglais : http://www.foei.org/reclaim-the-UN-...
    [3] Les Amis de la Terre France ont lancé le 5 juin la campagne « La nature n’est pas à vendre ! » contre la mainmise de la finance sur la nature. Pour plus d’informations, consulter : www.amisdelaterre.org/econom...
    [4] Pour plus d’information sur cette déclaration et ses signataires : http://www.foei.org/end-un-corporat...

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 07:00

AttacLes vingt chefs d'État des pays les plus puissants de la planète se réunissent les 18 et 19 juin à Los Cabos, au Mexique, la veille de la conférence officielle des Nations unies, dite Rio+20, qui débutera officiellement le 20 juin. Rajoutés à l'ordre du jour du G20, le développement durable et la croissance verte vont être discutés à vingt pays avant de l'être à 194 ? Les propositions du G20 seront-elles à prendre ou à laisser ? Le multilatéralisme sera-t-il séquestré par les grandes puissances politiques et économiques au détriment des populations et de la nature ?


Alors que les négociations sur la déclaration finale de Rio+20 patinaient, le Brésil a décidé de publier samedi, et de manière unilatérale, un nouveau document qui va servir de base des négociations à venir. Ce texte présente des reculs substantiels par rapport aux précédentes versions, pourtant déjà inacceptables. De nombreuses références à des principes de justice ou à des droits élémentaires, comme le droit à l'eau et l'assainissement, n'y figurent plus ou ont été fortement rabotées.
Par contre, dans les passages portant sur la mise en oeuvre de l'économie verte ou du développement durable, aucune référence aux mécanismes de marché et logiques néolibérales ne manque. Partenariats public-privé, financements innovants - mais sans taxe sur les transactions financières -, défense du libre-échange, encouragement aux "bonnes pratiques" du business, promotion des investissements privés, figurent en bonne place dans la déclaration. Comme si renforcer ce modèle de développement basé sur le pouvoir de la finance et la privatisation des communs pouvait remédier à ses conséquences !


Tentée de se rendre à la réunion du G20 avec ce document inacceptable entre les mains, Dilma Rousseff, présidente du Brésil, prendrait la lourde responsabilité de court-circuiter les négociations de l'ONU. Portant sur des enjeux concernant l'ensemble des pays de la planète, la conférence Rio+20 serait ainsi séquestrée par le G20. À l'initiative du Brésil, vingt chefs d'État réunis dans un club autoproclamé et illégitime, vont-ils s'octroyer encore un peu plus la direction des affaires du monde en excluant 174 autres pays ? La France et François Hollande seront-ils complices ?
Le G20 n'a jamais fait preuve de détermination à revoir en profondeur le modèle néolibéral et insoutenable actuel. Ses maigres engagements sur les paradis fiscaux ou la suppression des subventions aux énergies fossiles n'ont jamais été suivis d'effet, le G20 préférant sauver les banques plutôt que les peuples. La pression du G20 sur la conférence de Rio+20 ne pourra que renforcer les « solutions » consistant à étendre les logiques de financiarisation et de marchandisation de la nature.
Contre ce modèle néolibéral et prédateur, insoutenable tant sur le plan écologique que social, de nombreuses organisations, dont Attac France, organiseront une activité intitulée "Protéger les communs, pas les banques" ce mardi 19 juin 2012 de 11h30 à 13:30, au Sommet des Peuples à Rio de Janeiro (Tente 3).

Attac France,
le 19 juin 2012

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 07:19

 J.Gadrey2On n’en a presque pas entendu parler. Pourtant, un excellent rapport du Sénat, daté de fin mai, apporte de l’eau au moulin de ceux qui se battent pour que la conférence de Rio+20 ne se termine pas, comme c’est malheureusement probable mais pas encore certain, par un catalogue d’intentions floues  ne contraignant personne, et surtout pas les grands intérêts privés qui sont à la manœuvre pour continuer à dominer l’économie mais en plus vert. Soit, selon eux : étendre plus avant cette domination à la nature pour en faire l’équivalent de l’homo oeconomicus.

Je pourrais chipoter sur certaines analyses ou recommandations, mais je n’en ai aucune envie car il s’agit d’un texte officiel qui va clairement dans le bon sens et ce n’est pas si fréquent. Un texte du Sénat qui cite Gramsci, waouh ! Voici cette citation, page 17 : « La crise c’est quand le vieux monde se meurt et que le nouveau monde peine à naître ». Cela dit, même Sarkozy aurait été capable de citer Gramsci dans certaines de ses saillies révolutionnaires… Sauf que, ici, l’ensemble du texte et des politiques qu’il défend est compatible avec la citation. Pourquoi ne parle-t-on que des rapports sur les finances publiques et de leurs appels à l’austérité publique renforcée et pas de ce rapport qui nous invite à inscrire nos sociétés dans la durée ? Vous connaissez la réponse.

