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  • : Site du comité local d'Attac France de Villeneuve d'Ascq (59) à destination des militants et sympathisants. Fondée en 1998, Attac promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, sociale, économique, environnementale et culturelle dans l’ensemble du monde. Attac est un mouvement associatif altermondialiste et d'éducation populaire reconnu par l'Etat.
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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 07:00
Que ne lit-on et n’entend-on pas en France sur le "modèle allemand" ? On fait en particulier très régulièrement l’éloge de la rigueur budgétaire allemande, et de la capacité de nos voisins à accepter de lourds sacrifices pour restaurer la compétitivité de leur industrie. Or, explique Guillaume Duval sur XerfiCanal, ce ne sont pas là les véritables raisons des succès actuels de l’économie allemande.
 
Cette vidéo est en relation avec l'article précédent présentant l'ouvrage de Guillaume Duval http://attaclillemetropole.over-blog.com/article-le-modele-allemand-au-dela-des-mythes-analyse-par-guillaume-duval-115155441.html  
   
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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 17:09

AttacUne par une, les promesses de s’attaquer à la finance, responsable de la crise, aux banques, actrices de la spéculation et bénéficiaires des rentes versées par les États, et aux gros actionnaires, avides de dividendes toujours accrus, s’envolent et vont grossir le magasin déjà bien rempli des engagements électoraux non tenus. 

Six ans après le déclenchement d'une crise qui ne cesse de s’approfondir parce que des politiques d’austérité se généralisent, le gouvernement français dépose un projet de loi de réforme bancaire dont l’esprit est de ne rien changer de fondamental, de telle sorte que le modèle de banque universelle perdure. S’agit-il de satisfaire une demande venant de la société, des populations ? Non. De la part des entreprises ? Non plus. De la part de qui alors ? Des banques elles-mêmes, et plus précisément des banques les plus grosses et qui détiennent le plus de pouvoir. En France, elle se nomment BNP-Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE, et elles ont fait valoir leurs arguments et obtenu gain de cause.

Quels sont les enjeux d’une réforme bancaire ? Pourquoi le renoncement du gouvernement à transformer le modèle des banques est-il grave ? Et quelles sont les propositions alternatives qui permettraient de mettre au pas la finance au lieu de la rassurer et de rendre le pouvoir monétaire à la population ? C’est à ces trois questions que le présent document essaie de répondre.

   Lire le document ATTAC sur les vingt mesures  ici http://www.france.attac.org/sites/default/files/attac-20-mesures-reforme-bancaire.pdf

Lire aussi Un collectif dénonce la "non-réforme" bancaire et exige quatre mesures pour mettre les banques au service de la société 

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 16:18

Et on reparle de compétitivité des entreprises françaises ... Mais au lieu de nous rabacher les oreilles avec le coût des salariés français (forcément trop chers !) ou trop pu flexibles (vive la précarité pratiquée dans l'entreprise de Mme PARISOT, candidate à un 3ème mandat au MEDEF), une autre petite musique vient des industriels eux-même. M.E.

 

L'Usine NouvelleD’après une étude réalisée par le cabinet RolandBerger en partenariat avec L’Usine Nouvelle, les trois quarts des industriels français considèrent leur usine comme compétitive. La question du coût du travail ne semble pas aussi critique que celles de la performance de la fonction achats et de l’organisation industrielle.

Estimez-vous que votre usine est compétitive ? C’est la question à laquelle ont répondu plus d’une centaine de directeurs de sites industriels, dans le cadre d’une étude menée par les consultants de Roland Berger en partenariat avec L’Usine Nouvelle. Menée fin 2012, en plein cœur du débat sur la compétitivité des usines françaises, cette étude dresse un état des lieux moins sombre que l’on pourrait penser. En effet, 63 % des patrons interrogés considèrent que leur site est compétitif, et 12 % le jugent même "très compétitif". Bien sûr, cela ne les empêche pas de nourrir des inquiétudes pour 2013. Seuls 4 % des patrons de sites "compétitifs" envisagent une hausse de leur performance économique l’an prochain.

Cette étude permet de dresser un portrait-robot de l’usine compétitive. "Il s’agit plutôt d’usines de taille moyenne à grande, de plus de 50 millions d'euros de chiffre d’affaires, commente Georges de Thieulloy, consultant au sein du centre de compétences Opérations chez RolandBerger. Parmi les usines les plus rentables, la majorité est intégrée à un groupe, et vend ses produits sur le marché français." Un résultat qui peut s’expliquer par le fait que les entreprises confrontées à la concurrence internationale ont plus de mal à se considérer comme compétitives. L’usine compétitive "type" affiche également un engagement fort en matière d’innovation, et réalise plus de 10 % de son chiffre d’affaires sur des nouveaux produits lancés dans l’année.

Le coût du travail n’est pas le critère le plus important

Les directeurs de sites ont dressé leur liste des critères les plus déterminants pour être compétitif. Contre toute attente, le coût du travail ne ressort pas comme étant le critère le plus important. Cité par 79 % des répondants, il arrive en quatrième position derrière les achats de matières premières (87 %), l’efficacité du système de production (80 %) et la maîtrise des processus industriels (79 %).

Les préoccupations des patrons français semblent donc plutôt tournées vers les achats. "Non seulement les achats ressortent comme le critère de compétitivité n°1, mais l’étude montre aussi que seulement 49 % des personnes interrogées se considèrent performantes sur ce critère", commente Georges de Thieulloy. Ainsi donc, il reste beaucoup à faire en matière d’achats et, après les mesures prises fin 2012 pour réduire le coût du travail, il est probable que la question du coût des matières premières revienne rapidement sur le devant de la scène.

Pas de problème d’organisation, d’après les patrons

Le constat est assez différent pour tout ce qui touche à l’organisation industrielle. Interrogés au sujet de leur efficacité opérationnelle et de la maîtrise de leurs procédés (deux des trois critères-clés de compétitivité), les patrons s’estiment compétitifs à 64 % sur le premier critère et à 77 % sur le second. Pour Georges de Thieulloy, une telle autosatisfaction, c’est presque trop beau pour être vrai. "Il est plus facile d’identifier les problèmes chez les autres que chez soi, renchérit-il. Sur ces questions touchant à l’organisation, les résultats auraient été très différents si l’on avait interrogé les responsables de production plutôt que les patrons de site".

En parlant d’organisation, justement, il ressort de l’étude que les équipes marketing et Supply Chain sont peu impliquées dans le renouvellement du portefeuille produits. 58 % des organisations n’impliquent pas les personnes chargées de la gestion de la Supply Chain (chaîne d’approvisionnement). Ces derniers souffrent encore aujourd’hui d’un manque de considération, alors que leur capacité à définir le coût global d’un produit devrait en faire des interlocuteurs de choix pour les dirigeants. "Avec un marché qui a tendance à se mondialiser et des clients qui demandent toujours plus de personnalisation, les fonctions Supply Chain et marketing vont forcément gagner en poids au sein des organisations dans les années à venir", conclut Georges de Thieulloy.

Frédéric Parisot

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 14:07

J.Gadrey2Des mobilisations étonnantes mais aussi des tensions et parfois des violences accompagnent, en France et dans le monde les mégaprojets des dominants visant à prolonger le modèle libéral-croissanciste. On ne peut comprendre ces affrontements d’idées, de politiques, et sur le terrain, sans élucider les « valeurs » et les représentations du « progrès » présentes dans les arguments des promoteurs de ces projets.

