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  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 10:15

LiberationNotre-Dame-des-Landes : ouvrir un débat public

 

            Dans la manifestation calme et déterminée du 17 novembre à Notre-Dame-des-Landes, une inscription sur un panneau noir de fortune exprimait une tristesse et une inquiétude : « Notre-Dame-des-Landes, la démission des clercs ».

            Ainsi interpellés, nous voulons par cette déclaration affirmer notre solidarité de « clercs » et notre présence aux côtés de ceux qui opposent une résistance à cet aéroport désormais considéré comme insensé par une part grandissante de la population et par des experts qui ont du mal à cacher leurs doutes.

            Le déchaînement de la violence contre les personnes et le saccage des terres et des constructions ne sont pas la réponse du droit : ils sont la réponse d’une force aveugle face à des occupants non violents et désarmés.

            Nous demandons au gouvernement d’écouter ces autres «mondes», ceux des paysans, des occupants de la zone, des milliers de manifestants, qui ne s’expriment pas au nom de leurs intérêts privés mais au nom d’une conscience nouvelle, d’une responsabilité partagée face à la crise énergétique, à la crise climatique, à la crise alimentaire, à la crise sociale et financière.

            La résistance à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’est pas un « kyste », elle est le symbole d’une crise de civilisation, d’un basculement possible des consciences sur lequel il est nécessaire de s’appuyer plutôt que de le combattre pour avoir quelque chance de mener à bien et de manière démocratique les transitions qui s’imposent. Si le projet de cet aéroport a été conçu en 1967 dans un monde qui n’est plus, si les forces déployées pour le défendre rappellent quelques tristes moments de notre histoire passée, les alternatives proposées par les occupants dessinent des chemins pour un avenir partagé. Le gel des terres pendant quarante ans a conservé un patrimoine commun, ailleurs détruit, qu’il serait criminel de livrer aux appétits privés.

            Nous pensons pour notre part que ce projet doit être abandonné, et nous demandons au gouvernement d’accepter un véritable débat public, qui ne soit pas du semblant, afin de faire de cette zone et de ce problème un laboratoire de tous les débats qu’il va nous falloir mener au plus vite sur toutes les transitions industrielles, énergétiques et agricoles urgentes qui nous attendent.

 

Premiers signataires

Sylvie Agard

Monique Allard, professeur

Geneviève Azam, économiste Université Toulouse II

Adda Bekkouche, juriste

Nicolas Beniès, économiste

Jacques Berthelot, agronome

Claudine Blasco, ingénieure en chef de l'aviation civile

Martine Boudet

Omar Brixi, enseignant et consultant en santé publique

Alain Caillé, professeur émérite de sociologie, université Paris Ouest-Nanterre-la-Défense

Claude Calame, historien, directeur d'études à l’EHESS

Michel Capron

Bernard Cassen, professeur émérite de l'Université Paris VIII

Christian Celdran, administrateur civil honoraire

Denis Clerc, fondateur d’Alternatives économiques

Pierre Concialdi, économiste

Antonella Corsani, économiste

Jacques Cossart, économiste

Pierre Cours-Salies, professeur à l’université Paris VIII

Thomas Coutrot, économiste 

Marc Dufumier, agronome, AgroParisTech

Jean-Pierre Dupuy, professeur, Université de Stanford et professeur émérite à l’École polytechnique

Marie Duru-Bellat, sociologue, Sciences Politiques, Paris

Cédric Durand, économiste à l’université Paris XIII

Mireille Fanon Mendès-France, experte à l’ONU

Fabrice Flipo, maître de conférences en philosophie, Telecom & Management SudParis

Jean Gadrey, professeur émérite à l’Université de Lille I

Laurent Garrouste, inspecteur du travail

Susan George, écrivain ;

Jérôme Gleizes, enseignant à l’Université Paris XIII

Roland Gori, professeur de psychologie et de psychopathologie cliniques

Nicolas Haeringer, membre du comité de rédaction de la revue Mouvements

Jean-Marie Harribey, économiste à l’Université Bordeaux IV

Gérard Gourguechon, syndicaliste

Marc Humbert, professeur de sciences économiques à l’université de Rennes ;

Michel Husson, économiste

Hugues Jallon, éditeur, écrivain

Florence Jany-Catrice, professeur de sciences économiques à l’université Lille I

Esther Jeffers, économiste à l’Université Paris XIII

Raoul-Marc Jennar, essayiste

Samy Johsua, Professeur émérite de l'Université d'Aix-Marseille

Pierre Khalfa, membre du CESE

Cécile Kovacshazy 

Dany Lang, maître de conférences en économie

Christian Laval, professeur de sociologie à l’université Paris Ouest-Nanterre-la-Défense

Jacques Lerichomme, conseiller régional PACA

Marc Mangenot, économiste

Sophia Mappa, historienne et sociologue, chercheuse à l’Université Paris Est-Créteil, consultante internationale

Christiane Marty, ingénieure

Gustave Massiah, économiste

Antoine Math, chercheur à l’IRES

Caroline Mécary, avocate

Dominique Méda, professeur de sociologie à l’université Paris IX-Dauphine

Georges Menahen, économiste-sociologue

Philippe Mühlstein, ingénieur et syndicaliste

Frédéric Neyrat, sociologue à l’Université de Limoges

Florence Palpacuer, professeur à l’université de Montpellier

Alfredo Pena-Vega, directeur scientifique de l’Institut international de recherche, politique de civilisation (IIRPC), chercheur associé au Centre Edgar Morin ;

Dominique Plihon, professeur à l’Université Paris XIII

Daniel Rome, militant altermondialiste

Juan Roy de Menditte, philosophe

Valérie de Saint-Do, journaliste, Paris

Jean-Claude Salomon, médecin retraité

Catherine Samary, universitaire

Henri Sterdyniak, économiste à Sciences-Po Paris

Roger Sue, professeur de sociologie à l’université Paris V-Sorbonne

Jacques Testart, directeur de recherche honoraire à l’INSERM.

