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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 08:44

Karine Berger est une des chefs de file de la pensée économique gouvernementale ... et pourtant le choc de compétitivité ne lui inspire rien de bien ! M.E.

 

K.Berger.jpgCe n’est pas moi qui le pose la question ; c’est le modèle de simulation macroéconomique de Bercy. Celui qui est utilisé pour construire toutes les prévisions, et tous les calibrages de politique économique de la France. Par tous les gouvernements de droite comme de gauche depuis 2002. Il s’appelle Mesange, (Modèle Économétrique de Simulation et d’ANalyse Générale de l’Économie) ; parfois dit Modèle « Trésor-Insee Mésange », un modèle macro-économétrique trimestriel de l’économie française. Et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est le modèle le moins néokeynésien du marché. Il est même très néoclassique à long terme. Vous pouvez me croire, car c’est l’auteure de ce blog ainsi que Sandrine Duchene, Céline Allard-Prigent, Fabrice Pesin, Cédric Audenis et Nicolas Carnot qui l’avons construit en 2002 (http://www.tresor.economie.gouv.fr/file/326640).

Des mises à jour nombreuses ont eu lieu depuis, notamment en 2010, que vous pouvez par exemple lire ici : http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/docs_doc_travail/G2010-03.pdf

Mesange doit tourner en boucle depuis 1 mois sur les questions de “choc” de compétitivité, en attendant le rapport Gallois.

Et Mesange doit s’acharner à répondre aux services de Bercy qu’un tel « choc » serait récessif pour la France et le pouvoir d’achat, et pas seulement pour 1 an… mais pour au moins 5 ans. Que - certes - à long terme, cela ferait (un peu) de bien. Mais Mesange a pour long terme 2030 ou 2040…

Reprenons. Hier nous apprenons par le JDD que l’AFEP, présidée par M.Pringuet pour lequel par ailleurs j’ai beaucoup d’admiration, réclame un “pacte de compétitivité” qui consisterait essentiellement en un basculement de 30 milliards d’euros de cotisations patronales sur des impôts ou de la baisse de dépenses publiques. En droite ligne de tous les scénarios patronaux envisagés depuis quelques semaines (voir mon post précédent). En l’occurrence jusqu’à présent beaucoup envisageaient plutôt une hausse de CSG en « compensation ». Je rappelle au passage que les cotisations patronales dans les sociétés non financières (le gros des entreprises) représentent155 milliards d’euros sur une masse de prix du travail de 670 milliards d’euros. Soit 23% de prélèvements. L’Afep propose donc de s’exonérer d’en payer un cinquième.

Alors que nous dit le modèle de Bercy sur ces différents scénarios ? (ce ne sont pas des calculs “internes”, cela va de soi, mais tout simplement la combinaison linéaire des variantes données dans les papiers en ligne ci-dessus)

1/ Basculement de 30 milliards d’euros de cotisations patronales sur la CSG

Au bout d’un an (2013):

·        Effet sur le PIB : -0,3 point soit seulement 0,5% de croissance

·        Effet sur la consommation des ménages : -1,0 point soit récession pour la consommation des ménages en 2013

Au bout de cinq ans (2018):

·        Effet sur le PIB: 0,2 point, on a « rattrapé » le niveau d’avant choc, en ne gagnant « que » 0,2 point de Pib en plus sur la totalité des 5 ans.

·        Effet sur la consommation des ménages: -1 point, la consommation ne rattrape jamais car le choc n’est jamais compensé en termes de pouvoir d’achat

2/ Basculement de 30 milliards d’euros de cotisations patronales sur la TVA (20 Mds) et la baisse des dépenses publiques (10 Mds)

Au bout d’un an (2013)

·        Effet sur le PIB au bout d’un an (2013): -0,5 point – on est quasiment en récession l’an prochain avec seulement 0,3% de croissance car le choc sur la dépense publique est très négatif

·        Effet sur la consommation des ménages au bout d’un an : -0,2 point

Au bout de cinq ans (2018)

·        Effet sur le PIB au bout de 5 ans (2018) : 0,1 point, le choc de compétitivité n’est pratiquement pas payant au bout de 5 ans

·        Effet sur la consommation des ménages au bout de 5 ans : 0,3 point

Bref, pour rétablir la compétitivité du pays, Mesange nous déconseille d’utiliser le levier de la compétitivité coût ; car contrairement aux idées reçues, vous ne proposez pas une solution magique de court terme à la compétitivité française ; au contraire ce serait une solution de très long terme, peut être d’ailleurs de plus long terme que celle offerte par le levier de compétitivité hors coût. A horizon du quinquennat vous faites très sans doute très mal à l’économie française.

 

Billet paru sur le Blog de Karine Berger le 29 octobre 2012. http://alternatives-economiques.fr/blogs/berger/

 

Lire aussi Choc (de compétitivité)” ou le point bling-bling de la politique économique

"C’est un coup de sang auquel je me laisse aller ce jour. Certes, même si j’écris rarement sur ce blog, j’ai souvent la parole vive et donc vous n’allez pas trouver cette entrée en matière très originale. Pardonnez pourtant mon exaspération. Je suis épuisée par la théorie dite du « choc de compétitivité » nécessaire à la France ..."

http://alternatives-economiques.fr/blogs/berger/2012/09/30/choc-de-competitivite-ou-le-point-bling-bling-de-la-politique-economique/

 

Karine Berger est née et a grandi à Limoges dans une famille de professeurs de mathématiques. Elle est diplômée de l'École polytechnique, de l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE) et de l'Institut d'études politiques de Paris. Après ses études, elle s'oriente vers l'économie, en travaillant tout d'abord en 1998 à la Direction de la Prévision, puis en 2000 devient responsable de la synthèse des projections macroéconomiques pour la France au Ministère de l'Économie et des Finances. Elle intègre l'INSEE en 2004 comme chef de division et de 2007 à 2008 entre à la Direction du Budget au ministère. Elle est recrutée, en 2008, comme directrice du service des études économiques chez Euler Hermes  jusqu'en 2012 (Source Wikipedia). Elle est une proche d'Arnaud Montebourg, est députée depuis juin 2012 et a été désignée secrétaire nationale à l'économie du Parti Socialiste depuis juillet 2012 .

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Published by Blog de Karine Berger - dans Economie
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