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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 12:24
L’agriculture, laboratoire d’exploitation des travailleurs migrants saisonniers

Depuis dix ans, dans le cadre du programme « Agriculture Paysanne & Travailleurs migrants Saisonniers » porté par la Confédération Paysanne, des volontaires se sont rendus en Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Grèce, Maroc, Palestine, Pays-Bas, Pologne,

Portugal, Roumanie, Royaume-Uni. Ils ont parcouru les campagnes, ont pénétré les industries de transformation. ils ont rencontré travailleurs, paysans, dirigeants d’entreprises, syndicalistes, associatifs, représentants politiques et chercheurs. Le constat est amer. Partout en Europe, des politiques d’investissement et de défiscalisation poussent les entreprises et producteurs agricoles à poursuivre un seul objectif : celui de la compétitivité. À cela s’ajoutent des politiques de déréglementation du travail qui amènent à repousser toujours un peu plus loin les limites du socialement acceptable. Exploitation, mauvais traitements, techniques managériales incisives, non rémunération, logement indigne, servitude par la dette, privation de droits : ces mots décrivent la réalité de nombreux travailleurs migrants dans l’agriculture et l’afro-alimentaire...

L’agriculture est l’un des secteurs d’emploi les plus faciles d'accès pour les migrants. Dans une Europe où des politiques de fermeture et de contrôle des frontières se mettent en place, et où se développent des phobies contre l’afflux migratoire, les migrants constituent la grande majorité de la main-d’œuvre agricole. Leur condition de migrant les rend vulnérables, les prive de certains droits et les marginalise. Des recruteurs et exploitants agricoles peu scrupuleux, qui peinent à trouver des travailleurs nationaux suffisamment flexibles et dociles, profitent de cette vulnérabilité pour leur imposer des conditions de travail précaires et parfois dangereuses.

Différents cadres d’embauche permettent l’emploi de main d’œuvre étrangère : détachement de travailleurs par des entreprises de travail temporaires internationales ou de prestation de services, ou contrats saisonniers dans le cadre d’accords bilatéraux. À ces cadres légaux s’ajoutent le travail non-déclaré, le travail forcé et organisé par des réseaux mafieux. Toutes ces pratiques cherchent à réduire le coût du travail, en diminuant la rémunération versée à l’employé de manière légale ou illégale.

Dans le cadre du travail au noir, il est courant que les employeurs paient moins que le salaire annoncé ou qu’ils ne paient pas du tout. Dans le travail rémunéré à la pièce, il arrive que les taux ne soient pas annoncés ou qu’ils soient « égalisés » sur la semaine afin que la rémunération ne dépasse jamais le salaire minimum légal. Même dans le travail déclaré et à priori légal, la non-facturation des heures supplémentaires est une pratique fréquente. La facturation du logement, du transport et de la nourriture à des taux usuraires permettent aux entreprises de recrutement de prélever des sommes d’argent supplémentaires sur les salaires. Dans les cas de travail forcé et de traite, cette dette est utilisée pour soumettre les ouvriers à un travail non rémunéré.

Pour ces travailleurs, les conditions de travail difficiles (tâches répétitives, température extrême dans les serres ou sous le soleil dans les champs, journées de plus de 10 heures, lourdes charges à porter) s’accompagnent de pressions managériales (surveillance et pression par des contremaîtres, vidéosurveillance au Royaume- Uni). Dans les cas extrêmes, cela va jusqu’à des violences physiques et verbales.

Les conditions de logement de ces travailleurs sont souvent insalubres et précaires. en Grèce, les ouvriers construisent eux-mêmes des camps avec les matériaux de serre, en France, ils installent leurs tentes en bordure des champs qu’ils récoltent. Au Portugal, certains sont logés dans des containers, d’autres dans des maisons en ruine. Les installations sanitaires sont souvent inexistantes ou insuffisantes pour le nombre de travailleurs. Les travailleurs vivent souvent entassés, doivent dormir à plusieurs dans le même lit ou à même le sol. Le cadre législatif qui régit le logement des travailleurs saisonniers agricoles est inadéquat. Les pouvoirs publics ne prennent pas en compte l’arrivée massive de migrants saisonniers. Aucune politique d’accueil et de logement n’est mise en place pour assurer que les travailleurs soient logés conformément à la loi et au respect de la dignité humaine.

Le cadre législatif reste largement inapte à la reconnaissance et la gestion du problème dans son ensemble. Par ailleurs, les moyens de contrôle du travail agricole, notamment saisonnier, sont limités, particulièrement dans les pays qui subissent la crise économique. Les politiques d’austérité s’accompagnent d’une grave diminution des budgets et des postes des inspections du travail. en outre, il y a une difficulté à contrôler l’action des trafiquants et des mafias.

Dans les campagnes, ils restent invisibles et, de par leur caractère transnational, ils disparaissent facilement dans un autre pays lorsqu’ils sont repérés. Ces difficultés sont connues des entreprises et des trafiquants qui s’adaptent continuellement à l’évolution des cadres législatifs et des méthodes de contrôle afin de les contourner.

Enfin, cibles d’intimidation, de violences ou du fait de leur clandestinité et de leur isolement, les victimes n’ont souvent pas les moyens de dénoncer ces pratiques auprès des tribunaux. Les ouvriers agricoles migrants trouvent rarement le moyen d’exprimer leur détresse, ont le plus grand mal à se mobiliser, et la pratique syndicale reste quasiment absente dans le secteur.

Les missions menées depuis une dizaine d’années par la Confédération Paysanne et ses partenaires dans les pays d’Europe et de la méditerranée aboutissent à un constat général alarmant.Même si les situations et leur gravité diffèrent selon chaque cas, partout, le développement agricole centré sur la compétitivité et la maximisation des profits s’accompagne de la pauvreté et de l’érosion des droits. celles-ci sont de plus en plus permises par les cadres législatifs et les pouvoirs publics. Le recours à l’exploitation d’une main-d’œuvre migrante apparaît ainsi comme une caractéristique structurelle de l’agriculture industrielle en développement. Les producteurs qui refusent de se plier à cette règle, écrasés par la concurrence, sont, eux, amenés à disparaître.

Face à cela, seule une résistance commune organisée à tous les niveaux d’action et à toutes les échelles géographiques permettra d’assurer le respect des droits des travailleurs de la terre et la souveraineté alimentaire.

Téléchargez la brochure sur les travailleurs migrants saisonniers, fruit du programme « Agriculture paysanne & travailleurs migrants saisonniers » porté par la Confédération paysanne.

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Published by Attac Villeneuve d'Ascq - dans Politique
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