Jean Tosti, professeur

Éric Toussaint, président du CADTM Belgique

Jean-Luc Vessy, directeur des Éditions du Bord de l’eau

Jérôme Vidal, coordinateur éditorial de La Revue des livres

Jacques Woda, ingénieur retraité

 

Prise de position parue dans le quotidien Libération du 5 novembre 2012.

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 09:52

Pour une transition écologique radicale, juste et démocratique

AttacRédaction : Maxime Combes (coord.), Geneviève Azam, Jacqueline Balvet. Jeanne Planche, membres de la commission écologie&société d'Attac France.

Après Durban (Afrique du Sud) en 2011, l'Organisation des Nations unies tient une nouvelle Conférence des Parties de la Convention Cadre sur les Changements climatiques à Doha, Qatar, du 26 novembre au 7 décembre 2012 (COP-18). Organisée par l'Etat aux taux d'émissions de gaz à effet de serre les plus élevés de la planète, cette conférence sur le climat sera une première pour le gouvernement de François Hollande, avec la participation attendue des ministres Delphine Batho, Laurent Fabius et Pascal Canfin.

Ce document vise à interpeller publiquement le gouvernement français sur la cohérence des politiques menées en France, en Europe et à l'échelle internationale face aux défis du réchauffement climatique global et en regard des objectifs d'une transition écologique radicale, juste et démocratique.

Résumé

François Hollande avait annoncé lors de la Conférence environnementale vouloir être exemplaire en matière de lutte contre le réchauffement climatique et a proposé que la France accueille la Conférence de l'ONU sur le climat de 2015. La Conférence de Doha (Qatar, 26 nov-7 déc) vient de s'ouvrir, mais les actes sont très éloignés des discours. Alors que l'Agence Internationale de l'Energie a déclaré dans son dernier rapport qu'il ne fallait pas consommer plus d'un tiers des réserves prouvées d'énergies fossiles d'ici à 2050 pour avoir une chance sur deux de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement global à la fin du siècle, le gouvernement français semble loin d’avoir pris la mesure des transformations nécessaires. Malgré de nombreuses déclarations, Fançois Hollande et son gouvernement n'ont toujours pas définitivement écarté la possibilité d'exploration et d'exploitation des gaz et pétrole de schiste.  Ils s'entêtent à construire un nouvel aéroport international inutile et nocif, ils poursuivent les projets de lignes à grande vitesse, ils entendent développer la filière nucléaire, autant de verrous pour entamer une véritable transition énergétique.

La France et l'Union européenne ne peuvent plus être considérés comme de bons élèves en matière climatique alors que leurs résultats et leurs engagements sont plus qu'insuffisants. Les négociations internationales sur les dérèglements climatiques et les multiples politiques mises en œuvre depuis près de vingt ans n'ont pas enrayé l'augmentation des émissions des gaz à effets de serre et le réchauffement climatique global. Au contraire, de nouveaux records sont battus quasiment chaque année. On ne compte plus les rapports annonçant des perspectives de réchauffement climatique au delà des 2°C. Les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient et s'intensifient. Mais nos gouvernements laissent inchangées des politiques climatiques fondées sur des mécanismes de marché qui ont fait preuve de leur inefficacité.

Là où les pays de l'Union européenne devraient réduire leurs émissions de 30 à 40 % en 2020 par rapport à 1990 selon les préconisations du GIEC, la réduction des émissions européennes corrigées des émissions liées aux produits importés est d’à peine 4%. Loin d'avoir incité les industriels à réduire leurs émissions et d'avoir permis la substitution d'énergies renouvelables aux énergies fossiles, le marché carbone européen est un échec patent. Surabondants, les droits d'émission délivrés gratuitement par les pays se négocient actuellement à seulement quelques euros. Leur vente constitue bien souvent un effet d'aubaine pour une large part d'industriels fortement dotés et un effet d’opportunité pour la finance carbone. Par ailleurs, les mécanismes de flexibilité et de compensation carbone permettent à ces mêmes industriels d'éviter de réduire leurs propres émissions en finançant des projets peu convaincants au Sud.

Comme l'ont montré ses préparatifs, la conférence de Doha se situe dans la droite ligne de la séquence Copenhague-Durban qui a siphonné toute possibilité d'engagement contraignant en termes de réductions d'émissions, qui a considérablement affaibli le protocole de Kyoto sans fournir les financements additionnels attendus tout en discréditant le processus de négociations onusien. La précédente conférence, à Durban (Afrique du Sud), avait abouti en effet à un accord sans engagement, condamnant la planète à une augmentation de la température globale de plus de 4°C. Les responsabilités sont désormais diluées à travers la négociation d'un nouveau mandat pour 2015 qui ne serait applicable qu’en 2020.

Le gouvernement français est donc face à un nouveau dilemme. Accompagner cette inertie et renoncer à ses engagements ou faire siennes les alertes des scientifiques et les exigences et propositions portées par les mouvements sociaux. Dans ce dernier cas, il s'agit d'abandonner immédiatement les grands projets inutiles, de financer une politique de sobriété et d'efficacité énergétique à la hauteur des enjeux, d'accroître les ambitions de réductions d'émissions de l'UE, d'abandonner les dispositifs liés à la finance carbone pour introduire une taxation internationale sur l'énergie et un moratoire général sur toute nouvelle exploration d'énergies fossiles. Nous attendons de la France et de l’Union européenne une politique exemplaire seule capable de leur donner une légitimité pour accélérer les négociations internationales afin d'aboutir au plus vite à un accord international contraignant, juste et à la hauteur des enjeux.