C’est tout un « MONDE DE CROYANCES », UN SYSTÈME D’IDÉES DOMINANTES, qui est contesté radicalement. Mais ce monde est défendu par des acteurs puissants, ceux du capitalisme financier ou du libéral-croissancisme, qui entendent bien le prolonger, tant qu’ils en ont le pouvoir.

On peut prendre la mesure de ces enjeux « idéologiques » en identifiant les principales croyances ou les mythes défendus et propagés par les tenants du vieux monde et contestés par les opposants. Je vais le faire ici sur l’exemple du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, mais on verra en chemin qu’on retrouve pratiquement les mêmes enjeux dans bien d’autres cas. Je me suis inspiré au départ d’un texte transmis par un ami et accessible en ligne via ce lien.

Je vais proposer une liste non exhaustive de ce qui se joue (et qui est contesté par les opposants au projet) à Notre Dame des Landes, et très souvent ailleurs, sous l’angle des croyances ou des mythes. Il n’y a pas selon moi symétrie entre les valeurs ou croyances des uns et des autres, car celles de la prolongation de l’ancien monde sont très clairement liées à (et diffusées par) de puissants acteurs oeuvrant ouvertement pour leurs intérêts économiques et financiers, ce qui n’est pas le cas de leurs opposants. Mais la référence à des croyances signifie aussi que des acteurs non liés à ces intérêts « croient », à des degrés divers, aux idées en question. C’est bien là qu’est la difficulté et la source de tensions affectant toute la société, traversant les partis, les familles, etc. Il est probable que ces tensions vont s’amplifier. Il faut le souhaiter.

La principale grande croyance à l’œuvre, énoncée en termes généraux, porte sur LA CROISSANCE MATÉRIELLE INFINIE ET SALVATRICE, apportant les « marges de manœuvre » INDISPENSABLES à tout progrès social voire à tout progrès écologique. Mais sur les territoires des grands projets, elle devient LA CROYANCE OU LE MYTHE DU « DÉVELOPPEMENT DES TERRITOIRES » ASSIMILÉ A LA CROISSANCE « CRÉATRICE D’EMPLOIS ». Quatre croyances composantes en dessinent les modalités concrètes et les moyens :

1) Le premier moyen (supposé) d’un tel développement (croissanciste) repose sur la croyance ou le mythe de L’ATTRACTIVITÉ DES TERRITOIRES, réduite à l’attraction d’activités économiques et d’entreprises venant s’implanter ici plutôt qu’ailleurs, quitte à y mettre d’énormes moyens publics sans garantie sérieuse de pérennité et d’utilité sociale, pendant que les autres territoires font de même. L’attractivité est l’une des faces d’une médaille dont L’AUTRE FACE EST LA CONCURRENCE DES TERRITOIRES ENTRE EUX, en France, en Europe et dans le monde. C’est le B-A-BA aussi bien de la mondialisation néolibérale que de la « construction » des grands marchés européens par la destruction des marchés locaux et nationaux. La guerre économique des territoires n’est pas pour rien dans la multiplication de grands projets inutiles et dispendieux, y compris s’agissant d’aéroports.

2) Le second moyen (supposé) du « développement économique » des territoires repose sur la croyance ou le mythe de L’EXTENSION SANS LIMITE DES ÉCHANGES ÉCONOMIQUES aussi peu régulés que possible (libre-échange, libre investissement), autre postulat de la construction des grands marchés européens et mondiaux. On retrouve cette croyance dans la fierté de certains élus régionaux à afficher prioritairement des performances à l’exportation et à les encourager par des politiques et financements dédiés. En ajoutant à cette croyance celle qui concerne la croissance matérielle indéfinie, on obtient le cœur de l’idéologie libérale-croissanciste.

3) Le troisième moyen essentiel, étroitement lié au précédent, s’appuie sur la croyance ou le mythe de l’extension, elle aussi sans limite, DES TRANSPORTS ET DES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT (autoroutes, TGV, avions, ports) pour faciliter ces échanges économiques et les déplacements de cadres et d’experts « globalisés » entre les métropoles du monde ou de l’Europe, ainsi que le tourisme à moyenne, grande ou très grande distance, dont le tourisme aérien. C’est la condition supposée pour rester dans LA COUR DES GRANDS (grandes métropoles, grandes régions) : il faut être un GRAND NŒUD européen ou mondial DE TRANSPORTS MODERNES pour s’insérer avec succès dans la mondialisation TELLE QU’ELLE EST. On ne compte plus les régions ou métropoles qui se définissent comme étant « au carrefour de l’Europe » ! Curieux projet quand même : être un carrefour plutôt qu’un espace de vie largement autonome…

La commission européenne, sous l’influence des lobbies patronaux, a œuvré depuis les années 1990 en faveur du développement des infrastructures de transport, avec l’idée que leur « insuffisance » était une barrière à la libre circulation des produits au sein du Marché unique et, par conséquent, entravait la croissance économique de l’Europe, la « compétitivité », et l’« attractivité des territoires ». Tout se tient dans cet argumentaire libéral structuré vendu aux populations au nom du renforcement des liens entre les pays européens.

Avec une logique concurrentielle similaire, il faut un « GRAND stade » dans chaque GRANDE ville si on veut rester dans la COUR DES GRANDS DU FOOT EUROPÉEN, ce qui est considéré par certains élus comme un critère majeur de succès, y compris électoral.

Peu importe dans ces conditions qu’il y ait des grands stades, des grands aéroports, des grands ports, des autoroutes, des TGV et des grands nœuds partout et que cette multiplication devienne globalement un jeu à somme négative (nombre de ces infrastructures surdimensionnées devenant sous-utilisées), la force du mythe l’emporte, y compris sur de simples considérations économiques de coûts, de dettes publiques, de dépenses sociales et environnementales sacrifiées, de gâchis de ressources.

On comprend mieux pourquoi les évaluations a priori des coûts, effectuées par des cabinets financés par les tenants du mythe, sont régulièrement dépassées à l’arrivée et souvent multipliées par deux ou trois, comme pour l’EPR de Flamanville ou la liaison Lyon-Turin. Pour faire passer de tels projets, IL FAUT EN SOUS-ÉVALUER FORTEMENT LES COÛTS ET EN SURESTIMER LA FRÉQUENTATION, LES USAGES ET LES BÉNÉFICES. C’est une façon de passer en force sans recourir à la force. Pas question de lancer des évaluations pluralistes ouvertes aux opposants !

Il faut dire que certaines liaisons dangereuses entre une partie du personnel politique et les multinationales de la construction ne sont pas pour rien dans l’activation de ce mythe, que l’on recouvre alors d’un voile d’intérêt général en parlant de « désenclavement ». Et s’il n’était pas si mauvais que ça pour le bien vivre dans un territoire de viser un développement plus « endogène » ?

4) Enfin, le quatrième moyen d’un tel développement économique repose sur LA CROYANCE DANS LES BIENFAITS D’UNE CROISSANCE URBAINE OU MÉTROPOLITAINE ELLE AUSSI SANS LIMITE. Cet aspect est particulièrement bien explicité dans le texte dont j’ai fourni le lien. Extraits (mais il vaut mieux se reporter au texte complet) :

« La première raison pour faire renaître, il y a une dizaine d’années, le projet de NDDL c’est de pouvoir continuer à construire dans le sud de Nantes… L’objectif de la ville de Nantes est… de capter chaque année une population plus nombreuse… Et dans une perspective de population globale dont la croissance va diminuer à terme, c’est vider les campagnes [et les petites villes, JG] pour faire grossir les [grandes] villes, toujours plus. N’y aura-t-il aucune limite à ce projet ? Quand on pose la question, il n’y a pas de réponse puisque le principe est la concurrence, et que si l’on se compare aux grandes villes dominantes du continent… le chemin est encore long. Comme l’exprimait Henri Lefebvre, toute centralité crée sa propre fin et meurt étouffée.