Au regard de mes billets récents sur l’économie verte, on trouve dans le rapport une réflexion, courte mais de qualité, visant à « clarifier le concept d’économie verte » (pages 37-38). En voici un extrait :

« Le document final qui sera adopté à Rio devra veiller à ce que le concept d’économie verte ne soit pas en recul par rapport à la notion de développement durable consacrée en 1992… La définition de l’économie verte devra mentionner la nécessité de promouvoir des modes de vie plus sobres et plus durables dans un contexte de raréfaction des ressources. Elle devra également explorer les trois dimensions du développement durable de manière équivalente : environnementale, économique et sociale (il est surprenant de constater qu’aujourd’hui la notion de « travail » n’est pas mentionnée dans le « draft zero »). Elle devra permettre d’appréhender la réflexion sur la possibilité d’un avenir fondé davantage sur les besoins présents et futurs de la communauté planétaire que sur une croissance illimitée de la consommation matérielle.
La notion d’économie verte devra en outre tenir compte du pilier social du développement durable qui s’appuie sur des conditions de travail décentes, sur une logique de transmission des savoirs, de formation et de capital humain. Enfin, elle devra porter dans sa définition l’objectif d’un droit au même niveau de développement pour tous. »

On peut accéder au rapport via ce lien http://tinyurl.com/bt5s92q

Voici une sélection des 16 recommandations de ce rapport. Je les ai choisies en toute subjectivité et je les ai abrégées. Mais tout le rapport (60 pages hors retranscription des débats, elle aussi digne d’intérêt, et annexes) mérite une lecture attentive.

Recommandation 1.- …Il est impératif aujourd’hui de mettre fin à une fragmentation, facteur d’inefficacité et de faiblesse, des principes du développement durable au sein de l’ordre des régulations mondiales. Cette réforme doit reposer sur la promotion d’un renforcement du PNUE via sa transformation en une agence spécialisée des Nations unies, unique et centrale, profondément réformée dans son fonctionnement. Le mandat de cette nouvelle organisation devra être précisé. Il pourrait revêtir celui d’un organe coercitif, à la manière de l’organe de règlement des différends spécifique à l’OMC, ou d’un organe d’inspectorat.

Recommandation 4.- La Conférence « Rio+20 » devra préconiser des INVESTISSEMENTS AGRICOLES QUI NE METTENT PAS EN PERIL LA SECURITE ALIMENTAIRE LOCALE ET QUI RESPECTENT UN CADRE JURIDIQUE PROTEGEANT LES DROITS INDIVIDUELS DES POPULATIONS LOCALES. A cet égard, le document final de Rio devra insister sur la nécessaire mise en oeuvre des Directives volontaires sur la
gouvernance responsable de la tenure des terres, pêches et forêts. Elle devra insister sur la promotion d’une AGROFORESTERIE INNOVANTE alliant cultures et arbres équitablement répartis sur les territoires.

Recommandation 6.- LA SECURITE DE L’APPROVISIONNEMENT ALIMENTAIRE ET LA SECURITE SANITAIRE devront être mentionnées dans le document final de la Conférence « Rio+20 » et reconnues comme un droit inaliénable de chaque être humain.

Recommandation 7.- La Conférence « Rio+20 » devra s’engager dans la reconnaissance d’un DROIT A L’EAU UNIVERSEL et à l’accès à l’assainissement…

Recommandation 8.- La Conférence « Rio+20 » devra étendre au niveau mondial l’engagement européen : promouvoir le droit pour tous d’avoir accès à l’électricité et à l’énergie durable et s’engager pour la mise en œuvre d’une feuille de route pour une transition mondiale vers l’énergie durable.

Recommandation 9.- LA CONFERENCE «RIO+20» DEVRA FIXER UN CERTAIN NOMBRE D’INDICATEURS permettant une évaluation des progrès du développement durable au niveau international. Ces indicateurs concerneront les quatre piliers du développement durable - économique, environnemental, social et culturel.
Ils mesureront également les changements dans les modes de production et de consommation ainsi que les déterminants « écologiques » comme le changement climatique, l’utilisation rationnelle des ressources naturelles ou encore la biodiversité. Ils tiendront compte, en outre, de la durabilité et du développement humain afin de rompre avec une vision exclusivement
consumériste de la croissance.