Téléchargez le rapport d'Attac France ici www.france.attac.org/sites/default/files/note_attac_france_climat.pdf

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 20:25

J.Gadrey3Combien faudra-t-il de canicules mortelles, d’ouragans destructeurs, de terres devenues arides, de centaines de millions de personnes sans eau ou devant fuir des territoires dévastés, de forêts ravagées par les incendies ? Combien de montée des eaux et de disparition d’espèces, combien de conflits armés liés à ces phénomènes « naturels », combien et de quelle ampleur, avant que d’autres politiques soient mises en œuvre ? 

Presque tous les jours, des informations, qui ne font pas la « une », signalent la vraisemblance d’une catastrophe climatique sans commune mesure, en termes humains et en termes de durée (des siècles), avec « notre » crise des dettes publiques et privées, pourtant sérieuse et qui va s’amplifier, en Europe et ailleurs. Pis encore : la mal nommée « crise des dettes » est en train d’étouffer dans l’œuf les espoirs d’une forte et rapide réorientation écologique et sociale de l’économie et des modes de vie.

On dit que le catastrophisme n’est pas mobilisateur. C’est vrai, mais, dans le cas présent, il ne s’agit pas de catastrophisme (= en rajouter dans l’horreur, susciter des peurs infondées, crier « au loup » quand il n’y en a pas dans les environs). Il s’agit d’indices de plus en plus robustes et convergents, mais confinés dans l’arrière-boutique des grands médias. Dirait-on d’un vulcanologue qualifié avertissant d’une probable éruption qu’il fait du catastrophisme ?

C’est tellement grave que de grandes institutions internationales se mettent à relayer les « écolos », à leur façon et avec leurs limites. La dernière en date, c’est la Banque mondiale. On attend le jour où le FMI et l’OMC la rejoindront… Voici des extraits d’un communiqué de l’AFP du 19 novembre :

+ 4° DÈS 2060 ? LA BANQUE MONDIALE « CATASTROPHÉE », MAIS…

Inondations, sécheresse, montée des océans: la Banque mondiale met en garde contre le scénario noir d’un réchauffement du thermomètre mondial de 4°C dès 2060 et la “cascade de cataclysmes” qui frapperaient alors les pays pauvres.

“Ce monde serait tellement différent de celui dans lequel nous vivons qu’il est difficile de le décrire”, prévient le président de l’institution, Jim Yong Kim, en préambule d’un rapport publié dimanche à Washington, ajoutant que des “décennies de développement” pourraient être réduites à néant.

Selon la Banque mondiale, le niveau actuel d’émissions de CO2 rend quasiment intenable l’engagement pris par la communauté internationale de contenir le réchauffement du globe à +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. D’après son rapport, le thermomètre mondial pourrait en réalité grimper de 4°C “au cours du siècle” et “dès 2060″ si les gouvernements mondiaux n’agissent pas d’urgence.

Cette sombre perspective “peut et doit être évitée”, assure la Banque mondiale qui souligne que la responsabilité de l’homme dans le réchauffement en cours est “sans équivoque”… Listant les dangers qui menaceraient alors la planète (inondations, sécheresses, malnutrition…), l’institution prédit une aggravation des “pénuries d’eau” en Afrique de l’Est, au Moyen-Orient ou en Asie du Sud et un “important rebond” de la mortalité infantile en Afrique sub-saharienne.

Certaines maladies véhiculées par les insectes (malaria, dengue) risquent également de trouver un nouvel essor tandis que les barrières de corail, “protections naturelles contre les inondations”, pourraient ne pas résister aux retombées acides du CO2 dans l’océan, énumère la BM. “Les plus pauvres et les plus vulnérables seront les plus durement touchés”, assure le président de la Banque mondiale, même si aucune région ne serait épargnée… Les sécheresses ayant frappé cet été les Etats-Unis ou l’Europe de l’Est pourraient se reproduire et l’Occident serait aussi confronté à l’afflux de populations fuyant les conséquences des bouleversements climatiques. »

… MAIS SES REMÈDES NE VONT RIEN ARRANGER

« Le rapport ne propose pas de remèdes-miracle pour relancer l’élan de la communauté internationale, qui a faibli depuis le fiasco du sommet de Copenhague en 2009 et sous l’effet de la crise économique. Mais la Banque mondiale veut surtout faire passer un message: la lutte contre le réchauffement n’est pas l’ennemie de la croissance : “Le secteur privé doit comprendre que l’adaptation au réchauffement climatique constitue une opportunité économique”, assure Jim Yong Kim, estimant que la Chine en avait déjà pris conscience et appelant d’autres pays à suivre son exemple. » Fin du communiqué de l’AFP.

Les mauvais plis reviennent vite. Ainsi, le grand objectif politique serait de convaincre gentiment « le secteur privé » qu’il doit s’engager dans une croissance verte dont il tirerait les plus grands bénéfices. Le réchauffement climatique comme « opportunité économique » ! On appréciera aussi l’exemple de la Chine comme modèle de développement soutenable et de lutte contre le réchauffement climatique. Il est vrai que ce pays n’en fait pas moins que nous sur ce plan, mais c’est bien là le problème…

On ne peut évidemment que souhaiter une réorientation radicale des modes de production et de consommation, concernant tous les secteurs d’activité, publics et privés. Il est vrai également que cette réorientation ouvrirait des perspectives de créations d’activités et d’emplois pouvant compenser certaines réductions nécessaires ailleurs. Mais confier à des multinationales, qui sont en train de mettre la nature en coupe réglée sur un mode dérégulé, le rôle majeur dans la lutte contre le réchauffement, c’est un peu faire confiance à des incendiaires pour éteindre le feu qu’ils ont allumé.