C’est une question qui touche à la projection de chacun dans son avenir, son désir de puissance – être plus gros que l’autre, plus fort… C’est aussi un défi à la planète… faire grossir les villes centre au détriment des autres entraîne des coûts d’approvisionnement en alimentation croissants et un bilan carbone de plus en plus lourd. Les déplacements quotidiens sont moins importants qu’à la campagne pour ceux qui habitent en ville, mais plus importants pour ceux qui habitent dans la deuxième et troisième couronne : la « zone d’emploi » de Nantes qui représente la zone des déplacements domicile/travail s’étend désormais du nord du département jusqu’au nord de la Vendée. »

Je résume : croissance matérielle, croissance des échanges économiques avec l’extérieur, croissance des grandes infrastructures de transport, croissance urbaine, autant de croyances dans les bienfaits d’une expansion quantitative ignorant toute limite (sociale, écologique, voire économique). C’est peu de dire que le culte de la croissance, dans un contexte néolibéral, lié à l’idée de puissance et à celle de compétition de tous contre tous, est le guide suprême des croyances que l’on trouve au fondement des « grands projets matériels » (inutiles, ou nuisibles).

Mais d’autres croyances font également partie de ce cocktail « explosif ». Si l’on prend le cas du transport aérien, déjà évoqué, ou celui du TGV partout, l’illusion volontariste de leur expansion sans limite s’appuie sur un triptyque de croyances : low cost, high speed, long distance (prix bas, grande vitesse, longue distance). On y trouve en fait le rêve de l’abolition des frontières du temps et de l’espace, de la « démocratisation » universelle des déplacements rapides au loin. On sait pourtant que ce rêve est foncièrement inégalitaire et qu’il ne deviendra pas réalité universelle. J’y reviendrai prochainement à propos du « pic du transport aérien », autre sujet controversé.

Un dernier mot. Dans les limites de ce billet déjà long, je n’ai pas mentionné les arguments, valeurs ou « croyances » des opposants aux grands projets inutiles (voir ce billet, et sa suite). Il m’est arrivé d’écrire que l’on ferait mieux de privilégier des milliers de « petits et moyens projets utiles », à échelle humaine, proches des gens, bons pour l’emploi de qualité, bons pour l’environnement, le lien social, le bien vivre et la démocratie. Je persiste. Mais pour cela, on a ABSOLUMENT besoin de GRANDES POLITIQUES sociales, écologiques, économiques et même financières, élaborées selon des pratiques démocratiques étendues et vivantes, faute de quoi les projets utiles, qui existent déjà partout, seront freinés en qualité et en extension.

Il faut de GRANDS PROJETS POLITIQUES UTILES de réduction des inégalités, de récupération du foncier péri-urbain, de réhabilitation thermique des logements existants, d’aides à l’habitat groupé autogéré, de discrimination positive pour les énergies renouvelables, d’incitations aux circuits courts, de transports collectifs locaux et régionaux propres et pratiques, de fiscalité écologique et sociale, de reprise de contrôle de la finance et du crédit, de développement massif de services de « care » non fondés sur la lucrativité, de sécurisation des parcours professionnels dans la transition, etc.

Les innombrables initiatives locales ouvrent souvent la voie. Elles permettent de croire qu’un autre monde est possible… puisqu’on peut voir des modèles réduits qui marchent en dépit d’un contexte défavorable. Elles ne suffiront pas à faire basculer les consciences et les pratiques. Les herbes qui poussent dans les fissures du béton du vieux monde contribuent à le faire craquer. Mais le projet d’une transition vers un autre monde suppose d’organiser politiquement leur semis, leur culture et leur récolte.

Dernière minute : Le fiasco du nouvel aéroport de Berlin tourne au scandale politico-financier. Le Maire de Berlin est pressé de démissionner de ses fonctions…. Les coûts initiaux ont explosé et sont passés de 2 milliards à 4,3 milliards d’Euros. Voir ce lien.

INFORMATION : on trouve un bon dossier NDDL et GPII (grands projets inutiles imposés) dans le n° 4 de la revue “Les Zindignés” (trimestriel, le n° 4 est celui de décembre, en kiosque). Voir www.les-indignes-revue.fr.

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 09:00

bastaLes produits biologiques ont envahi les rayons des supermarchés. Mais derrière l’étiquette « bio », on trouve aussi des gigantesques fermes, une main d’œuvre sous-payée et sans droits, des aliments importés de l’autre bout du monde. Les produits chimiques en moins, le label bio en plus. Des dérives de « l’industrie du bio » dénoncées par le journaliste Philippe Baqué dans son ouvrage La Bio entre business et projet de société. Entrez dans les coulisses du nouveau business mondial.

Basta ! : On trouve de plus en plus de produits biologiques dans les rayons des supermarchés. Mais la surface agricole cultivée en bio stagne à 3 % en France. Comment expliquer ce décalage ?

Philippe Baqué [1]  : On assiste depuis 15 ans à un développement fulgurant de l’agriculture biologique. Environ 40 millions d’hectares seraient certifiés bio aujourd’hui dans le monde, selon l’Agence Bio (soit l’équivalent de l’Allemagne et de la Suisse, ndlr). Les deux tiers de ces surfaces sont des prairies qui appartiennent à de grandes exploitations, où paissent des troupeaux qui pour la plupart ne sont même pas vendus en bio. C’est le cas en Argentine où 90 % des 4,4 millions d’hectares labellisés bio sont des terres consacrées à l’élevage de moutons appartiennant à d’immenses fermes.

En dehors de ces prairies, la majeure partie des surfaces certifiées bio appartiennent à de grandes exploitations, spécialisées dans des monocultures d’exportation – soja, huile de palme, blé ou quinoa. Cette agriculture biologique certifiée se développe surtout en Amérique latine (+26% entre 2007 et 2008), en Asie (+10 %), en Afrique (+6 %), sur des terres où les habitants ne consomment pas, ou très peu, leurs propres productions [2]. Celles-ci sont exportées vers l’Europe, le Japon et l’Amérique du Nord. Cette agriculture bio reproduit le modèle économique agro-industriel dominant qui met les paysans du Sud au service exclusif des consommateurs du Nord et les rend de plus en plus dépendants.

Sur quelle stratégie commerciale se fonde ce « bio-business » ?

C’est une véritable OPA de la grande distribution, qui a vu dans le bio un marché qu’elle devait investir à tout prix. Aujourd’hui, en France, 50 % des produits bio sont vendus dans les grandes surfaces. C’est énorme ! Les hypermarchés basent leur stratégie sur la « démocratisation » des produits biologiques. Cela se traduit par de grandes campagnes publicitaires, comme celle d’Auchan qui propose 50 produits à moins de un euro. Ce qui conduit au développement d’une agriculture biologique industrielle intensive, avec l’importation d’une grande quantité de produits à coûts réduits. La France est ainsi devenue importatrice de produits bio, après en avoir été exportatrice.

Dans le secteur des fruits et légumes, la grande distribution reproduit dans le bio ce qu’elle fait dans le secteur conventionnel. Elle participe à la spécialisation de bassins de production : la province d’Almería en Andalousie s’est ainsi spécialisée dans les légumes ratatouille (tomates, poivrons, courgettes, aubergines...), la région de Huelva dans les fraises. On trouve les mêmes produits dans la plaine d’Agadir au Maroc ou dans le sud de l’Italie. Les producteurs sont mis en concurrence sur l’ensemble du bassin méditerranéen. Si le coût des tomates d’Andalousie est trop élevé, on ira en chercher au Maroc. Le seul coût qui peut être ajusté, c’est celui de la main d’œuvre agricole, exploitée à outrance, immigrée et sans droit.

