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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 15:22

Le MondeQuelle politique de relance pour la France ? La volonté de François Hollande de mener une politique de croissance se heurte à la complexité de la crise. Zone euro au bord de l'éclatement, recul de l'industrie, pollution... il faut trouver des solutions.

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De façon certaine, la croissance a tenu le rôle principal dans la campagne présidentielle : son absence expliquait les déboires du pays, son retour permettrait son redressement. Gageons que, dans le combat qui continue d'opposer la fâcheuse austérité à la riante croissance, les peuples ont d'ailleurs choisi leur camp, comme les auteurs de ces lignes : l'austérité qui nous est imposée ressemble plus à une purge mortelle qu'à un remède.

Mais le refus de l'austérité doit-il nécessairement aller de pair avec l'apologie de la croissance ? Ne faut-il pas réinterroger le terme central lui-même, la croissance, pour comprendre ce qu'à travers toutes ces objurgations, nous désirons vraiment ?

Derrière ces prières, plusieurs convictions sont ancrées : la première, la plus forte sans doute, est que sans croissance nous ne parviendrons pas à lutter contre le chômage ni à réduire les dettes publiques. La seconde soutient que la croissance est la garante du progrès et que les gains extraordinaires de développement humain sont dus à la croissance dont les pays occidentaux ont bénéficié depuis deux siècles.

Cet argument intègre, dans la période récente, la conviction que la crise des dettes publiques exige le retour d'une croissance aussi forte que possible, oubliant que cette crise est apparue aux Etats-Unis... au terme d'une période de croissance ! Le manque de croissance n'explique nullement la crise, liée à la démesure de la finance dérégulée et des inégalités. C'est la validité de ces croyances qu'il nous faut réinterroger. Trois éléments apportent un sérieux bémol à cette façon de voir les choses.

En premier lieu, loin d'être une opération uniquement positive, la croissance s'est réalisée au prix d'une pression énorme sur les humains et sur la nature et donc par un accroissement de l'intensification du travail et de l'empreinte écologique humaine ainsi que par une captation des ressources matérielles et humaines des pays du Sud par les pays du Nord. Or, les instruments dont nous disposons sont inadaptés pour mettre cela en évidence : la comptabilité nationale - celle-là même qui permet le calcul du fameux produit intérieur brut (PIB), dont nous attendons l'augmentation - ne prend pas en compte nos patrimoines humains et naturels.

En second lieu, cette croissance que nous voudrions éternelle s'est accompagnée de la production de tant "d' externalités" que sa poursuite constitue désormais un péril majeur : elle a notamment généré une production de gaz à effet de serre délétères pour le climat. Toute la question est de savoir si le découplage entre croissance du PIB et croissance des émissions des gaz à effet de serre est possible et donc si le meilleur moyen pour y parvenir est, comme nous y invitent organisations internationales et défenseurs du statu quo, la fameuse croissance verte ou si nous n'allons pas devoir revoir le rythme même de la croissance et accepter comme une chance cette moindre croissance du PIB.

Car, et c'est le troisième argument à considérer : la croissance est désormais à "rendements humains" décroissants. Il faut beaucoup plus de croissance pour obtenir un peu plus de bien-être dans nos sociétés occidentales saturées, et il nous faut reconnaître qu'un grand nombre de biens et services ne constituent pas des progrès mais des aliments destinés à nourrir les féroces appétits de multinationales.

Voici donc les responsables politiques - mais aussi nos concitoyens - écartelés entre deux exigences : à court terme, la croissance semble nécessaire au progrès et à la cohésion sociale, mais à moyen et à long terme, tout point supplémentaire de croissance entraîne des dégradations invisibles dans les principaux indicateurs de "progrès". Peut-on choisir entre Charybde et Scylla ? Non. Et c'est pour cette raison que nous devons raisonner en dehors des catégories classiques.

Cessons de raisonner en mettant l'expansion du PIB en volume au centre de tout, comme si le but ultime de nos sociétés était d'amener sur le marché et d'échanger toujours plus de biens et de services. Adoptons, à côté du PIB dans un premier temps, d'autres indicateurs de richesse, au choix desquels les citoyens seront invités à participer au terme de conférences citoyennes.

Des indicateurs qui prendront en considération ce qui compte vraiment pour l'inscription de nos sociétés dans la durée : l'accès de tous au travail décent, de faibles inégalités, une santé sociale florissante, un patrimoine naturel entretenu.

Enfin, c'est le mode de production, de création de valeur ajoutée et d'emplois et de consommation qu'il convient de transformer au cours d'une transition écologique et sociale. On crée bien plus d'emplois utiles et de qualité lorsqu'on intègre plus de biens communs sociaux et écologiques dans la production, tout en veillant à la sobriété des usages : agroécologie, construction et isolation thermiques, énergies renouvelables, circuits courts, relocalisation, mobilité douce, services de bien-être...

Personne ne peut souhaiter une récession à court et à moyen terme. Mais ce qu'il faut engager pour éviter l'effondrement se résume ainsi : reprendre en main la finance spéculative, réduire les inégalités par une révolution fiscale, et enclencher une "autre relance", à l'opposé de la croissance quantitative. Les exigences écologiques et de justice sociale sont bonnes pour l'emploi, contrairement au productivisme en vigueur.

Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice, professeurs d'économie à l'université Lille-I ; Dominique Méda,professeure de sociologie à Paris-Dauphine.

Article paru initialement dans Le Monde du 15 juin 2012.

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Published by Le Monde - dans Economie
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