Nous avons d’abord besoin de fortes mobilisations, contraignant les politiques à changer de cap et à édicter des règles elles-mêmes contraignantes, du local au global, car les limites des écosystèmes sont bel et bien des contraintes à respecter. Dans l’intérêt et pour le bien vivre du plus grand nombre, et pour éviter le scénario noir de la Banque mondiale, qui reste probable vu que, en dépit de fortes mises en garde depuis (au moins) dix ans, la concentration de gaz à effet de serre poursuit sa folle progression. En témoigne cet autre communiqué de l’AFP (extraits).

LA CONCENTRATION DE GES DANS L’ATMOSPHÈRE NE CESSE DE PROGRESSER

GENEVE- (AFP) - La teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un nouveau pic en 2011… ce qui aura des conséquences pendant des siècles, a averti mardi l’Organisation météorologique mondiale (OMM). “Même si nous pouvions stopper du jour au lendemain toute nouvelle émission, la concentration actuelle continuera à avoir des effets pendant des siècles”…

Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal responsable de cette pollution atmosphérique. Sa concentration a augmenté l’an dernier de 2,0 ppm (parts pour million), à comparer avec une hausse de 2,3 ppm en 2010. “Ce taux d’accroissement est supérieur à la moyenne des années 1990, mais correspond à la moyenne des 10 dernières années”.

“Jusqu’à maintenant, les puits de carbone ont absorbé près de la moitié du CO2 que les activités humaines ont rejeté dans l’atmosphère, mais la situation risque de changer”… En 2011, la concentration de CO2 a atteint 390 ppm, soit 40% de plus que ce qu’elle était à l’époque préindustrielle (280 ppm).

Concernant le Protoxyde d’azote (N2O), sa concentration dans l’atmosphère a elle aussi été record en 2011, avec un niveau supérieur de 120% à celui de l’ère préindustrielle. D’ici 100 ans, l’OMM estime que l’impact du N2O sur le climat “sera de 298 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone, à émissions égales”.

Billet mis en ligne le 21 novembre 2012 sur le site Alternatives Economiques http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey

Pour en savoir plus :

Le communiqué de la Banque Mondiale : http://www.banquemondiale.org/fr/news/2012/11/18/new-report-examines-risks-of-degree-hotter-world-by-end-of-century

Le résumé du rapport en français : http://climatechange.worldbank.org/sites/default/files/Turn_Down_the_Heat_Executive_Summary_French.pdf

Le rapport complet en anglais :  http://climatechange.worldbank.org/sites/default/files/Turn_Down_the_heat_Why_a_4_degree_centrigrade_warmer_world_must_be_avoided.pdf 

 

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Published by J.G. - dans Environnement
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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 08:31

Samedi 17 novembre

H.KEMPF-2Ca prend un temps fou, d’écrire ces reportages. Et donc, on a beau se lever dans les cinq heures, ce n’est qu’après neuf heures que je peux quitter Nantes, en embrassant affectueusement les proches qui m’ont accueilli. Route vers Héric, au nord du village de Notre Dame des Landes. Mais au rond-point de la sortie de l’autoroute Nantes-Rennes, ça commence à ralentir. Après Héric, cela roule à nouveau, et puis ralentit sérieusement à deux trois kilomètres de Notre Dame des Landes : les voitures se pressent pour venir à la manifestation. (...) lire la suite

Lire aussi le dossier préparé par Reporterre sur Notre Dame des Landes

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Published by Hervé Kempf-Reporterre - dans Environnement
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 15:41

J.Gadrey2Certes, ce titre relève plus du souhait que d’une certitude. Mais la probabilité que ce projet insensé reste cloué au sol augmente de jour en jour. D’une part, les arguments des opposants montent en nombre et en qualité. D’autre part l’hostilité grandit et s’organise, ce qui peut expliquer certaines provocations de ces derniers jours, que j’évoquerai pour terminer. Et, quand bien même ce projet serait mis en œuvre, il est pratiquement certain qu’il ne décollerait pas économiquement : ce serait un beau gâchis.

Seule la mobilisation de « la base » fera la différence, car on ne peut pas compter dans l’immédiat sur la raison politique au sommet. Ni pour ce projet, ni pour l’austérité généralisée, ce qui, en passant, est une belle contradiction : la démesure dépensière pour des « grands projets inutiles ou nuisibles » au moment du tournant de la rigueur inégalitaire. La contradiction n’est d’ailleurs pas totale, car, dans les deux cas, les grandes entreprises sont à la manœuvre, avec les dividendes des actionnaires comme enjeu premier du « pacte ». Pour l’instant, ce sont elles qu’on respecte.

Il n’y a pas d’autre solution, dans un cas comme dans l’autre, que de bousculer le pouvoir politique avec des mouvements aussi « populaires » et unitaires que possible, gagnant en influence dans l’opinion. Il va falloir « leur faire entendre raison ». Et c’est bien parti s’agissant de l’AyraultPort, entre consolidation des arguments et convergence des actions, manifestations et occupations.

Les arguments d’abord. Si vous n’avez pas encore lu cette formidable lettre à F. Hollande rédigée par un de ses anciens camarades de promotion à l’ENA, Patrick Warin, ne la loupez pas. Elle est ici : http://www.bastamag.net/article2751.html

Parmi les nombreuses raisons de rejeter ce projet, on trouve l’argument de la contribution du transport aérien au réchauffement climatique, aucun mode de transport n’étant plus émetteur de gaz à effet de serre par kilomètre x passager. On a appris hier qu’en 2011 les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 2,5 % pour atteindre 34 milliards de tonnes, un nouveau record. Nous continuons sur la voie de la catastrophe climatique.