Cette stratégie commerciale n’est-elle pas en contradiction avec la réglementation européenne ? Le droit du travail est-il soluble dans l’agriculture biologique ?

La nouvelle réglementation européenne concernant l’agriculture biologique, entrée en vigueur le 1er janvier 2009, a été taillée sur mesure pour favoriser le développement de cette agriculture industrielle et intensive, et la mise en concurrence de ces bassins de production. Elle se réduit à des principes agronomiques, techniques, et ne fixe aucun critère social. La main d’œuvre n’est pas du tout prise en compte, pas plus que les tailles des fermes.

a question du transport est aussi évincée. Le fait que des tomates d’Andalousie ou des carottes d’Israël soient exportées par des norias de camions dans toute l’Europe n’entre pas en contradiction avec la réglementation européenne. Nous citons l’exemple du soja bio importé du Brésil, qui provient d’énormes exploitations de 5 000 à 10 000 hectares, conquises sur des forêts primaires dans l’État du Mato Grasso. La réglementation n’interdit pas que des produits bio soient cultivés sur des terres récemment déboisées ! Même chose pour l’huile de palme bio massivement importée de Colombie : des paysans ont été violemment chassés de leurs terres pour pouvoir lancer cette culture.

N’y a t-il pas un risque que le consommateur trompé se détourne des produits bio ?

Si cette logique se poursuit, les gens finiront par ne plus s’y reconnaître. On est très loin de l’esprit des fondateurs et de la charte de 1972 de l’organisation internationale de la bio (IFOAM), avec des principes agronomiques très forts, mais aussi écologiques, sociaux et politiques. Il était question de transparence, de prix équitable, de solidarité, de non-exploitation des pays du Sud, de fermes à taille humaine, diversifiées et les plus autonomes possible, de consommation de proximité... Aujourd’hui, les cahiers des charges officiels de la bio ont totalement échappé aux paysans, même si les organisations professionnelles sont invitées à en discuter. Au final, ce sont des techniciens à Bruxelles, soumis à tous les lobbies, qui définissent cette réglementation. Et interdisent aux États d’adopter une réglementation plus stricte. Il y a un risque véritable que la bio soit totalement vidée de son sens.

Heureusement, des marques et mentions ont un cahier des charges plus rigoureux que la réglementation européenne. A l’instar de Nature et Progrès, Demeter, BioBreizh ou Bio Cohérence, qui se démarquent clairement de la bio industrielle. Certains producteurs ne veulent pas de la certification européenne et ont contribué à la mise en place de systèmes de garantie participatifs : un contrôle fondé sur la confiance, en présence d’un consommateur et d’un producteur. S’ils détectent quelque chose qui ne fonctionne pas bien, ils voient avec le paysan comment l’aider à améliorer ses pratiques. C’est une logique d’échange et de solidarité.

Vous ne voulez pas diaboliser ces agriculteurs, dites-vous. Ceux qui sont dans le système de la bio industrielle peuvent-ils en sortir ?

Les paysans deviennent des sous-traitants. Ils sont tenus par des contrats avec les toutes-puissantes coopératives agricoles. La filière des élevages intensifs de poulets bio, dominée par des coopératives comme Terre du Sud, MaïsAdour ou Terrena, illustre cette évolution. Dans le Lot-et-Garonne par exemple, Terre du Sud a récemment recruté des producteurs, souvent endettés, pour faire du poulet bio. Elle leur garantit des contrats avec la grande distribution et la restauration collective. La coopérative aide à trouver les financements, fournit les bâtiments, le matériel, les conseils de ses techniciens... En contrepartie, le producteur signe un contrat d’intégration : il s’engage à acheter à la coopérative les poussins, la totalité des aliments pour ses volailles, ainsi que les produits phytosanitaires et médicaux [3]. Il doit vendre toute sa production à la coopérative qui est la seule à déterminer les prix.

Un exemple : le producteur signe pour un élevage de 40 000 poulets. Il doit investir 250 000 euros. La coopérative l’aide à obtenir 50 000 euros de subventions, le reste provient d’un prêt du Crédit agricole. Endetté dès le départ, le paysan est entièrement soumis à la volonté des coopératives qui peuvent décider du jour au lendemain de convertir son exploitation dans une autre production, si elles jugent que celle du poulet bio n’est plus assez rentable.

Dans chacune de ces filières industrielles – volailles, soja, café, huile de palme, fruits et légumes – existe-t-il des alternatives biologiques locales ?

Dans chaque pays où nous avons voyagé, nous rendons compte de cette autre agriculture biologique en rupture avec le système agro-industriel, qu’elle soit certifiée ou pas. J’ai été très marqué par une rencontre avec un producteur à Almería (Andalousie), la plus grande région de concentration de serres au monde. Ses parents ont été pris dans cet engrenage de production de fruits hors-saison destinés à l’exportation. Pendant plusieurs années, il a refusé de cultiver. Il a beaucoup voyagé pour rencontrer d’autres agriculteurs en bio. Aujourd’hui, en plein milieu de cette mer de plastique, sur deux hectares de serres et deux hectares en plein champs, il fait de l’agriculture biologique paysanne, produisant un grand nombre de variétés à partir de semences paysannes et vendant uniquement aux consommateurs andalous. Partout, les résistances abondent. Avec une très grande richesse dans les formes – ferme familiales, coopératives, communautés, groupements – ou les méthodes de culture – cultures associées, systèmes d’agroforesterie, permaculture...

Le changement des pratiques ne passe-t-il pas aussi par une réflexion autour de la distribution  ?

Le système des Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) a encouragé l’activité de milliers de maraîchers en France. Les groupements d’achats se développent aussi de façon spectaculaire. Dans le Lot, par exemple, ce sont des personnes bénéficiaires du RSA qui ont décidé de se regrouper afin d’accéder à une alimentation biologique locale. Avec une critique assez radicale de la grande distribution et l’envie d’une relation directe avec les producteurs. Dans l’Aveyron, un groupement a aidé l’un de ses membres à s’installer comme producteur de pâtes locales. Une réflexion plus globale autour de l’alimentation s’amorce.

La question du prix est-elle essentielle ?

Des prix de plus en plus bas, la défense du pouvoir d’achat, c’est le combat de la grande distribution. Mais on ne parle jamais du vrai prix des produits « conventionnels », de ce qui n’apparait pas. Pour une tomate « conventionnelle » produite de façon industrielle en Espagne, on ne parle pas du coût du transport, de son coût environnemental, des aides publiques dont cette production bénéficie. Et encore moins des coûts sanitaires dus aux pesticides. Si on prend tout en compte, et que l’on réduit les marges des intermédiaires et des supermarchés, le prix d’une tomate biologique ne serait pas si éloigné du prix d’une tomate conventionnelle. Il n’est pas normal non plus que ce soit les producteurs bio qui paient la certification. Ce devrait être aux pollueurs de payer. Et les maraîchers travaillent 14 heures par jour, six ou sept jours par semaine. Il est essentiel de payer leur travail au juste prix.

L’agriculture biologique peut-elle être porteuse d’un projet de société ?