Recommandation 11. - La Conférence « Rio+20 » devra promouvoir le développement de l’accès à l’éducation pour tous et l’accès à la contraception.

Recommandation 14.- La Conférence « Rio+20 » devra s’attacher à AMELIORER LA PARTICIPATION DES ACTEURS DE LA SOCIETE CIVILE A LA GOUVERNANCE ENVIRONNEMENTALE au niveau mondial afin de garantir l’effectivité du principe 10 de la Déclaration de Rio de 1992. La Convention d’Aarhus gagnerait à être étendue le plus largement possible.
Un processus transparent de négociation pour l’adoption d’une convention globale sur le principe 10 de la Déclaration de Rio pourrait être lancé et une aide financière spécifique devra être prévue afin d’encourager les Etats à le mettre en oeuvre.

Recommandation 15.- La Conférence «Rio+20» devra reconnaître que LA CONTRIBUTION DES FEMMES EST UN ASPECT ESSENTIEL DU DEVELOPPEMENT DURABLE. Elles sont en effet un maillon important du processus de préservation des moyens de subsistance et de la transition vers un nouveau modèle de développement.
Le troisième pilier, le pilier social, lie développement durable et éradication de la pauvreté. Le développement durable ne peut composer avec la pauvreté spécifique des femmes et leur mise à l’écart des décisions publiques et de l’éducation. Le document final devra promouvoir l’égalité hommes-femmes.

Recommandation 16.- La Conférence « Rio+20 » devra reconnaître LE ROLE CLE DES COLLECTIVITES TERRITORIALES en matière de développement durable et leur permettre d’obtenir un statut spécifique à côté de la société civile et des Parlements dans les processus de négociation internationaux.

Je termine par un court extrait du rapport où il est question d’indicateurs alternatifs. J’ai un peu de mal à masquer ma satisfaction…

« La seule approche par des indicateurs purement économiques, et notamment via le PIB ou la part de PIB consacrée à des stratégies de développement durable, reflet d’un modèle de développement productiviste, est incompatible avec la survie de notre planète et n’est plus pertinente. Notre planète ne peut plus aujourd’hui supporter le mode et le niveau de surconsommation matérielle véhiculé par les pays développés. Afin de bien mesurer les progrès du développement durable, de nouveaux indicateurs devront permettre de mesurer l’impact des changements climatiques, la préservation de la biodiversité, la rationalité de l’utilisation des ressources naturelles ou encore le niveau d’insertion sociale. »

La commission du Sénat qui a rédigé ce rapport, dont la publication a été adoptée à l’unanimité, était présidée par Laurence Rossignol, que je me permets de remercier.

Rapport d'information de Mme Laurence ROSSIGNOL, fait au nom de la commission du développement durable n° 545 (2011-2012) - 22 mai 2012

En juin 2012 se tiendra la quatrième Conférence des Nations unies sur le développement durable, baptisée « Rio 20 ». Vingt après le premier Sommet de la Terre de Rio en 1992, ce rendez-vous n'est pas que symbolique car il intervient à un moment charnière pour la planète. Alors que les risques liés à l'environnement n'ont jamais été aussi élevés, en raison notamment du réchauffement climatique et d'une surexploitation des ressources concomitante de la dégradation des milieux naturels, le monde a aujourd'hui le choix entre ne rien faire ou assumer une transition vers un nouveau modèle de développement économique, compatible avec la protection de l'environnement et le progrès social.

Deux thèmes principaux ont été définis pour la Conférence : d'une part, l'économie verte dans un contexte de développement durable et d'éradication de la pauvreté ; d'autre part, le cadre institutionnel afin d'engager une meilleure gouvernance planétaire du développement durable, transversale et partagée. Au terme d'un processus préparatoire contributif, la Conférence devrait aboutir à un document final formulant des préconisations sur ces deux problématiques.

Le groupe de travail « Négociations internationales - Climat Environnement » a suivi attentivement la préparation de cette Conférence. Le présent rapport d'information propose une série de seize recommandations veillant toutes à préserver les quatre piliers du développement durable - économique, environnemental, social et culturel. Il insiste également sur le rôle clé des Parlements nationaux et des collectivités territoriales en matière de développement durable, qu'il souhaite voir mieux reconnu dans les enceintes de négociations internationales. Au final, « Rio 20 » devra réussir à convaincre que l'économie verte n'est pas un luxe mais une opportunité, qu'elle doit être le nouveau modèle de développement pour la période de l'histoire de l'humanité qui s'ouvre.

Pour télécharger le rapport http://www.senat.fr/rap/r11-545/r11-5451.pdf

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