Or l’association Virage Énergie-Climat des Pays de la Loire a récemment en ligne des scénarios issus d’un long et patient travail dans tous les secteurs d’activité. Voir http://tinyurl.com/ajprfhs

On y trouve notamment une étude de onze pages, téléchargeable, sur le transport aérien dans cette région, avec trois scénarios : celui, officiel, de la croissance perpétuelle du trafic et ceux, proches l’un de l’autre, tenant compte des travaux du GIEC et de ceux de Virage Énergie. L’association n’analyse pas la question d’un nouvel aéroport (voir une autre étude citée dans mon billet récent http://tinyurl.com/ckq5589), mais elle dit en gros ceci : si l’on tire les conséquences politiques des travaux du GIEC et de la raréfaction relative du pétrole, le déclin du transport aérien est certain et il sera fort dans les décennies qui viennent, à Nantes comme ailleurs. Il y a bien d’autres choses pertinentes dans ce qu’a produit VEC.

kerosenenantes.jpg

Je peux en venir aux mobilisations en cours et à venir. En voici deux exemples parmi des dizaines dans toute la France, en commençant par un documentaire à faire tourner : « Notre Dame des Landes au cœur de la lutte », qui rassemble des témoignages sur les actions au quotidien contre ce projet.

LE BUZZ DE BIZI

Ensuite, mes amis de la dynamique association Bizi au pays basque, spécialistes entre autres de l’accueil « chaleureux » des personnalités politiques depuis qu’ils ont fait la fête à N. Sarkozy en mars dernier, se préparent à manifester comme ils savent le faire à l’occasion de la venue de Jean-Marc Ayrault à Biarritz le mercredi 21 novembre. Leur communiqué de presse s’intitule : « Les matraqueurs du climat ne sont pas les bienvenus au Pays Basque ! ». Extrait :

« Il faut être aveugle pour vouloir construire ce nouvel aéroport. Et ce d’autant plus que l’actuel aéroport de Nantes n’est pas saturé et qu’il ne devrait pas le devenir d’après les projections d’experts indépendants. Cela n’est pas sans nous rappeler le projet de voie nouvelle LGV Bordeaux-Hendaye, objet du même entêtement absurde…

Nous lui exprimerons également notre colère face aux premières décisions et arbitrages que son gouvernement a pris dans les domaines écologique, énergétique et climatique et dont la majorité vont dans le mauvais sens.

- refus de supprimer les niches fiscales anti-écologiques (exonération des taxes sur le kérosène par exemple), aides aux agro-carburants ;
- report de la fiscalité écologique aux calendes grecques, posant ainsi un problème insoluble de financement des alternatives (transport, logement…) devant protéger les secteurs les plus pauvres et les plus vulnérables de la population face à l’explosion programmée du prix du pétrole ;
- refus d’une politique de redistribution des richesses et de partage du travail ;
- révision du schéma national des infrastructures de transport non concertée avec les parties prenantes ;
- absence de vraie politique de développement des énergies renouvelables ;
- signature en catimini du décret autorisant la création du réacteur à fusion ITER, dangereuse chimère technologique, aussi coûteuse qu’inutile, avant même l’ouverture du fameux débat sur la transition énergétique ;
- composition inquiétante du comité de pilotage de ce débat… »

NDDL SUR LA PISTE DE L’AUTOROUTE LANGON-PAU
(communiqué commun des associations SEPANSO, FNE, LEA et Aquitaine Alternatives, extraits)

- le bilan financier 2011 de cette concession autoroutière présente un déficit énorme d’environ 35 millions d’euros, par ailleurs égal au chiffre d’affaires
- Le chiffre d’affaires 2011 s’établit à 35 millions d’euros, inférieur d’environ 30% à l’objectif indiqué dans le contrat de concession.
- Le trafic journalier moyen s’établit à 5332 véhicules/j dont 5,9% de poids lourds inférieur d’environ 40% par rapport à l’objectif initial de 7660 véhicules/j, dont 12 % de poids lourds.

Comme l’affirmaient les associations dès 2006, cette autoroute destructrice de l’environnement, et qui est l’une des plus chères de France, pourrait se révéler aussi un gouffre financier.

Ce bilan 2011, démontre que la croissance du trafic routier mise en avant pour justifier l’infrastructure n’est pas une donnée inéluctable. Comme pressenti à l’époque, la hausse du coût des carburants est un des facteurs importants qui détermine l’évolution du trafic routier.

L’autoroute A65 Langon Pau va-t-elle rejoindre la longue liste des autoroutes espagnoles en redressement judiciaire en 2012 ? Les contribuables sont en droit de se poser la question.

Dans le contrat de concession, il y a une clause de déchéance qui précise que, si le concessionnaire jette l’éponge, ce sont les collectivités qui récupéreront l’infrastructure et les dettes !

Il faut savoir également que les élus régionaux promoteurs inconditionnels de cette infrastructure au service de leur mégalomanie sont les mêmes qui prétendent aujourd’hui imposer, au nom du report modal, deux projets de LGV aussi inutiles et encore plus dévastateurs et ruineux pour les finances publiques (Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne) …

Plus d’infos sur le site: http://tinyurl.com/dyc69qa

DES PROVOCATIONS TRÈS ORIENTÉES

Les grands médias ont repris en chœur des informations visant à faire oublier tous ces mouvements éminemment pacifiques et rassembleurs au profit d’une ou deux violences individuelles n’ayant rien à voir avec les associations qui mènent les actions. C’est ce que Daniel Schneidermann a fort justement appelé la « fabrication d’épouvantails », un exercice dont le « journaliste » du Figaro Christophe Corvenin, qui s’était déjà illustré à Tarnac, est familier. Voir cette analyse, preuves à l’appui :
http://tinyurl.com/6rvj9f

UNE VICTOIRE EXEMPLAIRE AU MEXIQUE

“La blessure reste ouverte” est un documentaire mexicain de 16′ sur le projet de l’aéroport Atenco au Mexique : http://tinyurl.com/c4v2hwb (en espagnol).