L’agriculture biologique n’est pas une fin en soi. Elle s’inscrit dans un mouvement général basé sur le respect de l’humain et de la nature. On assiste à une querelle d’experts, pour savoir si l’agriculture biologique pourra nourrir ou non la planète en 2050. L’agriculture biologique ne pourra pas nourrir la planète si nous ne changeons pas de système politique. Si nous n’arrêtons pas le transfert massif de populations paysannes vers les bidonvilles des mégalopoles. Si nous n’arrêtons pas de transformer leurs terres en monocultures industrielles destinées à nourrir les élevages des pays riches ou les véhicules. Si nous ne sortons pas de ce capitalisme financier, le plus sauvage à avoir jamais existé. La bio doit nous amener à envisager une société beaucoup plus juste que celle dans laquelle nous vivons. Il existe aujourd’hui un mouvement social diffus et encore peu organisé, mais porteur d’un nouveau projet de société, à l’instar de la lutte du Larzac ou celle de Notre-Dame-des-Landes. Une agriculture biologique ne peut être que paysanne. Si elle est livrée à l’industrialisation, elle ne fera qu’accélérer la disparition du monde paysan.

Propos recueillis par Sophie Chapelle

A lire : La Bio entre business et projet de société, sous la direction de Philippe Baqué, éditions Agone, 432 pages, 22 euros.

Notes

[1] Philippe Baqué est journaliste indépendant, collaborateur du Monde diplomatique, de Politis, de Silence, de Témoignage Chrétien, auteur du livre Un nouvel or noir (Paris Méditerranée, 1999) et réalisateur de films documentaires : Carnet d’expulsion, de Saint-Bernard à Bamako et Kayes ; Melilla, l’Europe au pied du mur ; L’Eldorado de plastique ; Le Beurre et l’argent du Beurre. Il a coordonné l’ouvrage collectif La Bio entre business et projet de société, paru aux éditions Agone en 2012.

[2] Chiffres cités par le rapport annuel de l’Agence Bio Les chiffres clés de l’agriculture biologique, la Documentation française, 2010.

[3] notamment allopathiques, désormais permis par la nouvelle réglementation

 

Article mis en ligne sur le site de Bastamag le 10 décembre 2012

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 08:00

bastaLe futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, est-il vraiment utile, à l’heure où le trafic aérien est en berne ? Basta ! s’est penché sur le cas de ces aéroports français qui sont aujourd’hui largement sous-utilisés, grèvent les finances publiques et ne vivent que grâce aux compagnies low-cost, elles-mêmes sponsorisées par le contribuable. L’aéroport voulu par Jean-Marc Ayrault ressemblera-t-il demain à ces zones d’embarquement quasi désertes ?

En France, 55% du trafic aérien passager et 89% du trafic de fret sont concentrés dans les aéroports de Paris. La moitié du trafic régional concerne quatre aéroports : Nice, Lyon, Marseille et Toulouse [1]. Mis à part Nice, aucun des 150 aéroports régionaux n’a vraiment réussi développer ses liaisons internationales. Si ce n’est à coup de subventions régionales ou en accueillant des compagnies low-cost, elles aussi subventionnées. Une situation qui risque de perdurer alors que la morosité s’installe dans le ciel commercial : parmi les 15 premiers aéroports mondiaux, seul ceux situés en Asie (Pékin, Hong Kong) ou au Moyen-Orient (Dubaï), ont une croissance en nombre de passagers supérieure à 4% (2,2% pour Paris CDG).

Pour les vols intérieurs, le trafic aussi est en berne : « Le niveau d’activité du trafic intérieur, en constante diminution depuis une dizaine d’années, est du même ordre de grandeur qu’en 1994 », constate la Direction générale de l’aviation civile. Directement concurrencés par le TGV, certains aéroports se révèlent fortement sous-utilisés. Dans ce contexte, le nouvel aéroport nantais, prévu à Notre-Dame-des-Landes, est-il vraiment utile ? Petit aperçu du sort qui pourrait lui être réservé, au regard de ce qui se passe chez ses voisins.

Angers : l’aéroport qui fait fuir toutes les compagnies aériennes

- Inauguré en 1998
- Taux de fréquentation : 10%
- Gestionnaire : société Kéolis Angers

« Quand un avion se pose à l’aéroport d’Angers, c’est presque un évènement », ironise-t-on en pays angevin. Il faut dire qu’avec les 5 000 passagers accueillis en 2011, cet équipement pourvu de deux pistes a atteint le taux de fréquentation record de... 10 % ! Situé sur la commune de Marcé, à vingt-cinq kilomètres au nord-est d’Angers, disposant de divers services (bar, location de voitures, boutiques), l’aéroport enchaine les déconvenues depuis son ouverture. Les taux de remplissage des avions sont si bas que les compagnies se succèdent sur le tarmac angevin sans jamais s’y installer. Ni les liaisons intérieures (vers Clermont-Ferrand, Tours ou Lyon), ni les liaisons internationales (vers l’Angleterre ou l’Irlande) ne rencontrent de succès. Mais ce bilan lamentable ne décourage pas les élus locaux. Face aux suggestions de fermeture – notamment si l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes voit le jour –, Daniel Loiseau, vice-président (PS) d’Angers Loire Métropole a ainsi martelé, en septembre 2010 : « Notre aéroport a sa vocation et son utilité ».

Début 2012, l’élu se réjouit de l’arrivée de la compagnie britannique British Airways. Mais son collègue UMP Christophe Béchu, président du Conseil Général du Maine-et-Loire refuse de verser les 43 000 euros qui lui sont demandés, en échange de promesses de retombées touristiques. Celles-ci sont « malheureusement négligeables », affirme l’élu. « Ce n’est pas le rôle de la collectivité de financer une partie du voyage d’un touriste souhaitant se rendre aux Jeux Olympiques de Londres », ajoute-t-il. L’engouement des angevins pour Londres (et réciproquement) n’a pas été très long. Les vols de British Airways sont déjà suspendus, et ce jusqu’à mai 2013. Pour l’heure, la seule destination ouverte dans la rubrique « Vols au départ d’Angers », c’est Nice, premier aéroport en dehors de Roissy et d’Orly.

Aéroport de Lorraine : un puits sans fond

- Inauguré en 1991
- Taux de fréquentation : 56 %
-  Gestionnaire : la Région Lorraine est le seul et unique gestionnaire depuis novembre 2011.

En juillet 2008, Philippe Séguin, alors Premier président de la Cour des comptes, remet en cause la pertinence de l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine (ou aéroport « de Louvigny »). « L’intérêt n’est pas évident, alors que trois plateformes (Nancy-Essey, Epinal-Mirecourt, Metz-Frescaty, ndlr) préexistaient, plus proches, de surcroît, de Nancy, Metz et Epinal » [2]. Avec un trafic estimé à 280 000 passagers en 2011, la structure en a gagné 120 000 en 20 ans. Pas de quoi pavoiser, l’aéroport de Lorraine ayant été dimensionné pour 500 000 usagers par an, rappelle le Républicain Lorrain. La situation s’est compliquée avec l’arrivée du TGV-Est en 2007 qui a entraîné la fermeture des lignes vers Paris et Nantes. La ligne régulière vers Clermont-Ferrand a été abandonnée en 2008. Un déficit de 600 000 euros en 2009 a été pris en charge par la Région et les Chambres de commerce pour boucler le budget.

Le Groupement de gestion de l’aéroport de Lorraine (GIGAL) – regroupant les chambres de commerce de Metz et de Nancy – qui gérait l’aéroport, a fini par jeter l’éponge. La délégation de service public par la Région exigeait que le gestionnaire assume les éventuelles pertes financières. Et investisse dans le développement d’une Zac (Zone d’aménagement concertée) mitoyenne. Pour une concession de douze ans seulement, le retour sur investissement semblait difficile. Pas étonnant que Vinci, d’habitude très présent sur ce type d’appel d’offres, ne se soit pas manifesté. A défaut de repreneur, la région Lorraine s’est donc lancée en régie directe en novembre 2011 [3]. Désormais obligée d’assumer le financement de l’aéroport de Louvigny, la collectivité territoriale en épongera également les dettes. Pour combien de temps ?

