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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 07:21

J.GadreyLe très tonique journal Fakir a consacré un gros dossier de son numéro de l’été, peut-être encore en kiosque, à dégommer le culte de la croissance, avec l’appui de votre serviteur, longuement interviewé. Et pour démarrer ce dossier avec des sources légitimes, les journalistes ont effectué une bonne pioche : la croissance comme leitmotiv obsessionnel des Présidents de la République, tous réunis devant l’autel d’une divinité désormais moribonde. Je me permets de reproduire cette partie du dossier, dans lequel on trouve également une intéressante rétrospective historique des positions de la CGT et de la CFDT. J’ai ajouté, à la fin de ce billet, un court extrait de l’édito présentant le dossier.

Le président Valéry Giscard d’Estaing, 4 décembre 1975.
« Le progrès, c’est d’abord la croissance. […] Les derniers indices font apparaître la reprise d’une certaine croissance. Donc, la France est en train de sortir de la crise et lorsque l’opinion apercevra cette sortie, elle apportera clairement, à mon avis, son soutien psychologique et son approbation à la politique qui aura permis d’obtenir ce résultat. »

Le président Valéry Giscard d’Estaing, 20 mai 1977.
« L’Europe unie est pour les Français une chance. Pour plus de croissance, donc pour plus d’emplois. […] Pour tout cela, osons, soyons dedans et pas dehors. Avec une majorité de progrès, celle que nous avons, plus de croissance doit signifier plus de justice. »

Le président François Mitterrand, 19 juin 1990.
« L’on a cru il y a quelques années, et c’était vrai, que l’on était retourné à la croissance et qu’on allait voir s’éloigner le chômage, toutes les formes de récession, de politique de rigueur. Beaucoup de Français ont beaucoup espéré dans la croissance. […] Mais les difficultés connues par l’Allemagne, ainsi qu’une certaine attitude du Japon, ont fait que la ralentissement s’est substitué à la recrudescence d’activité. »

Le président François Mitterrand, 10 novembre 1991.
« On attend, on annonce encore d’ailleurs, pour le mois prochain, dans deux mois, dans six mois, un retour à la croissance. Qui met du temps, voilà. Cela désespère un peu les gens, mais la France, grâce à cette politique menée notamment par M. Bérégovoy, s’est mise dans la situation, tout le monde le reconnaît dans le monde, la meilleure pour saisir au passage tout phénomène de croissance possible. Mais comme cette croissance ne se produit pas, ou pas assez, on a le droit de dire et de s’interroger : ‘Après tout, est-ce que cette politique était la bonne ?’ On est injuste. »

Le président François Mitterrand, 9 novembre 1992.
« Je voudrais vous dire que cette croissance qui nous fait aujourd’hui défaut, ce n’est pas quelque chose que l’on peut implorer, ce n’est pas quelque chose que l’on ne peut qu’attendre et qui viendrait comme cela de l’extérieur. La croissance ce n’est pas un mythe, la croissance il ne faut pas l’attendre, il faut la faire, elle est entre les mains de chacun d’entre nous. […] Ce que je veux, c’est que les Français aient petit à petit conscience que la croissance c’est le résultat de leur propre comportement. »

Le président Jacques Chirac, 14 juillet 1996.
« La croissance, il faut aller la chercher là où elle est. Sur les marchés extérieurs, bien sûr, et c’est la vocation naturelle de nos entreprises, fortes de leur technologie et de leur savoir-faire. Mais aussi et surtout chez nous. Il s’agit d’inventer un véritable partenariat de croissance locale. »

Le président Jacques Chirac, 29 septembre 1996
« Notre souci principal, c’est l’emploi. Il n’y a pas d’emplois sans croissance. […] C’est un état d’esprit différent qu’il faut créer chez tous les acteurs de la croissance pour redonner du dynamisme à notre économie. »

Le président Jacques Chirac, 11 octobre 1996.
« Depuis trois ans, ce que l’on a fait, c’est de s’abstenir de toute initiative qui pourrait freiner la croissance, et ce résultat a été positif. La croissance est insuffisante, mais nous sommes au sommet de la croissance de la zone euro. Alors, à partir de là, ce qu’il faut, cette croissance revenant, c’est l’exploiter.
Cela exige en permanence une adaptation. Si la croissance se relève, on peut aller plus vite, plus fort, plus loin. Si, au contraire, la croissance baisse, il faut s’adapter… »

Le président Jacques Chirac, 3 mai 2005.
« Depuis deux ans et demi nous avons voulu réhabiliter le travail pour avoir plus de croissance, rétablir la compétitivité de nos entreprises pour créer davantage de richesses, encourager l’innovation et le progrès technique qui sont à la source de la croissance. »

Le président Nicolas Sarkozy, 6 janvier 2010.
« Il faut qu’on libère les forces de croissance. Il n’y a pas d’autre solution que celle de réduire les dépenses publiques. J’ajoute que la croissance naît du travail. En réduisant le travail, on réduit la croissance. En augmentant le travail, on augmente la croissance. C’est une illusion de croire qu’en augmentant toutes les dépenses, nous aurions plus de croissance. S’il suffit de dépenser plus que les autres pour avoir plus de croissance, nous serions les champions du monde de la croissance. »

Le président Nicolas Sarkozy, 13 janvier 2011.
« J’avais, au nom de la France, l’objectif de mettre la croissance au cœur des débats et de faire que cette dimension de croissance puisse trouver toute sa place dans toutes les réunions.
Le président Obama a voulu que la croissance soit évoquée comme une manière de donner confiance aux opinions publiques, et aussi aux marchés. Mais je dois dire que dans le G8, cette volonté de croissance, même si chacun des participants pouvait y mettre ses propres mots, a été partagée.
Voilà pourquoi je considère que ce G8 a été utile, fructueux, et permet d’envoyer un double message, un message de confiance et un message de croissance. Il n’y aura pas de croissance sans confiance. Il n’y aura pas de confiance sans croissance. »

L’édito du dossier (extrait)

“Il y a quelque chose d’à la fois pathétique et de comique dans ces discours qui se répètent, depuis bientôt quarante ans, presque à l’identique. Chez ces dirigeants qui courent après une « croissance » qui ne revient jamais. Qui guettent le ciel financier comme des météorologues dans l’espoir d’un coin de ciel bleu. Qui ouvrent les entrailles de la relance comme des pythies. Qui réclament de nous une « attitude », un « comportement », un « état d’esprit » – comme si c’était nous qui l’effrayions, cet étrange oiseau, avec notre psychologie trop négative.

Comique, donc, par la répétition du même gag. Mais pathétique, aussi, parce que c’est l’un des biais, cette quête de croissance, qui rend la politique dérisoire depuis tant d’années. Nous ne pourrions rien faire, ou si peu, du symbolique, nos présidents et ministres ne pourraient rien changer sans, d’abord, cette croissance. C’est le meilleur prétexte, le plus formidable, pour repousser à toujours plus tard les réformes progressistes.”

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Published by J.G. - dans Economie
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