Il retrace dix années d’une lutte exemplaire qui a obtenu plusieurs victoires : ils ont fait abroger le décret, publié en août 2002, qui les expropriait de leurs terres pour la construction d’un aéroport, ils ont fait sortir de la prison ceux et celles qui avaient été faits prisonniers grâce à une ordonnance de la Cour Suprême de Justice, ils ont réussi à converger avec d’autres luttes, ils se sont affrontés au président Pena Nieto. Ce n’est pas rien dans ce pays, le Mexique, tel qu’il est actuellement.

L’expérience de San Salvador Atenco, dans l’Etat de Mexico, a marqué pendant 10 ans l’histoire des résistances populaires. Ce fut une lutte victorieuse contre un aéroport qui aurait détruit les terres fertiles de la vallée de Texcoco. Quatre années après la publication du décret, les attaques se transformèrent en répression brutale en mai 2006. Puis, il y eut les militants prisonniers avec des chefs d’accusation invraisemblables, et la lutte pour leur libération. Et comme revendications permanentes la défense de l’eau, de la terre, de la vie d’un peuple.

Ne pourrait-on, en France, gagner dix ans de conflits douloureux ? F. Hollande compte-t-il continuer avec ce boulet impopulaire (je ne parle que du projet…) ? Ne pourrait-il s’inspirer sans attendre d’un autre Président, un autre François, qui s’était libéré du boulet du Larzac ?

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 09:39

L'association Virage Energie Climat (VEC) vient de publier une première version de son scénario énergétique durable pour les Pays de la Loire.
Dans ce cadre, nous avons réalisé une étude de l'impact énergétique et climatique du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes.

La région Pays de la Loire compte neuf aéroports et deux aérodromes sur lesquels du trafic est enregistré. L’aéroport de Nantes-Atlantique est de loin la principale infrastructure aéroportuaire de la région. Plus de 95% des voyageurs transportés par avion en Pays de la Loire le sont sur cet aéroport (Explicit 2009), dont le trafic est en augmentation depuis 1990 (Direction Générale de l’Aviation Civile 2010). Il est prévu de transférer les activités de Nantes Atlantique sur un nouvel aéroport qui serait construit à Notre Dame des Landes, à 30 kilomètres au Nord de Nantes.

Nous présentons d'abord les méthodes d'inventaire d'émissions de gaz à effet de serre (GES) du trafic aérien, puis la méthode choisie pour réaliser les projections des consommations d'énergie et des émissions attribuables au transport aérien des Pays de la Loire jusqu'en 2050.

Après avoir présenté les résultats chiffrés des différents scénarios (figure 1), nous concluons que le trafic aérien régional devra nécessairement diminuer pour atteindre les objectifs de réduction des consommations d'énergie et d'émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette réduction n'impactera que la minorité de français(es) (20%) qui prend l'avion, essentiellement pour des motifs de loisirs, et sera d'autant plus facilement acceptée.

Figure 1. Scénarios d'évolution des émissions de GES du trafic aérien attribuable à l'aéroport de Nantes entre 2010 et 2050

 

Source : scénario virage Energie-Climat Pays de la Loire, octobre 2012

Le document détaillé présentant nos analyses sur l'évolution du transport aérien des Pays de la Loire est téléchargeable en pièce jointe.

Pièce jointe: 
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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 06:37

AttacLa lutte contre la construction de l'aéroport de Notre Dame des Landes a pris cette semaine une tournure particulière avec l'invasion de la ZAD (Zone d'aménagement différé rebaptisée Zone à Défendre) par près de 1000 gendarmes mobiles.

Envoyés pour expulser les occupants militants à 15 jours de la trêve hivernale, ils laissent ainsi la place aux machines de chantier de Vinci pour la construction, prévue début 2013, d'un barreau routier préalable à la bétonnisation de la zone.

Cet aéroport, exemple emblématique du grand projet inutile et imposé, constitue un énorme gâchis tant humain et social que financier et environnemental: il va chasser des habitants là depuis toujours et d'autres, venus construire des alternatives soutenables, opposés à des modèles industriel et de transport qui nous mènent dans le mur.

Par ailleurs, à un moment où le gouvernement a choisi de mettre en œuvre une politique d'austérité pour atteindre en 2013 une déficit limité à 3% du PIB, comment peut-il justifier de gaspiller des centaines de millions d'euros, voire plus, pour construire un aéroport dont il n'arrive même pas à démontrer l'utilité sociale et dont le financement va être assuré par un partenariat public privé garantissant un retour sur investissement  exorbitant à Vinci?

Sur le plan écologique ce projet aura un coût considérable; il va détruire non seulement 1600 hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l'aéroport, mais aussi des dizaines de milliers d'autres pour les énormes zones commerciales et industrielles qui ne vont pas manquer de s'implanter sur les 20 kilomètres qui séparent Notre-Dame-Des-Landes de Nantes. Ceci réduira la production maraîchère de proximité, la production agricole et  la biodiversité.

Le CA d'Attac France, réuni samedi 20 octobre, apporte donc son soutien à tous ceux qui, conscients des conflits entre des intérêts privés et l'intérêt général, luttent contre la construction à NDDL de l'aéroport du Grand Ouest (AGO) et qui sont notamment victimes d'une inacceptable répression et de la violence policière.

Attac France, 22 octobre 2012.