Aéroport de Rennes : bientôt fermé ?

- Inauguré en 1933
- Taux de fréquentation : 50%
- Gestionnaire : Chambre de commerce et d’industrie de Rennes.

Avec 500 000 passagers par an, l’aéroport de Rennes est le deuxième de Bretagne, derrière celui de Brest où transitent chaque année plus de 900 000 voyageurs. Directement concurrencé par la ligne TGV, qui permet de rallier Paris en deux heures (et bientôt 1h30), cet aéroport n’a jamais atteint le million de passagers qu’il espérait. Entre 2007 et 2011, l’évolution du trafic a même été négative (- 5 %). Difficile d’imaginer l’avenir de ce petit aéroport si celui de Notre-Dame-des-Landes (situé à 55 minutes de voiture de Rennes) voit le jour... Les plus pessimistes parient sur une chute vertigineuse du nombre de passagers, voire sur la disparition pure et simple de l’aérogare. « Non à la fermeture de Rennes-Saint-Jacques ! », pouvait-on lire sur une des banderoles, lors de la manifestation en opposition au projet de Notre-Dame-des-Landes, le 10 novembre à Rennes. 600 personnes travaillent sur le site rennais.

« Le gel ou le report à long terme du projet aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes lèverait un certain nombre d’incertitudes quant au devenir de l’aéroport de Rennes, signalait l’Agence d’urbanisme et de développement intercommunal de l’agglomération rennaise (Audiar) dans un rapport en juin 2009. Son aire de chalandise étant préservée, elle conserverait tout son potentiel de développement de l’offre aérienne nationale et internationale (...) et maintiendrait son avantage comparatif vis-à-vis de l’aéroport de Nantes-Atlantique concernant les activités de fret. » Précisons que l’Audiar est notamment financée par Rennes métropole, le département d’Ille-et-Vilaine et la Région Bretagne, dirigés par des élus PS, pourtant favorables au projet de Notre-Dame-des-Landes...

Aéroport de Tours : quand les contribuables sponsorisent Ryanair

- Construit dans les années 1930
- Taux de fréquentation : 55 %
- Gestionnaire : Délégué depuis 2010 au géant du BTP canadien SNC Lavalin [4]

Jusqu’en 2003, l’aéroport Tours-Val de Loire peine à exister avec... 3000 passagers par an. Avec l’ouverture de la ligne Ryanair Tours-Londres, l’aéroport atteint, en moins de 10 ans, 110 000 voyageurs annuels. Mais derrière cet apparent succès, la Chambre régionale des Comptes pointe « la dépendance vis-à-vis des subventions des collectivités publiques » (télécharger le rapport). Entre 2003 et 2005, l’ancien gestionnaire de l’aéroport a bénéficié de plus de 7 millions d’euros d’aides publiques [5] !

Le rapport de la Chambre régionale des comptes dénonce également les « subventions » versées par l’aéroport à Ryanair, qui atteindraient 45 euros par passager ! Alors que les collectivités locales déroulent le tapis rouge à la compagnie aérienne, cette dernière a fait monter les enchères, en demandant 400 000 euros par partenaires [6] en 2010. Au même moment, le conseil général d’Indre-et-Loire décide d’augmenter de 3 à 10 % par an jusqu’en 2021 la subvention au syndicat mixte gérant l’aéroport (SMADAIT). La note des contribuables s’alourdit au profit d’une compagnie étrangère, dont le chiffre d’affaires en France approche les 300 millions d’euros. Et les collectivités locales se rendent complètement vulnérable à d’éventuels chantages de la compagnie low-cost : en janvier 2011, Ryanair a décidé de ne plus baser d’avions à l’aéroport de Marseille suite à une décision de justice lui demandant de respecter le droit du travail (Ryanair estime que ses personnels relèvent de la législation irlandaise, même en France)...

Nantes Atlantique : des marges de manœuvre pour éviter la saturation

- Premiers vols commerciaux : 1951
- Taux de fréquentation : 80%
- Gestionnaire : Aéroports du Grand Ouest, qui associe Vinci, les Chambres de commerce et d’industrie de Nantes et de Saint-Nazaire et ETPO (Entreprise de Travaux Publics de l’Ouest)

Dans les années 70, les « experts » avaient envisagé six millions de passagers à Nantes Atlantique en l’an 2000 pour justifier la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. En 2010, trois millions de personnes ont transité par cet aéroport. Sa capacité d’accueil est de quatre millions de passagers. Mais « c’est le nombre de mouvements d’avions qui est important. Si la fréquentation augmente significativement (+ 5,5 % par an en moyenne) celle du trafic l’est nettement moins (environ 1,2% par an) », explique Thierry Masson, du collectif des pilotes doutant de la pertinence du projet de Notre-Dame-des-Landes. Car les avions sont de plus en plus gros et de mieux en mieux remplis. Pour ce professionnel de l’aviation, comme pour divers acteurs économiques [7], il est possible d’aménager le site existant de Nantes Atlantique pour éviter une éventuelle saturation : agrandir l’aérogare, construire une ligne ferroviaire permettant de rallier le centre de Nantes à l’aéroport plus rapidement...

Déserts aériens et chantage low-cost

« Les aéroports régionaux sont condamnés à faire du low-cost », rappelle Thierry Masson. En 2011, les trafics exceptionnels enregistrés à Bâle Mulhouse (+ 22,4%) et Beauvais (+ 25,4%) sont dus au succès du low-cost. Lequel s’appuie sur un subventionnement public important, via les exonérations fiscales notamment. Les grandes compagnies se concentrent sur des grands aéroports et mutualisent leurs moyens, précise Thierry Masson. Qui insiste : « La réalisation coûte que coûte de Notre-Dame-des-Landes pourrait tout à fait conduire à un fiasco, tel que Mirabel au Canada, ou encore Ciudad real en Espagne. »

Construit au milieu d’une plaine désertique, à 200 kilomètre de Madrid, l’aéroport international de Ciudad real a été mis en service en 2008. Prévu pour accueillir 4 millions de passagers par an, il en a vu passer... 100 000 en quatre ans ! Le dernier vol commercial a eu lieu en décembre 2011. Quant à l’aéroport de Mirabel, au Canada, il a été inauguré en 1975, après un chantier express de 5 ans et l’expropriation de très nombreux paysans. La crise pétrolière des années 1970, la concurrence de l’aéroport de Toronto et le défaut de dessertes ferroviaires ont eu raison de cet équipement. Le dernier vol passager a eu lieu en octobre 2004 et Mirabel est aujourd’hui quasi-désert.

Sophie Chapelle et Nolwenn Weiler

@Sophie_Chapelle et @NolwennWeiler sur twitter

Photo : Source

Notes

[1] Sur 152 millions de passagers en 2010, les aéroports de Paris en ont accueilli 80 millions, les régionaux 60 millions et les aéroports d’Outre-mer 10 millions, selon le rapport de l’Observatoire de l’aviation civile.

[2] Télécharger la déclaration de Philippe Séguin du 9 juillet 2008, à l’occasion de la présentation du rapport public sur Les aéroports français face aux mutations du transport aérien

[3] Par l’intermédiaire d’un Établissement public industriel et commercial

[4] Le Syndicat mixte pour l’aménagement et le développement de l’aéroport international de Tours (SMADAIT), qui réunit l’agglomération de Tours, la Chambre de commerce et d’industrie, le conseil général et le conseil régional, a délégué sa gestion pour douze ans au géant du BTP canadien SNC Lavalin.