 

Voir aussi nos articles précédents:

http://attaclillemetropole.over-blog.com/article-mobilisation-europeenne-contre-les-grands-projets-inutiles-imposes-107964669.html

http://attaclillemetropole.over-blog.com/article-declaration-de-cloture-du-2eme-forum-contre-les-grands-projets-inutiles-et-imposes-109147910.html

 

Ce qui est pratiquement toujours observé dans les « Grands Projets Inutiles Imposés » :


· -- mensonges ou estimations fantaisistes sur le projet (besoins et perspectives d'évolution grossièrement sur-estimés, solutions hasardeuses pour les satisfaire, coûts sous-estimés, financement à géométrie variable, espérances folles en termes de retombées sur l'emploi...) ;

·   - cependant la 'façade' de consultation légale est conservée ;

·  -- alliance de la droite libérale classique et des sociaux-démocrates sur le thème de la modernisation ou du progrès ;

·  -- ignorance et mépris des solutions alternatives étudiées et proposées par les populations, qui se construisent leur propre expertise ;

·  - montages financiers avec partenariats public/privé et contrats en béton au profit du privé (assurances de compensation en cas de déficit...) ;

·   - répression de plus en plus féroce des luttes (Allemagne, Italie ...), avec criminalisation des opposants ;

·   - justification par la nécessité d'être les meilleurs dans la mise en concurrence des territoires.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 07:25

H.KEMPF-2.jpgLe lourd silence de Cécile Duflot, de José Bové, de Daniel Cohn-Bendit, de Nicolas Hulot et de tant d'autres sommités, le désintérêt des médias, la passivité d'Europe Ecologie-Les Verts, le " courage fuyons " des élus PS informés des enjeux écologiques, l'apathie de la grande majorité des associations environnementales, le désir si manifeste de tout ce joli monde de tourner la page n'y font rien : ce qui s'est déroulé cette semaine et se poursuit ces jours-ci autour de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) est vital, crucial, essentiel.

Si ceux pour qui les mots " crise écologique " veulent dire quelque chose perdaient cette bataille, si cet aéroport se faisait, le mouvement écologique en serait aussi affaibli qu'il l'avait été, en 1977, par les événements de Creys-Malville.

On s'étonne que ne soit pas comprise l'importance de ce bras de fer. Mais peut-être faut-il, de nouveau, en expliquer les enjeux. Il s'agit, donc, d'un projet d'aéroport qui occuperait près de 2 000 hectares de terres au nord de Nantes. Vieux d'une quarantaine d'années, il a ressurgi au début des années 2000. La résistance tenace, non violente, assise sur des expertises solides, de paysans, d'élus, d'écologistes, de citadins, d'habitants anciens et nouveaux, a retardé le projet. Elle a permis de voir que se cristallisent ici toutes les problématiques qui forment le complexe écologique de ce début du XXIe siècle. Ce n'est pas Trifouilly-les-Oies, c'est une cause nationale.

Alors que le Programme des Nations unies pour l'environnement vient d'annoncer que les zones humides, essentielles à la biodiversité et à la régulation des écosystèmes, ont perdu dans le monde la moitié de leur superficie depuis un siècle, on s'apprête en France à détruire un site dont 98 % des terres sont des zones humides. Alors que, semaine après semaine, les climatologues publient des études montrant la gravité du changement climatique, on s'apprête en France à construire un aéroport qui stimulera le trafic aérien, important émetteur de gaz à effet de serre. Alors que l'artificialisation des sols et la disparition des paysans sont officiellement déplorées, on les planifie ici, ce qui les justifiera ailleurs. Alors que le pouvoir du capital et les partenariats public-privé sont partout dénoncés, on donne les clés du projet à la multinationale Vinci.

Il y a des moments où il faut savoir dire non. Il est temps que se fassent entendre ces " non ".

par Hervé Kempf

kempf@lemonde.fr

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 17:29

A l'initiative de groupes locaux et organisations des Etats-Unis, et soutenu aujourd'hui par des groupes du monde entier, le 22 septembre est une journée mondiale d'actions contre la fracturation hydraulique, les gaz et pétrole de schiste. Pas moins de 150 actions vont avoir lieu sur 5 continents et dans près de 20 pays (Canada, Etats-Unis, Mexico, Argentine, Afrique du Sud, France, Espagne, Irlande, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, République Tchèque, Bulgarie, Australie...). Aux Etats-Unis, des actions vont avoir lieu dans chaque région du pays.

Cette première journée internationale d'actions coordonnées de cette ampleur s'appuie sur les très nombreuses mobilisations locales, régionales ou nationales existantes. Suite à ces dernières, la fracturation hydraulique est aujourd'hui interdite, ou sous des formes diverses de moratoire ou restrictions, dans plusieurs centaines de lieux sur la planète (outre la France et la Bulgarie, des centaines de mesures locales d'interdiction ou de moratoire à travers le monde, dont plus de 200 aux Etats-Unis).

Partout sur la planète, les industriels pétroliers et gaziers multiplient les campagnes de lobbying et de relations publiques pour désamorcer ces mobilisations citoyennes en affirmant qu'elles sont isolées et que leur opposition aux pétroles et gaz de schiste est infondée. Cette fable ne prend pas. Cette journée internationale d'actions démontre le caractère mondial de l'opposition à ces projets dévastateurs et elle a pour objet de repousser avec force la propagande de l'industrie pétrolière et gazière. 

Toutes les informations :  

Site Internet : www.globalfrackdown.org 

Carte mondiale des actions : http://action.foodandwaterwatch.org/p/salsa/event/common/public/search.sjs?distributed_event_KEY=682 

Page Facebook : http://www.facebook.com/events/137678913040126/

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 06:00

Amis de la TerreRio de Janeiro (Brésil), Paris (France), le 19 juin 2012 - A la veille du Sommet des Nations unies qui se tiendra du 20 au 22 juin à Rio de

Janeiro [1], les Amis de la Terre International alertent les dirigeants mondiaux sur le fait que les multinationales ont une influence excessive sur les négociations de Rio+20. Alors que le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) participera aujourd’hui à Rio à la remise des World Business and Development Awards, les Amis de la Terre publient un nouveau rapport [2] exposant le poids croissant des grandes entreprises et des lobbies d’affaire au sein du système des Nations unies.

Selon Nnimmo Bassey, président des Amis de la Terre International : « Il est inacceptable que des entreprises telles que Shell, qui provoquent des pollutions massives et violent les droits de l’Homme, soient aux commandes des processus de décision sur le développement durable. Ca nous mène tout droit à la catastrophe pour notre planète et pour les peuples. Les entreprises polluantes ne devraient pas aider à faire les lois, elles devraient y être soumises. »

Le rapport présente plusieurs cas qui démontrent clairement comment les politiques de l’ONU et de ses agences ont été largement influencées par le secteur des entreprises. « Le fait que l’ONU soit de plus en plus réceptive aux exigences et intérêts des entreprises la détourne de son véritable rôle qui est de s’attaquer aux causes profondes des problèmes environnementaux, sociaux et économiques. L’ONU et ce sommet de Rio+20 devraient écouter les demandes du sommet alternatif des peuples à Rio et prendre des mesures pour tenir les entreprises responsables des impacts négatifs de leurs activités » poursuit Lucia Ortiz, coordinatrice internationale du programme Justice économique aux Amis de la Terre International.

 

D’après ce nouveau rapport, les positions des gouvernements nationaux dans les négociations multilatérales sont de plus en plus influencées par le monde des affaires : des représentants des milieux d’affaire dominent certains espaces de discussion et certains corps des Nations unies ; des groupes d’entreprises se voient accorder des rôles de conseil privilégiés ; il n’est pas rare que des fonctionnaires des Nations unies soient issus de hautes fonctions dans le secteur privé ou les occupent suite à leur départ de l’ONU ; et surtout, les agences des Nations unies sont de plus en plus dépendantes financièrement du secteur privé.

Le nouveau rapport montre également que l’ONU a travaillé en étroite collaboration avec de grandes entreprises et a ainsi développé et promu le concept d’ « économie verte », consistant à vendre la nature et les populations et à verdir un système économique injuste et insoutenable au détriment du développement durable [3].

Environ 400 organisations de la société civile représentant des millions de personnes de par le monde ont signé une déclaration – initiée par les Amis de la Terre International et neuf autres organisations – dénonçant la domination de l’ONU par les entreprises [4].

«  Les nombreux exemples de l’influence des entreprises sont préjudiciables à la qualité du travail réalisé par de nombreux organismes et fonctionnaires des Nations unies à travers le monde pour la protection et l’autonomisation des populations. Permettre que cela se produise revient à faire courir un risque à la crédibilité et à l’intégrité de l’ONU et de ses Etats membres. Au final, ces pratiques menacent de saper la mission de l’ensemble du système des Nations unies. C’est pourquoi elles doivent être arrêtées », conclut Juliette Renaud, chargée de campagne Finance privée au sein des Amis de la Terre France.

CE QUE DEMONTRENT LES ETUDES DE CAS DE CE RAPPORT :

  •   L’initiative « Energie durable pour tous » a été décidée par un groupe restreint dominé par des représentants d’entreprises multinationales et du lobby des hydrocarbures, pratiquement sans aucune intervention ou consultation avec la société civile mondiale. Les Amis de la Terre International pensent que cette initiative ne remplira pas son objectif déclaré de doubler la part des énergies renouvelables.
  •   La prise en charge de la politique agricole et alimentaire semble être compromise par l’influence des entreprises au sein du Fonds International de Développement Agricole (FIDA). Celui-ci fait la promotion de technologies mettant en danger les droits des peuples et l’accès à l’alimentation.
  •   La Convention sur la diversité biologique (CDB) est de plus en plus pilotée par les acteurs du monde de l’entreprise intéressés par la financiarisation de la nature et non par la volonté de conservation de la biodiversité.
  •   Les intérêts du secteur privé sont dans la recherche perpétuelle de moyens pour transformer l’eau en produit négociable tout en privant les populations de leur droit universel à l’eau et mettant en danger l’assainissement et l’accès à l’eau pour des millions de personnes dans le monde.
  •   Le Pacte Mondial des Nations Unies permet aux entreprises d’améliorer leur image de marque en utilisant le drapeau des Nations Unies dans leur propre intérêt, et échoue encore à apporter des améliorations réelles dans le comportement des entreprises.
  •   L’ONU a travaillé en étroite collaboration avec de grosses entreprises dans le développement et la promotion du concept d’ « économie verte » consistant à vendre la nature et les populations et à verdir un système économique injuste et insoutenable au détriment du développement durable.

    Contact presse :
    A Rio de Janeiro : Juliette Renaud / juliette.renaud@amisdelaterre.org / +55 21 69 50 44 47
    A Paris : Caroline Prak / caroline.prak@amisdelaterre.org / 06 86 41 53 43 – 01 48 51 18 96

    Notes : [1] Site internet du Sommet : http://www.uncsd2012.org/

    [2] Le nouveau rapport est en ligne en Anglais : http://www.foei.org/reclaim-the-UN-...
    [3] Les Amis de la Terre France ont lancé le 5 juin la campagne « La nature n’est pas à vendre ! » contre la mainmise de la finance sur la nature. Pour plus d’informations, consulter : www.amisdelaterre.org/econom...
    [4] Pour plus d’information sur cette déclaration et ses signataires : http://www.foei.org/end-un-corporat...

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