[5] Total des aides accordées par les organismes publics et les collectivités territoriales à la SEMAVAL, gestionnaire de l’aéroport de Tours

[6] Au lieu des 287 000 prévus, selon un communiqué des élus locaux communistes.

[7] Et notamment le cabinet d’experts ayant réalisé une étude sur les coûts/bénéfices de Notre-Dame-des-Landes.

 

Article mis en ligne par Bastamag le 16 novembre 2012.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 08:06

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The Economist remet ça ... 14 pages de dossier pour dénoncer la France. Le commentaire de Maurice Szafran directeur de Marianne.

Graphiquement, la couverture de The Economist, le grand hebdomadaire britannique est superbe et efficace : des baguettes attachées par un ruban tricolore et reliées entre elles par une mèche. Inutile de lire le titre — « une bombe a retardement au coeur de l'Europe » pour comprendre que, selon la bible des néo-libéraux, la France est en train de périr. Offensive politique, bien sûre ; offensive idéologique surtout, et c'est évidemment cela le plus intéressant.
Pour une fois, les réactions à Paris ont été unanimes. « De l'outrance pour faire vendre du papier », a précisé le premier ministre Jean-Marc Ayrault. « Des caricatures dignes de Charlie Hebdo » a enchainé le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg. Même la présidente du Medef, Laurence Parisot, a désapprouvé nos confrères britanniques : « un temps de retard ». C'est dire...
Dans l'esprit des dogmatiques du « marché tout puissant », du « marché Dieu », rien ne va en France, depuis fort longtemps d'ailleurs, depuis les trente glorieuses, en réalité depuis le fameux programme du Conseil National de la Resistance (CNR) ayant la prétention d'édifier un modèle social à la française. Cela, les idéologues ultras libéraux ne l'ont jamais digéré. Jamais. La crise qui frappe le capitalisme financier, cette crise qui devrait les rendre modestes tant les peuples payent au prix fort leurs délires idéologiques — et l'inextinguible cupidité de quelques autres, financiers et banquiers confondus —, cette crise donc, dont ils sont les premiers responsables, nous ne le répéterons jamais suffisamment, leur permet a nouveau de cogner la France qui a eu l'outrecuidance d'élire un social démocrate a la place de Sarkozy. Il va falloir expier cet autre péché.
Alors rien ne va. Aucun effort de rigueur budgétaire ne sera jamais suffisant. Il faut tailler tant et plus ; détruire le système de protection sociale ; travailler plus pour gagner moins — ce n'est pas un gag ; faire exploser le montage (bien bancal, convenons-en) des retraites ; enrichir toujours plus les riches, puisque selon les théoriciens de The Economist, plus les riches seront riches, mieux la société se portera...
Mais quand en finira-t-on avec ces stupidités ânonnées d'un ton professoral par quelques prêtres et quelques cuistres ?
Nous ne sommes pas stupides au point de ne pas entendre qu'il est indispensable de réduire la dette publique. Depuis le premier numéro de Marianne, en avril 1997, nous exhortons à la re-industrialisation de la France. Mais nous ne pouvons acquiescer à la volonté de saigner les peuples. En ce qui concerne la France, c'est précisément à cela qu'appelle le si prestigieux et influent The Economist.

Maurice Szafran

Article mis en ligne sur le site de Marianne le 19 novembre 2012.

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 08:44

Karine Berger est une des chefs de file de la pensée économique gouvernementale ... et pourtant le choc de compétitivité ne lui inspire rien de bien ! M.E.

 

K.Berger.jpgCe n’est pas moi qui le pose la question ; c’est le modèle de simulation macroéconomique de Bercy. Celui qui est utilisé pour construire toutes les prévisions, et tous les calibrages de politique économique de la France. Par tous les gouvernements de droite comme de gauche depuis 2002. Il s’appelle Mesange, (Modèle Économétrique de Simulation et d’ANalyse Générale de l’Économie) ; parfois dit Modèle « Trésor-Insee Mésange », un modèle macro-économétrique trimestriel de l’économie française. Et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est le modèle le moins néokeynésien du marché. Il est même très néoclassique à long terme. Vous pouvez me croire, car c’est l’auteure de ce blog ainsi que Sandrine Duchene, Céline Allard-Prigent, Fabrice Pesin, Cédric Audenis et Nicolas Carnot qui l’avons construit en 2002 (http://www.tresor.economie.gouv.fr/file/326640).

Des mises à jour nombreuses ont eu lieu depuis, notamment en 2010, que vous pouvez par exemple lire ici : http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/docs_doc_travail/G2010-03.pdf

Mesange doit tourner en boucle depuis 1 mois sur les questions de “choc” de compétitivité, en attendant le rapport Gallois.

Et Mesange doit s’acharner à répondre aux services de Bercy qu’un tel « choc » serait récessif pour la France et le pouvoir d’achat, et pas seulement pour 1 an… mais pour au moins 5 ans. Que - certes - à long terme, cela ferait (un peu) de bien. Mais Mesange a pour long terme 2030 ou 2040…

Reprenons. Hier nous apprenons par le JDD que l’AFEP, présidée par M.Pringuet pour lequel par ailleurs j’ai beaucoup d’admiration, réclame un “pacte de compétitivité” qui consisterait essentiellement en un basculement de 30 milliards d’euros de cotisations patronales sur des impôts ou de la baisse de dépenses publiques. En droite ligne de tous les scénarios patronaux envisagés depuis quelques semaines (voir mon post précédent). En l’occurrence jusqu’à présent beaucoup envisageaient plutôt une hausse de CSG en « compensation ». Je rappelle au passage que les cotisations patronales dans les sociétés non financières (le gros des entreprises) représentent155 milliards d’euros sur une masse de prix du travail de 670 milliards d’euros. Soit 23% de prélèvements. L’Afep propose donc de s’exonérer d’en payer un cinquième.

Alors que nous dit le modèle de Bercy sur ces différents scénarios ? (ce ne sont pas des calculs “internes”, cela va de soi, mais tout simplement la combinaison linéaire des variantes données dans les papiers en ligne ci-dessus)

1/ Basculement de 30 milliards d’euros de cotisations patronales sur la CSG

Au bout d’un an (2013):

·        Effet sur le PIB : -0,3 point soit seulement 0,5% de croissance

·        Effet sur la consommation des ménages : -1,0 point soit récession pour la consommation des ménages en 2013

Au bout de cinq ans (2018):

·        Effet sur le PIB: 0,2 point, on a « rattrapé » le niveau d’avant choc, en ne gagnant « que » 0,2 point de Pib en plus sur la totalité des 5 ans.

·        Effet sur la consommation des ménages: -1 point, la consommation ne rattrape jamais car le choc n’est jamais compensé en termes de pouvoir d’achat

2/ Basculement de 30 milliards d’euros de cotisations patronales sur la TVA (20 Mds) et la baisse des dépenses publiques (10 Mds)

Au bout d’un an (2013)

·        Effet sur le PIB au bout d’un an (2013): -0,5 point – on est quasiment en récession l’an prochain avec seulement 0,3% de croissance car le choc sur la dépense publique est très négatif

·        Effet sur la consommation des ménages au bout d’un an : -0,2 point

Au bout de cinq ans (2018)

·        Effet sur le PIB au bout de 5 ans (2018) : 0,1 point, le choc de compétitivité n’est pratiquement pas payant au bout de 5 ans

·        Effet sur la consommation des ménages au bout de 5 ans : 0,3 point

Bref, pour rétablir la compétitivité du pays, Mesange nous déconseille d’utiliser le levier de la compétitivité coût ; car contrairement aux idées reçues, vous ne proposez pas une solution magique de court terme à la compétitivité française ; au contraire ce serait une solution de très long terme, peut être d’ailleurs de plus long terme que celle offerte par le levier de compétitivité hors coût. A horizon du quinquennat vous faites très sans doute très mal à l’économie française.

 

Billet paru sur le Blog de Karine Berger le 29 octobre 2012. http://alternatives-economiques.fr/blogs/berger/

 

Lire aussi Choc (de compétitivité)” ou le point bling-bling de la politique économique

"C’est un coup de sang auquel je me laisse aller ce jour. Certes, même si j’écris rarement sur ce blog, j’ai souvent la parole vive et donc vous n’allez pas trouver cette entrée en matière très originale. Pardonnez pourtant mon exaspération. Je suis épuisée par la théorie dite du « choc de compétitivité » nécessaire à la France ..."

http://alternatives-economiques.fr/blogs/berger/2012/09/30/choc-de-competitivite-ou-le-point-bling-bling-de-la-politique-economique/

 

Karine Berger est née et a grandi à Limoges dans une famille de professeurs de mathématiques. Elle est diplômée de l'École polytechnique, de l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE) et de l'Institut d'études politiques de Paris. Après ses études, elle s'oriente vers l'économie, en travaillant tout d'abord en 1998 à la Direction de la Prévision, puis en 2000 devient responsable de la synthèse des projections macroéconomiques pour la France au Ministère de l'Économie et des Finances. Elle intègre l'INSEE en 2004 comme chef de division et de 2007 à 2008 entre à la Direction du Budget au ministère. Elle est recrutée, en 2008, comme directrice du service des études économiques chez Euler Hermes  jusqu'en 2012 (Source Wikipedia). Elle est une proche d'Arnaud Montebourg, est députée depuis juin 2012 et a été désignée secrétaire nationale à l'économie du Parti Socialiste depuis juillet 2012 .

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 08:20

Rapport-L.Gallois-11-2012.jpgLouis Gallois, commissaire à l'investissement, a officiellement remis son rapport ce lundi 5 novembre 2012 pour relancer l'activité industrielle en France. "Un pacte pour la compétitivité" présenté au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et qui servira de document de référence  au séminaire gouvernemental programmé pour le mardi 6 novembre. Ce document, attendu et déjà très commenté depuis des semaines, vous est proposé ci-dessous en libre consultation.

 

Lien de téléchargement du rapport ici https://www.box.com/s/e18d1y3tqfavd38nm25v

 

Les commentaires de la presse généraliste et économique :


Alternatives Economiques : La gravité de désindustrialisation française ne fait guère de doute, mais la France se trouve déjà au bord de la récession. Dans un tel contexte, un choc de compétitivité, tel que proposé par le rapport de Louis Gallois, ne pourrait qu'aggraver encore les choses par ses effets récessifs à court terme, tant en France qu'en Europe. http://www.alternatives-economiques.fr/le-travail-coute-t-il-trop-cher_fr_art_1172_60991.html

 

L'Usine Nouvelle : Rapport Gallois : la compétitivité de la France passe par les usines, pas par les magasins ! Alors que Louis Gallois remettra son rapport sur la compétitivité au Premier ministre, la question qui est posée au gouvernement est simple : faut-il privilégier la consommation ou la production comme moteur de l'économie française ? http://www.usinenouvelle.com/article/rapport-gallois-la-competitivite-de-la-france-passe-par-les-usines-pas-par-les-magasins.N185374 

 

L'Humanité : Rapport Gallois: compétitivité, un choc contre le travail (décryptage) : La mise en œuvre d’un « choc de compétitivité » par une baisse massive de cotisations sociales serait une impasse économique. Le but véritable 
de l’opération ? 
Réduire la masse salariale pour mieux servir le capital. 
La crise appelle 
un nouveau mode de développement. Décryptage avec l’économiste Nasser Mansouri. http://www.humanite.fr/culture/507818

 

Mediapart : Remis ce lundi au premier ministre, le rapport de Louis Gallois a été écrit avec l'aide... d'un militant de l'UMP. Préconisant un « choc de compétitivité » de 30 milliards d'euros en faveur des entreprises et au détriment des ménages, il plagie de nombreuses études écrites ces derniers mois par des cénacles du patronat. La présidente du Medef, Laurence Parisot, a aussitôt applaudi. http://www.mediapart.fr/journal/economie/051112/competitivite-gallois-plagie-le-patronat-avec-laide-de-lump (réservé aux abonnés)

 

Le Temps (CH) : L’Elysée piégé par le rapport Gallois : Le gouvernement se prononce aujourd’hui sur cette recette de la compétitivité. Reprenant les idées du patronat et de la droite, elle ne devrait être que partiellement suivie. http://www.letemps.ch/Page/Uuid/23020f8a-2786-11e2-ab94-a71507858960|0#.UJjD3-Tb8mA

 

Les Echos : Un pacte en 35 décisions : Si la mesure phare annoncée mardi sera le « crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi », Matignon va présenter un « pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi » comprenant 35 décisions, dont certaines sont reprises du rapport Gallois. Voici les principales annonces. http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202366981187-un-pacte-en-35-decisions-507431.php

 

Les Echos :  La compétitivité est le problème numéro un de la France. Tel est le constat du rapport annuel du FMI consacré à la France publié hier. http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202365532540-ce-que-propose-le-fmi-507573.php

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 10:00

Attac

 Fondation-Copernic.jpg

Après avoir annoncé un nécessaire « choc de compétitivité » souhaité par la droite et le MEDEF, le gouvernement souhaite désormais construire un « pacte de compétitivité » sur l’ensemble du quinquennat de François Hollande, inspiré par les mesures préconisées par le rapport Gallois. La rengaine est connue : notre pays souffrirait d’un déficit de compétitivité dû, entre autres, à un coût du travail trop élevé. Qu'en est-il vraiment ?

(Consulter le rapport en PDF)

À travers ce rapport, Attac et la fondation Copernic se penchent sur les difficultés de l'économie française et sur les idées reçues autour de la compétitivité. Pour ses auteurs, la diminution du coût du travail, prônée par le rapport Gallois n'est en rien une solution à la crise, de manière globale, ni à la désindustrialisation en particulier. L'accent mis sur le coût du travail masque l'essentiel, notamment l'envolée des dividendes qui grèvent les investissement de R&D.

Les mesures annoncées par le gouvernement constituent un ralliement aux dogmes libéraux, selon lesquels les salaires et la protection sociale seraient la cause de nos difficultés, les dépenses publiques devraient diminuer, et la TVA anti-sociale serait une solution. Il est pourtant urgent de sortir de cette logique qui créé les conditions d’une concurrence de tous contre tous, d’un état de guerre économique permanent qui appauvrit les populations et détruit les équilibres écologiques.

Ce contre-rapport montre comment la compétitivité, tant vantée, s’avère en fait être une voie sans issue, économiquement absurde et socialement destructrice : c’est un autre modèle de développement qu’il faut aujourd’hui promouvoir tant pour des raisons écologiques que pour des raisons sociales. Ce nouveau modèle de développement doit être fondé sur les principes de la coopération, de la rupture avec un consumérisme destructeur, de la réponse aux besoins sociaux, de la réduction des inégalités et de l’ouverture d’une transition écologique.

Attac France et Fondation Copernic (http://www.fondation-copernic.org)

Lire le rapport : Pour en finir avec la compétitivité, Attac / Fondation Copernic, 7 novembre 2012

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Published by Attac France - dans Economie
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